Bruno Arbaud

Lire aussi ma participation aux articles en commun avec d'autres membres de la rédaction du MagduCiné : https://www.lemagducine.fr/cinema/dossiers/scenes-de-reve-au-cinema-10079550/ https://www.lemagducine.fr/cinema/dossiers/top-films-cinema-2025-redaction-10080520/

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Juste une illusion : Ce qu’on croyait déjà vivre

Avec "Juste une illusion", Toledano et Nakache replongent dans les années 80 pour raconter l’éveil amoureux de Vincent, 13 ans, au cœur d’une famille juive et arabe haute en couleur. Entre les disputes des parents, les maladresses du grand frère et les premiers élans du jeune adolescent, le film explore avec humour et tendresse ce moment fragile où l’on croit déjà comprendre la vie. Porté par une mise en scène vibrante, une direction d’acteurs impeccable et une reconstitution délicieusement vintage, le récit mêle questionnements intimes, enjeux sociaux et nostalgie lumineuse. Une comédie dramatique généreuse, où chaque émotion sonne juste et où l’on se reconnaît, quel que soit notre âge.

Rental Family : Quand la réalité se joue de la fiction

Avec Rental Family, Hikari s’empare du phénomène singulier des agences de location familiales, apparues au Japon dans les années 1980, pour en faire le cadre d’une comédie dramatique délicate. Le film suit Philipp, un acteur américain isolé à Tokyo, interprété avec finesse par Brendan Fraser. Engagé malgré lui pour jouer des rôles de proches — père, mari, journaliste — il découvre, au fil de deux missions marquantes, combien ces relations factices réveillent chez lui une sensibilité enfouie. À travers ces rencontres, notamment avec une fillette en quête d’un père et un vieux réalisateur en manque d’affection, Hikari explore la solitude, le besoin de lien et l’impossibilité de tricher avec les émotions. Porté par une mise en scène subtile, un jeu de couleurs évocateur et un regard tendre sur la culture japonaise, Rental Family devient un récit touchant où fiction et réalité se confondent pour mieux révéler l’humanité des personnages.

L’Affaire Bojarski : cet inventeur et faussaire de génie

Jean‑Paul Salomé consacre son dixième long‑métrage à Czesław Jan Bojarski, génial faussaire d’origine polonaise dont les billets impeccablement contrefaits ont défié la Banque de France pendant plus de quinze ans. S’appuyant sur les archives minutieuses du journaliste Jacques Briod, le réalisateur reconstitue avec une précision remarquable les méthodes artisanales et l’ingéniosité technique de cet inventeur solitaire, tout en dévoilant son parcours intime, ses fragilités et sa quête de reconnaissance. Reda Kateb livre une interprétation magistrale d’un homme tiraillé entre son génie, sa clandestinité et son amour pour sa femme Suzanne, tandis que le film déploie une tension policière constante autour de l’inspecteur Mattei, déterminé à le faire tomber. Entre polar haletant, portrait humain et reconstitution des Trente Glorieuses, le film s’impose comme l’un des grands récits français de 2026.

L’âme idéale : À la frontière entre la vie et l’au‑delà, les sentiments sont plus forts

Elsa, médecin en soins palliatifs au Havre, possède un don qu’elle cache au monde : elle peut entrer en contact avec les défunts au moment de leur passage. Cette capacité, qu’elle met au service des patients en fin de vie, complique pourtant son quotidien et fragilise ses relations. Un jour, après un accident de scooter, elle croise Oscar, un musicien drôle et attachant… que personne d’autre ne semble voir. Comprenant qu’il s’agit d’une présence surnaturelle, Elsa s’abandonne à cette histoire d’amour impossible, aussi lumineuse qu’éphémère. À travers cette romance hors du temps, Alice Vial signe un premier long-métrage sensible et vibrant, où l’humanité, la fin de vie et le merveilleux s’entrelacent avec délicatesse.

La condition : Une nécessaire sororité

Dans La Condition, Jérôme Bonnell orchestre un huis clos oppressant où la domination patriarcale écrase deux femmes que tout oppose, jusqu’à faire naître une sororité inattendue. Un drame féministe tendu comme un thriller, porté par des acteurs au sommet.

Les rêveurs : Art-thérapie

Pour son premier long-métrage, Isabelle Carré adapte son roman autobiographique et nous plonge dans les souvenirs de son adolescence, marquée par un séjour en pédopsychiatrie à l’hôpital Necker dans les années 80. À travers le personnage d’Elizabeth, incarnée par la jeune Tessa Dumont Janod, elle évoque avec pudeur les fragilités de l’enfance, les liens d’amitié, les rêves d’évasion et les failles familiales. En parallèle, Elizabeth adulte revient sur les lieux, devenue animatrice d’ateliers de théâtre pour enfants en souffrance. Une œuvre intimiste et onirique, portée par une mise en scène délicate et un regard engagé sur la santé mentale des jeunes.

La femme la plus riche du monde : A quoi bon être riche si on ne peut pas en profiter ?

Dans une comédie satirique librement inspirée de l’affaire Banier-Bettencourt, Thierry Klifa orchestre un huis clos familial explosif entre une milliardaire fantasque, sa fille jalouse et un artiste excentrique. Porté par le duo flamboyant Isabelle Huppert et Laurent Laffite, le film mêle humour grinçant, secrets de famille et guerre d’héritage sur fond de collaboration et de rivalités intimes. Présenté hors compétition à Cannes 2025, ce thriller comique séduit par sa mise en scène cossue, ses dialogues ciselés et son regard acide sur les failles humaines derrière les fortunes.

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