Bruno Arbaud

Lire aussi ma participation aux articles en commun avec d'autres membres de la rédaction du MagduCiné : https://www.lemagducine.fr/cinema/dossiers/scenes-de-reve-au-cinema-10079550/ https://www.lemagducine.fr/cinema/dossiers/top-films-cinema-2025-redaction-10080520/

On ira : un road-movie solaire entre rires et larmes

Marie, atteinte d'une maladie incurable, décide de partir en Suisse pour un suicide assisté. Incapable de révéler la vérité à son fils irresponsable, elle invente un mensonge autour d'un héritage imaginaire pour justifier le voyage. Accompagnée de personnages drôles et émouvants – sa petite-fille en pleine crise d’adolescence, son fils irresponsable et un auxiliaire de vie décalé – elle embarque dans un road-movie improbable où quiproquos, révélations et rapprochements familiaux se mêlent, abordant la fin de vie avec une sincérité lumineuse et un humour audacieux.

La Vie devant moi : Survivre coûte que coûte

L’étau se resserre autour de la famille Zylbersztejn. Deux ans d’enfermement dans dix mètres carrés, à guetter chaque pas dans l’escalier, chaque bruit derrière la porte. "La Vie devant moi" ne cherche ni l’emphase ni le spectaculaire, mais épouse la vérité brute de cette claustration forcée, où l’attente devient une torture aussi insidieuse que la peur d’être découvert. Entre éclats d’espoir et plongées dans l’abîme, le film capte avec une rare justesse l’épuisement moral et physique, la solitude et le silence oppressant, brisés par quelques mots chuchotés, par le regard d’une enfant qui refuse de s’éteindre.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.