L’âme idéale : À la frontière entre la vie et l’au‑delà, les sentiments sont plus forts

Dans cette histoire où l’invisible s’invite au cœur du quotidien, Alice Vial imagine la trajectoire d’Elsa, une médecin dont la vie bascule lorsqu’un homme surgit dans son monde…, sans exister pour les autres. La réalisatrice tisse une romance vibrante et fragile, sublimée par un duo d’acteurs en parfaite harmonie.

Pour son premier long-métrage, l’actrice, scénariste et réalisatrice Alice Vial nous offre un film exaltant et lumineux, inspiré d’une femme dotée d’un don de médium. Travaillant dans une unité de soins palliatifs, cette infirmière pouvait rentrer en contact avec chaque mort pour apaiser son âme avant qu’elle ne s’en aille en paix.

Ainsi dans la fiction, pour Elsa, médecin très attentionnée dans le service de soins palliatifs à l’hôpital du Havre, être dotée d’un tel don n’est pas chose facile dans le monde des vivants, où ses relations humaines et amoureuses sont perturbées par sa médiumnité qui dérange.

Dans un genre fantastique à la Ghost (de Jerry Zucker en 1990) ou Rencontre avec Joe Black (de Martin Brest en 1998), pour lequel il est indispensable de se laisser porter, Alice Vial réussit un bel et émouvant équilibre entre comédie, drame, et romance.

Lorsqu’Elsa rencontre inopinément Oscar, lors d’un accident de scooter apparemment banal, ce musicien solitaire, charmant et drôle, elle croit que l’amour est à nouveau possible. Mais bien vite, elle comprend que cette relation est surnaturelle, et qu’elle est la seule à voir Oscar. D’abord frustrée, elle décide d’en profiter pleinement, comprenant que seule une telle histoire lui est permise.

La force du film est de nous emmener dans une romance fascinante qui oscille à la frontière du réel et de l’au-delà, d’autant plus forte et intense qu’on se doute qu’elle ne peut être qu’éphémère.

Tantôt perturbée dans l’exercice passionné de son métier où elle suit particulièrement une patiente en toute fin de vie, dans une relation de confiance, tantôt apparaissant bien seule dans son hommage à Oscar, même si elle a cette connexion si spéciale avec lui, la réalisatrice construit autour d’Elsa un scénario vibrant et plein d’humanité.

On sent Alice Vial en osmose avec ses deux acteurs principaux, Magalie Lépine-Blondeau, cette comédienne québécoise épatante et lumineuse dans le rôle d’Elsa, et Jonathan Cohen, qui sait être à la fois drôle et désabusé, dans un personnage prisonnier de sa condition. Leur couple à l’écran apparaît d’une grande connivence, qui fait l’alchimie et la réussite du film, en évitant la comédie banale, le pathos ou la facilité du feel good movie.

De questions existentielles sur la fin de vie, au super pouvoir des relations humaines, ce film aborde avec justesse et empathie des sujets graves, dans une ambiance forte, tour à tour drôle, profonde et émouvante.

Ce film en forme d’OVNI cinématographique, sorti opportunément en cette période de fêtes, touche au cœur. Devant une telle histoire surnaturelle et fantastique, il est bon de s’autoriser, disons-le, un moment de bonheur, alors ne boudons pas notre plaisir.

Bande annonce : L’Âme idéale

L’Âme idéale – fiche technique

Titre original : L’Âme idéale
Réalisation : Alice Vial
Scénario : Alice Vial, Jean-Toussaint Bernard
Interprètes : Jonathan Cohen, Magalie Lépine-Blondeau, Florence Janas, Jean-Christophe Folly, Anne Benoit
Photographie : Julien Poupard
Musique : Olivier Marguerit
Costumes : Marion Moules, Matthieu Camblor
Décors : Julie Plumelle
Montage : Baptiste Ribrault
Son : Romain de Gueltzl, Rémi Durel, Julie Tribout
Production : Benjamin Bellecour, Jean-Toussaint Bernard, Jonathan Cohen
Production déléguée : Vincent Lefeuvre
Production artistique : Anna Tordjman, Laurent Weitmann
Sociétés de production : Les Films entre 2 et 4
Société de distribution : Gaumont Distribution
Pays de production : France
Durée : 98 minutes
Genre : Comédie dramatique / Fantastique
Date de sortie (France) : 17 décembre 2025

Note des lecteurs3 Notes
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Bruno Arbaud
Bruno Arbaudhttps://www.lemagducine.fr/
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