"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Avec son influenceuse masochiste (Exarchopoulos, géniale) et ses gags qui virent au cauchemar capitaliste, L'Accident de piano est du Dupieux pur jus absurde, excessif, un peu essoufflé. Scène culte : le piano qui tombe... mais le film ne relève jamais vraiment la mélodie
"Jurassic World : Renaissance" redonne un souffle inattendu à la saga grâce à la mise en scène de Gareth Edwards. Si le scénario reste convenu et prévisible, la tension, l’action et le respect des codes du blockbuster permettent au film de s’imposer comme une bonne surprise estivale, loin du naufrage des derniers volets.
Avec "Rapaces", Peter Dourountzis explore les zones d’ombre d’un féminicide à travers le prisme du journalisme indépendant. Entre thriller psychologique, drame familial et critique sociale, le film fascine par son ambiance et sa tension, mais souffre d’un scénario trop éclaté pour pleinement convaincre.
Avec "Le bonheur est une bête sauvage", Bertrand Guerry signe un film sensible mais parfois inégal. Porté par une belle mise en scène et une atmosphère poétique, il pêche par des intrigues secondaires floues, mais touche par sa sincérité et sa douceur mélancolique.
"Islands", le nouveau film de Jan-Ole Gerster (Grand Prix Reims Polar 2025), explore la dérive existentielle d’un homme figé dans un décor paradisiaque. Sous le soleil de Fuerteventura, ce faux polar devient un voyage intérieur, mêlant solitude, désir, mémoire et perte d’identité, porté par Sam Riley et Stacy Martin.
Adaptation sensible du roman d’Amélie Nothomb, "Amélie et la métaphysique des tubes" explore l’enfance avec poésie et émotion. Entre animation évocatrice, voix off réflexive et relation touchante, une œuvre primée à Annecy à découvrir en famille.
Sous ses airs de comédie romantique classique, "Materialists" de Celine Song déjoue les attentes : une œuvre élégante, finement écrite, qui explore avec justesse et émotion les complexités de l’amour moderne. Un film subtil, profond et brillamment interprété.
Dans son premier long-métrage, Johann Dionnet nous plonge dans l’effervescence du festival d’Avignon à travers le parcours d’une troupe en galère et d’un amour né sur un malentendu théâtral. Entre satire des coulisses du spectacle vivant, hommage au théâtre de rue et comédie romantique douce-amère, le film oscille entre éclats d’émotion et maladresses, tout en célébrant la magie fragile des planches estivales.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
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Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.