Critiques films

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

September & July : September says

A travers un film fort et étrange, la comédienne grecque Ariane Labed fait irruption sur la scène des futures grandes réalisatrices proposant un 1er long métrage "September & July" dérangeant et fascinant, ancré dans l'héritage du monstrueux "Canine" de Yorgos Lanthimos.

Queer de Luca Guadagnino : entre splendeur visuelle et dérive narrative

Après "Challengers", Luca Guadagnino revient avec "Queer", un projet audacieux inspiré de la nouvelle sulfureuse de William S. Burroughs. Entre esthétique léchée, casting prometteur et exploration des tabous des années 50, le film promettait beaucoup. Pourtant, il divise : si la maîtrise visuelle et émotionnelle est indéniable, la dérive narrative et le manque de profondeur des personnages laissent un goût mitigé. Plongée dans un film en deux temps, entre extase et désillusion.

When the Light Breaks : une douleur indicible

"When the Light Breaks" de Rúnar Rúnarsson plonge dans la fragilité de la vie à travers l’histoire d'Una, une jeune artiste en pleine quête d’identité. Ce film islandais explore les thèmes du deuil, des relations humaines et de la douleur à travers un groupe d’amis confrontés à la perte brutale d’un proche. Avec une mise en scène lumineuse et une réflexion profonde, il offre une vision émotive de la vie, de l’amour et de la séparation.

Captain America : Brave New World, on l’a dans le Hulk

Le MCU a-t-il encore quelque chose à offrir ? "Captain America: Brave New World" devait rassurer, mais ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle Marvel s'est enfermé. Un film qui recycle ses propres thèmes sans jamais les sublimer, enchaînant les erreurs de narration et d’exécution. L’ambition s'est évaporée, remplacée par une formule sans âme où le spectaculaire cède à la précipitation. Pire encore, même les rares fulgurances du film sont noyées par un montage chaotique et des effets spéciaux bâclés. À l’aube de "Avengers: Doomsday", la question n'est plus de savoir si le MCU peut se relever, mais s’il reste encore quelque chose à sauver.

L’attachement : puissance de la douceur

Film lumineux et profondément touchant, "L'Attachement" de Carine Tardieu offre à ses acteurs (Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï, Raphaël Quenard) une partition pleine de délicatesse, de justesse et d'émotion sur nos paysages intimes.

Apprendre de Claire Simon : immersion au cœur d’une école

Claire Simon propose avec Apprendre une vision de l'école où chacun avance ensemble, peut-être un peu trop idéalisée, mais avec ses réalités, ses élèves à la traîne et ses défis. Un regard tendre et des personnels engagés pour une immersion au cœur de l'acte d'apprendre.

La Pampa : une jeunesse (rurale) et moderne

"La Pampa" est un premier film bouleversant qui allie chronique rurale, drame et récit d'apprentissage. À travers le personnage de Willy, incarné par la révélation Sayyid El Alami, ce long-métrage d'Antoine Chevrollier explore les thèmes du secret, du premier amour et des choix de vie. Avec sa mise en scène naturaliste et sa bande sonore poignante, le film touche par sa simplicité, sa profondeur et son humanité, offrant un instantané émouvant de l’adolescence à l’âge adulte.

Je suis toujours là : le poids (déchirant) de l’absence et de l’incertitude

"Je suis toujours là", un film puissant, poignant et nécessaire qui explore la dictature militaire au Brésil à travers une histoire vraie. Avec une prestation exceptionnelle de Fernanda Torres, ce drame intime et engagé nous plonge dans l'angoisse et l'incertitude d'une famille dévastée. Réalisé par Walter Salles, ce long-métrage marquant est un devoir de mémoire essentiel à l'heure des régimes autoritaires. À découvrir absolument !

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