Critiques films

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Frantz Fanon : Chroniques Calmes et fidèles d’une révolution psychiatrique

Blida-Joinville, 1953. Frantz Fanon fait de l'hôpital psychiatrique un laboratoire de décolonisation. Zahzah filme cette révolution à hauteur d'homme : plans serrés sur des mains qui tremblent, silences chargés, rituels du café transformés en actes politiques. Un cinéma de la sobriété radicale, où la folie devient langage et l'asile, miroir craquelé du colonialisme.

Dracula selon Besson : entre tape-à-l’œil et étincelles de l’âme

Caleb Landry-Jones vole le film à Dracula, à Besson, et même à Bela Lugosi. C'est la réussite du film de Besson écrasé par ailleurs sous une musique intrusive et des effets tapageurs. La folie romantique du mythe, noyée sous les effets spéciaux, ressurgit quand il ose enfin lâcher prise.

Substitution Bring Her Back : Sacrifice Sanglant

Danny et Michael Philippou les jumeaux australiens de Talk To Me ( carton au box office)signe un second film ahurissant d’excès et de sang, une sorte de hors-piste sensoriel et fou, brutale et oppressante. L'incarnation post-moderne du livre Freudien Deuil et Mélancolie. 

La Trilogie d’Oslo – Désir : Des hommes regardés droit au coeur !

Dans le dernier volet de la trilogie d’Oslo, "Désir", Dag Johan Haugerud poursuit avec délice et subtile ironie sa réflexion passionnante sur les ambiguïtés du désir et de l’amour. Surtout ici, il explore avec délicatesse des hommes "post #MeToo" en quête d’eux-mêmes, refusant les étiquettes simplistes.

La Trilogie d’Oslo : Rêves d’écrivaine, Rêves de désirs ou Rêves d’être désirée

Avec Rêves, troisième opus d'une subtile Trilogie d'Oslo à l'atmosphère profondément bergmanienne, Dag Johan Haugerud signe une œuvre cérébrale et envoûtante où s'entrelacent, dans un même élan vital, l'éveil du désir amoureux et la pulsion d'écriture.

Les 4 Fantastiques : Premiers Pas – un bon de géant pour le MCU ?

Après des années d’échecs et de tentatives ratées, Les 4 Fantastiques signent un retour inattendu dans un MCU en perte de vitesse. Porté par une direction artistique audacieuse et un ton plus sombre, "Premiers Pas" surprend par sa maturité, malgré des faiblesses scénaristiques et un antagoniste peu inspiré. Un film qui tente autre chose… sans totalement convaincre.

Aux jours qui viennent : Scansions de la vie sous emprise

Dans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.

Les filles désir : de la masculinité primaire à l’émancipation triomphante

Sélectionné à Cannes 2025, le premier long-métrage de Prïncia Car explore avec sensibilité et audace les relations affectives d’une jeunesse marseillaise désorientée, prise entre pulsions, patriarcat et quête de liberté. Carmen et Yasmine s’imposent peu à peu comme figures d’émancipation dans un récit féministe vibrant, porté par une mise en scène solaire, une bande originale marquante et une interprétation souvent improvisée.

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Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

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Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.