"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.
Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
Avec "Libertate", Tudor Giurgiu replonge dans un épisode oublié de la révolution roumaine. Un film coup de poing, entre tension brute, mémoire collective et chaos historique. Fort, imparfait parfois, mais essentiel.
Si on a envie d’y croire au début, le soufflé retombe vite et, plus il avance, plus ce film à la gloire (ou pas) du chanteur The Weeknd (Abel Tesfaye de son vrai nom) se révèle aussi creux que vain et prétentieux.
Critique du film Sen Ben Lenin (2021) de Tufan Taştan. Entre humour absurde et réflexion politique, le film explore les tensions sociales à travers une enquête improbable menée dans une petite ville d’Anatolie.
Dans son troisième long-métrage, Gregory Magne nous plonge dans l’univers exigeant de la musique classique et de luthiers d’exception. À travers une comédie humaine grinçante, il orchestre la rencontre de quatre virtuoses contraints d’apprivoiser une partition inédite et un compositeur discret mais essentiel. Entre tensions, égos et quête d’harmonie, le film donne vie à une confrontation aussi musicale qu’humaine, portée par une mise en scène précise et une bande-son originale signée Grégoire Hetzel. Une œuvre à la fois immersive et accessible, où la musique devient le terrain d’un jeu de pouvoir autant que d’une véritable alchimie artistique.
Avec "Transmitzvah", Daniel Burman signe une comédie musicale touchante et décalée sur l'identité, les traditions juives et les liens familiaux. Mumy Singer, chanteuse trans de retour en Argentine, décide enfin de célébrer sa Bar Mitzvah, portée par une fratrie soudée et une communauté haute en couleur.
Un Cronenberg dernier cru, dont on croit ressortir déçu et dont on finit par se retrouver hanté. Ainsi se souvient-on combien sa mise en scène est subtile et originale, et les effets qu'elle produit si puissant, et combien ses épigones, croyant devoir multiplier les images subjuguantes, sont encore très loin de l'égaler. Car c'est toujours à pas de loup que Cronenberg sait nous intégrer dans ses fantasmes de cauchemar.
"Tu ne mentiras point" : décidément le cinéma irlandais est en forme. Après Le tout récent et ténébreux "Clan des bêtes" de Christopher Andrews , ce nouveau film irlando-belge de Tim Mielants est une nouvelle preuve de la beauté d’un cinéma qui s’appuie sur une certaine authenticité.
Maël Piriou signe avec son premier long-métrage une comédie romantique poignante qui dépasse les conventions du genre pour explorer les liens profonds entre amour et amitié. Inspiré librement de "Hasta la Vista", le film embarque Mélanie et Benjamin dans un road-movie intense, où les paysages espagnols deviennent le théâtre de révélations bouleversantes. Porté par des interprétations justes et vibrantes de Julia Piaton, Quentin Dolmaire et Gregory Gadebois, ce voyage initiatique célèbre la force des sentiments et l’urgence de vivre pleinement, sans faux-semblants. Une véritable leçon de vie, où l’émotion et la tendresse prennent le dessus sur les obstacles.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.