Jurassic World : Renaissance – bel orphelin né sous vide

La saga Jurassic Park, c’est un peu comme celle de Star Wars : aujourd’hui, les œuvres médiocres y dépassent en nombre les réussites. Pire encore, pour certains, seul le premier opus, sorti en 1993, mérite véritablement d’être qualifié d’excellent. Oui, la saga imaginée par Steven Spielberg n’a cessé de décliner, film après film. Pas de chance pour le père des Dents de la mer, saga qui aura connu le même funeste sort. On pensait pourtant le cauchemar achevé, après l’immonde Jurassic World : Le Monde d’après, troisième épisode d’une seconde trilogie déjà bien mal en point. Que nenni. Les dinosaures semblent décidément peu enclins à quitter notre planète. Heureusement pour nous, ce n’est plus Colin Trevorrow qui tient la barre, mais Gareth Edwards. Et, mes aïeux, cela change tout. Sans rien révolutionner, Jurassic World : Renaissance s’impose comme une très bonne surprise.

Synopsis : Cinq ans après Jurassic World : Le Monde d’après, l’environnement de la planète s’est révélé hostile pour la plupart des dinosaures. Ceux qui subsistent vivent dans des zones équatoriales isolées, aux conditions proches de celles de leur ère d’origine. Parmi ces créatures terrifiantes, trois spécimens renferment peut-être la clé d’un remède capable de changer le destin de l’humanité.

« J’en ai marre d’avoir toujours raison »

Imaginez notre fureur, notre indignation, à l’annonce de ce nouveau projet. Que reste-t-il à raconter, quand tout a déjà été détruit ? Pourquoi s’embêter à égaler la mise en scène de Steven Spielberg, à jouer avec nos peurs, quand on a les moyens d’afficher des dinosaures toutes les minutes ? Puis, tel Alan Grant redécouvrant un monde perdu, nos yeux s’écarquillent : Gareth Edwards est annoncé à la réalisation. Le papa du Godzilla de 2014, mais surtout de l’exceptionnel Rogue One : A Star Wars Story, et du récent The Creator. L’espoir renaît, brièvement. Puis, on se rappelle. Ces réalisateurs brillants, dévorés vivants par des producteurs incapables de comprendre ce qu’est le cinéma. Alors on attend. Et sur certains points, oui, nos craintes étaient fondées.

Si vous attendez de ce Jurassic World qu’il révolutionne, ne serait-ce qu’un instant, la saga, autant foncer tête la première dans la gueule du T-Rex le plus proche. On est ici face à un énième blockbuster cousu de fil blanc, recyclant à l’épuisement les tropes usés jusqu’à la moelle depuis 1993. On change le duo. On change l’hybride. On change l’île. On change le grand méchant en chemise de la vilaine société capitaliste. Et, pour varier un peu, on remplace les enfants par une famille. Puis, tant qu’à faire, on puise aussi dans les scènes cultes du premier film, en remettant le thème intouchable de John Williams. Mais au fond, pouvait-on vraiment espérer un miracle, quand on connaît les délais de production ridiculement courts imposés par les producteurs, obsédés par l’idée de sortir le film à temps pour l’été ?

Jurassic Wars : Romulus

Rebirth. Rien qu’au titre original, on peut constater un aveu d’échec d’Universal, bien conscient de l’enterrement qu’a été la trilogie de Trevorrow. Alors, quoi de mieux que de confier le bébé à un réalisateur réputé pour sauver des franchises ? L’idée est excellente, tant toute la filmographie de Gareth Edwards semblait mener vers ce projet. Qui de mieux pour réaliser un film de gros monstres qu’un homme passionné par le gigantisme ? Pari réussi, car si l’intrigue tient sur un timbre-poste, ce 4ᵉ épisode reste suffisamment divertissant pour accrocher.

Terminées les intrigues qui auraient endormi un raptor. Plus de clonage humain et de sauterelles géantes (on ne s’en est toujours pas remis…) des derniers opus. Ce Rebirth trace une ligne droite. Déjà, parce qu’il n’a pas eu le temps de faire autre chose, et aussi pour se concentrer sur ce qu’on attend : une tension et de la mise en scène. Les personnages, exceptés Zora et Duncan, respectivement Scarlett Johansson et Mahershala Ali, on s’en fout. On nous présente les enjeux, et hop, l’action démarre. Bien sûr, impossible de ne pas évoquer le nouveau dinosaure tout vilain pas beau. Si son design, mi-Rancor mi-Alien, fonctionne, son utilité dans l’intrigue déçoit. Dommage, car son introduction est efficace, bien qu’écornée par une facilité scénaristique incroyablement stupide.

La réalisation trouve toujours un chemin

Présenté comme ça, Jurassic World : Renaissance semble décevant. Certes, on en attendait plus à l’écriture, surtout venant du scénariste du premier volet. Présenter le film comme le meilleur des quatre est peu élogieux, tant la barre avait été placée bas. Mais inutile de bouder son plaisir devant la réalisation de Gareth Edwards. Il sait, à l’instar du premier opus, que le danger n’est jamais aussi effrayant que quand il est bien géré. Les minutes s’écoulent, avant que les monstres daignent montrer leurs crocs. Et, au moment fatidique où l’action décolle, le film ne déçoit pas. Segmentée comme un jeu vidéo, l’histoire enchaîne les péripéties, chaque espèce ayant son lieu, sa scène d’action, et les décès qui vont avec. À ce sujet, les mordus de sang et de corps en morceaux peuvent fondre en larmes. Quelques plans de bras coupés, un peu de sang mêlé à l’eau, et voilà. On ne prend pas le risque d’empêcher les enfants de voir le film, voyons.

Jurassic World : Renaissance est l’un des meilleurs de la saga, oui. Pour autant, on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’aurait donné le projet, avec un peu plus de temps de production. Trop de défauts subsistent, malgré d’indéniables qualités qui font du projet un solide blockbuster en ce début d’été. C’est joli, bien foutu et emballé, malgré un manque criant de génie. Point de départ d’une troisième trilogie ou chant du cygne de la saga, on ne sait pas encore (si, on sait. Money money). Les fans de dinosaures et d’action bien faite et sans prise de tête passeront un excellent moment. Les mordus d’histoire bien ficelée et d’originalité iront sans doute dans le musée le plus proche, où ils reverront le film de Spielberg.

Jurassic World : Renaissance – bande-annonce

Jurassic World : Renaissance – fiche technique

Titre original : Jurassic World: Rebirth
Réalisation : Gareth Edwards 
Scénario : David Koepp 
Interprètes : Scarlett Johansson, Jonathan Bailey, Mahershala Ali 
Image : John Mathieson 
Décors : James Clyne 
Costumes : Sammy Sheldon 
Montage : Jabez Olssen 
Musique : Alexandre Desplat 
Production : Patrick Crowley et Frank Marshall 
Producteurs délégués : Denis L. Stewart, Steven Spielberg 
Sociétés de production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, The Kennedy/Marshall Company 
Pays de production : États-Unis 
Distribution France : Universal Pictures International France 
Durée : 2h13 
Genre : Science-fiction, Action, Aventure 
Date de sortie : 4 juillet 2025

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Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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