Krampus, un film de Michael Dougherty: critique

Aux origines Krampus (« griffe » dans la langue de Goethe) est le pendant démoniaque de Saint-Nicolas, il est un démon qui trouve son origine dans l’Allemagne du XIème siècle.

Synopsis: Noël approche et comme chaque année, la famille du jeune Max se réunit pour le pire: s’étriper à grand renfort d’insultes et de mépris. Max décide alors de ne plus croire en l’Esprit de Noël, pour le plus grand bonheur du Père Fouettard de service: Krampus, qui va lui faire regretter son manque de foi.

Tout à la fois punisseur d’enfants pas sages et piétineur de coutumes sacrées, il trouve son équivalent dans la Père Fouettard lorrain. Il est bâton quand Saint-Nicolas se fait carotte. Rien d’étonnant à ce qu’un tel sujet se retrouve adapté sur grand écran, les bons ingrédients sont légion et même un réalisateur, jusqu’ici plus convaincant à l’écriture que derrière la caméra comme Michael Dougherty (scénariste sur X-Men 2 et Superman Returns), réussit un film pas trop absurde.

Pourtant c’est dans l’absurde et le contre-pied que Krampus se démarque. Même si certains diront qu’il ne sait pas sur quel pied danser, c’est un bonheur que de voir mélangés Les Simpsons, GremlinsMr Jack ou encore Le Labyrinthe De Pan. Sans évidemment en égaler les qualités, Michael Dougherty parie sur un « mix produit » qui sauve une réalisation assez pauvre, bien que bénéficiant d’un univers marquant. Le décor est une réussite, mais Dougherty le filme sans génie. Surprenant et déroutant, Krampus démarre sur une comédie détonante, irrespectueuse et souvent hilarante pour finir sur l’épouvante de jouets pour enfants devenus monstres affamés. Le concept et la conclusion (la famille c’est super important…) sentent le déjà-vu, mais le reste réserve ses petites bulles de bonheur sombre.

Plus terre à terre, et au-delà du manque d’inspiration de Dougherty, il y a certaines erreurs de casting. Pas du tout du côté de Toni Colette (Little Miss Sunshine, Hitchcock), toujours impeccable (pour une fois qu’une grande actrice a plus qu’une jolie bouille à vendre), mais plutôt du côté d’Adam Scott (La Vie Rêvée De Walter Mitty). Ils ont beau avoir le même âge, leur couple prend difficilement, manque par moments cruellement de crédibilité. Heureusement qu’il reste David Koechner (Shérif, Fais-Moi Peur40 Ans, Toujours Puceau), toujours formidable dans ses seconds rôles de gros imbécile sorti de sa cambrousse natale. Sans oublier la bombe de service, jeune, belle et sexy qui fait avancer l’égalité des sexes à Hollywood: Stefania Owen.

Sans convaincre, Krampus parvient quand même à intriguer. Il capte l’attention par son art du mélange, sacrifiant une famille de lourdingues aux foudres d’un démon sans âge, en quête d’âmes corrompues à punir. En parfait réalisateur interchangeable, Michael Dougherty est en service minimum derrière la caméra pour filmer le superbe travail de décoration et d’éclairage. Reste une question cruciale: pourquoi, alors que le film est sorti le 4 décembre aux U.S.A., attendre le 4 mai pour en faire profiter l’hexagone ?! Mais quelle idée de sortir un film de Noël au printemps ?!

Krampus: Fiche Technique

Réalisation : Michael Dougherty
Scénario : Todd Casey, Zach Shields, Michael Dougherty
Distribution: Adam Scott, Toni Collette, David Koechner, Allison Tolman, Conchata Ferrell, Emjay Anthony, Stefania LaVie Owen, Krista Stadler, Lolo Owen, Maverick Flack, Queenie Samuel, Luke Hawker
Direction artistique : Jules O’Loughlin
Montage : John Axelrad
Musique : Douglas Pipes
Production : Thomas Tull, Jon Jashni, Alex Garcia, Michael Dougherty
Sociétés de production : Legendary Pictures, Zam Pictures
Société de distribution : Universal Pictures
Budget : 25 millions de dollars
Pays : États-Unis
Genre: Horreur, fantastique, comédie horrifique
Durée : 98′
Dates de sortie France: 4 mai 2016

 

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Thierry Jacquet
Thierry Jacquethttps://www.lemagducine.fr/
Bressan d'origine, littéraire raté de formation, amateur de bonne chère et de bons vins, sans oublier le corps des femmes (de la mienne en fait). Le cinéma meuble mes moments perdus, et ils sont nombreux. Pas sectaire pour deux sous je mange à tous les râteliers, passant du cinéma d'auteur au blockbuster sans sourciller. En somme un homme heureux de voir et écrire sur le cinéma.

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