88ème cérémonie des Oscars : Palmarès

Oscars 2016, le palmarès complet

Pour clore en beauté la « saison des awards », la cérémonie des Oscars a eu  lieu ce dimanche 28 février dans la salle grandiose de 3400 places du Dolby Theater à Los Angeles. La veille, ce sont les traditionnels Razzies Awards qui ont « récompensés » les pires films de 2015, 50 nuances de Grey et Les Quatre Fantastiques s’étant réparties les fameuses Framboises de la Honte. Heureusement, l’Académie des Oscars est là pour nous rappeler qu’Hollywood est avant tout un haut-lieu artistique ainsi que la plus prestigieuse des industries glamours.

Et pourtant, la grande messe du cinéma américaine aura laissé cette année une gout un peu amère, entachée par un soi-disant scandale lié à l’absence d’afro-américains dans les listes de nommés. Une polémique légitime même si elle a été lancée, rappelons-le, par une Jada Pinkett Smith aigrie de ne pas voir son cher et tendre époux nommé et suivi de près par un Spike Lee qui, bien que récompensé par un Oscar d’honneur, a perdu tout crédit en tant que réalisateur après son Oldboy, et tente désespérément de retrouver sa casquette de porte-étendard de la cause black qu’il avait mis de côté depuis longtemps.

Une polémique sur laquelle ne s’est empêché de revenir Chris Rock dans son excellent discours d’ouverture, rappelant notamment que de telles revendications de sa communauté sont la preuve qu’elle a avancé dans son long combat pour les droits civiles. Une problématique qui a fait office de leitmotiv dans de très bons sketchs tout le long de la soirée. Au delà de la question raciale, les intervenants (davantage les remettants que les vainqueurs limités à une quarantaine de secondes pour leurs remerciements) ont livré des prestations succulentes et des discours politiques engagés, faisant de la cérémonie un excellent show comme seuls les américains savent le faire.

Du côté des nominations, il était difficile -hormis dans le cas du meilleur acteur que tout le monde savait être acquis par Leonardo DiCaprio- de s’assurer des pronostics tant chaque catégorie était ouverte et les films présents étant très hétérogène et tous très bons dans leur genre respectif. Et au final, le film le plus récompensé est, de très loin, Mad Max: Fury Road qui a remporté quasiment toutes les catégories techniques.

Parmi les victoires les plus remarquées, il est important de citer celle d’Emmanuel Lubezki dont le travail d’orfèvre sur The Revenant a été unanimement salué, faisant de lui le premier cinéaste, depuis Walt Disney, a recevoir trois années de suite dans la même catégorie après Gravity et Birdman. De la manière, Alejandro González Iñárritu obtient pour la seconde année consécutive la statuette du meilleur réalisateur, ce qui n’avait plus été vu depuis Joseph L. Mankiewicz il y a 65 ans. On peut aussi noter le succès d’Ennio Morricone, qui aura dû attendre d’avoir 87 ans pour enfin recevoir son premier Oscar -hormis un Oscar d’honneur remis en 2007- et devenir ainsi le plus vieil artiste oscarisé de l’Histoire de l’Académie.

Mais les vrais vainqueurs sont indubitablement Leonardo DiCaprio, récompensé pour ce qui est sans conteste le rôle le plus éprouvant de sa carrière, Brie Larson, tout simplement bouleversante en mère courage, et le film Spotlight, dont le scénario prônant le courage et la défense du métier de journaliste ainsi que sa mise en scène très sobre ont su trouver la grâce des votants.

Le palmarès complet des Oscars 2016 : DiCaprio, Spotlight, Iñárritu…

Meilleur film:  Spotlight, réalisé par Tom McCarthy

Les autres nommés:

The Big Short : Le Casse du siècleréalisé par Adam McKay

Brooklynréalisé par John Crowley

Mad Max: Fury Road, réalisé par George Miller

Le Pont des espions, réalisé par Steven Spielberg

The Revenant réalisé par Alejandro González Iñárritu

Room, réalisé par Lenny Abrahamson

Seul sur Mars, réalisé par Ridley Scott

Meilleur réalisateur:  Alejandro González Iñárritu pour

Les autres nommés:

Lenny Abrahamson pour Room

Tom McCarthy pour Spotlight

Adam McKay pour The Big Short : Le Casse du siècle

George Miller pour Mad Max: Fury Road

Meilleur acteur:  Leonardo DiCaprio dans The Revenant

Les autres nommés:

Bryan Cranston dans Dalton Trumbo

Matt Damon dans Seul sur Mars

Michael Fassbender dans Steve Jobs

Eddie Redmayne dans The Danish Girl

Meilleure actrice: Brie Larson dans Room

Les autres nommées:

Cate Blanchett dans Carol

Jennifer Lawrence dans Joy

Charlotte Rampling dans 45 ans

Saoirse Ronan dans Brooklyn

Meilleur acteur dans un second rôle: Mark Rylance dans Le pont des Espions

Les autres nommés:

Christian Bale dans The Big Short : Le Casse du siècle

Tom Hardy dans The Revenant

Mark Ruffalo dans Spotlight

Sylvester Stallone dans Creed

Meilleure actrice dans un second rôle: Alicia Vikander dans The Danish Girl

Les autres nommées:

Jennifer Jason Leigh dans Les Huit Salopards

Rooney Mara dans Carol

Rachel McAdams dans Spotlight

Kate Winslet dans Steve Jobs

Meilleur film en langue étrangère:  Le Fils de Saul réalisé par László Nemes (Hongrie)

Les autres nommés:

A War réalisé par Tobias Lindholm (Danemark)

L’Étreinte du serpent, réalisé par Ciro Guerra (Colombie)

Mustang réalisé par Deniz Gamze Ergüven (France)

Theeb réalisé par Naji Abu Nowar (Jordanie)

Meilleur film d’animation:  Vice-versa, réalisé par Pete Docter et Jonas Rivera

Les autres nommés:

Anomalisa, réalisé par Charlie Kaufman et Duke Johnson

Le Garçon et le Monde, réalisé par Alê Abreu

Shaun le mouton, le film, réalisé par Mark Burton et Richard Starzak

Souvenirs de Marnie, réalisé par Hiromasa Yonebayashi et Yoshiaki Nishimura

Meilleur documentaire:  Amy, réalisé par Asif Kapadia et James Gay-Rees

Les autres nommés:

Cartel Land, réalisé par Matthew Heineman et Tom Yellin

The Look of Silence, réalisé par Joshua Oppenheimer et Signe Byrge Sørensen

What Happened, Miss Simone?, réalisé par Liz Garbus, Amy Hobby et Justin Wilkes

Winter on Fire: Ukraine’s Fight for Freedom, réalisé par Evgeny Afineevsky et Den Tolmor

Meilleur scénario original:    Josh Singer et Tom McCarthy pour Spotlight

Meilleur scénario adapté: Charles Randolph et Adam McKay pour The Big Short : Le Casse du siècle

Meilleure photographie: Emmanuel Lubezki pour The Revenant

Meilleurs décors: Colin Gibson et Lisa Thompson pour Mad Max: Fury Road

Meilleurs costumes:  Jenny Beavan pour Mad Max: Fury Road

Meilleurs maquillages et coiffures: Lesley Vanderwalt, Elka Wardega et Damian Martin pour Mad Max: Fury Road

Meilleur montage:  Margaret Sixel pour Mad Max: Fury Road

Meilleur montage son:  Mark A. Mangini et David White pour Mad Max: Fury Road

 

Meilleur mixage son:  Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo pour Mad Max: Fury Road

Meilleurs effets visuels:  Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris et Andrew Whitehurst pour Ex Machina

Meilleure chanson originale: « Writing’s on the Wall », interprété par Sam Smith, dans 007 Spectre

Meilleure musique de film:  Ennio Morricone pour Les Huit Salopards

Meilleur court métrage de fiction:  Stutterer, réalisé par Serena Armitage et Benjamin Cleary

Meilleur court métrage d’animation:   Bear Story, réalisé par Pato Escala Pierart et Gabriel Osorio Vargas

Meilleur court métrage documentaire:  A Girl in the River: The Price of Forgiveness, réalisé par Sharmeen Obaid-Chinoy

A noter que, parallèlement à la cérémonie, deux Oscars d’honneur ont été remis à Spike Lee, dont les récents échecs ne doivent pas faire oublier à quel point son début de carrière fut remarquable, ainsi qu’à l’ancienne égérie de John Cassavetes, la toujours aussi sublime Gena Rowlands.

 

 

 

 

Festival

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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