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Les 10 plus grands titres Rock utilisés dans les films et séries

La musique est une composante essentielle d’un montage et certains réalisateurs utilisent autant des partitions originales que des œuvres musicales tous genres confondus. S’il existe un genre plus présent dans nos séries modernes et dans nos films, c’est bien le rock. Rock and roll is not dead ! chante Lenny Kravitz, la preuve en dix titres phares utilisés dans plusieurs œuvres classiques et modernes.

La musique pour un film, ou quelque autre forme audiovisuelle que ce soit (série, documentaire, court métrage ou même publicité ou reportage), est un ingrédient qui va venir se greffer en post production pour ajouter une couleur supplémentaire à l’œuvre. On pourrait grossièrement comparer son importance à celle des épices pour un plat. Vous avez déjà mangé un chili con carne sans épices ? Non ? Et bien pour un épisode de série ou un film, l’ingrédient musical est aussi important.

Pour John Carpenter, la musique doit être utilisée à bon escient pour ne pas venir noyer inutilement des scènes ou des dialogues, mais bien utilisée, elle est redoutable. Qui n’a pas frissonné en entendant les quelques notes ténébreuses des Dents de la mer ou celles ponctuant la célèbre scène de douche de Psychose ? Qui n’a pas chantonné l’air joyeux et instantanément mémorisable de Chantons sous la pluie (délicieusement pervertie quelques années plus tard dans la scène de viol d’Orange mécanique de Kubrick) ou fredonné, l’air de Titanic de Cameron en s’assurant que personne ne pouvait vous entendre ?

Le point commun de titres comme Gimme Shelter des Rolling Stones, All along the Watchtower de Dylan à la sauce Hendrix ou Hallelujah de Leonard Cohen : un squat en bonne et due forme de vos films et série préférées.

Si Elvis et les Beatles ont popularisé le rock créé par Chuck Berry, c’est pourtant le Gimme Shelter des Rolling Stones et la reprise du All along the Watchtower de Dylan par Jimi Hendrix que nous retrouvons dans moult films et séries.

 1. Gimme Shelter

Martin Scorsese n’a jamais caché son admiration pour les Stones et le titre Gimme Shelter s’entend dans ses films les plus emblématiques. Le besoin de s’abriter d’une surveillance policière pour Ray Liotta dans Les Affranchis est ainsi merveilleusement illustré par le refrain des Stones Gimme Shelter peut-être traduit par « Abrite-moi » de même que les bads trips de Di Caprio dans Le loup de Wall Street, version golden boy pervertie des truands italo-américains, mais aussi avant cela dans Casino et Les Infiltrés.

Si Gimme Shelter est inhérent aux meilleurs films de Scorsese et présent dans de nombreux longs métrages (Le fan, Layer cake (premier film de Matthew Vaughn), Air America, Flight de Robert Zemeckis, lui-même grand utilisateur de musique rock dans ses films, comme en témoigne l’excellente bande originale de Forrest Gump), elle est aussi utilisée dans de nombreuses séries télés comme Dexter (saison 2, épisode 5), Person of Interest (saison 2, épisode 10) et encore Nip-Tuck, Hawaï 5.0, Entourage, The Royals, Les Simpsons….

Paroles de Gimme Shelter, que l’on  peut entendre à la fin de la saison 2 de Person of Interest »

Ooh ooh ooh, ooh ooh ooh
Ooh ooh ooh, ooh ooh ooh

Ooh, a storm is threat’ning my very life today
If I don’t get some shelter, oh yeah, I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, yeah

Ooh, see the fire is sweepin’ our very street today
Burns like a red coal carpet, mad bull lost its way
War, children, yeah ! It’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, yeah

Yeah ! Hey !
Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away

Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away

Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away, yeah yeah yeah

Mm the floods is threat’ning my very life today
Gimme, gimme shelter or I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, it’s just a shot away
It’s just a shot away, it’s just a shot away

I tell you love, sister, it’s just a kiss away
It’s just a kiss away,
It’s just a kiss away, it’s just a kiss away
It’s just a kiss away, kiss away, kiss away, yeah !

2. All along the Watchtower

Un autre exemple de tube rock exploité à plus soif est le titre All along the Watchtower de Bob Dylan version Jimi Hendrix. De Forrest Gump à Payback en passant Private parts, Clockers, Il était une fois le Bronx, Watchmen, Blue Chips, Vegas vacation, Tupac: Resurrection… Bob Dylan a dit au sujet de cette reprise : « J’ai aimé la version de Jimi Hendrix et depuis qu’il est mort, je la joue à sa façon… Étrange comme quand je la chante, j’ai toujours l’impression que c’est un hommage à lui, en quelque sorte. » Hommage que l’on est pas prêt d’arrêter d’entendre tant la chanson et les guitares aériennes se marient à merveille aux images. L’originale de Bob Dylan a été récompensée par le prix Nobel de littérature et est extraite de son huitième album « John Wesley Harding » sorti en 1967.  La version de Jimmy Hendrix  date de son album de 1968 « Electric Ladyland ».

All along the Watchtower, une reprise du titre de Hendrix samplée dans une version instrumentale du rappeur anglais Devlin utilisée comme générique dans la série The Young Pope avec Jude Law.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=g4_UdAeylJE

« Paroles de All Along The Watchtower »

There must be some kind of way out of here,  »
Said the joker to the thief,
« There’s too much confusion, I can’t get no relief.
Business men – they drink my wine
Plowmen dig my earth
None of them along the line
Know what any of it is worth. »

« No reason to get excited,  »
The thief – he kindly spoke,
« There are many here among us
Who feel that life is but a joke
But you and I we’ve been through that
And this is not our fate
So let us not talk falsely now
The hour’s getting late. »

All along the watchtower
Princess kept their view
While all the women came and went
Bare-foot servants too
Outside in the cold distance
A wild cat did growl
Two riders were approaching
And the wind began to howl, hey.

3. With or without you

With or without you, balade emblématique de U2 et monument de sensualité avec Bono à son meilleur, peut être entendue dans Blown away, Ne le dis à personne de Guillaume Canet et les séries Friends, The office, Cold Case pour ne citer que ceux là. Pour le critique de cinéma Collin Souter, fan de U2, l’utilisation de With or without you dans Blown away est un sacrilège. Ce film selon lui « ridicule » parle très mal des irlandais et des fils d’immigrants, utilisant clichés sur clichés, faisant prendre à certains acteurs un accent irlandais hideux, et amenant l’utilisation du titre phare de U2 dans une scène où Tommy Lee Jones fabrique une bombe. Pour ceux qui connaissent l’aversion de Bono et sa bande envers l’I.R.A., l’association musique/images n’est pas des plus heureuses.

« Paroles de With or without you, entendue dans le film Ne le dis à personne de Guillaume Canet »

See the stone set in your eyes
See the thorn twist in your side
I’ll wait for you

Slight of hand and twist of fate
On a bed of nails she makes me wait
And I wait without you

With or without you
With or without you

Through the storm, we reach the shore
You gave it all but I want more
And I’m waiting for you

With or without you
With or without you
I can’t live with or without you

And you give yourself away
And you give yourself away
And you give, and you give
And you give yourself away

My hands are tied, my body bruised
She got me with nothing to win
And nothing left to lose

And you give yourself away
And you give yourself away
And you give, and you give
And you give yourself away

With or without you
With or without you
I can’t live
With or without you

With or without you
With or without you
I can’t live
With or without you
With or without you

4. Don’t fear the Reaper

Si Blue Öyster Cult, quintet rock New-Yorkais, n’est plus connu de nos jours que par un groupe restreint de personnes, l’utilisation de leur tube Don’t fear the reaper prouve qu’une œuvre peut surpasser son créateur jusqu’à l’éclipser totalement. Le sketch « More cowbell » (écrit par Will Ferrell et Donnell Campbell) est devenu l’un des plus célèbres de l’émission américaine Saturday Night Live et voit le personnage du producteur (incarné par Christopher Walken) réclamer plus de cloche (on entend cette percussion tout au long de la chanson). Ses paroles ouvrent également un des chapitres du Christine de Stephen King et se retrouve propulsé dans l’adaptation ciné qu’en a fait John Carpenter peu après sa sortie (Carpenter l’ayant utilisé auparavant dans Halloween). Dans le premier Scream de Wes Craven, ressuscitant (en le disséquant) le genre du slasher étudiant, une reprise de BÖC est entendue lorsque Billy passe par la fenêtre de l’héroïne incarnée par la belle Neve Campbell.  La chanson orne encore Les griffes de la nuit, Fantômes contre fantômes de Peter Jackson, le remake d’Halloween réalisé par le rocker Rob Zombie, Bienvenue à Zombieland et plus récemment dans le Gone girl de David Fincher. Pas mal pour un groupe quasi inconnu aujourd’hui dans l’hexagone sachant que vous avez aussi pu fredonner son air en regardant True Blood, Prison Break, Les Simpsons, Six feet under, Agent of S.H.I.E.L.D., Smallville,…

« Paroles de Don’t fear the Reaper que l’on peut entendre entre autres dans l’un des épisodes de la série True Blood »

All our times have come
Here but now they’re gone
Seasons don’t fear the reaper
Nor do the wind, the sun or the rain, we can be like they are
Come on baby, don’t fear the reaper
Baby take my hand, don’t fear the reaper
We’ll be able to fly, don’t fear the reaper
Baby I’m your man

Valentine is done
Here but now they’re gone
Romeo and Juliet
Are together in eternity, Romeo and Juliet
Forty thousand men and women everyday, like Romeo and Juliet
Forty thousand men and women everyday, redefine happiness
Another forty thousand coming everyday, We can be like they are
Come on baby, don’t fear the reaper
Baby take my hand, don’t fear the reaper
We’ll be able to fly, don’t fear the reaper
Baby I’m your man

Love of two is one
Here but now they’re gone
Came the last night of sadness
And it was clear she couldn’t go on
Then the door was open and the wind appeared
The candles blew then disappeared
The curtains flew then he appeared, saying don’t be afraid
Come on baby, and she had no fear
And she ran to him, then they started to fly
They looked backward and said goodbye, she had become like they are
She had taken his hand, she had become like they are
Come on baby, don’t fear the reaper.

5. Freebird

Lynyrd Skynyrd, groupe de rock sudiste a apporté aux œuvres audiovisuelles deux monuments. Le premier, Freebird peut être entendu dans Forrest Gump, The devil’s rejects ainsi que La maison des 1000 morts, tous deux de Rob Zombie, dans Le premier jour du reste de ta vie, la série Six feet under ou récemment dans le décomplexé Kingsman où les soli  entremêlés de fin de morceau ponctuent l’une des tueries les plus barrées jamais vues sur un écran de cinéma.

https://www.youtube.com/watch?v=25683IE5v9g

« Paroles de Free Bird , ici dans The Devil’s Rejects, film d’horreur américain écrit et réalisé par Rob Zombie en 2005 »

If I leave here tomorrow
Would you still remember me ?
For I must be travelling on now
There’s too many places I gotta see

[Chorus]
And if I stay here with you girl
Things just couldn’t be the same
For I’m as free as a bird now
And this bird you cannot change
And the bird you cannot change
And this bird you cannot change
Lord knows I can’t change

Bye bye baby it’s been sweet love
Though this feeling I can’t change
Please don’t take it so badly
Cause Lord knows I’m to blame

[Chorus]

Lord help me I can’t change
Lord I can’t change

Won’t you fly free bird ? yeah

 

6. Sweet home Alabama

Non content de ce palmarès, Lynyrd est également papa de Sweet home Alabama entendu plusieurs fois dans Forrest Gump toujours, mais aussi dans Prête à tout, Massacre à la tronçonneuse (le remake de Marcus Nispel), 8 mile, USS Alabama (normal, vu le titre…) , Joe la crasse, Fashion victime, The girl next door, Sahara, Les ailes de l’enfer, Lassie, Moi moche et méchant et dans les séries Malcolm et Les Simpsons.

https://www.youtube.com/watch?v=0TP_aN2XgzE

« Paroles de Sweet Home Alabama dans cette séquence emblématique de Forrest Gump de Robert Zemeckis« ]

Big wheels keep on turnin’
Carry me home to see my kin
Singin’ songs about the southland
I miss old family once again, and I think it’s a sin
Yes
Well, I heard Mr. Young sing about her.
I heard Ole Neil put her down.
I hope Neil Young will remember
A Southern man don’t need him around, anyhow.

(Chorus)

Sweet Home Alabama
Where the skies are so blue
Sweet home Alabama
Lord I’m comin’ home to you

In Birmingham they love the gov’ner.
Well, we all did what we could do.
Now, Watergate, it does not bother me.
Does your conscience bother you ?
Tell me true

(Chorus)

Here I come, Alabama
Now, Muscle Shoals has got The Swampers,
And they’ve been known to pick a song or two.
Lord, they get me off so much.
They pick me up when I’m feelin’ blue.
Now how ’bout you ?(Chorus) X2

7. Born to be wild

Autre fleuron rock célébré comme un hymne à la liberté, le Born to be wild de Steppenwolf prend toute sa saveur dans le désenchanté Easy Rider de Dennis Hopper. Le titre n’était pourtant pas « né » pour figurer dans l’œuvre achevée, Peter Fonda souhaitant que Crosby, Still, Nash and Young la remplace par un de leurs morceaux. Aujourd’hui personne ne pourrait imaginer meilleur emblème pour le film. Le titre se retrouve également dans Le retour, Robocop 2, Docteur Doolittle 2, Dans les pompes d’un autre, One crazy summer, La coccinelle revient, Beautés sauvages, Borat et dans les séries Deux flics à Miami pour ne citer que ceux là. 

« Paroles de Born To Be Wild,  dans ce pilier du nouveau ciné US, Easy Rider de Dennis Hooper, un road movie déjanté à la gloire de la Liberté sur des thèmes de Steppenwolf, The Byrds, Jimi Hendrix…  »

Get your motor runnin’
Head out on the highway
Lookin’ for adventure
And whatever comes our way
Yeah Darlin’ go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space

I like smoke and lightning
Heavy metal thunder
Racin’ with the wind
And the feelin’ that I’m under
Yeah Darlin’ go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space

Like a true nature’s child
We were born, born to be wild
We can climb so high
I never wanna die

Born to be wild
Born to be wild

8. Hallelujah

Hallelujah de feu Leonard Cohen et sa reprise par Jeff Buckley peuvent s’entendre dans les séries The Young Pope, CSI, True Blood, Numbers, Cold Case, ainsi que dans un grand nombre de films comme Shrek, Watchmen, Lord of War… selon certains sites spécialisés, elle apparaîtrait dans plus de 100 films et séries. Quand on sait que Colombia (le distributeur de Cohen à l’époque) hésitait à sortir le titre à cause des paroles parlant de religion et de sexe, on sourit.

« Paroles de Hallelujah que l’on peut entendre entre autres dans le film Watchmen »

I heard there was a secret chord
That David played and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you
Well it goes like this the fourth, the fifth
The minor fall and the major lift
The baffled king composing hallelujah

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… .

Well your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew you
She tied you to her kitchen chair
She broke your throne and she cut your hair
And from your lips she drew the hallelujah

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… . .

Baby I’ve been here before
I know this room and I’ve walked this floor
I used to live alone before I knew you
I’ve seen your flag on the marble arch
But love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken hallelujah

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… .

But now you never show that to me, do you
But remember when I moved in you
And the holy dove was moving too
And every breath we drew was hallelujah

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah…

Well, maybe there’s a god above
But all I’ve ever learned from love
Was how to shoot somebody who outdrew you
It’s not a cry that you hear at night
It’s not somebody who’s seen the light
It’s a cold and it’s a broken hallelujah

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah.

9. I got you (I feel good)

Le rock n’est pas toujours sombre et violent comme la plupart des titres utilisés à foison dans Sons of Anarchy. James Brown et son tube à réveiller les morts I got you (I feel good) le prouve à merveille dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, mais également dans Le professeur Foldingue, Garfield le film, Transformers, Good morning Vietnam, Boat trip, Maman j’ai raté l’avion 4, K-9,… et dans les séries Les Simpsons, Malcolm, Deux flics à Miami, ou encore Le prince de Bel-Air. En Malaisie, la chaîne de télévision « Your Feel Good channel » en avait fait son générique pendant près de dix ans.

« Paroles de I Got You (I Feel Good) dans une scène culte du film Good Morning Vietnam avec Robin Williams »

Wo ! I feel good, I knew that I wouldn’t of
I feel good, I knew that I wouldn’t of
So good, so good, I got you

Wo ! I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, I got you

When I hold you in my arms
I know that I can do no wrong
And when I hold you in my arms
My love won’t do you no harm

And I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, I got you

When I hold you in my arms
I know that I can’t do no wrong
And when I hold you in my arms
My love can’t do me no harm

And I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, well I got you

Wo ! I feel good, I knew that I wouldn’t of
I feel good, I knew that I would
So good, so good, ’cause I got you
So good, so good, ’cause I got you
So good, so good, ’cause I got you

Hey ! Oh yeah-a

10. The End

Pour boucler cette liste de quelque-unes des chansons phares du rock, on ne pouvait pas passer à côté de The End des Doors. Outre bien sûr le fait d’illustrer le biopic éponyme d’Oliver Stone sur le groupe américain, c’est surtout dans Apocalypse Now de Coppola ou dans le premier film de Scorsese Who’s knocking at my door que l’on peut entendre la voix mémorable de Jim Morrison ou encore et toujours dans les inénarrables Les Simpsons. En ouvrant son film par The end (la fin en français), Coppola illustre non pas la noirceur de la guerre, mais son côté définitif, sans retour comme les paroles de Morrison.

Paroles de The End dans Apocalypse Now, un chef d’œuvre de Francis Ford Coppola, démesuré, inoubliable, un voyage au cœur de l’enfer au rythme de pâles hélicos

This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety no surprise, the end
I’ll never look into your eyes… again

Can you picture what will be
So limitless and free
Desperately in need… of some… stranger’s hand
In a… desperate land

Lost in a Roman… wilderness of pain
And all the children are insane
All the children are insane
Waiting for the summer rain
Dans l’attente de la pluie d’été

There’s danger on the edge of town
Ride the King’s highway
Weird scenes inside the gold mine
Ride the highway west, baby

Ride the snake, ride the snake
To the lake, the ancient lake
The snake is long, seven miles
Ride the snake… he’s old, and his skin is cold

The west is the best(x2)
Get here, and we’ll do the rest

The blue bus is callin’ us(x2)
Driver, where’re you takin’ us

The killer awoke before dawn, he put his boots on
He took a face from the ancient gallery
And he walked on down the hall
He went to the room where his sister lived, and… then he
Paid a visit to his brother, and then he
He walked on down the hall, and
And he came to a door… and he looked inside
Father, yes son, I want to kill you
Mother… I want to… fuck you

C’mon baby, take a chance with us (x3)
And meet me at the back of the blue bus
Doin’ a blue rock
On a blue bus
Doin’ a blue rock
C’mon, yeah

Kill, kill, kill, kill, kill, kill

This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

It hurts to set you free
But you’ll never follow me
The end of laughter and soft lies
The end of nights we tried to die
This is the end

Le Rock est et sera toujours associé aux bad boys. Il est leur étendard de la Liberté et de la rébellion comme le prouve son utilisation massive dans des séries telles que The Shield et Sons of Anarchy ponctuant les scènes d’actions de rythmes endiablés ou de soli rageurs. Si le Jazz est la marque de fabrique de certains cinéastes comme Woody Allen ou Clint Eastwood, le Rock est celle des auteurs naviguant sans cesse entre bien et mal (David Lynch et son utilisation radicale de Rammstein dans Lost Highway) et le moyen le plus efficace de montrer la rage et la révolte d’esprits libres. Rock and Roll is not dead, Long live Rock and Roll !

 

Pris de court, un film d’ Emmanuell Cuau : critique

Emmené par Virginie Efira à l’œuvre dans son nouveau statut d’égérie d’un certain cinéma français, Pris de court, le nouveau film de la trop rare Emmanuelle Cuau est un beau portrait familial teinté d’une douce mélancolie, sous ses faux airs de thriller.

Synopsis : Nathalie est joaillère et vient de s’installer à Paris pour un nouveau travail et une nouvelle vie avec ses deux fils. Mais la direction de la bijouterie change soudainement d’avis et lui annonce que le poste ne sera pas pour elle. Nathalie veut protéger ses enfants et décide de ne rien leur dire. De ce mensonge vont naître d’autres mensonges de part et d’autre. L’engrenage commence…

J’enrage de ton absence

Il existe sur Youtube tout un ensemble de parents blogueurs; on les appelle des Mum & Dad vloggers, le V de vlogger étant en rapport avec les vidéos qu’ils postent sur leur vie de famille, généralement des enfants en assez bas âge, des enfants multiples ou des fratries imposantes. Au-delà de l’émotion liée à la grande jeunesse des enfants, à leur côté pataud, à leurs divers apprentissages, l’attrait de ces vidéos réside précisément dans cela : la famille, les relations entre les membres de la famille, mais aussi les membres eux-mêmes. Le dernier film de la française Emmanuelle Cuau, Pris de court, parle exactement sous ces termes d’une famille, monoparentale en l’occurrence; il montre l’évolution, sous certaines circonstances, de l’interaction entre les trois personnes qui la composent.

Nathalie (Virginie Efira) arrive à Paris, depuis le Canada où son mari est décédé, et après un bref passage en province. On la découvre d’emblée avec ses deux garçons, Paul (Rénan Prévot), un adolescent de 15 ans et Bastien (incroyable Jean-Baptiste Blanc), son petit frère de 8 ans. C’est le soir, elle les emmène devant la devanture de la joaillerie où elle est censée prendre un poste dès le lendemain. Une belle petite séquence qui montre tout de suite les bases de la relation entre cette mère seule et ses deux enfants : une douceur, amplifiée par la belle lumière du soir que la chef opérateur Sabine Lancelin a choisie, une complicité sans faille, une confiance des enfants dans la capacité de leur mère à les mener à bon port malgré ce déracinement.

Quand le drame arrive sous la forme d’un petit mensonge de Nathalie, plantée par son employeur putatif et obligée d’accepter un boulot alimentaire tout en cachant la réalité à ses fils, le bel équilibre familial se rompt. Par ellipses, par allusions, la cinéaste installe un faisceau de faits, au travers d’une belle caractérisation de ses personnages, qui vont amener le jeune Paul dans une spirale d’actions douteuses : la solitude dans une nouvelle ville et un nouveau lycée, la prétendue trahison de sa mère (son mensonge en réalité), qui le pousse à la vengeance, la mort du père jetée comme une accusation au visage de Nathalie. Tout est suggéré par des petites phrases presque sèches, et pourtant très efficaces. Le passage est très progressif, le jeune Paul glissant par exemple sur ses rollers de manière tout aussi innocente pour déambuler avec sa mère et son petit frère que pour effectuer ses petites courses de petit malfrat presque malgré lui. La mise en scène est du même acabit tout au long du métrage, ainsi par exemple la nervosité croissante de la mère qui est mesurée à l’aune des cigarettes fumées dans l’appartement même et à un rythme de plus en plus effréné ; aucun surlignage, aucun surplomb, presque des images subliminales…

Pris de court est un drame familial qui s’embarrasse finalement assez peu du contexte social (mère seule et sans emploi dans une ville inconnue). De même, le pseudo genre policier n’est vraiment là que pour servir son propos : l’angoisse de Nathalie lorsque Paul et Bastien ne rentrent pas un soir est par exemple plus importante que la raison de cette inquiétante disparition. De même, la tristesse du petit Bastien (« Tout est nul en ce moment » dira-t-il en allant se blottir dans les bras de sa mère) est au centre même de certaines « scènes d’action », et les stratagèmes de la chef de famille pour tenter de les sortir du gué ne sont vus que de l’intérieur de la famille, impliquant à peine les autres protagonistes. Les deux jeunes acteurs sont formidables, trouvant toujours le ton et l’expression justes pour les différentes situations auxquelles ils sont confrontés. Virginie Efira montre une fois de plus des qualités insoupçonnées de sobriété, de justesse d’un jeu presque minimaliste tout en restant émouvant, que la nature des comédies dans lesquelles elle officiait jusqu’à très récemment n’a pas permis de laisser apercevoir. Seul Gilbert Melki, qui personnifie le méchant et représente la partie thriller du scenario, est sous-utilisé dans un rôle qui n’a pas beaucoup d’épaisseur, contrairement à celui du précédent film de la cinéaste, Très bien, Merci (2007),  où il tenait le haut du pavé.

Sans être fracassant, Pris de court est un film très bien réalisé, sans aucun temps mort, minimaliste mais tendu, et servi par des acteurs au top. Emmanuelle Cuau est une réalisatrice trop rare (un film tous les dix ans), et pourtant précieuse, faisant mouche à chaque fois avec son thème presque unique, celui des liens familiaux, fragiles et forts à la fois de son point de vue. Un beau moment qu’il serait dommage de rater…

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Pris de court : Bande annonce  

Pris de court : Fiche technique

Réalisatrice : Emmannuelle Cuau
Scénario : Emmannuelle Cuau, Eric Barbier, Raphaëlle Desplechin
Interprétation : Virginie Efira (Nathalie), Gilbert Melki (Fred), Maryline Canto (Muriel), Rénan Prévot (Paul), Jean-Baptiste Blanc (Bastien)
Musique : Alexandre Lecluyse
Photographie : Sabine Lancelin
Montage : Anja Lüdcke
Productrice : Julie Salvador
Maisons de production : Christmas in July, Ad Vitam
Distribution (France) : Ad Vitam
Durée : 85 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 29 Mars 2017
France – 2017

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Gangsterdam, un film de Romain Levy : critique

Voici donc Gangsterdam, objet de scandale. Un film « abominable » selon certains, « prônant la culture du viol » pour d’autres. Et s’il s’agissait juste d’une simple comédie ratée comme il en sort des dizaines en France tout les ans? Et est-ce que l’on a pas mieux à faire que chercher la racine de tous les maux de la société dans le dernier film avec Kev Adams? 

Synopsis: Ruben, Durex et Nora sont trois étudiants, en dernière année de fac. Ruben a peu confiance en lui. Du coup, il a déjà raté une fois ses examens et n’ose pas avouer ses sentiments à Nora. Ruben découvre que Nora deale de la drogue et qu’elle va se rendre à Amsterdam, pour ramener un tout nouveau «produit». Ruben décide de l’accompagner, pour enfin la séduire. Mais c’était sans compter son ami d’enfance, l’envahissant Durex. Là-bas, ils vont découvrir une ville complètement folle et les choses vont se compliquer quand ils vont être en contact avec les plus grands criminels d’Amsterdam.

Au grand dam de tout le monde… 

Nouvelle ritournelle du cinéma français, chaque film avec Kev Adams amène son lot de réactions épidermiques. Entre une fanbase manifestement acquise à sa cause et ses détracteurs qui l’ont transformé en némésis du bon goût, on s’étonnera qu’un jeune acteur qui semblait ne rien demander à personne  se retrouve malgré lui au centre de l’éternel combat entre culture populaire et culture savante. Et tout cela commence à devenir franchement ridicule.

Après Les Profs, Les Profs 2 et Les nouvelles aventures d’Aladin, le nouvel objet du délit s’appelle donc Gangsterdam. Si la fanbase reste pour l’instant silencieuse, côté détracteurs on passe à la vitesse supérieure. Ce n’est plus au tournant que l’on attend le jeune comédien mais carrément devant la porte du garage.  Quelques bandes annonces, deux trois avant-premières et le mal est fait, le nouveau film de Kev Adams serait LE manifeste d’une panophobie toute franchouillarde (homophobie, racisme, sexisme et tutti quanti) avec le coup de grâce final : le film ferait l’apologie du « viol sympathique ».

Crevons donc l’abcès d’entrée de jeu. Oui il y a des blagues racistes et homophobes dans le film, un certain nombre en effet. Elles sont quasiment toutes le fait d’un seul personnage, le meilleur ami du héros répondant au doux prénom de Durex et explicitement décrit comme «raciste, homophobe, sexiste» pour finalement se révéler homosexuel refoulé, qui s’invente un personnage ultra-macho. Dans cette optique de caractérisation d’une jeunesse en perte de repères fixes, la tension constante entre l’envie d’être un «bonhomme» et une sensibilité plus délicate par moments est un rouage de comédie valide aux potentialités énormes. Bien utilisée, la tension entre les deux extrêmes peut dans certains cas déboucher sur des situations cocasses. Mais sinon le type est cintré et s’appelle Durex… Que vous faut-il de plus pour comprendre qu’il n’est pas à prendre au sérieux ? Un carton indicatif en début de film ? Quant à la séquence de viol qui aura tant fait couler d’encre, oui on peut la trouver marrante tant la suggestion désamorce complètement la montée dramatique et l’esprit de sérieux qui risquaient de plomber le dernier quart du film en substituant une situation inextricable à une autre encore plus aberrante. Bien sûr que tout le monde ne trouvera pas ça drôle, mais reprocher à Gangsterdam de faire l’apologie du viol tout en envoyant ses louanges à Pulp Fiction, aux 8 Salopards et aux derniers James Bond (qui pratiquent le même genre de désinvolture avec une gratuité encore plus affirmée), c’est porter la mauvaise foi à un niveau plutôt élevé. Où étaient ceux qui râlent aujourd’hui quand Samuel L. Jackson racontait avec jubilation le même genre de sévices pas plus tard qu’en janvier dernier?

Pour en finir avec ça, chercher à dénoncer publiquement la bassesse morale du film, c’est aussi nier l’obligation de la comédie d’aller chercher sa substance dans les marges du bon goût. C’est aussi admettre que le mépris que les tenants du « grand cinéma » disent porter à Kev Adams semble être plutôt un mépris de son public auquel ils refusent d’admettre une capacité de distanciation. Tous les spectateurs d’un film de l’acteur seraient-ils si décérébrés que l’on devrait avoir peur de les voir sortir de la salle en rut pour sauter sur tout ce qui bouge ? Faudrait-il un permis spécial pour pouvoir profiter d’une comédie un peu trash et subversive ? La critique n’a pas à faire un travail de censure et cette micro polémique nous donnerait presque envie de défendre le film et le porter comme étendard contre la culture officielle. Mais encore faudrait-il lui trouver des qualités.

Loué en 2012 pour Radiostar, ego/road trip sympatoche avec Manu Payet, Romain Levy, qui semblait être une nouvelle voix fraîche dans le paysage de la comédie française, ne transforme pas l’essai. Voulant marcher dans les pas de Guy Ritchie en tentant le canevas entre comédie de mœurs et film de gangsters, il se prend malheureusement les pieds dans le tapis en affichant une mauvaise gestion du rythme, un découpage brouillon des fusillades et une écriture patoujours cohérente des personnages. Plutôt que de faire le choix d’un vrai film de flingue assaisonné par des pastilles comiques, Levy prend le parti de la comédie sur laquelle il applique un verni «action pop corn»  un peu grossier. Reprenant ça et là des gimmicks vus ailleurs, comme l’utilisation de Freebird sur un gunfight  ou encore des plans bateaux qui seraient du plus bel effet dans une pub Chanel. La mise en scène manque donc de cette cohérence qui éviterait que la moitié des blagues tombe à plat. Et malgré quelques idées intéressantes utilisant la barrière de la langue ou la confusion des genres (plusieurs moments montrent les rôles « prédéfinis » s’inverser), le gag le plus réussi reste une blague de prout qui s’étire sur une dizaine de minutes.  Accordons au moins ça au crédit du film en espérant que cela ne devienne pas une marque de fabrique du réalisateur.

Côté acteurs le trio principal s’en tire tout de même avec les honneurs. Kev Adams quant à lui reste un objet paradoxal. Assez lourdingue quand il reproduit ses éternelles mimiques d’ado naïf mais tout de suite plus sympathique lorsque qu’il tente un registre un peu plus mature de mec blasé dépassé par les événements. Le problème ne vient peut être pas de lui mais des rôles qu’on lui écrit. Il serait peut-être judicieux de tenter le coup du contre-emploi, qu’il nous montre un peu ce qu’il a dans le ventre, car après tout, si son succès est fulgurant, sa carrière n’en est encore qu’à ses débuts. Côté seconds couteaux, on retiendra un sympathique Patrick Timsit en père prof de physique gentiment à la ramasse, un Manu Payet finalement amusant en caïd germanopratin délicat et Hubert Koundé plutôt crédible en arnaqueur à la petite semaine. Pas de véritable révélation à l’horizon, mais pas non plus de couacs notables.

Gangsterdam n’est finalement pas grand chose. Ce n’est pas le renouveau de la comédie française. Ce n’est pas non plus le pamphlet homophobe et sexiste que certains voudraient qu’il soit (il reste moins dérangeant que, par exemple, Projet X qui était emprunt d’un racisme qui ne disait pas son nom). Ce n’est pas non plus la réalisation de ce fantasme inavouable de cinéphile de voir Patrick Timsit donner la réplique à Rutger Hauer. Certains aimeraient que Gangsterdam soit beaucoup de choses, mais ce ne sera jamais plus qu’une comédie française moyenne dont le seul défaut aura été d’être parfois maladroite et pas toujours claire dans ses intentions premières.

Gangsterdam : Bande-annonce

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Gangsterdam : Fiche technique

Réalisateur : Romain Levy
Scénario : Remy Four, Romain Lévy, Mathieu Oullion et Julien War
Interprétation : Kev Adams, Côme Levin, Manon Amez, Manu Payet, Patrick Timsit, Ruthger Hauer…
Musique : ROB
Producteurs : Alain Attal
Distribution : Studiocanal
Durée : 100 min
Genre : comédie, action
Date de sortie : 29 mars 2017
France – 2017

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Félicité, un film d’Alain Gomis : Critique

Félicité est l’un des rares films africains à arriver jusqu’à nos salles obscures, il serait donc dommage de ne pas observer la vision qu’il propose de la ville de Kinshasa. La capitale congolaise apparaît, devant la caméra d’Alain Gomis, comme un univers tumultueux, mais c’est avant tout un portrait de femme qui est au cœur de sa mise en scène faite de musique et de spiritualité.

Synopsis : Félicité est connue dans tout son quartier en tant que chanteuse dans un bar très populaire et animé. Mais c’est en tant que mère qu’elle entame une quête puisqu’elle doit sauver son fils victime d’un accident de moto. Menée par son instinct maternel et son besoin de liberté, elle est contrainte de quémander dans les rues de Kinshasa. C’est finalement en tombant sous le charme de Tabu qu’elle va finalement trouver du réconfort.

Mamma Kinshasa 

Felicite-Véro-Tshanda-Beya-Mputu-gros-planDès le premier plan, elle est là. Elle, c’est Félicité, incarnée par Véro Tshanda Beya Mputu. Cette actrice amateure, qui tenta sans conviction sa chance au casting, est le principal atout du nouveau long-métrage du franco-sénégalais Alain Gomis. La scène d’ouverture nous la présente en train de chanter. Un talent que son interprète a d’ailleurs dû travailler avant le tournage, et qui porte ses fruits puisque chacun de ses passages musicaux participe pour beaucoup au charme du film. Celui-ci démarre sur un postulat à priori assez simple, reposant sur l’idée de nous faire suivre un personnage contraint de faire le tour de la ville pour mieux nous la faire découvrir. Le meilleur exemple de ce dispositif est sans doute le Chien Enragé d’Akira Kurosawa, mais ici l’usage de la caméra au poing, la place donnée aux relations familiales et les décors aux allures de bidonvilles rappellent davantage le cinéma de Brillante Mendoza. Pourtant, contrairement au réalisateur philippin, Gomis donne davantage d’importance à la représentation des sentiments de son héroïne qu’au drame social inhérent à sa condition.

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Felicite-Véro-Tshanda-Beya-MputuPeut-être la principale faiblesse de sa mise en scène est-elle justement d’être trop attachée à la comédienne et de ne laisser que peu d’espace à la vision de ce qui l’entoure. Les rares plans larges nous permettant de profiter du foisonnement de la ville-monde sont en cela une véritable respiration. La collaboration du documentariste Dieudo Hamadi sur le scénario peut alors sembler limitée au regard de cette dramaturgie pour le moins limitée qui consiste à suivre le rôle-titre dans ses déambulations tour à tour endiablées et larmoyantes. Pourtant, le discours sur les efforts pour survivre n’est pas exempt d’une portée symbolique autour du lourd passé du peuple congolais. Cette dimension symbolique va même devenir inévitable car, tandis que les enjeux intimistes évoluent à mi-parcours, le naturalisme qui caractérise la première partie du film va peu à peu laisser sa place à un onirisme dont les allégories ne sont pas forcément simples à saisir pour le public européen que nous sommes (la visite du zèbre, par exemple, a sûrement une signification évidente pour les africains mais sera par chez nous totalement libre d’interprétation). La linéarité du récit s’efface donc pour une imagerie fantasmatique qui restera un peu floue.

Plus difficile encore à déchiffrer est le jeu de l’actrice. Sans nul doute le visage fermé de Félicité est-il davantage une caractéristique du personnage qu’un reproche à faire à son interprète. Preuve en est le regard que lui portent certains de ses proches, à commencer par les membres de son groupe, qui semblent ne pas toujours comprendre les réactions de cette femme forte et orgueilleuse. Depuis notre position Felicite-Véronique-Beya-Mputu-Papi-Mpakade spectateur, il ne nous est donc pas évident de s’identifier à elle, et c’est une raison de plus pour laquelle la première partie du film ne parvient pas à pleinement nous faire nous immerger à ses côtés. Dans la seconde moitié du long-métrage en revanche, c’est au personnage de Tabu – qui apparait dans un premier temps comme un beau-parleur n’inspirant pas forcément confiance – que l’on s’attache plus facilement. Le scénario gagne alors en légèreté, et parvient à assurer une rupture de ton fort bienvenue au regard de la gravité du drame qui l’a précédé. Entre interludes musicaux, scènes chimériques, réalisme social et marivaudage, Alain Gomis nous concocte un étonnant mélange de genres qui fait de Félicité un film au demeurant agréable mais parfois abstrait.

On aimerait prendre plaisir à soutenir Félicité dans la dure épreuve qu’elle traverse et qui ira jusqu’à lui coûter sa voix, ainsi qu’à partager son plaisir romantique naissant, mais le long-métrage qui porte son nom ne cesse de nous égarer dans un traitement chargé en mysticisme dont le réalisateur n’a pas pris la peine de nous donner toutes les clefs. Dommage, sa finalité reste nébuleuse et son rythme très inégal malgré de très bonnes idées, parfois même expérimentales, en particulier lors des scènes chantées qui resteront assurément les meilleurs souvenirs à en garder.

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Félicité : Bande-annonce

Félicité : Fiche technique

Réalisation : Alain Gomis
Scénario : Alain Gomis, avec la collaboration de Delphine Zingg et Olivier Lousteau
Interprétation : Véro Tshanda Beya (Félicité), Papi Mpaka (Tabu), Gaetan Claudia (Samo), Nadine Ndebo (Hortense)…
Image : Céline Bozon
Montage : Alain Gomis, Fabrice Rouaud
Musique : Kasai Allstars, Arvo Pärt interprété par l’Orchestre Symphonique de Kinshasa
Décors : Oumar Sall
Costumes : Nadine Otsobogo-Boucher
Producteur(s) : Arnaud Dommerc, Alain Gomis, Oumar Sall
Production : Andolfi, Granit Films, Cinekap
Distributeur : Jour2fête
Récompenses : Grand prix du jury à la Berlinale 2017, Étalon d’Or de Yennenga au Fespaco 2017
Genre : Drame
Durée : 123 minutes
Date de sortie : 29 mars 2017

France/Belgique/Sénégal/Allemagne/Liban – 2016

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Paris Manga & Sci-fi Show 2017 en images !

Le salon Paris Manga & Sci-fi show 2017, c’était ce week-end ! Près de 200 exposants, des cosplayers à profusion et des invités de marque : tous étaient au rendez-vous pour deux journées denses et agitées avec entre autres Charisma Carpenter et James Martsers de Buffy contre les vampires, Kerry Ingram et Ian McElhinney de Game of Thrones ou les Youtubers de Trash…

La convention Paris Manga & Sci-fi show 2017 a ouvert ses portes les 25 et 26 mars et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en a eu plein les yeux !

Pas moins de 20 000 m2 étaient occupés par des stands de tous types : peluches et accessoires kawaii, mangas et posters mais aussi costumes, perruques, lentilles de contact fantasy et même ustensiles de cuisine (on a failli craquer pour une boîte à bentos !).

Un gigantesque marché japonais en somme !

Des box étaient réservés aux dédicaces et photoshoot avec les célébrités, les auteurs et les Youtubers – sous réserve de faire la queue pendant un (long) moment et de payer en amont pour les acteurs les plus renommés !

Un espace dédié aux conférences a accueilli l’équipe de la série Buffy contre les vampires qui s’est prêtée au jeu de l’interview le temps d’un après-midi. Le tout agrémenté de zones consacrées aux animations et aux exhibitions de Star Wars à Transformers, en passant par Retour vers le futur…

Pour autant, on aurait apprécié avantage de personnalités connues et actuelles : de la série GOT, seuls Kerry Ingram et Ian McElhinney (respectivement la jeune Shireen Baratheon au visage disgracié et le conseiller de la Khaleesi) nous ont fait l’honneur de leur présence. Idem pour Harry Potter : c’est le méconnaissable Josh Herdman (Gregory Goyle, un des sous-fifres de Drago Malefoy) qui s’est gentiment déplacé. Finalement, la vraie star, c’était plutôt Christopher Judge, qui interprètait le personnage de Teal’c dans la série Stargate SG-1 mais difficile de l’approcher…

Paris Manga & Sci-fi show 2017, c’est surtout un défilé incessant de cosplayers les plus magnifiques et/ou les plus excentriques. Et, si on fait fi des bousculades, débordements de joie et autres chenilles, c’est l’occasion pour les passionnés de faire de jolies rencontres : Yahel Misa, la cosplayeuse de Misa dans Death Note, ou encore Zawa Emony en Sailor Moon !

Ces connaisseurs nous conseillent d’ailleurs de participer à un événement plus intime et sympathique : la Japan Party 2017 qui aura lieu les 1er et 2 Avril à l’Espace Chevreul, 97-109 Avenue de la Liberté, 92000 Nanterre.

Un festival bucolique et otaku, tout près du Parc André Malraux en attendant l’été et la célèbre Japan Expo !

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L’Histoire de l’Amour, sortie en DVD et Blu-ray du film de Radu Mihaileanu

Sortie chez les éditions Wild Side ce mercredi 29 mars 2017 de L’Histoire de l’Amour, film de Radu Mihaileanu sorti dans nos salles françaises le 9 novembre 2016. Entre tire-larme et feel-good movie stéréotypé, L’Histoire de l’Amour est hélas un récit chaotique.

Synopsis : Pologne. Années 30. Léo aime Alma. Il lui a juré de la faire rire toute sa vie mais la guerre les a séparés. Alma a fui à New York et Léo a survécu à tout pour tenir sa promesse. De nos jours, à Brooklyn, vit une adolescente pleine de passion et de fougue. D’ailleurs, elle aussi s’appelle Alma. Tandis que de l’autre coté du pont, à Chinatown, Léo devenu un vieux monsieur espiègle, vit toujours avec le souvenir de « la femme la plus aimée au monde »… 

« Trop audacieux », « labyrinthique »… Voici des mots revenus dans de nombreuses critiques à la sortie du film. Et pourtant, le long métrage de Radu Mihaileanu est un récit au final assez simple, au riche potentiel corrompu par de multiples éléments : sa construction «bordelique» et mal maîtrisée qui vous perdra souvent sans jamais réussir à récupérer votre attention ; les personnages stéréotypés pourtant bien servis par leurs acteurs ; sa musique de film d’action/thriller complètement à côté de la plaque mettant ainsi à mal le drame qui se joue à l’écran ; ou encore la représentation de la Shoah avec son écrin de «pommade muséale» comme l’écrivait Daney et ses notes de musiques gonflantes, faisant de l’événement un téléfilm larmoyant plutôt qu’une représentation partielle mais essentielle d’événements abominables.

Ainsi l’Histoire fait pleurer lorsque la mise en scène le commande, et elle est transformée «en un simple élément décoratif » (écrit le théoricien Dork Zabunyan) permettant d’ajouter de l’ampleur à la force de l’amour de Léo et Alma. Une scène montrera à quel point l’Histoire est en fait un pur élément décoratif. Le jeune Léo se cache face à l’horreur nazie qui dévaste son village. Que fait le réalisateur ? Il associe la scène à celle de sapeurs pompiers affrontant le feu dévorant un immeuble, et cela grâce à la musique qui permet d’assurer plus ou moins le «lien de l’horreur». On oubliera ensuite la difficulté pour Léo de survivre face à la terreur nazie, tout de même évoquée dans quelques lignes de dialogues de temps en temps. L’Histoire ne cherche pas à faire réfléchir et réagir son présent, elle amplifie la romance du couple et l’horreur nazie perd de son statut de terreur absolue.

Heureusement, tout n’est pas noir dans ce film probablement maladroit plus que volontairement malsain – espère-t-on. Si l’interprétation de Sophie Nélisse est autant en dent-de-scie que l’écriture emplie d’incohérences de son personnage, Derek Jacobi et Elliot Gould sont formidables malgré leurs personnages stéréotypés. Si Gemma Aterton illumine l’écran, dixit plusieurs critiques du film, on dira ici qu’elle est loin d’éclairer l’univers. Elle fait ce qu’elle sait faire, sourit comme elle a déjà souri, pleure comme… vous avez compris. Aussi, on appréciera la réflexion sur l’histoire d’une œuvre, ici le livre de Léo qui a justement pour titre L’Histoire de l’Amour, livre de sa vie qui lui sera volé, dont l’existence au présent dépendra d’un autre vol mais aussi de l’amour passionné d’une traductrice pour une œuvre à l’auteur public imposteur. Ainsi plus ouvertement, on prendra du plaisir face aux réflexions – plus ou moins conscientes du film – sur le travail de l’Histoire, construite par les hommes, leurs mensonges et leurs souvenirs – parfois (volontairement) erronés – plus que par une perception simple (sans pour autant être pleinement objective) des faits.

Le (bien trop) long métrage de Radu Mihaileanu possède une édition DVD/Blu-ray des plus classiques. Si la copie du second support est bien sûr supérieure à celle du premier, on retrouvera les éternels featurettes promotionnelles estampillées par le service marketing : « making of » ; et les scènes coupées. Attention, les coulisses du tournage ne sont disponibles que sur l’édition Blu-ray. Excellent point pour les deux supports, la présence – pas encore automatique lors des sorties vidéo – du sous-titrage pour sourds et malentendants et l’audiodescription pour aveugles et malvoyants.

Au final, on retiendra L’Histoire de l’Amour comme un magma de cinéma plus difficile à digérer qu’à aimer passionnément ; à la folie ; pas du tout…

L’Histoire de l’Amour : Bande-annonce

L’Histoire de l’Amour : CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français Dolby Digital 5.1, Anglais DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Audiodescription

Sous-titres : Français, Français pour Sourds & Malentendants

Durée : 2h09

Prix public indicatif : 14,99 € le DVD

L’Histoire de l’Amour : CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 24p

Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio 5.1, Audiodescription

Sous-titres : Français, Français pour Sourds & Malentendants

Durée : 2h15

Prix public indicatif : 19,99 € le Blu-ray

Orpheline, un film de Arnaud des Pallières : critique

Avec son récit diffracté, Arnaud des Pallières nous bouleverse autant qu’il nous révolte à travers Orpheline, un récit de vie, celui d’une femme interprétée par les puissantes Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos et Solène Rigot.

Reflets dans des yeux d’hommes*

adele-exarchopoulos-critique-orphelineOn peut bouillonner, être agacé(e), énervé(e) en voyant Orpheline qui donne l’impression que l’héroïne fragmentée interprétée par quatre formidables actrices, est tributaire du regard des hommes. Pourtant, il ne faudrait pas oublier qu’Orpheline est du côté de la vie avant tout et que le regard porté sur Kiki, Karine, Sandra et Renée qui ne font qu’une n’est jamais figé, mais mouvant, tremblant, émouvant. Si certaines scènes sont dures, elles n’en sont pas moins aussi tendres qu’éphémères, car Arnaud des Pallières ne porte pas de jugement sur ce qu’il filme, il admire plutôt le point de vue du personnage principal, une vraie héroïne. Ce point de vue évolue car le personnage lui-même évolue. Et c’est bien là la force du film : dire à quel point nous ne sommes jamais tout à fait les mêmes d’une vie à une autre ou, plutôt, de décennies en décennies. Le film est avant tout une quête d’amour qui passe par un désir sexuel assez insaisissable et pas toujours enviable. Insaisissable, Karine l’est aussi. Son corps n’est jamais complètement le même, malgré ses lèvres qu’elle recouvre de rouge d’années en années. Le procédé utilisé par des Pallières est un artifice, bien sûr, quatre actrices pour une même femme, mais pas superficiel. Il ne cherche ainsi pas à vieillir son actrice au fil du temps qui passe. Une fois le morceau de vie achevé, elle laisse place à une autre qui est elle-même et celle d’avant en même temps.

« Moi je voulais juste un corps, je cherchais seulement des bras, un lit de réconfort, des délices sous les draps… »**

Ce récit de vie éclaté, éclatant et parfois écarlate, tant le sang coule de manière symbolique face à la violence des rapports hommes/femmes qui sont ici racontés, est souvent très déstabilisant. Si ce que fait l’héroïne ne nous plait pas toujours, on peut dire qu’elle n’est jamais filmée comme une victime ou alors de ce qu’elle n’ose pas dire, n’ose pas faire. Ce qu’elle veut, c’est de l’amour et elle le demande un peu maladroitement selon ce qu’elle pense que les hommes attendent d’elle et, comme ils ne la contredisent jamais ou presque, elle ne comprend pas pourquoi changer. Au-delà de l’amour, elle veut aussi survivre sans trop savoir comment autrement que dans la débrouille qui passe souvent par le biais d’un homme, malgré elle. Le récit n’est pas linéaire, ce n’est pas nouveau mais, ici, cela ajoute à la volonté du réalisateur de mettre le spectateur en inconfort, de le forcer à voir au-delà de l’image, à ne pas s’arrêter à son premier regard. C’est souvent troublant, entêtant, révoltant. On voudrait la voir s’émanciper du regard des hommes, s’y refléter autrement. On sent aussi l’imperceptible mouvement, changement qui s’opère en elle. Les hommes, quant à eux, sont patauds, souvent incapables de sortir du regard que Karine (il semble que ce soit son véritable nom) porte sur eux. Elle ne leur laisse pas la chance d’essayer la tendresse. Deux scènes au moins en témoignent, quand le mari (Jalil Lespert) de Renée (le dernier âge de ce personnage multiple) lui dit « j’ai envie de toi quand tu pleures » ou encore quand à 13 ans elle embarque dans la voiture d’un homme et que ce dernier découvre son âge, panique et se prend sa violence à elle en pleine figure (mais que recherchait-elle vraiment?). Cette dernière scène fait d’ailleurs écho à une autre, tournée il y a 10 ans, où l’on retrouvait Adèle Haenel. C’était dans Naissance des pieuvres. Floriane, persuadée de devoir être quelqu’un qu’elle n’était pas en vérité, draguait un homme plus âgé avant de se retrouver dans sa voiture. Les deux corps se rapprochaient quand soudain surgissait Marie qui ramenait Floriane à son âge « laisse ma copine, il y a son père qui nous attend ». La violence était alors du côté de l’homme. Voilà pourquoi nous sommes heurtés, c’est à la fois parce que homme comme femme dans Orpheline sont tributaires du regard de l’autre. Orpheline nous révèle finalement nos propres contradictions.

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Le film est tout entier pris dans le regard de l’héroïne. Quand elle fait l’amour, la caméra se rapproche des corps pour capter son regard à elle sur le grain de peau des autres. Elle fait écho à deux autres femmes dont le désir (ou l’idée du désir, même pour la survie) salvateur ou destructeur a été récemment filmé au cinéma dans Fidelio, l’odyssée d’Alice et The young Lady. La volonté d’amour était puissante là aussi, même pleine des clichés rattachés aux deux sexes, hommes et femmes, même d’une violence déchirante. Une chose est sûre, Orpheline est un objet cinématographique fascinant car impossible à catégoriser. Il vit longtemps en nous et dit très bien, comme Céline Sciamma déjà citée, que nos identités ne sont jamais figées et que nous apprenons des autres autant qu’ils nous enferment dans des images de nous. Des images vouées à n’être plus que des souvenirs. Bouleversant. Au final, tels des personnages à la Christophe Honoré, les hommes et les femmes de ce film cherchent juste des corps, des bras, des lits de réconfort, de quoi se sentir un peu aimés, quel qu’en soit le prix à payer. L’orpheline est après tout celle qui n’a plus de père, ni ne mère et qui doit donc suivre seule sa route, sans boussole. 

*Titre détourné que l’on doit à l’excellent Reflets dans un œil d’homme de Nancy Huston
**Citation de la chanson J’ai cru entendre d’Alex Beaupain pour le film Les chansons d’amour de Christophe Honoré

Orpheline : Bande annonce

Orpheline : Fiche technique

Réalisateur : Arnaud des Pallières
Scénario : Arnaud des Pallières, Christelle Berthervas
Interprètes : Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Jalil Lespert, Nicolas Duvauchelle, Vega Cuzytek, Sergi Lopez
Photographie : Yves Cape
Montage : Emilie Orsini, Arnaud des Pallières, Guillaume Lauras
Production : Michel Klein, Serge Lalou
Sociétés de production : Les Films Hatari, Les Films d’Ici, Arte France Cinema
Distribution : Le Pacte
Durée : 111 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 29 mars 2017

France – 2017

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Les Animaux Fantastiques : Sortie coffret DVD, Blu-ray & 3D au cœur de la magie

Ce mercredi 29 mars, sort Les Animaux Fantastiques en coffret DVD & Blu-ray & 3D. Signée J.K. Rowling, cette aventure inédite nous plonge une nouvelle fois dans l’univers fascinant du monde des sorciers. De quoi faire rugir de plaisir les fans incontestés du célèbre magicien à lunettes…

Synopsis : New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d’un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente…

L’éternel monde des sorciers

Il y a six ans, nous avions dit au revoir au héros phare de notre jeunesse, le célèbre Harry Potter. Dérivés de cette emblématique saga, Les Animaux Fantastiques font resurgir la part de mystère de ce monde complètement atypique. Cette intrigue, mettant en scène Norbert Dragonneau, méconnu magizoologiste, se déroule soixante-ans avant Harry Potter.

Fidèle à l’univers du monde des sorciers, nous retrouvons à travers ce premier volet, tout un tas d’allusions à cette saga symbolique. C’est en effet le cas pour les termes « Quidditch », « Poudlard » ou encore « Moldu », véritable champ lexical de ce monde de magie. De plus, des apparitions symboliques se sont également glissées dans l’intrigue, comme les célèbres gobelins, mais surtout, une mention spéciale à l’emblématique Albus Dumbledore. 

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Loin du dépaysement, Les Animaux Fantastiques se démarquent pourtant des premiers Harry Potter en y apportant une atmosphère quelque peu empreinte de noirceur. L’humour mêlé à la légèreté, est quant à lui très présent dans ce premier volet. Nous y découvrons alors une foule de créatures, particulièrement attachantes et souvent proches de la réalité. Les Animaux Fantastiques semblent prêts à suivre le même et prodigieux chemin que celui emprunté quinze ans auparavant par Harry Potter

Des bonus empreints de magie

Quittons un instant la magie du film pour découvrir l’envers du décor sur le monde des sorciers. Côté bonus, le coffret est particulièrement chargé.

Pour ce qui est du DVD, 8 minutes sont consacrées à l’analyse des personnages principaux c’est-à-dire le héros en personne, et bien entendu les fameuses créatures. Pendant 4 minutes, les membres du tournage (Eddie Redmayne, Katherine Waterson et J.K. Rowling) nous offrent une interview autour de la question suivante : qui est Norbert Dragonneau ? La seconde analyse, évoque quant à elle, la création des créatures fantastiques. Nous y découvrons le travail artistique, du croquis à l’image de synthèse, puis la volonté de leur apporter un maximum de réalisme.

Côté Blu-Ray & 3D, le bonus est plus conséquent. 5 petits dossiers autour de la magie du monde des sorciers mais également au cœur de la création des personnages et de la conception d’un gigantesque univers. En cadeau, un nouveau voyage au coeur des Animaux Fantastiques avec un accès à 11 scènes coupées. De quoi faire vivre la magie encore quelques instants…

Ce coffret DVD & Blu-Ray & 3D est un véritable voyage dans le monde des sorciers. Ce premier volet des Animaux Fantastiques fait alors revivre en nous l’incroyable magie d’Harry Potter

Les Animaux Fantastiques : Bande Annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original: Fantastic Beasts and Where to Find Them

Date de sortie: 29 mars 2017 (en DVD)

Durée : 2h10

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Musique: James Newton Howard

Costumes: Coleen Atwood

Montage: Mark Day

Décors: Stuart Graig

Directeur de la photographie: Philippe Rousselot A.F.C/A.S.C

Producteurs exécutifs : Tim Lewis, Neil Blair, Rick Senat

Scénario : J.K. Rowling

Produit par : David Heyman, J.K. Rowling, Steve Kloves, Lionel Wigram

Sortie : 16 novembre 2016

Prix de vente conseillé en DVD : 19.99€

Prix de vente conseillé en coffret Blu-ray : 24.99€

Prix de vente conseillé en coffret steelbook Blu-ray 3D : 34.99€

Prix de vente conseillé en coffret Blu-ray 4K : 29.99€

CONTENUS DES BLU-RAY

Les Blu-ray Ultra HD, le Blu-ray 3D et le combo Blu-ray comprennent les bonus suivants:

  • Avant Harry Potter : Une nouvelle ère de la magie commence !
  • Personnages
    • Le magizoologiste
    • Les soeurs Goldstein
    • Les fidèles de Salem
    • Le Pâtissier non-maj’
    • La présidente et l’Auror
  • Les créatures
    • A la découverte des Animaux Fantastiques
    • Botruc
    • Demiguise
    • Eruptif
    • Niffleur
    • Occamy
    • Oiseau-tonnerre
  • Conception
    • La création du monde des Animaux Fantastiques
    • New York
    • MACUSA
    • La valise magique de Norbert
    • Le banquet de Shaw
    • Le Blind Pig
  • Scènes coupées (11 scènes)

Le DVD comprend les bonus suivants :

  • Le Magizoologiste
  • A la découverte des Animaux Fantastiques

 

Ghost in the Shell, un film de Rupert Sanders : critique

L’âme et le corps, deux entités que la philosophie s’est évertuée à vouloir concilier et séparer, dans un même mouvement schizophrène. Esprit libre de toute entrave physique ou Ghost in the Shell, chevillé irrémédiablement au corps ? La question se pose toujours.

Synopsis : Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Humaine après tout

La possibilité de la naissance spontanée d’une nouvelle forme d’intelligence engendrée par l’informatique est clairement envisagée par les scientifiques aujourd’hui. Nul besoin de préciser que la littérature et le cinéma se sont emparés de cette hypothèse il y a déjà longtemps. L’œuvre Ghost in the Shell, dont le film de Rupert Sanders est une adaptation, est foisonnante. Depuis le manga initial publié en 1989, en passant par le premier long-métrage animé de 1995, suivi d’un deuxième opus en 2004, d’une série animée et de plusieurs OAV, le matériau propose de multiples entrées pour aborder un sujet complexe. Se saisir d’une telle masse pour créer un film calibré pour la salle de cinéma, ne dépassant pas les deux heures et ayant pour vocation d’attirer le public le plus large possible est à ce titre une gageure. Rupert Sanders, dont Ghost in the Shell est le deuxième film après Blanche-Neige et le Chasseur, a évoqué cette difficulté à faire face aux exigences radicales d’une production hollywoodienne tout en composant avec ce qui constitue le cœur de l’œuvre de départ. Une adaptation n’est pas mauvaise parce qu’elle prend des libertés avec la création originale, elle peut le devenir lorsqu’elle n’assume pas pleinement ses choix et oscille entre l’hommage policé et la proposition personnelle.

Comme pour Blanche-Neige et le Chasseur, Rupert Sanders s’est vu proposer la réalisation de Ghost in the Shell. Steven Spielberg, le détenteur des droits de l’œuvre, le sachant très attaché à l’animé de 1995, lui a laissé le soin de s’attaquer au remake live. Compte tenu des conditions de production rigides du cinéma industriel, il est probable que Sanders n’ait pas eu son mot à dire quant au scénario à partir duquel il a travaillé. Ce dernier associe des éléments du premier long-métrage de 1995 pour l’intrigue principale et d’autres issus du second opus intitulé Innocence, notamment pour ce qui concerne les questions éthiques soulevées par le rapport entre les humains et des machines intelligentes. La différence majeure du film de Sanders réside dans le rapport des personnages à la technologie. Dans l’animé, la technologie est présentée comme un acquis, possédée par les êtres humains de longue date. Le Major Kusanagi, la protagoniste de l’histoire, a troqué son corps organique contre un corps synthétique lui offrant des performances accrues dans son travail au sein d’une cellule antiterroriste. L’acte est réalisé sciemment, en pleine conscience des conséquences que cela pourrait avoir. Bien entendu, cela ne signifie pas que l’humanité ne puisse pas être dépassée par l’émergence d’une forme d’intelligence artificielle, qui fera l’objet de l’intrigue. A l’inverse, le Major du film de Sanders est une victime de la technologie, comme l’ensemble des personnages du film. La défiance envers les machines est très marquée dans le remake. Le Major est l’unique spécimen de cyborg, et elle n’a pas choisi de faire subir à son corps ces modifications. A ce titre, elle est constamment ramenée à son statut de produit (plus précisément d’arme, ce qui en dit long quant à l’usage qui est fait des nouvelles technologies) conçu par la science pour servir l’humanité, rien à voir avec son aïeule dont le libre arbitre est déterminant dans le déroulement de l’histoire. Cet argument de la méfiance envers la technologie a du sens parce qu’il trouve un écho dans notre société. On sent d’ailleurs que la thématique est chère aux yeux de Sanders lorsqu’il évoque la genèse du film :

« Le progrès technologique sans encadrement pourrait se révéler nocif. On peut faire des choses formidables mais il faut avoir en tête les conséquences que cela aura. Prenez ces voitures qui se conduisent sans chauffeur, en cas d’accident mortel leur logiciel va les amener à effectuer des choix logiques sur le plan mathématique mais qui d’un point de vue éthique peuvent être discutables. Par exemple lors de la collision de deux voitures, l’une avec cinq personnes, l’autre avec un conducteur isolé, le logiciel fera le choix de sacrifier la personne seule pour préserver les cinq autres, la même mécanique se mettrait en place si on avait affaire à un conducteur jeune et un conducteur âgé, le plus âgé serait tué au profit du plus jeune. »1

Le problème de cet argument dans cette nouvelle adaptation de Ghost in the Shell, c’est qu’il est traité de manière grossière, comme si nuance et promesse de blockbuster ne pouvaient être associées. Les personnages sont très peu caractérisés et se réduisent à des stéréotypes frustrants pour certains, carrément grotesques pour d’autres. Juliette Binoche, interprétant le docteur Ouelet, la scientifique en charge de la création du corps synthétique du Major, est réduite à une figure maternelle mal dégrossie. Hollywood voit dans la figure d’une mère non-maternelle l’incarnation du Mal absolu et est incapable de produire des personnages qui détacheraient la femme de son éternel statut de mère aimante, tout en restant un protagoniste positif. Peter Ferdinando interprétant Cutter, le directeur d’Hanka, l’entreprise de composants cybernétiques, est le personnage le plus bancal et le moins convaincant. Il n’est qu’un méchant lambda dont les motivations sont faibles. Il est associé aux forces militaires, il est donc mauvais et c’est tout ce qui le définit. Ce traitement infligé aux personnages est dramatique, il leur ôte du même coup tout intérêt mais vient aussi affaiblir considérablement la portée du film. Dans un film qui se prétend héritier de l’animé Ghost in the Shell, force est de constater que la richesse psychologique des personnages et la complexité de l’univers présenté (l’intrigue politique est, elle aussi, malmenée dans le film de Sanders et réduite à une forme embryonnaire ridicule au profit des scènes d’action) sont les grands absents de cette adaptation hollywoodienne.

En choisissant de transformer le récit d’une enquête policière dans un monde futuriste aux accents cyberpunk en un récit initiatique centré sur une héroïne à la recherche d’elle-même, cette nouvelle adaptation n’opère pas un mauvais choix. On a de l’empathie pour ce Major et sa quête d’identité, son histoire est plus cruelle, les enjeux personnels sont donc plus forts. Scarlett Johansson, bien que s’éloignant nettement de son illustre ancêtre animée, propose une performance intéressante du Major Kusanagi. Elle joue sans exagération outrancière son rôle de cyborg errante, sans surenchère dans l’émotion (exceptés les quelques passages avec le Dr. Ouelet, qui s’accordent mal avec le reste). Mais une protagoniste intéressante ne suffit pas à rattraper la vacuité des autres personnages qui l’entourent et les maladresses scénaristiques. En voulant faire un hommage appuyé à l’œuvre originelle, Sanders multiplie les inserts tirés de l’animé, parfois sans trop de logique, uniquement pour tenter de satisfaire la base de son public connaissant le manga. Esthétiquement, le film est beau, les effets visuels ne sont pas invasifs et viennent servir l’action plutôt que de prendre le pas sur elle. A ce titre, la première scène qui suit le générique d’ouverture est très représentative ; elle dépasse la scène d’origine avec de vraies propositions visuelles spectaculaires. Par ailleurs, de nombreux éléments de décors, et surtout de costumes (le squelette cybernétique du Major dans la scène d’introduction notamment), ont été fabriqués pour rendre palpable l’univers du film. Cependant tout l’environnement urbain qui nous est présenté manque cruellement de présence humaine. C’est dommage, le film en pâtit beaucoup en termes de véracité.

Au final, cette nouvelle adaptation de la franchise Ghost in the Shell est un divertissement qui se laisse regarder mais dont les approximations viennent parasiter le visionnage. On a affaire à une adaptation simplifiée et lissée d’une œuvre initiale plus ambiguë qui laissait plus de place au spectateur et à sa réflexion. Dans l’animé on trouve de nombreuses scènes sans dialogue servies par une musique inoubliable de Kenji Kawaï (Death Note, le film, Ring) qui appellent à la contemplation et à l’introspection. Elles n’existent pas dans le film de Sanders. Le cinéma américain s’inscrit pour l’essentiel dans une industrie du divertissement : flatter le consommateur, aller vers une uniformisation inoffensive du regard et ne pas lui présenter un produit jugé trop subversif pour espérer le faire revenir. En disant s’inscrire dans la filiation de l’œuvre première, Sanders espérait produire avec ce film « des images qui nous hanteraient », le succès est en demi-teinte, l’oubli n’est jamais loin.

Ghost in the Shell : bande annonce

Ghost in the Shell : fiche technique

Réalisateur : Rupert Sanders
Scénario : d’après le manga The Ghost in the shell de Masamune Shirow
Jamie Moss, William Wheeler
Interprétation : Scarlett Johansson (Major), Pilou Asbæk (Batou), Takeshi Kitano (Aramaki), Juliette Binoche (Dr. Ouelet), Michael Pitt (Kuze), Chin Han (Han), Danusia Samal (Ladriya), Lasarus Ratuere (Ishakawa), Yutaka Izumihara (Saito), Tawanda Manyimo (Borma), Peter Ferdinando (Cutter), Anamaria Marinca (Dr. Dahlin) etc…
Image : Jess Hall
Montage : Billy Rich, Neil Smith
Musique : Lorne Balfe, Clint Mansell
Producteurs : Ray Angelic, Ari Arad, Avi Arad, Michael Costigan, Steven Paul
Producteurs exécutifs : Tetsuya Fujimura, Mitsuhisa Ishikawa, Jeffrey Silver
Distribution : Paramount Picture
Durée : 107 minutes
Genre : Science fiction
Date de sortie : 29 mars 2017

États-Unis – 2017

1.Citation du réalisateur tirée du débat d’après séance

Une première bande-annonce explosive pour Justice League

Les Avengers de chez DC Comics, aka la Justice League, se montrent enfin via une bande-annonce qui ne lésine pas sur le spectaculaire !

Après Man of Steel, Batman vs Superman, Suicide Squad & Wonder Woman, DC Comics s’apprête enfin à dégainer son gros calibre avec Justice League. Une réunion au sommet forcément très attendue (rappelons qu’elle comprend Batman, Superman, Wonder Woman, Cyborg, Aquaman & The Flash) puisque elle intervient en plein marasme du géant Warner, qui n’a pas encore trouvé la bonne formule pour contenter aussi bien le public que la critique. Une donne qui est sur le point de changer si l’on se fie à ces images, tant ce condensé d’action, de fun et de grand spectacle est peut-être révélateur de la mue entreprise par le studio : finie en effet la gravité solennelle de Zack Snyder et place à une ambiance un peu plus « lumineuse ». C’est du moins le premier constat qui se dessine de ce montage qui n’a rien perdu de sa dimension homérique et iconique, et qui sait relâcher la pression à bons coups de blagues bien senties, de fights qui s’annoncent dantesques et d’une playlist piochant du coté des Beatles. Une petite surprise en soit qui n’est heureusement pas la seule car bon, à force de revoir inlassablement ces images, on ne peut s’arrêter de penser à la vision de Zack Snyder qui quoiqu’on puisse en dire reste là : le soin dans la composition des images, la complexité qui se dessine dans tous les plans et le charisme des personnages qui s’impose sans forcer… Bref, on a vraiment envie de croire que la Warner, consciente des risques est en passe de fixer sa feuille de route et jouer à armes égales dans le combat qui l’oppose à Marvel. Et si l’on devait s’arrêter à la seule considération esthétique, nul doute que DC a déjà gagné la partie.

Justice League sortira le 15 Novembre !

Bande-annonce – Justice League :

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Iron Fist, une série de Scott Buck : Critique de la saison 1

Rarement une série aura été aussi décriée qu’Iron Fist, que Netflix a consacré au dernier des futurs Defenders. Faute à des accusations de whitewashing de la part de petits malins qui trouvent plus raciste de respecter le comics d’origine que de penser qu’un expert en arts martiaux doit automatiquement être asiatique. Tout est dit.

Synopsis : Alors que tout le monde le croyait mort depuis le crash de l’avion de ses parents il y a 15 ans, Danny Rand est de retour à New York. Cet héritier d’une riche famille d’entrepreneurs tente de renouer le contact avec ses anciens amis d’enfance qui ne se doutent pas qu’il est depuis devenu un combattant hors pair et surtout le détenteur d’un pouvoir légendaire acquis dans un monastère mystique.

Le poing et la Main

marvel-iron-fist-finn-jones-tai-chiDepuis le succès, il y a déjà deux ans, de Dardevil par Netflix, chacune des nouvelles séries Marvel de la chaine de VOD est très attendue. Pourtant, après une saison 2 de Dardevil en demi-teinte (reconnaissons-le, si la partie avec le Punisher fut une pleine réussite, on ne peut pas en dire autant de celle avec les ninjas-zombis !) et surtout Luke Cage qui, en voulant jouer sur les trop peu nombreuses guimmicks propres à la blacksploitation, fut lourdement redondant et réducteur, les showrunners semblaient avoir montré leurs limites. Avant même sa diffusion, la dernière des origins-story sensées introduire la série-crossover The Defenders s’assurait un accueil glaçant. Sans revenir sur l’absurdité de la polémique qui entoura son casting, il semble que Finn Jones, son acteur principal (déjà vu dans la peau du chevalier aux fleurs dans Game of Thrones), ait trouvé la véritable raison à cet acharnement médiatique en faisant le lien entre son personnage de milliardaire blanc héroïque et le tollé entourant la récente élection présidentielle de Donald Trump.

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Après s’être déjà attiré les foudres de millions de sériephiles en livrant des dernières saisons décevantes à Dexter, Scott Buck avait du pain sur la planche en devant donner vie au moins rationnel des héros de la bande. Imaginez plutôt : Un Oliver Queen du pauvre (lui-même Bruce Wayne du pauvre !) initié aux arts-martiaux dans une dimension parallèle. Difficile de traiter ça avec le réalisme et l’esprit dark qui définissent la ligne directrice des séries qui le précédèrent. Et pourtant, force est de constater qu’il s’en est plutôt bien sorti ! Impossible de nier bien sûr que le personnage en lui-même, et en particulier toute la psychologie zen qui est sensé l’alimenter, est écrit comme une caricature de lui-même. Une fois cette énorme faiblesse précisée, on pourrait presque la retourner en affirmant que la marvel-iron-fist-Jessica-Henwickcandeur du jeune combattant à bouclettes est constitutive de la légèreté de la série. Un argument difficile à avaler, certes, mais que ce pauvre milliardaire puceau soit émotionnellement bloqué à l’âge de sa disparition se révèle finalement être au cœur de la naïveté qui viendront compromettre toutes ses interactions sociales et, par voie de conséquences, justifier les nombreuses trahisons dont il sera victime et qui, quant à elles, sont la véritable force de l’écriture de ce scénario riche en twists. Vous suivez le raisonnement?

A l’inverse des précédentes séries Marvel qui avaient tendance à bien commencer pour ensuite s’embourber d’épisodes en épisodes, Iron Fist a un peu de mal à introduire son personnage avant de démarrer, mais une fois l’action et le ton en place, la mécanique est bien huilée.

En effet, à l’inverse de Danny et de son ingénuité caractéristique (en cela, le choix de Finn Jones avec sa gueule d’ange est d’ailleurs un bon choix, convenons-en), et qui apparait par moments comme un élément comique, les personnages secondaires s’avèrent être bien plus torturés, et devraient en cela répondre aux attentes des spectateurs. Ne revenons pas sur cette chère Rosario Dawson qui n’est là que pour remplir le cahier des charges. Mais en revanche, les personnages de Colleen Wing (Jessica Henwick, la véritable révélation de la série), ainsi que les membres de la famille Meachum sont loin de manquer de profondeur, à tel point que la façon dont ils sont constamment tiraillés entre deux parties réussit même à faire d’Iron Fist une série bien moins manichéenne qu’ont pu l’être Jessica Jones et Luke Cage.

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marvel-iron-fist-finn-jones-fightUn autre élément hautement décrié par les haters est l’exploitation des scènes de combats. Certes, le générique nous vend des chorégraphies complètement dingues que l’on ne verra jamais dans aucun des 13 épisodes mais, pourtant, il faut reconnaître que les combats sont relativement bien fichus et surtout d’une qualité homogène tout au long de la saison – ce qui n’était pas le cas de Dardevil. Les accusations de surdécoupages semblent même injustifiées au regard des nombreux films américains se targuant de multiplier les bastons illisibles. Peut-être en est-on arrivé à un point où les attentes sont plus grandes vis-à-vis des séries que des longs métrages, et quand bien même on est loin d’un The Raid, on est bien au-dessus du récent The Warriors Gate, pour ne citer que lui. En toute bonne foi, le véritable défaut technique serait plutôt celui des choix de cadrage. Ce sont d’ailleurs les scènes portées par Jessica Henwick qui assurent les meilleurs combats. On pourra presque regretter qu’il y en ait trop peu en fait.

Malgré tout ce que l’on a pu en lire, Iron Fist est une série qui assure parfaitement son défi qui est d’apporter un petit vent de fraicheur à un univers fastidieux et rompre ainsi avec cette mode, déjà arrivée à saturation, qui est de se concentrer sur les prises de tête des héros urbains modernes. Elle est également une excellente rampe de lancement aux Defenders, dont l’antagoniste principal semble désormais bien connu. Attendons maintenant de voir si le crossover parviendra à assurer l’esprit et la mythologie respectifs à chaque série ou ne sera – comme le fut le premier Avengers – qu’un vulgaire patchwork de super-héros réunis par la force des choses.

Iron Fist, saison 1 : Bande-annonce

Iron Fist, saison 1 : Fiche technique

Créateur et showrunner : Scott Buck
Réalisateurs : John Dahl, Jet Wilkinson, Kevin Tancharoen, Miguel Sapochnik, Peter Hoar, RZA…
Scénaristes : Scott Buck, Ian Stokes, Pat Charles, Scott Reynolds, Tamara Becher…
Interprétation : Finn Jones (Danny Rand), Jessica Henwick (Colleen Wing), David Wenham (Harold Meachum), Jessica Stroup (Joy Meachum), Tom Pelphrey (Ward Meachum), Rosario Dawson (Claire Temple), Ramon Rodríguez (Bakuto)…
Photographie : Manuel Billeter
Montage : Michael N. Knue ACE
Musique : Trevor Morris
Production : Quinton Peeples, Ian Stokes…
Société de production : Marvel Television, ABC Studios
Format : 13 épisodes de 52 minutes environ
Date de diffusion : A partir du 17 mars 2017
Diffusion : Netflix
Genre : Action

Etats-Unis – 2017

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Les Mauvaises Herbes, un film de Louis Bélanger : Critique

Les Mauvaises Herbes : un feel-good movie québécois signé Louis Bélanger qui met en œuvre trois protagonistes attachants et émouvants. Impossible de s’ennuyer.

Synopsis : Un comédien de théâtre fou de jeux d’argent (Jacques) se retrouve endetté auprès d’un mafieux. Dans sa fuite, il se retrouve pris en otage par Simon, un anachorète de religion singulière : la culture du cannabis. Une amitié peu commune nait entre ces deux protagonistes, et sera perturbée par l’arrivée de Francesca, une jeune femme aux valeurs différentes.Une symbiose se crée et sera troublée par l’arrivée du créancier qui voudra récupérer son dû.

À chacun son herbe.

Il est de ces films où l’intrigue saute aux yeux dès les premières minutes, Louis Bélanger réussit à travers Les Mauvaises Herbes à mener par le bout du nez, minute par minute, le spectateur. Avec une trame peu commune, on se laisse facilement bercer par le fil de l’histoire, et on rentre dans le monde de Jacques, Simon et Francesca. Trois personnages qui, à première vue, n’ont rien en commun et qui pourtant ont tout pour s’entendre.

Tous trois ont été rongés par leurs passés, l’un est endetté, l’autre tente de reconquérir son fils en cultivant du cannabis, et enfin la dernière est presque orpheline et veut s’affirmer dans une société qui va à l’encontre de ses principes. Trois mauvaises herbes qui, à priori, cherchent une solution à leur problème et qui réussissent finalement à s’en débarrasser en formant à eux trois une coalition, une famille dont la complicité est née de manière peu habituelle.

La technique au service de la trame

Une réalisation et un casting efficaces et dynamiques viennent souligner les différentes tournures que l’histoire prend. Impossible de s’ennuyer quand les angles de caméras sont bien faits, que la musique (au soin du frère du réalisateur, l’auteur-compositeur-interprète Guy Bélanger ) est bien sélecte.

Les différents plans subjectifs sont appréciés, on arrive à se mettre dans les souliers des personnages.
 Certaines séquences nous ont bien plus, telles que la course poursuite au début du film, bien déstabilisante au vu des lignes directrices obliques qui rendent la scène moins monotone et dont la convergence nous a déséquilibrés.

Une comédie dramatique comme on n’en a pas vu depuis un moment ! On recommande vivement !

https://www.youtube.com/watch?v=J5r7sFmA7VM

Les mauvaises herbes : Fiche technique

Réalisation : Louis Bélanger
Scénario : Louis Bélanger, Alexis Martin
Interprétation : Alexis Martin, Gilles Renaud, Luc Picard, Emmanuelle Lussier-Martinez, Myriam Côté, Bénédicte Décary, François Papineau, Sylvio Archambault, Stéphane Jacques, Gary Boudreault et Patrick Hivon.
Chef monteur : Claude Palardy
Musique : Guy Bélanger
Costume : Sophie Lefebvre
Producteur : Lorraine Dufour, Luc Vandal
Société de production : Christal Films
Distributeur : Les Films Séville
Durée : 108 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 5 avril 2017

Canada – 2017