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Séries Mania 2018 : Huit heures ne font pas un jour, de Rainer Werner Fassbinder

Comme expliqué ici, avril et mai ont vu la cinéphilie française se concentrer à nouveau sur l’œuvre du grand Rainer Werner Fassbinder, auteur/acteur/réalisateur allemand. En parallèle de la rétrospective menée par la Cinémathèque française, l’éditeur-distributeur Carlotta s’est consacré au cinéaste, entre ressorties cinéma et vidéo d’une quinzaine de ses films ainsi qu’une série inédite en France : Huit heures ne font pas un jour. Séries Mania a profité de la sortie cinéma du feuilleton pour l’intégrer à la programmation « culte » de son festival. A cette occasion, retour sur une chronique familiale de l’Allemagne signée R. W. Fassbinder…

Synopsis : C’est soir de fête chez les Krüger-Epp, famille typique de la classe ouvrière de Cologne. Tous les membres du clan sont réunis pour fêter les soixante-six ans de la grand-mère, une veuve un peu fantasque qui vit chez sa fille, son gendre, et son petit-fils Jochen. Alors que ce dernier est parti ravitailler la troupe en champagne, il croise sur son chemin la jolie Marion et l’invite à se joindre à eux. Ce sera le début d’une grande histoire d’amour entre cet ouvrier toujours prêt à lutter pour plus de justice sociale dans son usine et cette jeune femme moderne et émancipée qui travaille dans un journal local. Entourés par leur famille, collègues et amis, Jochen et Marion apprendront à partager ensemble les joies et les difficultés du quotidien…

« Huit heures ne font pas un jour. »

Voilà ce que déclare l’un des personnages dans le premier épisode. Les huit heures sont celles passées par les ouvriers chaque jour à l’usine. Et si l’entreprise est un lieu où de nombreux grands drames prennent naissance (une prime supprimée ; un vieux contremaître décédé ; une mini-révolte), la vie ne s’arrête pas à ces huit heures. Le quotidien professionnel déborde de l’usine lorsque les ouvriers se retrouvent pour fêter ou s’endeuiller dans l’alcool (notez que les deux seront pratiqués en même temps dans la fiesta finale de l’épisode un). Jochen réfléchit à améliorer les conditions de travail de ses camarades ouvriers dans l’intimité. Et Marion, la petite amie de ce dernier, n’a que faire des préjugés de sa collègue selon laquelle Jochen ne serait pas un bon parti ni le bon bonhomme pour elle parce qu’il doit se salir les mains dans son difficile emploi. La délicieuse Marion sait que le travail ne définit pas un individu, Jochen est avant tout un individu avant d’être un ouvrier. Et il y a bien sûr tout ce qui complète ces vingt-quatre heures qui font un jour : les sorties au bar, les fêtes de famille, les promenades, le moment devant la télévision, le petit-déjeuner, soit le quotidien.

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Les ouvriers se préparent à lancer leur plan contre le patronat pour récupérer leur prime.

C’est justement ce que Fassbinder tend à capter : le quotidien d’une famille allemande « typique de la classe ouvrière » – comme le note Carlotta – au début des années 70 (la série a été réalisée en 1972). Et quand bien même la série se présente dans son générique comme une série familiale, Fassbinder réussit à proposer un show abordable par tous tout en utilisant son feuilleton télévisuel comme il l’a fait avec ses films : l’image est une fenêtre sur le monde, ici sur l’Allemagne au quotidien, avec ses luttes de pouvoir, combats sociaux, son bouleversement des mœurs, l’incompréhension ou la collaboration intergénérationnelle, entre autres. Le cinéaste utilise ici le 16 mm pour dépeindre avec brio les nuances de ce quotidien : du marron réchauffant la salle des Krüger-Epp au grisâtre dominant l’usine en n’oubliant pas le rose de la perruque de l’excentrique grand-mère ; on pense aussi à ce formidable ensoleillement des deux amoureux en ballade dans un parc ; ou encore, dans l’épisode deux, aux couleurs fassbinderiennes rose et turquoise de la crèche qu’on pourra retrouver dans Lola, une femme allemande neuf ans plus tard. Douglas Sirk n’est pas loin.

Chacun des cinq épisodes de la série se concentre sur un duo : Jochen et Marion ; Grand-Mère et Gregor ; Franz et Ernst… Ces jours non définis par les huit heures du monde ouvrier appartiennent à tous les personnages. Et les « huit heures », chacun les a, que ce soit en étant mère au foyer, en s’occupant bénévolement d’enfants dans une crèche, et cætera. Du rire aux larmes, du geste tendre d’un gamin à une gosse à une vilaine baffe lancée par un réac’ à sa femme en pleine phase d’anticipation, Rainer Werner Fassbinder réalise avec Huit heures ne font pas un jour une belle fresque feuilletonnesque sans cynisme qui radiographie justement l’Allemagne du quotidien dans toutes ses nuances.

Bande-Annonce – Huit heures ne font pas un jour

À Cannes, les murs font leur cinéma !

Tout au long de l’année, les murs de Cannes affichent de grands succès du cinéma. A la veille du 71e Festival International du Film de Cannes, remontez le temps grâce à une visite guidée dans un musée à ciel ouvert.

Depuis 2002, différents ateliers d’artistes confirmés décorent les murs de Cannes. Les fresques d’A. Fresco, Fresqu’île, 7e sens, ou plus récemment Vertical Pulse ornent une quinzaine de murs, même si certaines, au fil des jours, ont disparu.

Avant d’être réalisées avec des peintures acryliques d’extérieur traitées avec un système anti-graffiti, les œuvres murales sont soumises à l’architecte des bâtiments de France, soucieux du respect des lieux et de l’architecture initiale.

Grâce à la rénovation ou la peinture de certains de ses murs, la ville a su mettre en valeur le 7e art qui rythme la vie cannoise chaque année au mois de mai et ses différents quartiers.

Petit tour d’horizon de ses fresques à découvrir lors de votre prochain passage à Cannes…

1- Cinéma Cannes (atelier A. Fresco)

Place Cornut Gentille -2 Quai Saint-Pierre — Taille : 240 m²

Première œuvre d’un parcours qui en compte 16 (si on prend en compte 2 œuvres disparues), elle célèbre les 100 ans du cinéma en illustrant l’installation des décors et de la caméra ainsi que le début d’un tournage.

Le casting de rêve est composé de célèbres duos du 7e art : Kate Winslet — Leonardo di Caprio (Titanic), Bourvil — de Funès (La grande vadrouille), Paul Newman — Robert Redford…32 personnages parmi lesquels l’inattendu preneur de son, Olivier Clavel, qui est en réalité un peintre cannois qui a travaillé sur la fresque. Ce clin d’œil rappelle aussi qu’en 1947 le maire de Cannes (le Dr Picaud) présenta les ouvriers et techniciens sur scène, pour les remercier d’avoir terminé à temps le nouveau Palais de la Croisette, sur l’emplacement du « Cercle nautique ».

Lors de la réalisation de la fresque, la principale contrainte des artistes a été la prise en compte des quatre fenêtres de la façade pour les intégrer aux fenêtres peintes en trompe-l’œil.

2- Charlie Chaplin (A. Fresco) “Charlot et le Kid”

10 Bd Vallombrosa — Taille : 150 m²

A l’entrée du centre-ville, l’acteur, réalisateur, scénariste, producteur et compositeur britannique Charlie Chaplin culmine à 25 mètres de haut sur une pellicule en noir et blanc, accompagné d’un enfant au regard espiègle. Le Kid, sorti en 1921, 1er long-métrage de Chaplin, raconte l’histoire d’un pauvre vagabond malchanceux qui devient le père adoptif d’un enfant qu’il trouve dans la rue.

La fresque fait écho à l’hommage rendu à Charles Chaplin en 1971 lors du 24e Festival du Film de Cannes, lorsque toute la famille de l’artiste avait assisté à l’ouverture du festival qui l’honorait. L’émotion de l’artiste de 82 ans durant l’ovation du public du Théâtre Lumière reste l’un des grands moments de l’histoire du Festival.

En découvrant la fresque Les baisers du cinema (n°14), vous aurez sûrement envie de revoir certains de ces moments passionnés. Ce sera aussi une belle occasion de redécouvrir le baiser fusionnel, tendre et déchirant du Kid et de Charlie Chaplin.

3 –Hôtel de la Plage (Fresqu’île)

Place du Suquet, 7 rue Saint-Dizier — Taille: 1 530 x 2 048

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La fresque illustre la sortie de Jacques Tati du mythique “Hôtel de la plage” rendu célèbre dans Les vacances de Monsieur Hulot, réalisé par Jacques Tati en 1952. Le film, burlesque mais tendre, présente une galerie de portraits de vacanciers, à une époque où les vacances à la mer deviennent populaires. Monsieur Hulot est un personnage intemporel qui, par ses quiproquos, sa maladresse et son comique visuel, a hérité du cinema muet et de l’esprit du théâtre.

Le film a connu trois versions, l’une en 1953, une autre en 1963 et une dernière en 1978 lorsque Tati est retourné à Saint-Marc-sur-Mer, où il avait précédemment tourné, pour filmer une scène inspirée du film Les Dents de la mer de Steven Spielberg.

Pour l’anecdote, sachez que le grand-père de Nicolas Hulot (le journaliste, producteur, homme politique) a inspiré à Jacques Tati le nom du personnage de Monsieur Hulot. Son grand-père était l’architecte de l’immeuble dans lequel habitait le réalisateur. A chaque fois qu’un problème survenait la gardienne conseillait à la famille Tati d’appeler Monsieur Hulot. Celui-ci avait une silhouette particulière qui a marqué Jacques Tati, au point que lorsqu’il a travaillé sur le film, il a demandé à M. Hulot l’autorisation d’utiliser son nom, ce que l’architecte a accepté.

4- Trompe l’œil (Fresqu’île)

Place du Suquet, 16 rue Saint-Dizier — Taille : 198 x 297

La porte d’entrée et le lampadaire du haut sont réels alors que le reste est un trompe l’œil, comme l’indique le nom de la fresque.

Ce mur ne présentait que peu d’intérêt jusqu’au jour où le restaurant Barbrella en a fait sa carte de visite. L’entrée se trouve rue Saint-Dizier (et non par la porte de la fresque), le mobilier du restaurant gastronomique est signé Stark.

A Cannes même les restaurants ont leur quart d’heure de célébrité grâce aux murs dignes d’une affiche de cinéma !

5- L’envers du décor (7e sens)

7 rue des Suisses — Taille : 90 m²

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Cette fresque de 2005 représente un tournage de film avec, en arrière-plan “l’envers du décor”. Cette mise en abîme nous permet de découvrir le premier Palais des Festivals et de redécouvrir son histoire et des débuts parfois difficiles : lors des premières projections dans le hall du Casino Municipal, la projection du documentaire Berlin de Youli Raizman est interrompue plusieurs fois. Le film de Hitchcock, Les Enchainés et celui de Friedrich Ermler, Le tournant décisif, sont victimes d’inversions de bobines…

Un nouveau casino a été inauguré en 1907 au début du boulevard de la Croisette. Grâce aux travaux d’agrandissements réalisés après la Première Guerre mondiale, l’établissement accueille de grandes manifestations mondaines et devient également un lieu prisé des touristes. En 1939 la ville de Cannes remporte le contrat (contre Vichy, Biarritz, Lucerne, Ostende et Alger) pour devenir l’organisateur du Festival international du film. Le Casino s’impose alors naturellement comme le lieu devant accueillir l’événement, avec Louis Lumière comme premier Président de la manifestation. L’architecte, M. Février, réalise le plan d’installation des appareils cinématographiques et la salle de projection est aménagée pour devenir un symbole de la haute technologie française.

Après la Seconde Guerre mondiale, un nouveau projet de construction est à l’étude et se concrétise en 1949, grâce à l’emprunt de plusieurs millions de francs contracté par la ville de Cannes. Le Palais des Festivals ouvre ses portes malgré les travaux inachevés. Un an après, face à la popularité croissante du Festival, les organisateurs souhaitent agrandir les lieux. Ce n’est finalement qu’en 1983 que le Palais des Festivals et des Congrès que nous connaissons actuellement ouvre ses portes. Entre temps, il a régulièrement été modernisé et agrandi.

La fresque est un hommage aux hommes et aux femmes de l’ombre, du technicien au réalisateur, qui consacrent leur vie à nous divertir.

6- Buster Keaton (Fresqu’île)

29 Bd Victor Tuby/ angle du 9 rue des Frères — Taille : 570 x 855

Cet artiste américain a marqué le cinéma muet en devenant un maître incontesté du gag visuel et de l’humour. Acteur, réalisateur, scénariste et producteur, il était surnommé « l’homme qui ne rit jamais ». Il était pourtant souvent cité comme un modèle par Charlie Chaplin qui admirait son talent, ses qualités d’acrobate  —  son surnom “Buster” signifie d’ailleurs “casse-cou” — et son exigence professionnelle.

La fresque illustre Buster Keaton, impassible, filmant Le caméraman, sa dernière production. A la demande du studio, l’homme “sans sourire” a accepté de déroger à la règle qu’il s’imposait et a accepté de sourire dans Le caméraman. Il a dû modifier ces scènes face aux réactions hostiles du public.

Charlie Chaplin lui rend un bel hommage dans Les feux de la rampe (1952) en lui confiant un rôle émouvant, qui “casse” un peu son image d’homme distant et froid.

Buster Keaton a eu des liens avec la France puisqu’il y a séjourné de 1918 a 1919 lorsque il a été mobilisé et envoyé au front. Il est revenu en 1962, lors d’une rétrospective organisée par Henri Langlois, pionnier de la restauration et de la conservation de films. Keaton a alors traversé la salle de la rue d’Ulm, sous un tonnerre d’applaudissements du public en effervescence. Il est monté sur l’estrade, et les applaudissements n’ont pas cessé. Keaton a ensuite pleuré, lui que personne n’avait jamais vu en larmes.

7- Gérard Philipe (A. Fresco)

3 Bd Victor Tuby — Taille : 280 m²

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Né à Cannes en 1922, Gérard Philippe a commencé sa carrière d’acteur sur les planches à Nice avant de devenir l’un des principaux comédiens de l’après-guerre. Mort prématurément à l’âge de 36 ans, il a acquis une notoriété importante aussi bien pour ses rôles au théâtre (Caligula, Le Cid, Ruy Blas) qu’au cinéma (Le Diable au corps, La Beauté du Diable). Un hommage lui a été rendu lors de l’édition de 1972 grâce à une plaque commémorative avenue du Petit-Juas, là où l’ acteur a passé son enfance. Il a été la vedette principale de trois films primés à Cannes : Juliette ou la clef des songes (1951) de Marcel Carné, Prix de la meilleure partition musicale, Fanfan la Tulipe (1952) de Christian-Jaque, Prix de la mise en scène, et Monsieur Ripois (1954), de René Clément, Prix spécial du Jury du FIF.

Dans cette fresque l’acteur incarne un personnage populaire et imaginaire, dans son 1er film d’aventure, Fanfan la Tulipe, de Christian- Jaque (1952), tourné en partie à Grasse, qui lui permet alors d’acquérir le statut convoité “d’idole des jeunes” des années ’50. En tournant ce film de cape et d’épée il a avoué avoir joué l’un de ses personnages préférés.

8- Le 7e art (A. Fresco)

Place du 18 juin (pont Carnot) — Taille : 321 x 214

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Cette fresque rend hommage au cinéma de quartier. Après avoir monté un véritable escalier, vous êtes invités à emprunter un escalier imaginaire, celui des Palmes d’Or du Festival de Cannes depuis 1946. Un film et ses principaux acteurs sont représentés pour chaque décennie.

Vous reconnaîtrez…

  • La Symphonie Pastorale (1946), réalisé par Jean Delannoy avec Michèle Morgan et Pierre Blanchard (Grand Prix pour la France. L’actrice Michèle Morgan devient la première comédienne récompensée par le Festival.
  • La Loi du Seigneur (1957), réalisé par William Wiler, avec Gary Cooper. C’était le film préféré de l’acteur américain devenu Président des États-Unis. En mai 1988 il offrit une copie (VHS) du film au Président Russe Michael Gorbachev.
  • Un Homme et une Femme (1966), réalisé par Claude Lelouch, avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant. Le film alterne les  scènes extérieures, en couleur, et les scènes d’intérieur filmées en noir et blanc… pour des raisons budgétaires ! C’est l’un des films primés à Cannes les plus vus, avec 4,3 millions de spectateurs.
  • Taxi Driver (1976), réalisé par Martin Scorsese, avec Robert de Niro. L’acteur, qui venait d’obtenir un Oscar pour son second rôle dans Le Parrain II, a préparé son rôle pour le film Taxi Driver en conduisant un taxi pendant 15 jours à New York. Un comédien monte dans le taxi un soir. Surpris de voir de Niro au volant il lui lance : « Vous êtes obligé de faire le taxi ? L’Oscar ne vous a pas aidé ? »
  • Sous le Soleil de Satan (1987), réalisé par Maurice Pialat, avec Gérard Depardieu. Sifflé lors de la remise du prix, le cinéaste prononce une phrase restée célèbre : « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ».
  • L’Anguille (1996), réalisé par Shôhei Imamura, avec Mitsuko Baisho et Koji Yakusho. Le réalisateur provocateur connu pour ses critiques sociales, est à ce jour le plus âgé à avoir été primé à Cannes, à 71 ans.

A ces acteurs s’ajoutent l’incontournable Alfred Hitchcock et un oiseau (en écho au film Les oiseaux, 1963), l’un des plus célèbres baisers du cinéma entre Vivien Leigh et Clark Gable dans Autant en emporte le Vent de Victor Fleming (1939), et l’enfant du pays, Gérard Philippe, né à Cannes, pour son rôle dans Fanfan la Tulipe de Christian-Jacque (1952).

9- Marilyn Monroe (A. Fresco)

16 Bd d’Alsace — Taille : 400 m²

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En 2012, Marilyn Monroe est à l’honneur sur l’affiche du 62e Festival de Cannes, dans une photo en noir et blanc la montrant soufflant une bougie sur un gâteau d’anniversaire. Elle n’a jamais foulé le tapis rouge cannois mais elle reste une figure incontournable du 7e art.

La façade aveugle de cet immeuble auquel personne de prêtait attention est devenue l’une des plus appréciées des automobilistes cannois. Agrandi 100 fois, le portrait de l’icône du cinéma des années ’50, Norma Jean Baker, plus connue sous son nom de scène, Marilyn Monroe, est devenu une véritable source d’inspiration pour les générations suivantes.

Pour réaliser ce portrait une 100e de calques ont été nécessaires. Préparés en atelier, ils ont ensuite été perforés pour être transformés en pochoirs puis fixés au mur sur la façade de l’immeuble, où la peinture a été projetée. Les finitions comme le contour de la bouche, difficiles à réaliser, sont faites au pinceau.

10- L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat (A. Fresco)

Parking de la Gare/Avenue Jean Jaurès — Taille : 300 m²

Cette fresque n’est plus visible

Elle a été réalisée en 2004 de manière à retranscrire la réalité. Elle a été créée à partir de documents prêtés par l’Institut Lumière. Elle s’efforçait de mettre en valeur le talent de Louis et Auguste Lumière, inventeurs du cinématographe, en 1885. Deux ans plus tard, les deux frères filmaient un train lors de son arrivée en gare de La Ciotat.
Ce film a marqué les esprits car il a impressionné les spectateurs du Boulevard des Capucines à Paris, où a eu lieu la première. Il est ensuite devenu le symbole de la naissance du 7e art.

La place de cette fresque qui rend hommage à l’apparition du cinéma était toute trouvée : la gare, lieu où arrivent les trains, mis en valeur par les frères Lumière.

11- Jean Gabin (A. Fresco)

Place de la Gare — Taille : 150 m² – Cette fresque n’est plus visible

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Créée en 2006, elle présentait deux héros : d’une part le conducteur de train Jacques Lantier, incarné par l’acteur Jean Gabin dans La Bête humaine —  écrit par Emile Zola et adapté au cinéma par Jean Renoir —  d’autre part la locomotive à vapeur “la Lison”.

La fresque mettait en scène le cinéma en la personne de Jean Gabin, et la ville de Cannes puisque l’acteur était représenté entrant en gare de Cannes.

Sachez que le film a été tourné en 1938, peu après la création de la SNCF. Celle-ci avait d’ailleurs beaucoup aidé l’équipe du film, conseillant Jean Gabin pour qu’il soit crédible en conducteur de train.

12- Harold Lloyd (A. Fresco)

9 rue Louis Braille — Maison des Associations — Taille : 570 x 855

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Les fresques de Cannes mettent à l’honneur les maîtres du comique burlesque et des films muets, notamment Charlie Chaplin, Harold Lloyd ou Buster Keaton.

Harold Lloyd est l’un des plus grands comiques du cinéma muet : entre 1914 et 1947, il a joué dans près de 200 films comiques, muets puis parlants (en 1927), ce qui lui valut d’être gratifié d’un Oscar honorifique pour sa carrière et de deux étoiles sur le Walk of Fame à Hollywood.

La scène du film Safety Last! (1923) est devenue culte : elle a été inspirée à Harold Lloyd lorsqu’il a aperçu une foule rassemblée autour de Bill Strohers, aussi appelé “l’araignée humaine”, alors que ce dernier grimpait un immeuble, le Brockham Building à Los Angeles, à mains nues. L’équipe du film a demandé à l’acrobate de passer au studio où se tournait le film puis de travailler avec les scénaristes pour présenter des images réalistes.

Pendant le tournage de la scène mythique, Harold Lloyd n’a été suspendu aux aiguilles de l’horloge que de quelques centimètres au-dessus du toit (!) puisque le décor a été construit en haut d’un immeuble. L’angle de caméra a permis de donner l’illusion du vide.

13- Plein Soleil – Alain Delon (A. Fresco)

109 bis Avenue Francis-Tonner — Taille : 180 m²

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La fresque met en valeur la beauté d’Alain Delon, qui correspondait aux critères de l’idéal masculin de l’époque. La plastique de l’acteur a fasciné bon nombre de cinéastes et de spectateurs pendant des décennies. Plein Soleil a permis à l’acteur d’éclore au cinema, filmé par l’œil averti de René Clément, en couleurs, après avoir été révélé en noir et blanc dans Rocco et ses frères, de Luchino Visconti.

Le film franco-italien, sorti en 1960, est une adaptation du livre Monsieur Ripley de la romancière Patricia Highsmith. Une nouvelle version a été réalisée en 1999 par Anthony Minghella, Le talentueux Monsieur Ripley avec Matt Damon.

Dans la fresque, Alain Delon expose son torse bronzé, direction plein soleil, au guidon d’un bateau qui navigue sur la Méditerranée, un élément naturel important dans le film.

14- Les baisers de cinéma (A. Fresco)

44 Bd de la République — Taille : 200 m²

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A l’occasion du 60e Festival International du Film de Cannes, 6 baisers célèbres ont été dessinés sur ce mur. Ils retracent 60 ans de passion, d’amour et de tourment :

  • Michèle Morgan et Jean Gabin dans Le quai des Brumes de Marcel Carné, 1938. L’actrice a confié avoir été tremblante lors de cet échange mémorable avec Jean Gabin. Le baiser est aussi célèbre que la réplique qui s’en suit : »T’as de beaux yeux tu sais… »
  • Vivien Leigh et Clark Gabel dans Autant en emporte le vent de Victor Fleming, 1939. La scène du baiser du 1er long-métrage en couleurs du cinéma – et longtemps le plus gros succès de l’histoire du cinéma  –  fait suite au refus de Rhett Butler (le héros du film) d’embrasser la jeune et fière Scarlet O’Hara qui attendait les yeux fermés qu’il veuille bien l’embrasser…
  • Ingrid Bergman et Gary Grant dans Les enchaînés d’Alfred Hitchcock, 1946. Le réalisateur a trouvé un moyen de contourner la censure de l’époque qui limitait la durée des baisers au cinema à trois secondes : ses deux personnages entrecoupent leurs baisers de dialogues et de soupirs, ce qui leur permet de jouer une scène devenue inoubliable.
  • Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans Le port de l’angoisse de Howard Hawks, 1945. Les deux acteurs se sont rencontrés sur le tournage de ce film devenant l’un des couples les plus glamour de Hollywood. La réplique de Lauren Bacall est l’une des plus connues de l’histoire du cinéma, lorsqu’elle dit à son partenaire : « Si vous avez besoin de moi, vous n’avez qu’à siffler. Vous savez siffler, Steve ? Vous rapprochez vos lèvres comme ça et vous soufflez ! »
  • Kate Winstley et Leonardo di Caprio dans Titanic de James Cameron, 1997. Alors qu’ils “s’envolent” sur le paquebot au sort tragique, les amoureux sont accompagnés par un soleil couchant, une caméra qui virevolte autour d’eux, le tout sur une musique devenue incontournable. Enivrant.
  • Anita Ekberg et Marcello Mastroianni dans La Dolce vita de Federico Fellini, 1960. Les spectateurs de ce film italien devenu culte n’ont pas oublié la belle Anita Ekberg se rafraîchissant dans la Fontaine de Trevi à Rome, qui interpelle Marcello Mastroianni en lui disant « Viens Marcello » avant qu’il ne la rejoigne pour un baiser fougueux. L’un des plus célèbres du cinéma.

15- Cannes movie car museum (Voitures les plus célèbres du cinéma) (A. Fresco)

Parking Betholet (ex-Diabolika) — Taille: 180 m²

Quel meilleur endroit qu’un parking pour peindre sur les murs des voitures ayant marqué les esprits ? Steve Mac Queen, Startsky et Hutch, Mad Max ou Bonnie and Clyde se cachent derrière les célèbres bolides…

  • Starsky et Hutch, la série diffusée de 1975 à 1978, était jouée par Paul Michael Glaser et David Soul. La voiture était une Ford Gran Torino.
  • Mad Max, sorti en 1979, joué par Mel Gibson. La Ford Falcon XB coupé du film a marqué les esprits.
  • Taxi Driver, sorti en 1976 avec Robert de Niro dans son taxi new-yorkais, le Checker Marathon taxi (du nom de la société de taxis américaine).
  • Mister Bean, la série diffusée de 1990 à 1995, était jouée par Rowan Atkinson, souvent vu au volant de son MK III Austin Mini.
  • Ghostbusters, sorti en 1984, avec Bill Murray et Dan Aykroyd. Ambulance Cadillac 59.
  • Bonnie and Clyde, sorti en 1967, avec Warren Beatty et Faye Dunaway. La voiture, une Ford Fordor Deluxe Sedan 1934, était très appréciée des deux criminels, qui l’avaient d’ailleurs dit à Ford lui-même dans une lettre qu’ils lui avaient adressée.
  • James Bond, ”Meurs un autre jour, sorti en 2002, interprété par Sean Connery. Comme toujours le film propose de très belles voitures, comme l’Aston Martin DBS V12 Vanquish dessinée dans cette fresque.
  • La Coccinelle revient, sorti en 2008, dont la fameuse Volkswagen a plu à plusieurs générations de spectateurs.
  • Cars, sorti en 2006, dont la voiture est un personnage de dessin animé, Flash.
  • Batman, sorti en 1989, avec Micheal Keaton dans sa célèbre Batmobile.

16- Pulp Fiction et La Leçon de piano

Pont Alexandre III — Taille: 210 m²

Deux nouveaux films viennent de rejoindre la grande famille du cinéma sur les murs de Cannes : La Leçon de Piano de Jane Campion, 1e femme réalisatrice primée, et Pulp Fiction de Quentin Tarantino (respectivement Palmes d’or 1993 et 1994) réalisées sous le Pont Alexandre III par Vertical Pulse, un collectif d’artistes spécialisé dans les fresques et décors muraux.

La nouvelle fresque remplace celle de 1982, représentant un paysage, qui a été dégradée par le temps. Dans un premier temps, le mur a été nettoyé puis préparé (réparation de fissures, application d’une peinture spéciale qui a servi de fond à la fresque). Dans un deuxième temps, les fresques ont été peintes dans des tons camaïeux, de chaque côté du pont, illustrant les personnages et des éléments caractéristiques des deux films. Vous reconnaitrez les visages d’acteurs célèbres ayant joué dans ces deux films primés à Cannes : Bruce Willis, John Travolta, Harvey Keitel, Sam Neill et Holly Hunter.

Sur les colonnes, la ville de Cannes est à également l’honneur, grâce à la représentation de son logo et de ses couleurs : le blanc, le bleu et le jaune.

Bonne promenade !

Auteur de l’article Valerie Harzic Ward

Cannes 2018 : Patty Jenkins, la réalisatrice de Wonder Woman, recevra le prix Women in Motion 2018

Si cette année est celle des femmes à Cannes, pour les Women in Motion, c’est tous les jours. À l’occasion du 71ème Festival de Cannes et pour leur quatrième collaboration, c’est Patty Jenkins, la réalisatrice de Wonder Woman qui se verra recevoir le prix Women in Motion 2018.

Patty Jenkins succède à l’actrice française Isabelle Huppert récompensée l’an dernier par le Prix Women in Motion décerné par Kering et le Festival de Cannes. Une récompense pour une réalisatrice, voilà quelque chose de rare qu’on ne peut qu’apprécier de voir ici. Et c’est amplement mérité pour la première femme réalisant un film avec un budget dépassant les 100 millions de dollars. La cinéaste a marqué le cinéma en 2017 et a énormément contribué aux discussions sur l’égalité femme-homme en mettant sur le devant de la scène une héroïne DC Comics. Un film sur une femme par une femme et qui fait plus de 8 millions d’entrée au box-office, c’est plutôt salutaire. Wonder-Woman-Patty-Jenkins-on_set

En même temps, Patty Jenkins avait, dès ses débuts dans le septième art, mis la barre assez haute avec son premier long métrage Monster nommé aux Oscars. Le film avait valu à Charlize Theron plusieurs récompenses notamment à Berlin et aux Oscars. Patty Jenkins prépare déjà la suite de Wonder Woman à qui l’on espère le même sort que le premier volet.

Patty Jenkins recevra son Prix, à l’occasion du Dîner officiel Women in Motion le 13 mai, des mains de François-Henri Pinault, Président-Directeur Général de Kering, de Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes, et de Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes.

« Plus que jamais, je suis fier que le Festival de Cannes accueille Women in Motion, renouvelant notre soutien aux femmes du cinéma. La défense de cette cause est pour nous primordiale et s’inscrit naturellement dans la lignée des engagements menés par le Festival. Au cours des quatre années qui se sont écoulées, Women in Motion a permis à de nombreuses personnalités du secteur de s’exprimer sur la sous-représentation des femmes et les solutions qui pourraient être envisagées pour la combattre. Nous sommes heureux que d’autres voix puissent se faire entendre à l’occasion de cette nouvelle édition. » Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes

« La parole libre portée par de nombreuses femmes cette année est une nouvelle étape franchie en faveur d’une prise de conscience sur le manque de parité dans notre industrie. Women in Motion permet de mener ce débat depuis maintenant 4 ans et nous sommes fiers d’y être associés. Nous avons conscience du rôle que le Festival peut jouer dans l’avancée des mentalités et il est fondamental pour nous de mener des actions concrètes, tel que cet engagement aux côtés de Kering. » Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes

 

Series Mania 2018 : Nu, la France à poil

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Présentée en compétition française, la série Nu est repartie la queue entre les jambes, face à la plus prétentieuse Ad Vitam. Mais ce n’est que partie remise car dans ce duel de dystopies, celle-ci a sûrement beaucoup plus d’arguments pour rester dans les mémoires.

Nu (Olivier Fox – France) 

Synopsis : En 2026, un changement radical impose à tout le monde de vivre nu dans une France pacifiée et apaisée. Un inspecteur de police se réveille après 8 ans de coma et doit s’adapter malgré lui à cette nouvelle société. Un ovni télévisuel entre loufoquerie et critique acide d’une dictature de la transparence.  

Avec :  Satya Dusaugey, Malya Roman, Brigitte Faure, Vincent Solignac, Alexandre Philip, Joséphine Draï, Valérie Decobert, Alix Benezech

Dire que Nu était attendue tiendrait de l’euphémisme. Les deux séances affichées étaient pleines à craquer pour cette nouveauté OCS qui fait le pari fou d’aller à contre-courant de tout ce qui fut proposé durant ces neufs jours de festivals. Il faut dire que le postulat intrigue : Un flic dans le coma se réveille dans une France où tout le monde est tenu de vivre dans le plus simple appareil. Qui a déjà eu une idée aussi saugrenue ? Tout le monde. Qui a osé la mettre en forme et en faire une série ? Les scénaristes Olivier Fox, Judith Godinot, et Olivier de Plas. Et, loin de la simple opération de communication, la promesse est entièrement tenue. Il y aura peut-être même un record à couler dans le marbre pour immortaliser ce défilé de pénis et de vulves projetés sur grand écran sans aucune pudeur. Nous sommes venus voir des français et des française à poil, et c’est ce que nous avons eu. Mais attention à ce que l’on souhaite.

Quelques réactions gênées (voire excessives comme un « Quelle horreur ! » un peu trop bruyant) se sont bien évidement fait entendre durant la projection. C’est que si vous voulez des corps nus partout, vous allez être servis. Par contre, ceux-ci ne seront pas forcément très séduisants. Des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des gros, des maigres… Comme dans la vie réelle, il y a de tout dans Nu, quitte à gêner la sensibilité de ceux qui vivent un peu trop dans un monde de publicité. Et c’est là toute la force de la série. En inversant notre rapport à la pudeur, Nu désacralise finalement le corps, lui retire ses atours séduisants ou érotiques et, au final, les personnages apparaissent pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes avec leur propre caractère, leurs qualités et leur défauts, sans qu’aucun jugement de soit jamais porté sur le corps. Car dans ce futur, toute critique portée sur le physique est passible d’une amende. Dans la continuité de ce qui était déjà à l’œuvre dans Lazy Company, OCS n’hésite pas une seconde à ajouter dans cette population des corps handicapés, se baladant à la fraîche et incarnant des rôles où leur condition physique importe peu (le maire ou le meilleur ami en couple avec la capitaine de police). Peut-être est-ce involontaire de la part des créateurs, mais Nu obtient de ce fait une importance politique non-négligeable.

L’inversion des normes est donc le noyau de cette série. Inversion du rapport au corps certes, mais aussi du rapport à la vie. Le libéralisme a laissé place à une écologie brutale, tout le monde est devenu végétarien, un homme s’appelle Corinne et les anciens vendeurs de vêtements se regroupent en cellules terroristes… Les créateurs ont le bon goût d’aller à fond dans leur délire, repoussant toujours plus loin les limites de l’absurde (les réactions outrées à la découverte d’un cadavre habillé dans les bois). Mais pour l’instant, si dystopie il y a, ce n’est que pour le personnage principal, qui ne peut pas vivre dans ce monde en gardant ses habitudes de macho mythomane. Si le prix à payer est de se débarrasser de ce genre de types, toujours prêt à juger les autres sur leur physique, on se dit que ce futur n’est peut-être pas une si mauvaise idée.

Véritable doigt pointé sur tous ceux qui voudraient imposer des normes (vestimentaires ou corporelle) Nu est finalement bien plus qu’un OVNI télévisuel ou une blague potache de producteurs. Nu est une série importante.

 

71e Festival de Cannes : Découvrez la liste de l’intégralité des films sélectionnés et projetés

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Les cinéphiles du monde entier attendent avec beaucoup d’impatience l’ouverture du Festival de Cannes le 8 mai prochain.  Retrouvez la liste de la quasi-totalité des œuvres qui feront battre le cœur et l’âme du cinéma international tout au long du Festival.

Les festivaliers et les stars du septième art du monde entier s’apprêtent à débarquer sur la French Riviera dans quelques jours à peine. L’effervescence est à son comble à Cannes, les derniers préparatifs et les ultimes détails sont d’ailleurs en cours de finition… Tous les projecteurs seront tournés vers la ville de Cannes pendant cette nouvelle édition durant laquelle le cinéma, le glamour, la magie du Festival, l’imprévu, l’émotion et la passion du cinéma vont s’exprimer.

L’intégralité des films sélectionnés et projetés est donc dorénavant connue. Le Festival de Cannes se déroule cette année du 8 au 19 mai 2018. Edouard Baer est le maître de cérémonie de cette 71ème édition. Cate Blanchett est la présidente du jury, composé de Léa Seydoux, Robert Guédiguian, Denis Villeneuve, Kristen Stewart, Khadja Nin, Ava DuVernay et Andreï Zviaguintsev.

Canal + proposera la retransmission en direct et en clair des grandes cérémonies du Festival de Cannes. Toute l’actualité de la Croisette est également à suivre sur la chaîne officielle du Festival de Cannes via le site Dailymotion.

Vive le cinéma !

Le programme complet et détaillé des séances est à retrouver à cette adresse : https://www.festival-cannes.com/fr/infos-communiques/communique/articles/l-horaire-des-projections-2018

Le détail de la Sélection officielle et des films en compétition pour la prestigieuse Palme d’or :

Asghar Farhadi avec Everybody Knows (Iran)

Penélope Cruz et Javier Bardem sont à l’affiche de ce thriller psychologique en langue espagnole. Everybody Knows sera projeté pour l’ouverture de cette 71e édition, le mardi 8 mai. À l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des événements viennent bouleverser son séjour et font resurgir un passé depuis trop longtemps enfoui. En salles le 9 mai 2018.

Stéphane Brizé avec En guerre (France)

Ce film social de Stéphane Brizé entraîne Vincent Lindon dans la lutte de salariés de l’usine Perrin, prêts à tout pour sauver leur site d’Agen, spécialisé dans la sous-traitance automobile.

Nuri Bilge Ceylan avec Le Poirier sauvage (Turquie)

Lauréat de la Palme d’or en 2014 avec Winter Sleep, le réalisateur turc présente, avec cette nouvelle œuvre, l’histoire d’un homme qui rêve d’être écrivain et retourne dans son Anatolie natale. Les dettes de son père vont malheureusement finir par le rattraper. Le film dure 3h08.

Serge Dvortsevoy avec Ayka (Kazakhstan, Russie)

Le réalisateur kazakh Serge Dvortsevoy revient avec une seconde œuvre après Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008. Ce nouveau film repose sur des ressorts dramatiques. Ayka est le nom d’une jeune fille kyrgyze qui vit et travaille illégalement à Moscou. Après avoir donné naissance à son fils, elle l’abandonne à l’hôpital. Elle va finalement décider de partir à la recherche de ce fils.

Matteo Garrone avec Dogman (Italie)

Grand Prix pour Gomorra et Reality et récompensé comme meilleur réalisateur pour Tale of Tales, le quatrième film de l’Italien Matteo Garrone promet de prendre les spectateurs aux tripes. Le film va retracer un fait divers particulièrement sanglant dans les années 1980. Un toiletteur pour chiens va planifier une terrible vengeance contre un ancien boxeur, dépendant à la cocaïne. Cette homme terrorise tout le quartier et lui rend la vie infernale. Une plongée dans l’horreur, la violence et la torture va alors s’installer.

Jean-Luc Godard avec Le Livre d’image (France)

50 ans après sa tirade culte sur les événements de mai 1968, Jean-Luc Godard revient à Cannes avec un projet cinématographique ambitieux. Le Livre d’image est un film en cinq parties thématiques. Cette œuvre serait une réflexion sur le monde arabe à travers des images documentaires et de fiction. Le cinéaste franco-suisse est venu pour la dernière fois en compétition pour Adieu au langage en 2014, qui remporta le Prix du jury ex-æquo avec Mommy de Xavier Dolan. La présence de Jean-Luc Godard pour présenter son nouveau film sur la Croisette n’est malheureusement pas confirmée à 100%. L’affiche de la 71e édition du Festival de Cannes est un hommage à la filmographie de Jean-Luc Godard.

Yann Gonzalez avec Un couteau dans le cœur (France-Mexique)

Le deuxième film du réalisateur des Rencontres d’après-minuit pourrait séduire les amateurs de films fantastiques italiens. Un couteau dans le cœur pourrait en effet reprendre les codes du genre du « giallo ». Vanessa Paradis incarne une productrice de porno gay menacée de mort.

Ryusuke Hamaguchi avec Asako I & II (Japon)

L’intrigue va plonger les spectateurs dans le quotidien d’Asako qui, après la disparition de Baku, l’homme qu’elle aimait, retrouve son parfait sosie. Elle va alors se laisser séduire, malgré la personnalité du jeune homme, totalement différente de celle de Baku. Senses, le projet de 5 heures et découpé en trois volets du même réalisateur, vient de débarquer dans les salles françaises. Ryusuke Hamaguchi est déjà considéré comme le « Rohmer japonais » par de nombreux critiques français.

Christophe Honoré avec Plaire, aimer et courir vite (France)

Douze ans après Les Chansons d’amour, Christophe Honoré est de retour sur la Croisette. Le nouveau film de Christophe Honoré retrace la relation amoureuse entre un jeune étudiant et un écrivain dans les années 1990. Les comédiens Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps ou bien encore Denis Podalydès composent le casting.

Eva Husson avec Les Filles du soleil (France)

Après avoir marqué les esprits avec Bang Gang sur la sexualité d’une jeunesse insouciante, Eva Husson débarque à Cannes avec son second long-métrage. Les Filles du Soleil est en réalité le nom d’un bataillon de combattantes kurdes luttant contre des djihadistes. Bahar (incarnée par Golshifteh Farahani), la commandante, veut arracher son fils aux « hommes en noir ». Mathilde (la comédienne et réalisatrice Emmanuelle Bercot), journaliste française, débarque alors pour couvrir l’offensive.

Jia Zhang-Ke avec Les Éternels (Chine)

Le cinéaste chinois revient en compétition sur la Croisette pour la cinquième fois avec une histoire d’amour et de gangsters. Qiao, une jeune danseuse est amoureuse de Bin, un chef de la pègre locale de Datong. Lorsque Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et riposte avec une arme à feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison suite à cette terrible affaire. Une fois libérée après avoir purgé sa peine, Qiao part alors à la recherche de Bin. Elle souhaite tenter de renouer avec lui.

Hirokazu Kore-eda avec Une affaire de famille (Japon)

Le réalisateur japonais revient à Cannes avec l’histoire d’une famille de voleurs à l’étalage qui adopte une orpheline. Leur vie de bohème va basculer lorsqu’un incident va révéler brutalement leurs plus terribles secrets…

Nadine Labaki avec Capharnaüm (Liban)

La réalisatrice libanaise Nadine Labaki dévoile le combat d’un enfant qui se rebelle contre l’existence qu’on cherche à lui imposer. Devant les juges, il explique attaquer ses parents pour lui avoir « donné la vie ».

Lee Chang-Dong avec Burning (Corée du Sud)

Le ministre de la Culture en Corée du Sud (2003-2004),  Lee Chang-Dong, a adapté une nouvelle de l’auteur japonais Haruki Murakami. Ce film s’apparenterait à un thriller mettant en scène un coursier, une jeune fille partie en Afrique et la menace d’un mystérieux pyromane.

Spike Lee avec BlacKkKlansman (États-Unis)

Le réalisateur Spike Lee est de retour au Festival de Cannes avec un long-métrage qui pourrait bien faire rougir Quentin Tarantino. BlacKkKlansman retrace l’histoire vraie d’un policier afro-américain infiltré parmi des membres du Ku Klux Klan en 1978. Il gravira les échelons de l’organisation raciste jusqu’à en devenir président. Le comédien Adam Driver incarne un collègue du policier qui incarne sa doublure « blanche » pour faire tenir sa couverture. Cette œuvre qui risque de remettre à la mode le genre de la blaxploitation est adapté du livre autobiographique Black Klansman de Ron Stallworth (incarné par le comédien John David Washington).

David Robert Mitchell avec Under the Silver Lake (États-Unis)

Le réalisateur de la claque It Follows et de The Myth of the American Sleepover arrive à Cannes cette année avec un thriller. Un trentenaire amoureux fou de sa voisine se lance dans une enquête à travers la ville de Los Angeles quand elle disparaît. Son périple va l’entraîner sur la piste de meurtres mystérieux et de sombres conspirations.

Jafar Panahi avec Trois visages (Iran)

Le cinéaste dissident Jafar Panahi est interdit de travailler dans son pays. Il a remporté l’Ours d’or à Berlin en 2015 avec Taxi Téhéran. Ce nouveau film dévoile trois portraits de femmes dans l’Iran moderne. Le Festival a demandé aux autorités iraniennes d’autoriser Jafar Panahi à quitter le pays pour se rendre à Cannes.

Pawel Pawlikowski avec Cold War (Pologne)

Ce film retrace l’histoire d’une relation amoureuse compliquée entre une femme et deux hommes en Pologne et à Paris dans les années 1950-1960. Ce film en noir et blanc est produit par Amazon.

Alice Rohrwacher avec Heureux comme Lazzaro (Italie)

Le film retrace l’histoire d’un jeune paysan dans un hameau à l’écart du monde moderne sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. Son amitié avec Tancredi, le fils de la marquise, va lui faire traverser le temps. Ce conte poétique, tourné en super 16, aborde les bouleversements de la société italienne. Alice Rohrwacher a créé la surprise en 2014 en obtenant le Grand Prix à Cannes pour Les Merveilles.

Kirill Serebrennikov avec L’Été (Russe)

Leto («L’Eté») du réalisateur Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, se base sur des faits méconnus de la biographie de Viktor Tsoï, le leader du groupe Kino. Ce chanteur soviétique des années 1980 de Léningrad, biberonné aux sons de Led Zeppelin et David Bowie, a eu une carrière musicale fulgurante. Il est notamment devenu une icône du rock de l’Est.

Abu Bakr Shawky avec Yomeddine (Égypte)

Dans ce premier film tragi-comique d’Abu Bakr Shawky, un homme et un orphelin nubien s’échappent d’une colonie de lépreux dans le désert égyptien. Afin de regagner le monde moderne, ils entassent leurs maigres biens sur une charrette tirée par un âne.

Terry Gilliam avec L’Homme qui tua Don Quichotte (Europe)

Le film maudit de Terry Gilliam devrait être présenté, hors-compétition, en clôture de la 71e édition du Festival de Cannes. Ce long-métrage est malheureusement empêtré dans un conflit judiciaire entre le réalisateur et le producteur.

Films en compétition (Sélection officielle) :

3 VISAGES (3 FACES) de Jafar PANAHI

LE POIRIER SAUVAGE (AHLAT AGACI) de Nuri Bilge CEYLAN

AYKA de Sergey DVORTSEVOY

BLACKKKLANSMAN de Spike LEE

BURNING de LEE Chang-dong

CAPHARNAÜM de Nadine LABAKI

DOGMAN de Matteo GARRONE

EN GUERRE de Stéphane BRIZÉ

LES ETERNELS (JIANG HU ER NV) de JIA Zhang-Ke

HEUREUX COMME LAZZARO (LAZZARO FELICE) d’Alice ROHRWACHER

LE LIVRE D’IMAGE de Jean-Luc GODARD

LES FILLES DU SOLEIL d’Eva HUSSON

L’ETE (LETO) de Kirill SEREBRENNIKOV

UNE AFFAIRE DE FAMILLE (MANBIKI KAZOKU) de KORE-EDA Hirokazu

ASAKO (NETEMO SAMETEMO) de HAMAGUCHI Ryusuke

PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE de Christophe HONORÉ

EVERYBODY KNOWS (TODOS LO SABEN) d’Asghar FARHADI

UN COUTEAU DANS LE CŒUR de Yann GONZALEZ

UNDER THE SILVER LAKE de David Robert MITCHELL

YOMEDDINE de A.B. SHAWKY

COLD WAR (ZIMNA WOJNA) de Pawel PAWLIKOWSKI

Sélection UN CERTAIN REGARD :

A GENOUX LES GARS d’Antoine DESROSIÈRES

LES MORTS ET LES AUTRES (CHUVA É CANTORIA NA ALDEIA DOS MORTOS) de Renée NADER MESSORA et João SALAVIZA

UN GRAND VOYAGE VERS LA NUIT (DI QIU ZUI HOU DE YE WAN) de BI Gan

LES MOISSONNEURS (DIE STROPERS) d’Etienne KALLOS

DONBASS de Sergei LOZNITSA

EUFORIA de Valeria GOLINO

GIRL de Lukas DHONT

GRÄNS d’Ali ABBASI

GUEULE D’ANGE de Vanessa FILHO

IN MY ROOM d’Ulrich KÖHLER

L’ANGE (EL ANGEL) de Luis ORTEGA

LA TENDRE INDIFFÉRENCE DU MONDE (LASKOVOE BEZRAZLICHIE MIRA) d’Adilkhan YERZHANOV

LES CHATOUILLES d’Andréa BESCOND, Eric METAYER

MANTO de Nandita DAS

MON TISSU PRÉFÉRÉ de Gaya JIJI

MEURS, MONSTRE, MEURS (MUERE, MONSTRUO, MUERE) d’Alejandro FADEL

RAFIKI de Wanuri KAHIU

SOFIA de Meryem BENM’BAREK

Séances et projections HORS COMPÉTITION :

ARCTIC de Joe PENNA

FAHRENHEIT 451 de Ramin BAHRANI

GONGJAK de YOON Jong-Bin

LE GRAND BAIN de Gilles LELLOUCHE

SOLO: A STAR WARS STORY de Ron HOWARD

THE HOUSE THAT JACK BUILT de Lars Von Trier

L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE (THE MAN WHO KILLED DON QUIXOTE) de Terry GILLIAM

WHITNEY de Kevin MACDONALD

SÉANCES SPÉCIALES :

10 YEARS THAILAND d’Aditya ASSARAT, Wisit SASANATIENG, Chulayarnnon SIRIPHOL, Apichatpong WEERASETHAKUL

ANOTHER DAY OF LIFE de Damian NENOW, Raúl DE LA FUENTE

LES ÂMES MORTES (DEAD SOULS) de WANG Bing

LA TRAVERSÉE de Romain GOUPIL

LIBRE de Michel TOESCA

LE GRAND CIRQUE MYSTIQUE (O GRANDE CIRCO MÍSTICO) de Carlos DIEGUES

LE PAPE FRANÇOIS – UN HOMME DE PAROLE (POPE FRANCIS – A MAN OF HIS WORD) de Wim WENDERS

L’ÉTAT CONTRE MANDELA ET LES AUTRES (THE STATE AGAINST MANDELA AND THE OTHERS) de Nicolas CHAMPEAUX, Gilles PORTE

Sélection CINE FONDATION :

 ALBASTRU SI ROSU, IN PROPORTII EGALE de Georgiana MOLDOVEANU

CINQ MINUTES DEHORS (CINCO MINUTOS AFUERA) de Constanza GATTI

COSÌ IN TERRA de Pier Lorenzo PISANO

DOFIN MEGUMI d’Ori AHARON

DONG WU XIONG MENG de SHEN Di

DOTS d’Eryk LENARTOWICZ

L’ÉTÉ DU LION ÉLECTRIQUE (EL VERANO DEL LEÓN ELÉCTRICO) de Diego CÉSPEDES

FIN DE SAISON (END OF SEASON) de Zhannat ALSHANOVA

FRAGMENT DE DRAME de Laura GARCIA

I AM MY OWN MOTHER d’Andrew ZOX

INANIMATE de Lucia BULGHERONI

INNY de Marta MAGNUSKA

CALENDRIER (KALENDAR) d’Igor POPLAUHIN

LOS TIEMPOS DE HÉCTOR d’Ariel GUTIÉRREZ

MESLE BACHE ADAM d’Arian VAZIRDAFTARI

PALM TREES AND POWER LINES de Jamie DACK

SAILOR’S DELIGHT de Louise AUBERTIN, Eloïse GIRARD, Marine MENEYROL, Jonas RITTER, Loucas RONGEART, Amandine THOMOUX

COURTS MÉTRAGES :

TOUTES CES CRÉATURES (ALL THESE CREATURES) de Charles WILLIAMS

CAROLINE de Logan GEORGE, Celine HELD

DUALITÉ (DUALITY) de SATO Masahiko, SEKI Yutaro, TOYOTA Masayuki, HIRASE Kentaro, KAWAMURA Genki

GABRIEL de Oren GERNER

III de Marta PAJEK

JUGEMENT (JUDGEMENT) de Raymund Ribay GUTIERREZ

OMBRE (TARIKI) de Saeed JAFARIAN

YAN BIAN SHAO NIAN de WEI Shujun

CANNES CLASSICS

COPIES RESTAUREES :

BATTEMENT DE CŒUR d’Henri DECOIN

1939 – 01h37

Une présentation Gaumont. Restauration 2K en association avec le CNC. Travaux image effectués par Eclair, son restauré par L.E. Diapason en partenariat avec Eclair.

LE VOLEUR DE BICYCLETTE (LADRI DI BICICLETTE) de Vittorio DE SICA

1948 – 01h29

Une présentation de Fondazione Cineteca di Bologna, Stefano Libassi’s Compass Film et Istituto Luce-Cinecittà. Une restauration de la Fondazione Cineteca di Bologna et Stefano Libassi’s Compass Film, en collaboration avec Arthur Cohn, Euro Immobilfin et Artédis, et avec le soutien d’Istituto Luce-Cinecittà. Restauration menée au laboratoire L’Immagine Ritrovata.

ENAMORADA d’Emilio FERNÁNDEZ

1946 – 01h39

Une présentation de The Film Foundation. Restauration menée par UCLA Film & Television Archive et The Film Foundation’s World Cinema Project en collaboration avec Fundacion Televisa AC et Filmoteca de la UNAM et financée par la Material World Charitable Foundation. Le film sera présenté par Martin Scorsese.

VOYAGE À TOKYO (TOKYO MONOGATARI) de Yasujiro OZU

1953 – 02h15

Une présentation de Shochiku. Restauration numérique 4K menée par Shochiku Co., Ltd. en coopération avec The Japan Foundation à partir du négatif 35mm chez Shochiku MediaWorX Inc. et IMAGICA Corp. Distribution salles : Carlotta Films.

LA GARÇONNIÈRE (THE APARTMENT) de Billy WILDER

1960 – 02h05

Une présentation de Park Circus en coopération avec Metro-Goldwyn-Mayer. Restauration numérique 4K à partir du négatif original caméra à la Cineteca di Bologna et supervisée par Grover Crisp pour Park Circus. Étalonnage par Sheri Eissenburg à Roundabout Los Angeles.

LES DIAMANTS DE LA NUIT (DÉMANTY NOCI) de Jan NĚMEC

1964 – 01h08

Une présentation du National Film Archive, Prague. Restauration menée par Universal Production Partners studio à Prague sous la supervision du National Film Archive, Prague.

GUERRE ET PAIX. FILM 1. ANDREI BOLKONSKY (VOYNA I MIR. FILM 1. ANDREI BOLKONSKY) de Sergey BONDARCHUK

1965 – 02h27

Une présentation de Mosfilm Cinema Concern. Restauration numérique image par image de l’image et du son à partir d’un scan 2K. Producteur de la restauration : Karen Shakhnazarov.

LA RELIGIEUSE de Jacques RIVETTE

1965 – 02h15

Une présentation de Studiocanal. Restauration 4K d’après le négatif image original. Restauration son à partir du négatif son (seul élément conforme). Travaux réalisés par le laboratoire L’immagine Ritrovata sous la supervision de Studiocanal et de Madame Véronique Manniez-Rivette avec l’aide du CNC, de la Cinémathèque française ainsi que du Fonds culturel franco-américain.

QUATRE CHEMISES BLANCHES (ČETRI BALTI KREKLI) de Rolands KALNINS

1967 – 01h20

Une présentation du National Film Centre of Latvia. Scan 4K et restauration numérique 3K à partir de l’internégatif original 35mm et d’un marron afin d’obtenir un master 2K. Restauration financée par National Film Centre of Latvia et menée par Locomotive Productions (Latvia). En présence du réalisateur Rolands Kalnins.

L’HEURE DES BRASIERS (LA HORA DE LOS HORNOS) de Fernando Ezequiel SOLANAS

1968 – 01h25

Une présentation de CINAIN – Cinemateca y Archivo de la Imagen Nacional. Restauration réalisée en 4K en Gotika (Buenos Aires) à partir du négatif original grâce à l’Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA), Argentina. Coordination du projet de restauration: Fernando Madedo. Avec la supervision de Fernando « Pino » Solanas.

JOAO ET LE COUTEAU (JOAO A FACA E O RIO) de George SLUIZER

1971 – 01h30

Une présentation d’EYE Filmmuseum, Stoneraft Film en association avec Haghefilm Digital. Restauration 4K à partir du négatif caméra Techniscope 35mm filmé par Jan de Bont qui présente richesse de couleurs issue du négatif et netteté d’image sans passer par le gonflage en Cinémascope.

COUP POUR COUP de Marin KARMITZ

1972 – 01h30

Une présentation de MK2. Restauration réalisée par Eclair à partir du négatif original en 2K avec l’aide du CNC et supervisée par le réalisateur. Distribution en France MK2, ressortie le 16 mai 2018. En présence de Marin Karmitz.

GRAND-PÈRE, RACONTE-NOUS… (FAD,JAL) de Safi FAYE

1979 – 01h52

Une présentation du CNC et de Safi Faye. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 16mm. Restauration réalisée par le laboratoire du CNC. En présence de Safi Faye.

CINQ ET LA PEAU de Pierre RISSIENT

1981 – 01h35

Une présentation de TF1 Studio. Restauration 4K à partir du négatif image original et du magnétique français par TF1 Studio, avec le soutien du CNC et la collaboration du réalisateur Pierre Rissient. Distribution salles : Carlotta Films. En présence de Pierre Rissient.

L’ÎLE DES AMOURS (A ILHA DOS AMORES) de Paulo ROCHA

1982 – 02h49

Une présentation de Cinemateca Portuguesa – Museu do Cinema. Scan wet gate 4K de deux interpositifs 35mm image et son. Étalonnage réalisé par La Cinemaquina (Lisbonne, Portugal) avec une copie d’exploitation 35mm de 1982 comme référence. Restauration numérique image par IrmaLucia Efeitos Especiais (Lisbonne, Portugal).

MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR (DRIVING MISS DAISY) de Bruce BERESFORD

1989 – 01h40

Une présentation de Pathé. Restauration 4K à partir des négatifs 35mm originaux image et son. Restauration réalisée par Pathé au laboratoire L’image Retrouvée (Paris/Bologne) avec la collaboration du réalisateur Bruce Beresford.

CYRANO DE BERGERAC de Jean-Paul RAPPENEAU

1990 – 02h15

Une présentation de Lagardère Studios Distribution. Numérisation supervisée par Jean-Paul Rappeneau à partir du négatif original et restauration 4K réalisée par le laboratoire L’Image. Retrouvée pour Lagardère Studios Distribution avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque française, du Fonds Culturel Franco-Américain, d’Arte France–Unité Cinéma, de Pathé et de Monsieur Francis Kurkdjian. Distribution salles : Carlotta Films (en cours). En présence de Jean-Paul Rappeneau.

HYÈNES de  Djibril DIOP MAMBÉTY

1992 – 01h50

Une présentation de Thelma Film AG, avec le soutien de la Cinémathèque Suisse. Scan à partir du négatif original, nettoyage et correction colorimétrie en 2K. Travaux menés par Eclair Cinéma SAS. Ventes internationales : Thelma Film AG. Distribution France : JHR Films (en cours).

LAMB de Paulin Soumanou VIEYRA

1963 – 00h18

Une présentation de La Cinémathèque de l’Institut français, Orange et PSV Films. Restauration numérique effectuée à partir de la numérisation en 2K des négatifs 35mm. Restauration réalisée par Eclair.

ALICE GUY ET JANE FONDA

SOYEZ NATUREL : L’HISTOIRE INÉDITE D’ALICE GUY-BLACHÉ (BE NATURAL: THE UNTOLD STORY OF ALICE GUY-BLACHÉ) de Pamela B. GREEN

2018 – 02h00

Comment Alice Guy-Blaché, scénariste, réalisatrice et productrice d’un millier de films à l’époque des premiers pionniers du cinéma, à l’origine de la première histoire narrative en 1896, ayant créé plus de 150 films au son synchronisé lors de ses vingt ans de carrière, en France et aux Etats-Unis, a pu atteindre le sommet du succès avant d’être oubliée par l’industrie qu’elle a aidé à créer ? Son travail inclut notamment des comédies, westerns, drames dans lesquels elle évoque des sujets polémiques. Be Natural: The Untold Story of Alice Guy-Blaché, à mi-chemin entre l’enquête de détective et le biopic, retrace l’histoire du cinéma à travers la vie et la carrière d’Alice, racontés pour la première fois dans leur intégralité.

JANE FONDA IN FIVE ACTS de Susan LACY

2018 – 02h13

Fonda a été haïe comme Hanoi Jane, convoitée avant comme Barbarella et annoncée comme un phare du mouvement des femmes. Ce film va au cœur de qui elle est vraiment, un mélange de vulnérabilité profonde, le magnétisme et la bravoure pour montrer ce qui a alimenté sa vie inspirante, remarquable et parfois exaspérante. Né de 21 heures d’entrevues où Fonda parle franchement et honnêtement de sa vie et de ses faux pas, le film explore la douleur du suicide de sa mère, l’indisponibilité émotionnelle de son père, 30 ans de boulimie et trois mariages à des hommes dans la lumière, mais très différents. Le film comprend également des entretiens avec la famille de Fonda et ses amis, dont Tom Hayden, Ted Turner, Robert Redford et Lily Tomlin, ainsi que des images rares de sa vie actuelle, à 80 ans.

Les 50 ans de 2001 : L’odyssée de l’espace

2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE (2001: A SPACE ODYSSEY) de Stanley KUBRICK

1967 – 02h44

Une présentation de Warner Bros. Copie 70mm tirée à partir d’éléments du négatif original. Il s’agit d’une recréation photochimique fidèle qui n’a fait l’objet d’aucune retouche numérique, effet remasterisé ni modification de montage. Présenté par le réalisateur Christopher Nolan, le film sera projeté en salle Debussy, avec entracte de 15mn, dans l’exacte reproduction de l’expérience vécue par les spectateurs lors de la sortie du film au printemps 1968. En présence également de la fille de Stanley Kubrick, Katharina Kubrick, et de son coproducteur Jan Harlan.

ORSON WELLES

LES YEUX D’ORSON WELLES (THE EYES OF ORSON WELLES) de Mark COUSINS

2018 – 01h55

En bénéficiant d’un accès exclusif à des centaines de dessins privés et de peintures d’Orson Welles, le cinéaste Mark Cousins s’immerge en profondeur dans le monde visuel du réalisateur et acteur légendaire et nous révèle un portrait de l’artiste comme il n’a jamais été vu auparavant, à travers ses propres yeux, esquissé de sa propre main, peint avec sa propre brosse. Avec Michael Moore comme producteur exécutif, Les Yeux d’Orson Welles donne pleinement vie aux passions, à la politique et à la puissance de cet homme du spectacle du XXe siècle. Il explore la façon dont le génie de Welles résonne encore aujourd’hui dans l’ère de Trump, plus de 30 ans après sa mort.

CENTENAIRE INGMAR BERGMAN

À LA RECHERCHE D’INGMAR BERGMAN (SEARCHING FOR INGMAR BERGMAN)

2018 – 01h39

Ingmar Bergman est considéré comme l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma. À l’occasion du centenaire de sa naissance en 2018, la cinéaste allemande Margarethe Von Trotta s’interroge sur l’héritage du maître, son travail et sa vie personnelle, qui continue d’inspirer des générations de réalisateurs.

BERGMAN – ETT ÅR, ETT LIV de Jane MAGNUSSON

2018 – 01h57

Au cours d’une période de six ans, au milieu du XXe siècle, quelque chose d’inégalé se produit. Un suédois dégingandé, sur le point d’avoir quarante ans, entre dans une période de production cinématographique sans précédent. Entre 1957 et 1963, il filme quelques-uns des plus grands classiques de l’histoire du cinéma, produit un certain nombre de productions théâtrales pour la scène et la radio et dirige également six téléfilms. Au milieu de ses pairs et cinéastes contemporains, Ingmar Bergman reste largement hors d’atteinte.

LE SEPTIÈME SCEAU (DET SJUNDE INSEGLET) d’Ingmar BERGMAN

1957 – 01h36

Une présentation du Swedish Film Institute. Numérisation et restauration 4K à partir du négatif original et du mixage final sur bande magnétique menées par le Swedish Film Institute. Distribution salles : Studiocanal et Carlotta Films.

LA QUIZAINE DES REALISATEURS :

Longs-métrages en compétition :

Pájaros de verano (Birds of Passage – Les Oiseaux de passage) de Ciro Guerra & Cristina Gallego première mondiale – film d’ouverture

Amin de Philippe Faucon première mondiale

Carmen y Lola de Arantxa Echevarria première mondiale – premier film

Climax de Gaspar Noé première mondiale

Cómprame un revólver (Buy Me a Gun) de Julio Hernández Cordón première mondiale

Les Confins du monde de Guillaume Nicloux première mondiale

El motoarrebatador (The Snatch Thief) de Agustín Toscano première mondiale

En Liberté ! de Pierre Salvadori première mondiale

Joueurs (Treat Me Like Fire) de Marie Monge première mondiale – premier film

Leave No Trace de Debra Granik première internationale

Los silencios de Beatriz Seigner première mondiale

Ming wang xing shi ke (The Pluto Moment) de Ming Zhang première mondiale

Mandy de Panos Cosmatos première internationale

Mirai (Mirai ma petite sœur) de Mamoru Hosoda première mondiale

Le monde est à toi de Romain Gavras première mondiale

Petra de Jaime Rosales première mondiale Samouni

Road de Stefano Savona première mondiale – documentaire

Teret (The Load) de Ognjen Glavonic première mondiale

Weldi (Dear Son – Mon cher enfant) de Mohamed Ben Attia première mondiale

Troppa grazia de Gianni Zanasi première mondiale – film de clôture

Les courts métrages sélectionnés :

Basses de Félix Imbert première mondiale

Ce magnifique gâteau ! (This Magnificient Cake!) de Emma De Swaef & Marc Roels première mondiale

La Chanson (The Song) de Tiphaine Raffier première mondiale

La lotta de Marco Bellocchio première mondiale

Las cruces de Nicolas Boone première mondiale

La Nuit des sacs plastiques (The Night of the Plastic Bags) de Gabriel Harel première mondiale

O órfão (The Orphan) de Carolina Markowicz première mondiale

Our Song to War de Juanita Onzaga première mondiale – documentaire

Skip Day de Patrick Bresnan & Ivette Lucas première mondiale – documentaire

Le Sujet (The Subject) de Patrick Bouchard première internationale

LA SEMAINE DE LA CRITIQUE

Longs-métrages en compétition:

Chris the Swiss d’Anja Kofmel :

Croatie, janvier 1992. En plein conflit yougoslave, Chris, jeune journaliste suisse, est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances. Il était vêtu de l’uniforme d’une milice étrangère. Anja Kofmel était sa cousine. Petite, elle admirait ce jeune homme ténébreux. Devenue adulte, elle décide d’enquêter pour découvrir ce qui s’est passé et comprendre l’implication réelle de Chris dans un conflit manipulé par des intérêts souvent inavoués.

Diamantino de Gabriel Abrantes & Daniel Schmidt :

Diamantino, icône absolue du football, est capable à lui seul de déjouer les défenses les plus redoutables. Alors qu’il joue le match le plus important de sa vie, son génie n’opère plus. Sa carrière est stoppée net, et la star déchue cherche un sens à sa vie. Commence alors une folle odyssée, où se confronteront néo-fascisme, crise des migrants, trafics génétiques délirants et quête effrénée de la perfection.

Egy Nap de Zsófia Szilágyi :

Anna a la quarantaine, trois enfants, un mari, un emploi et des soucis financiers. Elle passe son temps à courir, entre le travail, la maison et les enfants. Elle essaye de joindre son mari. Il faut absolument qu’elle lui parle. Elle est en train de le perdre, elle le sent. Mais elle est happée par le rythme frénétique de sa journée. Le quotidien, la monotonie se heurte à la fragilité, à ce que l’on ne peut pas recommencer.

Fuga de Agnieszka Smoczyńska :

Alicja a perdu la mémoire et elle ignore comment elle en est arrivée là. En deux ans, elle parvient à se reconstruire : changée, indépendante, loin de chez elle. Elle ne souhaite pas se remémorer le passé. Alors, quand sa famille la retrouve, elle est contrainte d’endosser le rôle de mère, de fille et de femme, entourée de personnes qui semblent être de parfaits étrangers. Que reste-t-il lorsqu’on oublie que l’on a aimé quelqu’un ? Est-ce nécessaire de se souvenir du sentiment amoureux pour être heureux ?

Kona fer í stríð (Woman at War) de Benedikt Erlingsson :

Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Sauvage de Camille Vidal-Naquet :

Léo, 22 ans, se vend dans la rue pour un peu d’argent. Les hommes défilent. Lui reste là, en quête d’amour. Il ignore de quoi demain sera fait. Il s’élance dans les rues. Son cœur bat fort.

Sir de Rohena Gera :

Ratna est domestique chez Ashwin, le fils d’une riche famille de Mumbai. En apparence la vie du jeune homme semble parfaite, pourtant il est perdu. Ratna sent qu’il a renoncé à ses rêves. Elle, elle n’a rien, mais ses espoirs et sa détermination la guident obstinément. Deux mondes que tout oppose vont cohabiter, se découvrir, s’effleurer…

Film d’ouverture

Wildlife de Paul Dano : Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans, assiste impuissant à la lente dégradation des rapports entre son père et sa mère.

Film de clôture

Guy d’Alex Lutz : Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Séances spéciales longs-métrages

Nos Batailles de Guillaume Senez : Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin : Zachary, 17 ans, sort de prison. Rejeté par sa mère, il traine dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Cannes 2018 : 21 films en lice pour la Palme d’or

Le 71e festival de Cannes débute ce mardi 8 mai. 21 films sont en compétition pour la Palme d’or. Le prestigieux trophée, qui fait tourner les têtes et accélère les carrières, sera remis lors de la cérémonie de clôture le 19 mai.

La présidente du jury, l’actrice australienne Cate Blanchett, et son équipe vont devoir départager des œuvres du monde entier. 21 films sont en compétition officielle pour la 71ème édition du Festival de Cannes. La compétition s’annonce féroce cette année encore.

Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont dévoilé une sélection officielle audacieuse et surprenante en avril dernier. Beaucoup de cinéphiles ne se sont toujours pas remis malheureusement de l’absence de réalisateurs majeurs. Paolo Sorrentino, Jacques Audiard, Xavier Dolan ou bien encore Mike Leigh ne seront effectivement pas présents pour dévoiler leurs nouveaux films.

21 réalisateurs, dont 3 femmes, vont donc vivre une très belle aventure humaine et cinématographique durant ce 71e Festival de Cannes.

Everybody Knows de Asghar Farhadi, avec Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darín (Espagne)

Penélope Cruz et Javier Bardem sont à l’affiche de ce thriller psychologique en langue espagnole. Everybody Knows sera projeté pour l’ouverture de cette 71e édition, le mardi 8 mai. À l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des événements viennent bouleverser son séjour et font resurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

En guerre de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon (France)

Ce film social de Stéphane Brizé entraîne Vincent Lindon dans la lutte de salariés de l’usine Perrin, prêts à tout pour sauver leur site d’Agen, spécialisé dans la sous-traitance automobile.

Le Livre d’image de Jean-Luc Godard (France)

50 ans après sa tirade culte sur les événements de mai 1968, Jean-Luc Godard revient à Cannes avec un projet cinématographique ambitieux. Le Livre d’image est un film en cinq parties thématiques. Cette œuvre serait une réflexion sur le monde arabe à travers des images documentaires et de fiction. Le cinéaste franco-suisse est venu pour la dernière fois en compétition pour Adieu au langage en 2014, qui remporta le Prix du jury ex-æquo avec Mommy de Xavier Dolan. La présence de Jean-Luc Godard pour présenter son nouveau film sur la Croisette n’est malheureusement pas confirmée à 100%. L’affiche de la 71e édition du Festival de Cannes est un hommage à la filmographie de Jean-Luc Godard et à Pierrot le fou.

https://www.youtube.com/watch?v=4wwyXcdMJzo

Un Couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis (France)

Deuxième long-métrage et première sélection officielle pour Yann Gonzalez. Le réalisateur français avait marqué la Croisette, à la Semaine de la critique en 2013, avec Les Rencontres d’après minuit. Ce nouveau film a des chances de séduire les amateurs de films fantastiques italiens. Un Couteau dans le cœur pourrait en effet reprendre les codes du genre du « giallo ». Vanessa Paradis incarne une productrice de films pornographiques gay qui se retrouve soudain menacée de mort.

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Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès (France)

Douze ans après Les Chansons d’amour, Christophe Honoré est de retour sur la Croisette. Le nouveau film de Christophe Honoré retrace la relation amoureuse entre un jeune étudiant et un écrivain dans les années 1990. Les comédiens Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps ou bien encore Denis Podalydès composent le casting.

https://www.youtube.com/watch?v=hQmCaEyhq58&has_verified=1

Les Filles du soleil de Eva Husson, avec Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot (France)

Après avoir marqué les esprits avec Bang Gang sur la sexualité d’une jeunesse insouciante, Eva Husson débarque à Cannes avec son second long-métrage. Les Filles du Soleil est en réalité le nom d’un bataillon de combattantes kurdes luttant contre des djihadistes. Bahar (incarnée par Golshifteh Farahani), la commandante, veut arracher son fils aux « hommes en noir ». Mathilde (la comédienne et réalisatrice Emmanuelle Bercot), journaliste française, débarque alors pour couvrir l’offensive.

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Capharnaüm de Nadine Labaki (Liban)

La réalisatrice libanaise Nadine Labaki dévoile le combat d’un enfant qui se rebelle contre l’existence qu’on cherche à lui imposer. Devant les juges, il explique attaquer ses parents pour lui avoir « donné la vie ».

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Dogman de Matteo Garrone, avec Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli, Edoardo Pesce (Italie)

Grand Prix pour Gomorra et Reality et récompensé comme meilleur réalisateur pour Tale of Tales, le quatrième film de l’Italien Matteo Garrone promet de prendre les spectateurs aux tripes. Le film va retracer un fait divers particulièrement sanglant dans les années 1980.  Un toiletteur pour chiens va planifier une terrible vengeance contre son ami, un ancien boxeur, dépendant à la cocaïne. Cette homme terrorise tout le quartier et lui rend la vie infernale. Une plongée dans l’horreur,  la violence et la torture va alors débuter.

https://www.youtube.com/watch?v=8bEdZy33hdc&feature=youtu.be

Ayka de Sergueï Dvortsevoy (Kazakhstan)

Le réalisateur kazakh Serge Dvortsevoy revient avec une seconde œuvre après Tulpan, vainqueur du Prix Un Certain Regard en 2008. Ce nouveau film repose sur des ressorts dramatiques. Ayka est le nom d’une jeune fille kyrgyze qui vit et travaille illégalement à Moscou. Après avoir donné naissance à son fils, elle l’abandonne à l’hôpital. Elle va finalement décider de partir à la recherche de ce fils.

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« Lazzaro Felice » Heureux comme Lazzaro de Alice Rohrwacher, avec Nicoletta Braschi, Sergi López et Alba Rohrwacher (Italie)

Déjà présente à Cannes pour ses deux derniers longs-métrages, l’Italienne Alice Rohrwacher s’invite à nouveau dans la compétition en 2018. La cinéaste était repartie avec le Grand Prix en 2014, pour Les merveilles. Ce nouveau film retrace l’histoire d’un jeune paysan dans un hameau sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna, resté à l’écart du monde moderne. Son amitié avec Tancredi, le fils de la marquise, va lui faire traverser le temps. Ce conte poétique, tourné en super 16, aborde les bouleversements de la société italienne.

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Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan, avec Hazar Ergüclü et Ahmet Rifat Sungar (Turquie)

Lauréat de la Palme d’or en 2014 avec Winter Sleep, le réalisateur turc présente, avec cette nouvelle œuvre, l’histoire d’un homme qui rêve d’être écrivain et retourne dans son Anatolie natale. Les dettes de son père vont malheureusement finir par le rattraper. Le film dure 3h08.

Asako 1 & 2 de Ryūsuke Hamaguchi, avec Masahiro Higashide et Erika Karata (Japon)

L’intrigue va plonger les spectateurs dans le quotidien d’Asako qui, après la disparition de Baku, l’homme qu’elle aimait, retrouve son parfait sosie. Elle va alors se laisser séduire, malgré la personnalité du jeune homme, totalement différente de celle de Baku. Senses, un projet de 5 heures et découpé en trois volets du même réalisateur, vient de débarquer dans les salles françaises. Ryusuke Hamaguchi est déjà considéré comme le « Rohmer japonais » par de nombreux critiques français.

Une Affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka et Kirin Kiki (Japon)

Hirokazu Kore-eda et le Festival de Cannes, c’est une grande histoire d’amour. Avant Une Affaire de famille, six de ses films avaient été sélectionnés à Cannes. Le premier en 2001 : Distance. Le réalisateur japonais revient à Cannes avec l’histoire d’une famille de voleurs à l’étalage qui adopte une orpheline. Leur vie de bohème va basculer lorsqu’un incident va révéler brutalement leurs plus terribles secrets…

Les Eternels de Jia Zhangke, avec Zhao Tao, Fan Liao (Chine)

Le réalisateur chinois commence, lui aussi, à devenir un habitué du Festival de Cannes. Ses deux derniers longs-métrages avaient été présentés en compétition, en 2013 et 2015. Le cinéaste revient en compétition sur la Croisette pour la cinquième fois avec une histoire d’amour et de gangsters. Qiao, une jeune danseuse est amoureuse de Bin, un chef de la pègre locale de Datong. Lorsque Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et riposte avec une arme à feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison suite à cette terrible affaire. Une fois libérée après avoir purgé sa peine, Qiao part alors à la recherche de Bin. Elle souhaite tenter de renouer avec lui.

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Burning de Lee Chang-dong, avec Yoo Ah-In, Steven Yeun, Jeon Jong-Seo (Corée du Sud)

Huit ans maintenant que Lee Chang-dong n’avait pas réalisé de film, depuis Poetry en 2010, présent en compétition officielle la même année. Le ministre de la Culture en Corée du Sud (2003-2004),  Lee Chang-Dong, a adapté une nouvelle de l’auteur japonais Haruki Murakami. Ce film s’apparenterait à un thriller mettant en scène un coursier, une jeune fille partie en Afrique et la menace d’un mystérieux pyromane.

BlacKkKlansman de Spike Lee, avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace et Harry Belafonte (États-Unis)

27 ans après son dernier passage en compétition au Festival de Cannes, le réalisateur Spike Lee fait son comeback sur la Croisette avec un long-métrage qui pourrait bien faire rougir Quentin Tarantino. BlacKkKlansman retrace l’histoire vraie d’un policier afro-américain infiltré parmi des membres du Ku Klux Klan en 1978. Il gravira les échelons de l’organisation raciste jusqu’à en devenir président. Le comédien Adam Driver incarne un collègue du policier qui incarne sa doublure « blanche » pour faire tenir sa couverture. Cette œuvre qui risque de remettre à la mode le genre de la blaxploitation est adapté du livre autobiographique Black Klansman de Ron Stallworth (incarné par le comédien John David Washington).

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Under the Silver Lake de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough et Topher Grace (États-Unis)

David Robert Mitchell avait agréablement surpris la Croisette à la Semaine de la critique, avec son film d’horreur It Follows (2014). Le réalisateur de The Myth of the American Sleepover arrive à Cannes cette année avec un thriller. Un trentenaire amoureux fou de sa voisine se lance dans une enquête à travers la ville de Los Angeles quand elle disparaît. Son périple va l’entraîner sur la piste de meurtres mystérieux et de sombres conspirations.

Trois visages de Jafar Panahi (Iran)

Le cinéaste dissident Jafar Panahi est interdit de travailler dans son pays. Il a remporté l’Ours d’or à Berlin en 2015 avec Taxi Téhéran. Ce nouveau film dévoile trois portraits de femmes dans l’Iran moderne. Le Festival a demandé aux autorités iraniennes d’autoriser Jafar Panahi à quitter le pays pour se rendre à Cannes.

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Cold War de Pawel Pawlikowski, avec Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar et Agata Kulesza (Pologne)

Le réalisateur de Ida a été récompensé de l’Oscar du meilleur film étranger en 2015. Il est sélectionné cette année à Cannes pour un film qui retrace l’histoire d’une relation amoureuse compliquée entre une femme et deux hommes en Pologne et à Paris dans les années 1950-1960. Ce long-métrage en noir et blanc est produit par Amazon.

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L’été de Kirill Serebrennikov, avec Irina Starshenbaum, Teo Yoo, Roman Bilyk (Russie)

Leto (L’Eté) du réalisateur Kirill Serebrennikov, assigné à résidence, se base sur des faits méconnus de la biographie de Viktor Tsoï, le leader du groupe Kino. Ce chanteur soviétique des années 1980 de Léningrad, biberonné aux sons de Led Zeppelin et David Bowie, a eu une carrière musicale fulgurante. Il est notamment devenu une icône du rock de l’Est.

Yomeddine de Abu Bakr Shawky, avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz (Égypte)

Premier long-métrage et première sélection en compétition officielle pour le réalisateur austro-égyptien. Dans ce premier film tragi-comique d’Abu Bakr Shawky, un homme et un orphelin nubien s’échappent d’une colonie de lépreux dans le désert égyptien. Afin de regagner le monde moderne, ils entassent leurs maigres biens sur une charrette tirée par un âne.

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Séries Mania 2018 – Compétion Officielle : Il Miracolo, du sang dans les larmes

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Lauréate du prix spécial du Jury, Il Miracolo, première série de l’écrivain Niccolò Ammaniti, est une réussite. Abordant des thèmes complexes comme la foi, le bien, le mal, l’auteur n’oublie pas pour autant de dresser un portrait juste de l’Italie d’aujourd’hui. Une récompense bien méritée.

Il Miracolo 

Une série italienne de Niccolò Ammaniti, avec Guido Caprino, Alba Rohrwacher, Lorenzo Indovina, Tommaso Ragno, Elena Lietti et Sergio Albelli.

Synopsis : Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyants ou non, face à l’inexplicable, et bouleverser le cours de leur vie. 

Les miracles ont cette particularité d’être toujours un peu flous. Soit ils sont relatés par d’autres au travers d’écrits qui ont traversé des siècles (et donc leur véracité peut être remise en cause), soit les circonstances sont suffisamment troubles pour être totalement convaincu d’une action divine. Plus que le miracle lui-même, c’est la croyance en celui-ci qui fait acte de foi. L’on choisit ou non d’y croire, afin de confirmer ou de remettre en cause nos convictions. Mais comment réagirions nous face à un vrai miracle ? Un événement tellement absurde, ne répondant à aucune loi de la physique, que nous serions bien obligés d’admettre qu’il y a quelque chose qui nous dépasse ?

Comme l’indique son titre, Il Miracolo présente donc l’apparition de ce miracle : une vierge en plastique (le genre que l’on trouve dans les magasins) se met à pleurer du sang humain sans discontinuer. L’événement est d’abord caché à la population, pour éviter les pèlerinages massifs, le temps que le premier ministre prenne une décision. Lui même n’étant pas très croyant, il éprouve des difficultés à conceptualiser cette intervention divine. Dans un pays encore très influencé par le dogme catholique, l’annonce d’un tel événement pourrait avoir des répercussions incontrôlables.

Ammaniti a l’intelligence de ne jamais tomber ni dans le pamphlet antireligieux, ni dans l’œuvre évangéliste. Il joue habilement sur plusieurs tableaux et promet des développements passionnants pour la suite. Il Miracolo déploie au fur et à mesure une ambiance aux limites grotesques. Il y a quelque chose de fondamentalement absurde dans cette vierge en plastique posée au milieu d’une piscine, laissant s’écouler neuf litre de sang par jour. Mais aussi dans ce personnage de prêtre ordurier, ou cette première dame à couteau tiré (parfois littéralement) avec la nourrice de ses enfants.

C’est finalement cette ambiance d’absurdité diffuse, à l’image de son élément déclencheur, qui fait de Il Miracolo une série intelligente, dont on attend la suite avec impatience.

Séries Mania 2018 : Le palmarès complet

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Cette dernière soirée fut l’occasion de dévoiler les vainqueurs (toutes compétitions confondues) de la première édition de Séries Mania Lille Hauts-de-France. Récapitulatif des lauréats de ce festival très réussi qui nous aura permis de découvrir bien des choses.

Compétition Formats Courts

Prix des Lycéens 

 Kiki & Kitty (de Nakkiah Lui – Australie)

Synopsis :  Le quotidien de Kiki, une jeune aborigène un peu perdue dans sa vie professionnelle et sentimentale, est chamboulé par l’irruption de Kitty, une amie imaginaire à l’humour très cru qui la pousse à vivre pleinement et se révèle être… la personnification de son vagin. Une comédie osée qui aborde avec charme la sexualité féminine.

 
Meilleure série 

First Love (de Jonathan Cohen-Berry et Anthony Jorge – France/USA)

Synopsis : Ashfield, Californie. Une histoire d’amour interdite entre Mercedes, 12 ans, et Zach, 17 ans. Les indices présentés lors du procès du jeune homme nous conduiront aux moments clés de leur rencontre, et nous permettront de juger par nous-mêmes : amour ou délit ? Crime ou passion ?

 

Panorama International (prix remis par les blogueurs) 

Kiri (de Jack Thorne – Angleterre)

Synopsis : Miriam, assistante sociale attentive autorise la jeune Kiri à passer la journée avec son grand-père biologique, quelques jours avant l’officialisation de son adoption par sa famille d’accueil. Lorsque Kiri disparait, chacun doit affronter ses responsabilités et sa culpabilité malgré le tourbillon médiatique. Un drame subtil porté par la magistrale Sarah Lancashire (Happy Valley). 

 

Compétition Française 

Meilleur Acteur

Ex æquo Roshdy Zem pour Aux animaux la guerre

Ex æquo Bryan Marciano pour 25

 

Meilleure Actrice

Anne Charrier pour Maman a tort

Meilleure série 

Ad Vitam (de Thomas Cailley – Arte)

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Les prix du public

Meilleure série comique

Kiki and Kitty (de Nakkiah Lui – Australie)

Prix du public (toutes séries confondues) 

The Marvelous Mrs. Maisel

Synopsis : Miriam est la parfaite mère et épouse de l’Upper West Side des années 50. Elle soutient consciencieusement Joel, son mari, qui se rêve stand-upper et multiplie les ratés sur scène. Quand ce dernier la quitte pour sa secrétaire, Miriam débarque ivre dans un comedy club et fait un carton. Une série d’apprentissage hilarante et magistralement interprétée.

Compétition Officielle 

Meilleur Acteur

Tommaso Ragno pour Il Miracolo

Meilleure Actrice

Anna Mikhalkova pour An ordinary Woman

 

Prix spécial du jury

Il Miracolo (de Niccolò Ammaniti – Italie)

Synopsis : Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyant ou non, face à l’inexplicable et bouleverser le cours de sa vie. Créée par Niccolò Ammaniti, une puissante énigme interprétée par Guido Caprino et Alba Rohrwacher.

Grand Prix 

On the spectrum (de Dana Isidis et Yuval Shafferman – Israël)

Synopsis : Trois jeunes adultes autistes vivent en colocation et tentent de trouver leur équilibre malgré les tracas du quotidien. Portée par des personnages terriblement attachants, On the spectrum est une pépite drôle et émouvante, à l’écriture soignée et pleine d’humanité, offrant un regard audacieux sur le handicap.

 

 

 

Close Encounters with Vilmos Zsigmond, ode à l’image, en DVD

Les éditions Tamasa nous proposent une rencontre rare avec un des grands noms de la photographie cinématographique, Vilmos Zsigmond.

Pour tout cinéphile qui s’intéresse au Nouvel Hollywood et, en règle générale, au cinéma américain depuis les années 70, le nom de Vilmos Zsigmond est incontournable. Mythique directeur de la photographie, son nom reste associé à des réalisateurs aussi prestigieux que Robert Altman, Michael Cimino, Steven Spielberg, Woody Allen ou John Boorman. Sa filmographie est parsemée d’œuvres cultes, depuis Delivrance jusqu’à La Porte du Paradis en passant par L’Épouvantail, Rencontres du troisième type, John McCabe, Blow Out, Les Sorcière d’Eastwick ou Crossing Guard.

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Vilmos Zsigmond, Michael Cimino et Robert DeNiro sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer

 

Les documentaires sur le rôle de chef opérateur sont suffisamment rares pour attirer toute notre attention. D’autant plus lorsque le sujet se porte sur quelqu’un d’aussi important dans l’évolution esthétique du cinéma américain de ces presque cinquante dernières années.

Le documentaire insiste d’ailleurs sur l’originalité de ce que l’on peut appeler un « style Zsigmond ». Un style visiblement inspiré par la photographie et la peinture hongroises, son pays d’origine. Il explique comment, dans un pays fermé par le gouvernement communiste, il a pu découvrir les films du néoréalisme, en particulier ceux de De Sica, qui étaient autorisés parce que conformes à l’idéologie gouvernementale. L’influence de ce réalisme, l’idée que la lumière doit se mettre au service des personnages, la volonté de fuir à tout prix l’esthétique vide, ont été les principes de son travail.

« Je reconnais un bon directeur de la photographie quand le traitement esthétique est en accord avec le sujet du film. Il ne faut pas se contenter de faire des images trop belles car ça peut gâcher un film et les gens ne ressentent pas ce que l’histoire exprime »

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Warren Beatty, Vilmos Zsigmond et Robert Altman sur le tournage de John McCabe

Cette idée est essentielle. L’image doit se mettre au service du sujet. Pour cela, le directeur de la photographie doit travailler main dans la main avec le réalisateur. C’est ce que montrent les nombreux entretiens de cinéastes qui ont travaillé avec Zsigmond. Les propos de Peter Fonda, qui parle de son film L’Homme sans frontière, et en particulier du splendide plan final, sont ainsi riches d’enseignements. Zsigmond est un chef opérateur qui n’hésite pas à prendre des risques, pour trouver la lumière idéale par exemple. Ce fameux plan final, où, au lieu de faire un bête fondu au noir, Zsigmond va attendre tout simplement que le soir tombe et que cela donne un « fondu naturel », est remarquable en tout point.

Cette façon de jouer avec la lumière est une des caractéristiques essentielles de son travail de chef opérateur. Les propos d’Isabelle Huppert sur l’importance de la lumière pendant le tournage de La Porte du Paradis en disent long sur le travail de Zsigmond.

L’autre aspect de son travail est l’adéquation entre l’image et le sujet. Les témoignages de John Boorman sur le tournage de Delivrance ou de Jerry Schatzberg pour L’Épouvantail montrent la minutie du directeur de la photographie, sa volonté de coller au plus près des personnages, de l’ambiance, des thèmes traités, etc.

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Avec John Savage sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer

Tout cela, et bien d’autres choses encore, font de ce documentaire un film passionnant si on aime le cinéma américain des cinquante dernières années. On voit défiler les grands cinéastes, on y parle de plans devenus cultes (comme ce vertigineux plan tournant à 360° dans Blow out), et surtout du lien indispensable entre le réalisateur et le chef opérateur. L’ensemble, émaillé de scènes de films qui illustrent magnifiquement les propos, est passionnant.

Close Encounters with Vilmos Zsigmond : Bande-Annonce

Close encounters - 3D ouvert

Caractéristiques du DVD :

VO ST Français – Anglais – Espagnol – Hongrois – Film 1h18

COMPLEMENTS

 • Livret 12 pages illustrées • Galerie Photos
• Scènes coupées : Michael Cimino – The Deer Hunter, 6′
•Vilmos & Darius – Les décorateurs, 9′
•Vilmos & John Travolta, 2’30
•Rencontres d’autres types, 1’10
• Les Fauvettes, 5′  • Douglas – Tribute to Vilmos, 8’30
• Commentaire audio de Pierre Filmon

Séries Mania 2018 : First Love – Rencontre avec les réalisateurs

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Présentée dans le cadre de la compétition Formats Courts, First Love nous a remué. On ne sait pas trop si on a aimé cette série qui aborde frontalement un sujet très sensible, mais en tout cas elle ne nous a pas laissé indifférents. Cela méritait bien une discussion avec deux jeunes réalisateurs à suivre.

First Love (Jonathan Cohen-Berry, Anthony Jorge – France/USA)

Synopsis : Ashfield, Californie. Une histoire d’amour interdite entre Mercedes, 12 ans, et Zach, 17 ans. Les indices présentés lors du procès du jeune homme nous conduiront aux moments clés de leur rencontre, et nous permettront de juger par nous-mêmes : amour ou délit ? Crime ou passion ?

Avec : Jance Enslin, Cleo Fraser, Deaken Bluman, Maria McCann, Ellery Sprayberry

Diffuseur : Blackpills

Difficile d’aborder First Love par un autre angle que son sujet particulièrement osé. Cette mini-série raconte l’histoire d’amour entre un adolescent de dix-sept ans et une jeune fille de douze ans qui découvre sa sexualité. Il tente de refréner ses pulsions, elle demande de l’attention (son frère l’ignore, son père est souvent absent).
Le premier épisode s’ouvre sur la fuite en voiture des deux amoureux. Puis arrive un accident, et un procès où il est fortement sous entendu que Zach serait passé à l’acte, et risquerait donc la prison. Mercedes, la jeune fille, ne semble plus aussi amoureuse. Zach a-t-il vraiment abusé d’elle ? Est-elle perdue dans ce tribunal où les avocats s’arrachent les aveux des témoins ? Étaient-ils vraiment amoureux ou est-ce que l’un a profité de l’autre ? C’est à rebours que nous découvrirons toute l’histoire, quitte à remettre en cause nos propres convictions.

Autant le dire tout de suite, First Love n’est pas le genre de série que l’on peu juger sur la base d’une simple appréciation qualitative. Dire « j’aime » ou « j’aime pas » ne peut faire avancer le débat, et nous préférons encore nous abstenir d’en faire une critique qui aborderait l’œuvre sur des critères purement esthétiques ou formels. Nous ne pouvons que vous conseiller d’y jeter un œil pour vous faire votre propre opinion.
Et c’est bien le problème des sujets difficiles : on ne sait jamais trop comment en parler. Mais nous pouvons déjà admettre que mettre en scène un tel sujet n’a pas dû être facile, et nous en avons discuté avec Jonathan Cohen-Berry et Anthony Jorge, duo de français (réalisateurs de clip sous le pseudo Truman & Cooper) chargés de mettre en scène cette ballade sauvage hors-norme, accompagnés de Morgane Le Moine, productrice.

First Love aborde frontalement le thème de la pédophilie abstinente. Pourquoi le choix d’un tel sujet ?

Jonathan : Adi Tishrai, la scénariste, pourrait t’en parler mieux que nous. Mais, comme elle l’a dit lors de la présentation de la série, tout est parti d’une rencontre pendant ses recherches. Elle est tombée sur des forums qui parlaient de ce problème de la pédophilie abstinente (NdA : ces gens qui souffrent de pédophilie mais ne passent jamais à l’acte) et a rencontré ce jeune homme de 19 ans qui en souffrait. C’est un problème dont on ne peut pas parler, mais c’est un vrai sujet à développer. Nous, on en avait jamais entendu parler avant que l’on nous propose le scénario, et ça nous a intéressé.

Vous avez sûrement eu des difficultés à monter le projet ?

Jonathan : Tu peux en parler un peu mieux, tu en as eu des refus…

Morgane : Oui… à toutes les étapes, ça faisait très peur à tout le monde. Mais c’est un vrai choix pour une plateforme (NdA : Blackpills sur laquelle sera diffusée la série) de se positionner là-dessus. Même si nous avons des obstacles, nous voulions le faire bien et nuancer le propos. On ne sait jamais quelle sera la réception, et ça peut vraiment mettre en péril la plateforme, au-delà de la série seulement. Tout a été difficile, comme le casting des enfants…

Je voulais justement aborder la question. Au sujet de cette jeune actrice (Cleo Fraser), qui est très bien dans le rôle : Comment on dirige une jeune actrice dans un rôle pareil ? Comment a réagi la famille ?

Jonathan : Comme le disait Morgane, on a eu beaucoup de mal à trouver une actrice. Quand les gens entendaient parler du sujet, surtout aux États-Unis, il ne voulaient pas que leur enfant soit impliqué dans un truc pareil. Donc le choix a été assez réduit. Mais on a quand même déniché Cleo Fraser, qui avait le parfait mélange entre un côté très enfantin et en même temps une certaine maturité. Et surtout une manière assez unique d’improviser, en accord avec sa personnalité. Et la mère était très ouverte et compréhensive sur le sujet. C’était capital, car on avait peur que sur le tournage elle soit toujours dernière nous à nous dire « Attention ! Qu’est-ce que vous faites ?! »… Il y avait même des parties du script, on ne savait pas si on pouvait les montrer à la jeune fille. Mais sa mère était très ouverte en disant qu’elle devenait une adolescente et qu’il valait mieux qu’elle soit consciente de ce genre de choses. Que ce problème de la pédophilie existe et qu’il y a des gens comme ça.

Elle y voyait une fonction éducative ?

Jonathan : Exactement.

Anthony : Elle nous disait : « surtout de cachez rien, à partir du moment où vous lui expliquez tout, vous faites ce que vous voulez, mais je veux qu’elle sache ce qu’elle joue ». Du coup, c’était génial d’avoir quelqu’un comme ça, cette mère qui était dans cette approche là du problème et Cleo qui était hyper réceptive. Dès que l’on expliquait, elle écoutait, posait des questions. C’était vraiment un accompagnement, pas juste « tient on va te mettre dans un lit… ». Non, il fallait qu’elle comprenne ce qu’elle était en train de jouer… Sinon, en terme de jeu, ça ne marchait pas. Pour nous c’était super important, c’était la seule manière pour jouer juste et être honnête avec ce que l’on faisait.

Jonathan : Ensuite pour la direction, nous la laissions énormément improviser parce que c’était toujours plus drôle et naturel que tout ce que l’on avait pu écrire. C’est toujours dur de se mettre dans la peau d’adolescent de 12 ans quand on en a 30. Du coup, il y avait beaucoup plus de fraîcheur quand on lui disait d’oublier le script. Elle faisait sortir sa vraie personnalité qui était vraiment plus extravagante.

Anthony : Il fallait être très à l’écoute. Parfois on voyait des trucs en répétitions, on trouvait ça génial et on pouvait même pas lui demander de le refaire.

Jonathan : Sinon c’était plus pareil.

Anthony : Donc on se demandait comment la mettre dans ces conditions, on demandait aux comédiens de la provoquer sur quelque chose… Par exemple, la scène de danse dans la rue, c’est parce qu’on l’a vue faire et on a trouvé ça génial. En fait, on se demandait comment la mettre dans une situation où elle pourra créer les événements elle-même. Ça prenait un peu plus de temps, déjà qu’on en avait pas beaucoup, mais nous sommes surtout là pour les laisser vivre et capter ces moments.

Mais n’avez-vous pas eu peur à un moment de retours problématiques ? Par exemple, Natalie Portman a révélé qu’après la sortie de Léon elle avait reçu pas mal de lettres « d’admirateurs » dont elle se serait bien passée. Au vu du sujet, n’avez-vous pas eu peur de ce genre de réaction ?

Jonathan : On a essayé de ne jamais la sexualiser, de garder le personnage d’une petite fille naïve. J’ai quand même l’impression qu’on est allé moins loin que dans LéonNatalie Portman joue beaucoup plus la lolita. Mais c’était un très gros challenge dans le casting, et à l’écriture il suffisait d’ajouter une ligne en trop ou d’en enlever une pour tomber dans ce type de personnage. C’était effectivement un risque et c’est devenu une obsession à toutes les étapes.

Anthony : Il fallait que ça reste une enfant et pas un personnage fantasmé.

Jonathan : Donc on est vraiment resté sur l’idée d’une petite fille naïve qui n’a pas encore conscience, peut-être de vagues idées, de la sexualité ou de choses comme ça. Mais, même dans la manière de filmer ou dans le montage, ça se jouait parfois à un plan trop subjectif qu’il fallait couper. C’était un ajustement constant.

Nous parlions de Léon et de Lolita, mais d’autres cinéastes ont abordé le sujet parfois de manières plus crues, comme Larry Clark. Aviez-vous des références précises en tête, ou avez-vous abordé le sujet selon votre propre sensibilité ?

Jonathan : On a regardé beaucoup de films sur l’adolescence aux États-Unis, mais surtout parce qu’on est français. Même si on a tous une culture très américaine, on voulait quand même viser juste.

Anthony : Thirteen (Catherine Harwicke – 2003) par exemple qu’on a revu. Et après Harmony Korine et Larry Clark sont dans nos références, mais pas trop pour cette série. Larry Clark est quand même très provocant pour être provocant, et on voulait justement faire l’inverse.

Jonathan : On faisait quand même des emprunts sur la manière de filmer, comme Bully de Larry Clark. Mais on ne voulait pas tomber dans le mimétisme. Il y avait aussi ce film récent, It felt like love de Eliza Hittman, qui filme ces adolescent de 14 ans qui se cherchent. Nous voulions surtout regarder comment ce genre de sujet était traité là-bas.

Anthony : C’était surtout une question d’authenticité. C’est ce qui nous interroge depuis nos débuts : Comment rendre ce territoire de la jeunesse et de l’adolescence authentique. Ce qui n’est pas toujours évident à mettre en scène. En tout cas c’est le point commun entre tous ces films.

Un dernière question. Vous êtes français et vous filmez aux États-Unis. Essayez-vous de vous fondre dans le moule américain, ou avez-vous essayé d’amener une spécificité française ?

Jonathan : Je pense que, malgré nous, on amène cette spécificité mais, après, on ne saurait dire exactement quoi.

Anthony : Après on peut prendre le problème dans l’autre sens. C’était très difficile d’arriver sur un territoire que l’on pense connaître. Donc on a vraiment essayé de se protéger avec une auteure américaine, le chef opérateur aussi était américain… Toute l’équipe était américaine. On ne voulait pas faire n’importe quoi. On avait mille soupapes de sécurité pour que personne ne puisse nous dire « c’est quoi ce film de français… »

Jonathan : Ce film de français qui fantasment les États-Unis.

Anthony : Après, on imagine qu’en termes de sensibilité ou d’approche du problème il y a une différence. Par exemple, cette espèce de pudeur qu’ont les américains, peut-être que nous abordons les choses différemment mais c’est difficile de s’auto-analyser là-dessus.

Merci à Jonathan, Anthony et Morgane pour avoir bien voulu répondre à nos questions.

Séries Mania 2018 – Compétition Officielle : Ad Vitam ou la SF pour les nouilles

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Présentée en Compétition Officielle, la nouvelle série de science-fiction d’Arte, Ad Vitam, accumule malheureusement trop de poncifs et se perd dans son propre univers. Intrigue convenu, dialogue à la ramasse et philosophie de comptoir, tout cela arrive bientôt sur vos écrans.

AD VITAM (de Thomas Cailley)

Synopsis: Alors qu’on pense avoir vaincu la mort, sont découverts les corps de sept suicidés, tous mineurs. Dérive sectaire, acte politique, cri d’alarme d’une jeunesse qui cherche sa place ? Darius, flic de 120 ans, mène l’enquête avec Christa, jeune fille révoltée.

Avec : Yvan Attal, Garance Marillier, Niels Schneider, Rod Paradot, Hanna Schygulla, Anne Azoulay, Ariane Labed, Victor Assié, Anthony Bajon

advitam-seriesmania2018-yvan-attalC’est peu dire que la nouvelle production de science-fiction d’Arte nous a déçu. La présence de Thomas Cailley (Les Combattants) à la réalisation et de Garance Marillier (Grave) dans l’un des rôles principaux nous intriguait fortement. Ajoutons à cela les premières images qui promettaient une esthétique léchée et nous étions en droit d’attendre un peu plus de cette nouvelle production française qui s’attaque à un genre fort peu considéré chez nous.
Et c’est peut être bien là le problème. Force est d’admettre que si l’on produit peu de science-fiction en France, c’est probablement parce qu’on ne sait pas en faire. En tout cas, pas au cinéma, ni à la télévision. Malgré quelques essais encourageant qui tentent de trouver une sensibilité française (comme le pas si mauvais Dans la Brume sorti récemment). La plupart du temps, on sent trop l’influence écrasante des productions U.S. Et si l’idée est de faire comme les américains, autant arrêter tout de suite les frais.

Il n’y a en vérité aucun problème à citer des œuvres marquantes ou à s’inscrire dans les pas de ceux que l’on a choisi comme mentor. Mais il faut aussi trouver sa propre voie au milieu de ces références. Et malgré un premier quart d’heure encourageant qui développe quelques bonnes idées (la doyenne de l’humanité qui semble avoir trente ans), Ad Vitam s’embourbe rapidement dans tellement de clichés, que l’on aurait presque envie de faire un bingo pour se maintenir éveillé. Le flic à bout, check, l’adolescente rebelle à protéger, check, les références bibliques, check, les caissons remplis de flotte, check, les animaux exotiques (ici la méduse), super, les rave party sur de la musique électro et des filtres colorés, parfait, le stand de nouilles chinoises : Bingo ! On a au moins trouvé de quoi s’occuper pour nos prochaines soirées en solitaire.

Côté histoire, les bonnes idées de base entrent rapidement en collision avec d’autres éléments, ce qui finit de casser la crédibilité de l’ensemble. Un homme dont le métier est d’annoncer la mort d’un proche dans ce futur où celle-ci appartient au passé, voilà qui est plutôt bien vu. Sauf que les règles d’immortalité sont mal définies. Il est toujours possible de se faire sauter le caisson, les accidents de la route ou les meurtres ne sont pas couverts, certains cultes religieux refusent d’échapper à la fatalité, et certaines personnes sont incompatibles au traitement… Donc la mort n’est pas aussi rare qu’ils le disent et le personnage ne sert pas à grand chose. S’ajoute à cela d’autres questions comme : pourquoi la majorité est relevée à trente ans ? Pourquoi le suicide est considéré comme un crime, alors qu’il y a un problème de surpopulation qui pointe le bout de son nez ? Est-il possible de mourir de faim ? D’intoxication alimentaire ? Depuis combien de temps l’immortalité est elle en place ? Pourquoi la doyenne de l’humanité a l’air d’avoir trente ans et le personnage principal en fait cinquante ? Et surtout, pourquoi les futurs dystopiques ont-il des stands de nouilles à tous les coins de rue ? Trop de questions idiotes en deux épisodes.

Arte semble avoir été trop sûre d’elle sur ce coup là. Persuadés d’avoir de jeunes talents sous la mains, les producteurs ont sûrement voulu laisser une totale liberté aux auteurs (ce qui est tout à leur honneur). Sauf que Thomas Cailley excellait dans le registre de l’humour décalé et pince sans rire. On sent que certaines scènes se voudraient drôles… mais l’ambiance ne s’y prête vraiment pas. Et même sa reprise du personnage de la jeune fille fataliste opposé au paumé de service (ici le flic) semble hors de propos, justement parce que le reste de la série part dans trop de directions opposées, que la pauvreté de l’écriture des dialogues peine à lier ensemble. Certains acteurs sont même extrêmement mal dirigés, ce qui va encore donner du grain a moudre aux détracteurs du cinéma de genre à la française.

Nous somme restés les deux épisodes pour être sûr de notre coup. Un tiers de la salle ne s’est pas fait prier pour sortir au bout d’une heure.

Séries Mania 2018 – Formats Courts : Voyage en Amérique du Nord

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La compétition Formats Courts de Séries Mania continue de mettre à l’honneur ces séries expérimentales sortant des sentiers battus de la production. Aujourd’hui, direction l’Amérique du Nord, avec Red Creek, une enquête dans le Grand Nord canadien, Sylvain le Magnifique, comédie fantastique venue du Québec et The Accidental Wolf, qui mélange thriller politique et problème de couples.

Red Creek : Parle moi du Canada

(d’Aurélien Molas – France)

Synopsis : L’énigmatique Marlène a fui sa France natale et sa carrière dans la police pour s’installer dans le Grand Nord canadien. Un soir, elle toque à la porte de la famille Coxx dont la fille, Elise, a disparu. L’enquête officielle ne mène nulle part et Marlène, qui soupçonne une affaire d’exorcisme, s’impose comme détective privé.

Avec :  Lou de Laâge, Tobie Pelletier, Kent McQuaid, Eric Davis, Juliette Gariepy, Laurie Babin

Malgré l’échec de sa saison 2, True Detective semble continuer de faire des émules. Aujourd’hui, c’est le studio français Studio + qui propose sa version du néo-noir, avec cette enquête dans le Grand Nord canadien, qui vient (une fois de plus) sonder les tourments de l’âme humaine.
Bien que les épisodes soient plutôt courts, difficile d’adhérer complètement à la démarche, tant Red Creek semble plutôt s’inspirer des autres que chercher sa propre voie. En première ligne des clichés, le personnage de Marlène (Lou de Laâge), ex-policière française reconvertie en détective « hard-boiled » au féminin. Là où un tel personnage aurait pu amener une touche de nouveauté dans ce genre d’univers, l’actrice principale masculinise à outrance son personnage, roule des mécaniques, raconte son histoire sur un ton monocorde… Bref, semble vraiment vouloir faire les choses « à l’américaine ». Le tournage en anglais n’aidant pas à ressentir le choc culturel qui ne viendra jamais.
L’enquête n’est pas très crédible, avec cette détective improvisée qui se permet toute sorte d’infractions mineures pour arriver à ses fins, ou encore le cas de la police locale dont l’incompétence dépasse l’entendement (personne n’avait pensé à fouiller le casier de la disparue ? Vraiment ? ).
Pour le reste, on pense à Twin Peaks pour la communauté pleine de secrets, mais surtout à Silent Hill, avec ce culte mystérieux et ces hommes masqués qui traînent dans les bois… Beaucoup d’images nous viennent en tête, mais jamais Red Creek ne s’imprime dans nos mémoires.

Sylvain, le Magnifique : De la magie, peu de génie

(de Samuel Cantin – Québec)

Synopsis : Prestidigitateur et vedette du petit écran, Sylvain est secrètement un vrai magicien. Désabusé par la tournure qu’a pris sa carrière, il apprend un jour que son légendaire rival, Barloute L’Étonnant, s’est fait enlever et que son ex Léa fréquente désormais un célèbre pro de BMX. Face à l’incompétence de son agent artistique, il saisit l’occasion pour reprendre sa vie en main. 

Avec : Emmanuel Schwartz, Julien Corriveau, Virginie Fortin, Eric Bernier, Julien Lacroix, Daniel Lemire

Petite déception pour ce mélange de comédie burlesque et de fantastique. On aurait aimé adorer Sylvain le Magnifique, mais la série semble mettre un point d’honneur à ignorer son sujet (Sylvain est en vérité un vrai magicien) pour parler d’un tas d’autres choses. Une vie sentimentale foireuse, la lassitude du show-business, l’amitié toxique… Mais l’étendue des pouvoirs de Sylvain reste floue et la magie n’est utilisée que comme gag ponctuel, histoire de réveiller un peu l’audience de temps en temps. On espère une évolution d’un épisode à l’autre, mais tout reste sur ce même ton décalé et distant, au lieu d’aller à fond dans la fantaisie.
Ajoutons à cela la barrière culturelle, avec ce québécois moderne qui mélange de plus en plus anglais et français, au point que, pour un public autre que local, les dialogues en deviennent rapidement difficiles à suivre. Surtout quand certains personnages semblent plus marmonner que parler.
Le tour avait tout pour plaire, mais son exécution laisse un peu à désirer.

The Accidental Wolf  : Thriller surprise

(d’Arian Moayed – États-Unis)

Synopsis : Katie est une riche femme au foyer new-yorkaise, prisonnière d’un mauvais mariage. Un soir, elle reçoit par erreur un appel téléphonique provenant d’un village africain. À l’autre bout du fil, un inconnu désespéré semble fuir sous les coups de feu et la supplie d’envoyer de l’aide.

Avec : Kelli O’Hara, Reed Birney, Raul Castillo, John Conlee, Brandon Dirden, Mike Doyle

Cette web série américaine ne fait pas partie de la compétition formats courts, elle est juste présentée en panorama international. Mais nous devions vous en parler, car ce fut une belle découverte.
Mélangeant des éléments de thriller géopolitique et de drame marital, The Accidental Wolf joue la carte du retournement constant de situation. Ce coup de téléphone reçu au milieu de la nuit est-il une arnaque ? La police semble l’affirmer. Mais la police est-elle dans le coup ? Y a-t-il eu un vrai massacre à l’autre bout du monde ? Tant de questions qui se posent à cette femme de la classe aisée, peu habituée à la violence du monde.
La série n’hésite pas à faire des sauts dans le temps, à montrer la dégradation de la vie de famille de Katie, en même temps que le mystère se dévoile. Très bien écrite, très bien filmée et très bien interprétée (même Denis O’hare passe faire un coucou), The Accidental Wolf est déjà en production de sa deuxième saison, preuve final d’un succès mérité.