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Protégez vos appareils avec style : coques de téléphone et Macbook

De nos jours, nos téléphones et ordinateurs portables sont devenus des objets indispensables dans notre vie quotidienne. Il est donc important de les protéger tout en ajoutant une touche de style à ces outils essentiels. C’est là que les coques de téléphone et les coques Macbook entrent en jeu !

Les tendances actuelles des coques de téléphone

Il existe une multitude de choix pour embellir et protéger votre téléphone. Les tendances actuelles sont variées et offrent plusieurs options pour tous les goûts. On peut trouver des coques avec des motifs géométriques, des citations inspirantes, des illustrations ou même des photos personnalisées.

Des motifs originaux pour tous les goûts

Les motifs originaux sont très prisés par les utilisateurs de smartphones. Que ce soit des motifs floraux, des animaux, des paysages ou des symboles, il y en a pour tous les styles. L’important est de choisir une coque de téléphone qui reflète votre personnalité et vos préférences. Et n’oubliez pas, coque macbook et coque de téléphone peuvent être assorties pour un look encore plus tendance !

Protéger votre Macbook avec élégance

Les Macbooks sont élégants et performants, il est donc naturel de vouloir les protéger sans compromettre leur design. Les coques pour Macbook sont spécialement conçues pour s’adapter parfaitement à la taille et au poids de ces ordinateurs, tout en offrant une protection optimale.

Les matériaux les plus populaires pour les coques de Macbook

Les coques en plastique dur sont les plus répandues, car elles offrent une protection efficace contre les chocs et les rayures. Mais d’autres matériaux comme le cuir, le silicone ou encore le tissu peuvent également être utilisés pour donner un look plus luxueux ou décontracté à votre Macbook. Il est essentiel de choisir une coque qui convient à votre style de vie et à l’utilisation que vous faites de votre ordinateur.

Comment choisir la coque parfaite pour votre appareil

Pour choisir la coque idéale, il faut prendre en compte plusieurs critères. Tout d’abord, la compatibilité avec votre téléphone ou Macbook est primordiale. Ensuite, le niveau de protection souhaité est également important : certaines coques offrent une protection intégrale, tandis que d’autres se concentrent sur les zones les plus fragiles. Enfin, n’oubliez pas le design et les motifs qui vous plaisent, pour que votre coque soit à la fois utile et agréable à regarder.

En résumé, protéger vos appareils avec style est possible grâce aux nombreuses options de coques de téléphone et de Macbook disponibles. Il suffit de choisir le bon modèle en fonction de vos goûts et de vos besoins, et vous pourrez profiter pleinement de vos gadgets sans craindre de les abîmer.

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Navigators : l’étrange vie d’un bateau

Dans son premier long-métrage, Navigators, le jeune documentariste Noah Teichner convoque les archives, afin de retracer la vie fascinante d’un bateau, le Buford, entre politique et cinéma.

Les lieux et leur âme… Et que ne raconte-t-on pas au sujet des bateaux ?! Hantés… Maudits… Le jeune réalisateur Noah Teichner, né aux Etats-Unis en 1987, mais installé en France depuis plusieurs années déjà, se penche sur le destin fascinant d’un paquebot, Le Buford, vers lequel l’ont reconduit les écrits politiques d’Alexander Berkman (21 novembre 1870, Vilnius – 28 juin 1936, Nice), et notamment Le Mythe bolchevik – Journal 1920-1922(1925). Le militant anarchiste, immigré aux États-Unis en 1887, retrace dans ce texte l’expulsion dont il fit l’objet, en compagnie de deux cent quarante-huit autres révolutionnaires d’origine russe, parmi lesquels Emma Goldman (27 juin 1869, Kowno, Lituanie, alors dans l’Empire Russe – 14 mai 1940, Toronto), la compagne de lutte et de toujours. L’anarchiste féministe avait émigré vers les États-Unis en 1885, et narre son existence passionnante et mouvementée dans Vivre ma vie. Une anarchiste au temps des révolutions (1931).

S’appuyant principalement sur le témoignage de ces deux textes, mais aussi sur des documents d’archives (films, photographiques, extraits de journaux, manuscrits, lettres…), et au moyen d’une utilisation non monotone de l’écran divisé, Noah Teichner instruit le parallèle entre cet effet de la Première Peur Rouge (First Red Scare) qui se manifesta aux USA en 1917-1920 , et la résurrection inattendue que connut ce paquebot qui tenait mal la mer et roulait beaucoup, lorsque Fred Gabourie, directeur technique, le découvrit à demi abandonné et convainquit Buster Keaton de le prendre pour objet de son prochain film. Allait ainsi naître, en 1924, The Navigator (La Croisière du Navigator), par Buster Keaton lui-même et Donald Crisp.

En un jeu subtil de montage, le réalisateur, ici secondé par Emmanuel Falguières, relate la traversée vers la Russie, via la Finlande, de ces deux cent quarante-neuf anarchistes, leurs conditions de vie lamentables mais aussi l’espoir qui les habitait, lors de ce retour vers leur pays d’origine. Raison pour laquelle ce mauvais bateau, sur lequel ils furent embarqués de force en décembre 1919, fut renommé « L’Arche soviétique ». Les images extraites de The Navigator offrent à la fois une illustration et un singulier contraste aux témoignages apparaissant sur l’autre partie de l’écran. Sorte de navigation filmique gauche et claudicante, qui illustre parfaitement, en réalité, la traversée dont les révolutionnaires firent l’expérience. Comme pour expliciter cette infirmité, une étrange musique accompagne cette narration très documentée : une série de 78 tours de l’époque que le générique final présente brièvement un à un, mais dont les microsillons délivrent une musique assez fantomatique, parce que restituée au ralenti. Une lenteur qui contredit, en un nouveau décalage humoristique, le rythme plutôt saccadé et légèrement accéléré des films muets d’alors.

On l’aura compris, Navigators est un film exigeant, hautement singulier, et qui ne vise pas les foules mangeuses de popcorn, shootées aux effets spéciaux. Mais il exhume du passé deux fantômes, un bateau outil de déportation back home et un bateau support de burlesque, qu’il fait se rencontrer et même se retrouver d’autant plus volontiers qu’ils forment en réalité un seul et même navire, rendant aux États-Unis un pan relativement méconnu de leur Histoire politique et cinématographique.

Synopsis du film : Décembre 1919. Le gouvernement des États-Unis expulse 249 anarchistes et révolutionnaires sur « l’Arche soviétique ». Quelques années plus tard, ce même paquebot devient le décor de La Croisière du Navigator, une comédie burlesque de Buster Keaton.

Fiche Technique : Navigotors

Un film de Noah Teichner
En salle le 19 juillet 2023 / 1h 25min / Documentaire
Distributeur : Perspective Films
Tirage optique, banc-titre, travaux de laboratoire Noah Teichner / Directeur de la photographie (Finlande et Russie) Ville Piippo / Impression typographique Éric Nunes (Ampersand Press Lab) / Montage Emmanuel Falguières, Noah Teichner / Étalonnage Catherine Libert / Montage son, mix Mikaël Barre / Réalisé au laboratoire L’Abominable

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3.5

La demi-bonnette, témoin esthétique d’une paranoïa du cinéma américain

Déjà présente dans des films comme Citizen Kane, c’est pourtant plus tardivement, durant le nouvel Hollywood, que la demi-bonnette a trouvé son essor. Un courant très particulier dans l’histoire du cinéma, très influencé par les traumatismes de son pays. Cette paranoïa ambiante du cinéma américain se reflète ainsi parfaitement à travers les possibilités esthétiques d’un outil permettant de multiplier les points de vue.

Précisions techniques

Une demi-bonnette est une forme particulière de bonnette, plus précisément une demi-lentille convergente. Celle-ci se place sur l’objectif photographique, et le couvre ainsi sur une moitié. L’intérêt d’un tel objet est qu’il permet de créer deux profondeurs de champ au sein d’une même image. En temps normal, il est impossible de réaliser un tel effet, l’objectif de la caméra ne pouvant effectuer une mise au point que sur un seul objet. Bien que complexe à mettre en place, cet effet de mise en scène est une alternative efficace de mise en scène d’un dialogue entre deux personnages, et permet d’éviter les traditionnels champs-contrechamps.

Un effet de style inévitablement lié au nouvel Hollywood

On associe souvent l’utilisation de la demi-bonnette avec le grand Vilmos Zsigmond, directeur de la photographie. Il a en effet photographié plusieurs films du nouvel Hollywood, comme Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino. La technique est devenue récurrente pendant cette période particulière de l’histoire du cinéma Américain. Ce mouvement, qui s’étale de la fin des années 60 jusqu’aux années 80, permet à une nouvelle génération de cinéastes d’aborder de manières plus radicales divers sujets de société bouleversant le pays. Il permet également à ces mêmes cinéastes d’expérimenter, aussi bien d’un point narratif qu’esthétique, comme avec la demi-bonnette.

De nos jours, l’effet n’est que très rarement utilisé, et paraît presque être le témoin d’une époque révolue. Souvent, les longs-métrages modernes en font l’usage avec pour volonté de rendre hommage, ou de donner un aspect « old school » à leur film. C’est le cas dans plusieurs films de Quentin Tarantino, dont l’œuvre ne cesse de rendre hommage aux films qui l’ont bercé.

L’esthétique au service des maux d’un pays

Lorsque l’on analyse de plus près les longs métrages faisant usage de la technique, les récurrences de genres et thématiques sont évidentes. Ce sont très souvent des films pessimistes, allant du thriller à l’horreur. Deux genres prépondérants durant cette période. Tout sauf un hasard, tant les États-Unis était dans une période sombre. Le pays était tourmenté, entre autres, par la guerre au Vietnam et divers combats sociaux. Ainsi, parmi les films faisant usage du procédé, on trouve Les Hommes du Président d’Alan J. Pakula, relatant le scandale du Watergate. Mais également Outrages ou Né un 4 Juillet, qui abordent le Vietnam, mais encore Robocop de Paul Verhoeven, satire de l’autoritarisme américain.

Mais le point de bascule de cette montée paranoïaque intervient peut-être auparavant, le 22 Novembre 1963. L’assassinat de John Fitzgerald Kennedy a traumatisé toute une génération de citoyens Américains. Parmi eux figurent évidemment des jeunes cinéastes en devenir comme Francis Ford Coppola, Steven Spielberg ou Brian de Palma. C’est peut-être ce traumatisme qui a permis à ces légendes d’aborder de tels thèmes. Et c’est probablement grâce à la demi-bonnette, notamment, qu’ils ont réussi à retranscrire l’atmosphère de leur pays.

D’un point de vue purement esthétique, la demi-bonnette est l’outil parfait pour retranscrire toutes formes de paranoïa. L’œil du spectateur n’est pas habitué à voir une image avec deux zones de netteté. Une sensation d’étrangeté se dégage alors automatiquement de l’image. Les cinéastes l’utilisent alors pour illustrer cette étrangeté, ou même la créer lorsque le récit ne la fait pas apparaître. Deux profondeurs de champ impliquent deux points de vue. L’image paraît alors envahie par un corps étranger, qui vient s’immiscer dans la matière filmique pour nous donner à voir quelque chose de normalement impossible à voir. Quoi de plus terrifiant, à une époque ou un pays est toujours convalescent du meurtre d’un président, dont l’assassin est aujourd’hui encore, inconnu.

Prenons comme exemple cette scène extraite de Les Hommes du Président d’Alan J. Pakula. Le personnage de Robert Redford est au premier plan, positionné sur la droite du cadre. Il passe un appel téléphonique pour obtenir des renseignements afin de dévoiler au grand jour le scandale du Watergate. La demi-bonnette est ici cachée dans l’image par la colonne et les lumières au centre du cadre. Alors, l’arrière-plan est net, et nous donne à voir tous les journalistes du Washington Post se regroupant devant la télévision. Dans le même temps que le personnage de Redford enquête, un politicien fait une intervention officielle pour masquer le scandale.

En convoquant deux points de vue grâce au procédé, Alan J. Pakula décuple la tension de son film. Le long-métrage est une grande enquête journalistique, dans laquelle sont plongés deux journalistes obsédés par l’histoire. Montrer aux spectateurs deux zones de netteté renforce la dimension paranoïaque du récit. Au premier plan, le personnage de Redford tentant de dévoiler un scandale. Mais derrière lui, on voit la tentative de masquer cette enquête. Le protagoniste ne le sait pas, mais le spectateur le voit grâce à la demi-bonnette. Comme si celle-ci étouffait Robert Redford, coincé au premier plan.

Brian De Palma, cinéaste de la paranoïa

Sur le tournage d’Obsession, Brian de Palma découvre la demi-bonnette grâce à Vilmos Zsigmond. Dès lors, il utilisera la technique en permanence dans sa filmographie. Tout sauf une anomalie, tant son œuvre est infusée de sa virtuosité technique. De Palma est un grand admirateur d’Alfred Hitchcock. Une grande partie de sa filmographie est composée de thriller pouvant être vus comme des hommages à son maître. Ainsi, ses films ont très souvent cet aspect paranoïaque, ou l’étrangeté du récit est décuplée par les divers effets de mise en scène qu’il déploie.

Avec la demi-bonnette, il convoque plusieurs sentiments. Dans Carrie, elle renforce l’étrangeté et la folie qui entourent le personnage éponyme. Et dans Mission Impossible, elle permet de décupler la tension de certaines scènes, comme la fameuse scène d’infiltration ou Ethan Hunt est suspendu à un fil. Mais c’est avec Blow Out qu’il utilise l’outil de la meilleure manière. L’assassinat de JFK a grandement marqué De Palma. Avec ce film, ou un homme tente de résoudre le meurtre d’un politicien, il essaie de retranscrire la volonté d’obtenir une réponse du pays suite à la mort du président.

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Le film contient de nombreux plans en demi-bonnette, 15 pour être précis. Chacun d’eux, au-delà de témoigner de la virtuosité du film, sert l’histoire. Dans ce plan, le personnage de John Travolta est au premier plan, en train d’écouter des enregistrements sonores. Brian de Palma va alors utiliser la demi-bonnette pour associer à l’écran le protagoniste, et l’image de ce qu’il écoute en arrière-plan. Ici, l’outil donne une dimension presque surréaliste au plan, puisque ici, la voiture est une mise en image d’une projection mentale du protagoniste. Bien que présent lors de l’accident, il n’aurait pu le voir avec une telle précision. Ce plan en demi-bonnette ne devient alors que la mise en image de la paranoïa d’un homme, et au vu du sous-texte du film, de tout un pays.

Une obsolescence post-nouvel Hollywood

Comme dit auparavant, la demi-bonnette est devenue rare après les années 80. Le règne des auteurs est alors terminé, et les questionnements du nouvel Hollywood sont progressivement mis de côté. Ce qui était une des figures de style majeures à cette époque a rapidement semblé être tombée en désuétude. Malgré tout, Brian De Palma a fait perdurer son utilisation, et la vague des thrillers politiques des années 90 a notamment permis à Wolfgang Petersen d’en faire usage avec Dans la Ligne de Mire. Les autres films américains ayant eu recours à la technique semblent n’avoir capté que sa dimension esthétique, alors que la demi-bonnette à permis à des cinéastes de transcender les enjeux et le propos de leurs récits.

Aujourd’hui, on pourrait se poser la question d’une résurgence de la demi-bonnette aux États-Unis. Le pays est bouleversé par le racisme, la remise en cause des droits des femmes, et encore traumatisé par le mandat de Donald Trump. Certains cinéastes pourraient réinventer cette figure de style, et remettre au goût du jour sa capacité de témoin esthétique de la paranoïa de leur pays.

The Flash, un film à deux vitesses

Annoncé en 2014, outragé, martyrisé, presque annulé, The Flash arrive enfin sur nos écrans, près de 10 ans après son annonce. Le super héros le plus rapide de l’univers DC aura pris du temps, trop pour que ce soit bon signe. Entre temps, le DCCU en a fait du chemin, ou plutôt, il a trébuché et roulé sur une longue pente glissante, pour atterrir le plus souvent dans les abysses de la médiocrité. Alors, après moult échecs, Warner a décidé d’arrêter le massacre. C’est donc vers un reboot complet que nous nous dirigeons, scénarisé et chapeauté par James Gunn, afin d’apporter de l’ordre et de la cohérence à tout ceci. The Flash, avant dernier film du Snyder Verse se doit donc de convaincre en solo, le destin de l’univers étant scellé. Réussi ?

Premièrement, le contexte de diffusion pour le film d’Andrés Muschietti est sans précédent dans l’Histoire du cinéma. En effet, il n’est pas la suite de Justice League, mais bel et bien de Zack Snyder’s : Justice League. Explications : Zack Snyder (le créateur du DCCU) a pu remonter sa version initiale du film, massacré par le public et la critique à la suite du sabotage opéré par Warner. La véritable version, celle qui aurait dû voir le jour, a été acclamée à l’unanimité lors de sa diffusion. The Flash, tout comme Aquaman et sa suite à venir, se déroulent dans cet univers et non dans celui du film que le public a découvert en salles. Si vous trouvez ça compliqué, dites vous que ce n’est que la partie émergée de cet iceberg de n’importe quoi, qui entoure cet univers cinématographique.

Retour vers le futur du passé

Nous retrouvons Barry, quelques mois après l’affrontement contre Steppenwolf. Homme à tout faire de la League de justice, le jeune criminologue peine à réellement trouver sa place en tant que super héros. Pour couronner le tout, il ne parvient pas à surmonter la mort de sa mère et cherche par tous les moyens à réhabiliter son père, incarcéré depuis des années pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Le coup classique. Passée une introduction aussi étrange que visuellement atroce, Barry va réaliser que sa capacité à remonter le temps (introduite dans la version Snyder de Justice League, mais pas dans la version cinéma, vous comprenez maintenant le délire) va bien au-delà de quelques secondes… et pourquoi pas même jusqu’à la mort de sa mère. Bruce Wayne l’avertit : Le voyage dans le temps peut toujours avoir de graves conséquences.

Tel est le point de départ de The Flash, une aventure à travers le temps et les univers ou notre flèche va rencontrer différentes versions de lui-même ou de ses alliés. Inutile de faire durer le suspense, tout le monde le sait : Oui, Michael Keaton rempile en tant que Batman, 31 ans après Batman Returns, la chauve-souris créée par Tim Burton assure toujours autant. On apprécie grandement sa présence, d’autant que le gardien de Gotham ne se contente pas d’un long caméo ou d’une présence fan service inutile (comme un certain Spider-Man : No Way Home). Non, Bruce sert réellement à l’intrigue. Ce n’est malheureusement pas le cas de Supergirl, cousine de Kal-El dans cet univers où lui ne serait jamais arrivé sur Terre et réduite au rang de machine à punch sans aucune personnalité.

Je m’appelle Barry Allen 

L’histoire se suit sans déplaisir, mais n’apporte jamais au film une once d’originalité, malgré un passage chargé en émotion. Pire encore, la fin inévitable de cet univers condamne le film à une impasse narrative. Devant le générique de fin, le spectateur a la désagréable impression que les 2h30 vécues n’ont servi absolument à rien. Ne parlons même pas de Zod, dont l’importance se réduit à tout détruire, Michael Shannon se contentant de murmurer quelques dialogues. On est loin, très loin de l’écriture intelligente du personnage dans Man of Steel. Enfin, Barry convainc partiellement, peu aidé par les incohérences de l’œuvre et la présence de son binôme, réellement agaçant au début, avant d’évoluer plus positivement. Malgré tout, Ezra Miller offre une belle performance.

Bien sûr, comme le veut la coutume actuelle, The Flash carbure sous les effets spéciaux. Et quelle horreur. La plupart des FX sont hideux, malgré une ou deux belles trouvailles. La palme revient au long, bien trop long climax, immonde, plat et aux décors d’un vide abyssal qui frôle l’insulte créative. On ne demandait pas un combat qui détruit une ville entière, comme l’affrontement entre Zod et Superman de Man of Steel, mais on espérait mieux qu’un affrontement de 40 minutes d’une paresse artistique et visuelle phénoménale. Quelques éléments sauvent un peu les meubles. On citera en exemple les chorégraphies d’action de Batman, qui tentent de recréer la brutalité du combat culte de Batman V Superman pour un résultat assez réussi. Pour le reste et malgré quelques détails et trouvailles sympathiques, The Flash est un produit souffrant de tous les défauts des blockbusters actuels. Le résultat n’est pas abominable, mais complètement oubliable.

Bande-annonce : The Flash

Synopsis du film : Les réalités s’affrontent dans THE FLASH lorsque Barry se sert de ses super-pouvoirs pour remonter le temps et modifier son passé. Mais ses efforts pour sauver sa famille ne sont pas sans conséquences sur l’avenir, et Barry se retrouve pris au piège d’une réalité où le général Zod est de retour, menaçant d’anéantir la planète, et où les super-héros ont disparu. À moins que Barry ne réussisse à tirer de sa retraite un Batman bien changé et à venir en aide à un Kryptonien incarcéré, qui n’est pas forcément celui qu’il recherche. Barry s’engage alors dans une terrible course contre la montre pour protéger le monde dans lequel il est et retrouver le futur qu’il connaît. Mais son sacrifice ultime suffira-t-il à sauver l’univers ?

Fiche Technique : The Flash

Réalisation : Andrés Muschietti
Scénario : Christina Hodson
Casting : Ezra Miller / Michael Keaton / Sasha Calle / Michael Shannon / Maribel Verdu / Ben Affleck  / Jeremy Irons
Durée : 144 minutes
Production : DC FIlms
Distribution : Warner Bros
Musique : Benjamin Wallfish

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2

Détective Conan : Le Sous-marin noir, Volte-face

26e épisode d’une série de films qui, malgré de nombreux apartés, se rapproche d’une confrontation finale que les fans du shōnen sur fond de polar apprécieront particulièrement. Détective Conan : Le Sous-marin noir est une belle expérience qui laisse autant de place à l’action qu’aux éléments dramatiques que l’on émiette soigneusement. Cette nouvelle affaire promet ainsi d’être une aventure titanesque, chargée en émotions et en déductions.

Synopsis : Sur l’île de Hachijojima, Tokyo, une équipe internationale d’ingénieurs est réunie pour une opération à grande échelle au sein de la « bouée du Pacifique », une installation en mer permettant de relier entre elles les caméras de sécurité des polices du monde entier. Pendant ce temps, Conan, qui visite l’île avec les Détectives Juniors, apprend qu’une employée d’Europol a été assassinée en Allemagne par l’Organisation des Hommes en Noir.

Le petit Conan Edogawa a maintenant 29 ans d’existence sous la plume et le pinceau de Gōshō Aoyama. Il revient aux côtés du réalisateur Yuzuru Tachikawa, à l’origine de Death Parade pour Madhouse. Après The Scarlet Bullet et La Fiancée de Shibuya, nombreux furent impatients d’en découdre avec les antagonistes principaux de l’histoire, à savoir l’Organisation des Hommes en Noir. Si l’on porte un tant soit peu d’attention à ce voyage de longue date, il serait regrettable de passer outre cette excursion sans prétention. Tandis que les festivaliers d’Annecy frémissent en se ruant vers la compétition ou son contrechamp, d’autres se réservent cette petite gourmandise sucrée et pour le moins rafraîchissante.

Opération Tonnerre

Comme pour les différents Spider-héros animés de chez Sony, on va la refaire courte dernière fois. Il s’appelle Shinichi Kudo, un lycéen et détective privé qui a rétréci jusqu’à son corps d’écolier de sept ans, mais son l’esprit de déduction reste élémentaire à toute épreuve. Le générique détaillé et commenté d’introduction, à la manière d’un Mission Impossible, prend le temps d’exposer les origines de son avatar, Conan Edogawa, un délicieux amalgame de plusieurs détectives de la littérature, de Sherlock Holmes à Hercule Poirot. Ce dernier est accompagné d’une ribambelle d’amis pour le soutenir dans sa traque de l’organisation responsable de sa nouvelle vie, qu’il mène secrètement auprès de sa bien-aimée Ran et de son père, également détective. Et dans ce monde, les enfants ont souvent un temps d’avance sur leurs aînés, à l’image des jeunes héros spielbergiens.

À partir de là, on fonce droit dans une problématique qui se referme forcément en fin de séance, bien que l’on puisse réinterpréter quelques séquences canons du manga ou de l’anime d’origine. Cette fois-ci, on prend le large et nos héros infiltrent une base maritime japonaise, sorte de hub géant où on développe la technologie de reconnaissance faciale. Le hic, c’est que l’outil est convoité par les malveillants Hommes en Noir, dont Rhum, Gin, Vodka, Vermouth, Kir, Bourbon, Chianti, Korn et le nouveau venu Pinga. Leur proximité les fera forcément entrer en collision et pour le bonheur de nos pupilles, qui n’en reviennent toujours pas d’une telle efficacité dans des scènes d’action clés. On pense notamment à un kidnapping en pleine nuit, où les balles sifflent et les coups de pied laissent des marques, autant sur les personnages ciblés que nous autres spectateurs, le dos bien redressé.

Braquage dans le Pacifique

Par ailleurs, les codes du cartoon et des envolées épiques se marient si bien que l’on est prêt à croire ce que l’on voit, que l’on confronte un sous-marin avec des gadgets primaires ou que l’on dévale une falaise à bord d’un skate. Plus rien ne surprend, si ce n’est cet engouement autour duquel le film parvient à nous rassembler. Par la mise en scène et un mixage son qui appelle un refrain bien connu, on se prend rapidement au jeu et aux enjeux. C’est alors que l’on vient questionner la confidentialité des citoyens du monde, tandis que Conan et Haibara jonglent constamment dans un double jeu dangereux avec leur apparence juvénile. L’intelligence artificielle est également un paramètre taclé par ses dérives et ses limites. On vient justement contrebalancer toute cette folie scientifique avec une dose d’humanité qui offre des moments poignants, dans la mesure où l’on parvient à accepter tout ce qu’on a pu citer plus haut.

Il ne reste que ce trop-plein de personnages secondaires, qui ne servent pas ou peu le récit, mais que l’on convoque simplement par habitude. Cela peut effectivement amoindrir l’impact de certaines transitions, mais tout cela est rapidement éclipsé par un climax explosif. Cela offre de somptueuses séquences sous-marines, ainsi que de beaux enjeux dramatiques, malgré leur simplicité, où les héros sont véritablement menacés et où tout peut être bouleversé d’un instant à l’autre. La tension est sensiblement la même que celle d’un Hitchcock par moments ou à la croisée d’une aventure passionnante de l’implacable James Bond, à l’âge d’or des gadgets et de l’espionnage à l’ère du numérique.

Ainsi, avant le prochain rendez-vous annuel qui se tiendra sur l’île d’Hokkaidō, où l’auteur va de nouveau réunir son héros, prestidigitateur et voleur, de Magic Kaito et ce jeune détective, nous prenons un malin plaisir à rétrécir à ses côtés. À ne pas confondre avec une régression, car Détective Conan : Le Sous-marin noir est véritablement une œuvre qui croît en la force de l’enfance et en ces petits détails qui affirment que la fatalité n’est qu’une illusion éphémère.

Bande-annonce : Détective Conan : Le Sous-marin noir

Fiche technique : Détective Conan : Le Sous-marin noir

Réalisation : Yuzuru Tachikawa
Scénario : Takeharu Sakurai
Musique : Yuugo Kanno
Production : TMS Entertainment
Pays de production : Japon
Distribution France : Eurozoom
Durée : 1h50
Genre : Animation, Policier
Date de sortie : 2 août 2023

Détective Conan : Le Sous-marin noir, Volte-face
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3.5

Carmen : corps à corps entre sublime et tragique

Certaines œuvres font totalement appel à nos sensibilités propres et à nos affects, à ce qu’il y a enfoui au fond de nous. Carmen est clairement de celles-là et il est fort probable que le premier long-métrage du chorégraphe français Benjamin Millepied fascinera et envoûtera des spectateurs, comme il est également possible qu’il en laisse certains sur le carreau voire  qu’il en indiffère ou agace d’autres.

En revanche, pour ceux qui se laisseront aller à goûter et apprécier ce pas de deux baigné dans la lumière du désert californien et des néons interlopes de Los Angeles, ce sera à coup sûr hypnotique. Et le voyage sensoriel qui nous est offert restera longtemps gravé dans nos mémoires. C’est le genre d’œuvre particulière qui aimante la rétine dès lors que la pellicule déroule ses premières images et qui confronte ainsi notre perception de l’esthétisme. L’Ouest américain et le folklore hispanique, enveloppés ici dans une tragédie aux résonances antiques, font de Carmen une sorte de voyage désespéré où la fatalité et le destin sont rois. Et où chaque image est d’un raffinement formel indéniable.

Le long-métrage est l’adaptation de l’illustre Carmen de Bizet, l’opéra le plus joué au monde. Mais en transposant l’action de nos jours à la frontière américano-mexicaine, avec une jeune hispanique et un soldat américain devenu garde-frontière, le scénario de Carmen en film s’avère plutôt éloigné de l’œuvre originale. Au final, c’est une vague et très lointaine adaptation. Millepied s’en inspire seulement, en se servant des prémisses et de quelques passages obligés qu’il actualise. Il n’utilise donc le matériau de base que presque  comme un prétexte. Et ce n’est pas grave, tant l’histoire singulière à laquelle il nous convie, aussi bien sur la forme que sur le fond, nous happe.

Forcément, Carmen est un film baigné dans la danse même si elle ne phagocyte pas tout le film. On aurait peut-être même cru (et voulu) en voir plus. On est loin, très loin, des Sexy Dance et consorts. Ici, à l’instar d’une comédie musicale où les passages chantés permettent d’exprimer les émotions et les ressentis des personnages, c’est par l’expression des corps, grâce à des ballets et des mouvements que ceux-ci dévoilent leurs sentiments. Et ce, dès lors que les deux amoureux se retrouvent en fuite, le premier acte étant bien plus avare en séquences dansées. Mais celles que nous donne à voir Carmen sont sublimes et fusionnent impeccablement avec l’histoire. Tout en laissant au spectateur le soin de les décrypter…

Plusieurs des scènes dansées sont donc mémorables. On pense à l’impressionnante scène de prologue où une matriarche mexicaine effectue un solo de flamenco pour accueillir ses assassins. Un moment semblable à un duel, d’une puissance rare, entre le western et le fantastique. Mais aussi à celle, empreinte de magie et proche du rêve, devant une foire aux manèges éclairée par des lasers nocturnes. Il y aussi celle du combat final dans le parking souterrain, où le hip-hop fait corps avec une danse belliqueuse et presque satanique, où l’étrange et les ténèbres ne sont pas loin.

Au-delà du côté dansé, tout le long-métrage est parcouru de chants monacaux qui appuient admirablement le drame qui se joue devant nos yeux. Et l’accompagnement sonore fait d’orgues puissants ajoute à cet aspect éminemment tragique. Millepied se sert des éclairages de toutes sortes pour créer une atmosphère unique et singulière proche de l’irréel. Paul Mescal, nouvelle star en devenir depuis sa découverte dans la sublime série Normal People, et Melissa Barrera, échappée de la saga Scream, forment un beau duo. Ils sont convaincants même s’il faut avouer que l’alchimie entre les deux personnages ne nous saute pas autant aux yeux qu’on l’aurait espéré.

Il n’empêche, le film nous cueille et nous absorbe durant près de deux heures. On assiste à un spectacle qui marie la danse et le cinéma de la plus belle des façons. Millepied filme le désert californien de manière presque mystique, se jouant des clichés et de l’imaginaire que l’on s’en fait. Les images sont raffinées au point qu’on se rapproche parfois de l’art photographique et certains plans sont proprement magnifiques, la caméra du néo-cinéaste sublimant les lieux de tournage. Quant à toute la symbolique accompagnant la course folle des deux amants, entre mystères et évidences, elle est en totale adéquation avec l’atmosphère et le propos de Carmen.

On se remémore tous ces morceaux, dansés ou pas, qui égrainent un long-métrage proche du songe et nous laissent des étoiles plein les yeux. Cette balade nocturne est composée de beaucoup de moments inoubliables et singuliers. Et si quelques longueurs se profilent, Carmen demeure un film rare, unique et fascinant. C’est donc un galop d’essai exécuté de manière magistrale pour Benjamin Millepied. Un premier essai finalement aussi surprenant que fidèle à ce que l’on pouvait attendre du chorégraphe en chef de l’Opéra de Paris.

Bande-annonce : Carmen

Synopsis du film : Carmen, une jeune mexicaine qui tente de traverser la frontière, tombe sur une patrouille américaine. Aidan, jeune ex-marine lui sauve la vie en tuant l’un des siens. A jamais liés par cette nuit tragique et désormais poursuivis par les forces de l’ordre, ils font route ensemble vers la Cité des Anges. Ils trouveront refuge au cœur de la Sombra Poderosa, un club tenu par la tante de Carmen qui leur offrira un moment suspendu grâce à la musique et la danse.

Fiche technique : Carmen

Réalisateur : Benjamin Millepied.
Casting : Paul Mescal, Melissa Barerra, Rossy de Palma, …
Scénariste : Benjamin Millepied, d’après l’oeuvre de Georges Bizet.
Production : Rosemary Blight et Dimitri Rassam.
Distribution France : Pathé.
En salle le 14 juin 2023 / 1h 56min / Drame musical.

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4

Été U.S, La guerre est déclarée Partie 1

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, l’été U.S a repris ses droits dans les salles obscures. De mai en août, c’est une véritable orgie de blockbusters qui vont tenter de s’accoupler avec le plus de rétines de spectateurs. Après avoir agi comme si les cinémas n’existaient plus durant la pandémie, les studios font maintenant comme s’il y en avait partout. Terminé le cauchemar de 2020 et les incertitudes qui pesaient sur les deux années qui ont suivis. La fin du grand-écran, le tout-streaming, l’expérience culturelle chacun de son côté, tout ça c’est déjà loin , « ce qui ne sera plus jamais comme avant » est reparti comme en 40, toutes baloches dehors et à brides rabattues. Jusqu’au Krach ?

Apocalypse Soon

Parce que même en poussant les murs, il en faut de la candeur pour penser qu’il y aura assez de place pour tout le monde dans cet été U.S , et surtout suffisamment de spectateurs pour permettre aux blockbusters de rentrer des vacances les bourses pleines. Dans le désordre, et pas sans oublis: Fast X, Spiderman: Across The Spiderverse, La Petite Sirène,  Transformers : Rise of The Beast, The Flash, Indiana Jones 5 : Le cadran de la destinée, Mission Impossible : Dead Reckoning partie 1, Oppenheimer, Barbie, Gran Turismo… Et on passe les inévitables films d’animations de Pixar et Dreamworks qui viendront se rajouter à la mêlée. Bref, ça fait beaucoup, et ça ne laisse pas beaucoup de places aux autres. Car dans ce contexte, on voit mal comment des purs plaisirs de salles aux dimensions bien plus modestes comme Sisu ou Farang pourraient réussir à exister en dehors de quelques séances en soirées arrachées aux multiplexes.

Mais passons. Passons également sur la succession de séquelles, remakes, live-action, multivers, adaptation de licences et autres sémantique du Hollywood tout-franchisé de 2023 qui ressemble quand même vachement à celui de 2019. Passons sur le fait (quoique non, on y reviendra) qu’une bonne moitié joue l’équivalent de la dette extérieure d’un pays en voie de développement à la roulette du grand-écran. Faisons abstraction des détails pour se recentrer sur la face émergée de l’iceberg: il y en a trop. Comme dans les cloisons nasales d’un trader livré en farine à domicile et surspéculant sur des fonds d’investissements à perte. Ça a déjà commencé à poser des soucis d’occupation: voir la fronde entamée par Tom Cruise contre les exploitants de salle Imax, qui ont réservé leurs places à Christophe Nolan et son Oppenheimer au détriment de son Mission Impossible: Dead Reckoning.

Guerre d’écrans

On ne reviendra pas sur l’ironie de voir le sauveur légitime des salles obscures de l’an passé avec Top Gun: Maverick déclassé au rang d’outsider face leur prophète sans prophétie de 2020, qui poussa le grand-public et le bon sens cinématographique à boire des bières en terrasses plutôt que de s’infliger Tenet en salles. Mais force est de constater que l’expérience premium désormais revendiquée par de nombreux blockbusters se heurte tout simplement au nombre de salles premium disponibles pour les accueillir en même temps. Et sur des budgets aussi conséquents, il n’y a pas que l’expérience elle-même qui en prend un coups, le portefeuille tire également la tronche.

Car difficile de nier que les 5 à 10 dollars supplémentaires que représentent une séance Imax pour le spectateur ne constituent pas un enjeu financier pour des blockbusters de cette taille. Si les exploitants Imax ne bougent pas et qu’Oppenheimer fonctionne comme prévu, Tom Cruise et MI ne disposeront que d’une fenêtre d’une semaine pour profiter des recettes supplémentaires de l’Imax. Autant dire que Mission Impossible risque de devenir mission très difficile au box-office pour un film qui a coûté 300 millions de dollars- notamment à cause de son protocole sanitaire (on va y revenir également).

Surpopulation blockbusterale

C’est un exemple parmi tant d’autres de la tension générée par le nombre de films trop gros pour échouer qui vont se tirer la bourre cet été. Mais c’est aussi révélateur dans une certaine mesure d’un marché qui se contracte: il n’y aura pas assez de salles ni de multiplexes (et on ne parle même pas des spectateurs) pour permettre à tout le monde de vivre sa vie sur une autre timeline que l’ultra court-terme. Autrement dit, deux semaines c’est bien le maximum auquel pourra rêver un blockbuster avant de se faire chasser par une actualité plus récente. Sauf bien sur en cas de méga-succès surprise qui remporte les coeurs et les esprits sur le temps long, comme Top: Gun Maverick a pu le faire l’an passé.

Hollywood, qui avait plutôt l’habitude de se partager l’espace, a commencé à se le disputer dans une guerre qui compte déjà quelques victimes. La Mecque du cinéma ressemble désormais à un épisode de Fast and Furious : trop d’anciens personnages, trop de nouveaux, et pas assez de temps pour donner à manger à tout le monde.

Une chose est sure: pour de bonnes ET/OU de mauvaises raisons, cet été 2023 pourrait bien rester dans les annales, voir de marquer un avant et un après. On explore tout ça dans un dossier en trois parties qui s’efforce de faire le tour de la question pas vite répondue.

 

 

 

The After Party : un cluedo complètement délirant

Un meurtre, sept suspects : la série Apple TV The After Party, signée Christopher Miller, a l’air aux premiers abords d’un simple whodunit mais finit par étonner par son parti pris créatif. En s’inspirant de plusieurs univers et références culturelles, The After Party a su créer son propre univers en revisitant avec malice plusieurs genres cinématographiques. Alors, que vaut vraiment cette première saison ?

Synopsis : Après les événements survenus au cours de l’afterparty d’une réunion d’anciens du lycée, la même nuit est racontée du point de vue des différents acteurs présents avec chacun sa façon d’appréhender la vie…

Un format original

Au commencement, l’intrigue est simple : on assiste à la réunion d’une bande d’amis du lycée. D’apparence innocente, la soirée va prendre un tout autre tournant suite au meurtre de Xavier, un ancien élève devenu aujourd’hui superstar. Jalousie ? Accident ? Meurtre prémédité ? Personne ne sait la vérité. Véritable whodunit, la série The After Party n’est pas sans rappeler les films à succès comme À Couteaux Tirés réalisé par Rian Johnson en 2022.

Loin d’être un déjà vu, The After Party divertit et étonne par son format original : la série a lieu juste après le meurtre, pendant l’enquête policière durant laquelle chaque personnage prend la parole et raconte sa propre version des faits la nuit du meurtre de Xavier. Mais plutôt qu’un format classique type documentaire, les réalisateurs ont choisi de mélanger les styles visuellement en choisissant un genre cinématographique différent pour chaque épisode en fonction du personnage qui raconte sa version des faits. Ainsi, le spectateur replonge dans les évènements de la soirée dans les tons d’une comédie romantique, racontée par Aniq, un des suspects numéro un du meurtre de Xavier, ou encore, on assiste à une soirée pleine d’actions, de courses poursuites et d’effets spéciaux à travers les yeux de Brett, autre suspect du meurtre de Xavier. Sans spoiler tous les genres cinématographiques présents dans la série, vous l’aurez compris, c’est cette mécanique de style qui a été choisie par Christopher Miller tout au long des huit épisodes. Cette démarche est intéressante et étonne par son parti pris, ce qui donne du caractère et de la dimension aux personnages ainsi qu’à l’intrigue principale déjà vue. C’est une façon maligne pour s’attacher aux personnages et mieux cerner leur façon de voir le monde.

La bande originale signée Daniel Pemberton (compositeur de Spider-Man: Into the Spider-Verse) contribue à faire grandir le mystère crescendo et à faire vivre avec justesse chaque histoire racontée par les personnages. La composition de la musique a d’ailleurs été un véritable challenge pour Daniel Pemberton pour qui cela a été complexe de retranscrire chaque histoire en musique, d’incarner chaque univers en une seule et même série : «  It’s like I’m scoring 10 films, plus a series, plus loads of incidental stuff, plus producing some songs. There was a lot on my shoulders with this project. » (source : Prime Timer)

The After Party : un whodunit revisité

In fine, ce format permet de créer de vrais rebondissements et rend l’intrigue plus intéressante. D’épisode en épisode et jusqu’au bout, le spectateur est pris dans le mystère pour une révélation du meurtrier bien menée et surprenante, jusqu’au dernier épisode. Chaque version paraît crédible et les connexions entre les différentes versions et personnages rendent les personnages attachants et humains.

Avec The After Party, Christopher Miller nous plonge dans une série divertissante, loufoque et surprenante. Ce cluedo/polar revisité aura d’ailleurs droit à une saison 2 sur la plateforme Apple TV.

Bande annonce – The After Party

Fiche technique : The After Party

Réalisation : Christopher Miller, Phil Lord
Casting : Tiffany Haddish, Sam Richardson, Zoe Chao,…
Plateforme : Apple TV
Date de sortie : 2023
Format : série de 18 épisodes
Durée : 8 épisodes, 40 mins par épisode
Genre : comédie, policier

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4.4

Whaou ! de Bruno Podalydès : quand l’effet ne prend pas

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Whaou ! est une comédie sans surprise qui se déroule comme une suite de sketchs plus ou moins réussis. Bruno Podalydès, malgré un superbe casting, nous a habitués à beaucoup mieux, plus mordant ou plus tendre… Ici, l’effet « whaou » attendu par le titre ne prend pas vraiment.

Visite non concluante 

Avec les films Versailles Rive-Gauche (1992), Bancs Publics (2009), Comme un avion (2014) ou le plus récent Les 2 Alfred (2020),Bruno Podalydès nous avait habitués à des comédies un peu décalées, douces et amères à la fois, qui savaient observer la société. Or, avec Whaou !, le réalisateur offre presque une caricature de cinéma français dont le casting compte plus que l’intérêt du scénario. Ici, rien ne fonctionne (ou presque) : les scènes écrites comme des sketchs s’enchaînent avec un fil rouge finalement assez peu traité tant les situations sont parfois grotesques, souvent dénuées d’intérêt. La galerie de personnages autrefois bien amenés par le scénariste et réalisateur paraît ici bien artificielle. Il n’y a guère que le personnage de conseillère immobilière endeuillée et incarné par Karin Viard qui parvient à susciter de l’intérêt. Son rôle offre une véritable évolution, pour le reste c’est très lisse, daté et surfait.

Pourtant, l’idée de départ : deux maisons (un appartement et une demeure de charme) sont visitées par plusieurs acheteurs, tous un peu farfelus, était plutôt bonne. Or, même un épisode des émissions immobilières de la télé nous maintient un peu plus en haleine (achètera, achètera pas ?). Là, à part un intérêt certain pour le lieu, sa vie passée et son futur à venir, les plans s’enchaînent sans véritable idée de cinéma ou d’écriture. On devine très vite ce que les situations vont créer et cela n’a donc que très peu d’intérêt. D’autant que le métier même d’agent immobilier n’est que survolé et quand on assiste à l’une des scènes finales où les deux agents échangent sur leur vision du métier « finalement agent ce n’est pas faire de la thune, mais changer la vie des gens en leur faisait visiter leur future maison », on pense exactement la même chose que Madame Bourbialle : « tu n’y avais pas pensé avant? ». Le « tout ça pour ça » pointe le bout de son nez et ça n’est en général pas bon signe.

Promesse de vente ?

On peine ici à voir la promesse du film tenue, celle d’entrer dans l’intimité de gens comme des agents immobiliers. La faute à une écriture sautillante qui papillonne et ne parvient pas à se poser les bonnes questions, à rendre ses personnages attachants (exception faite de Karin Viard). On a souvent l’impression d’être face à un match d’impro en manque d’imagination ou carrément en roue libre. Les situations sont donc souvent très lourdes et répétitives. De l’aveu même du réalisateur, Whaou! a été écrit en un mois, dans l’urgence entre deux projets en quelque sorte. Malheureusement ça se sent et là où Bruno Podalydès voit de la légèreté, le spectateur voit du vide, des scènes qui semblent ne jamais finir, s’étirer sans fin. Un seul conseil, attendre le véritable projet de Bruno Podalydès, celui qui a dû être reporté : « j’étais dans l’urgence, je me suis autorisé la légèreté, une sorte de gratuité, sans chercher du sens ou de la morale. J’ai écrit dans l’ordre du film. J’entrais dans les scènes sans savoir comment je les finirai ; les personnages s’invitaient dans mon histoire, je n’avais pas de programme. C’est une expérience que j’aimerais reproduire. » (voir le dossier de presse du film) et passer son chemin. On dira « whaou » la prochaine fois.

Whaou ! Bande annonce

Whaou ! Fiche technique

Synopsis : Catherine et Oracio sont conseillers immobiliers et enchaînent les visites de deux biens : une grande maison bourgeoise « piscinable, vue RER », et un petit appartement moderne situé en plein triangle d’or de Bougival. Malgré des visites agitées, ils ne perdent pas de vue leur objectif : provoquer le coup de cœur chez les potentiels acheteurs, le vrai, l’unique qui leur fera oublier tous les défauts. Celui qui leur fera dire « Wahou ! ».

Réalisation : Bruno Podalydès
Scénario : Bruno Podalydès
Interprètes : Karin Viard, Bruno Podalydès, Sabine Azéma, Agnès Jaoui …
Photographie : Patrick Blossier
Montage : Christel Dewynter
Durée : 1h30
Genre : Comédie
Date de sortie : 7 juin 2023
Distributeur : UGC Distribution
Production : Why Not Productions

Les plus grosses suites qui pourraient bientôt arriver sur nos écrans

Depuis quelques années, les grands films Hollywoodiens sont tous entrés dans une logique de franchise et tous les plus grands studios tentent d’imiter les formules qui marchent, que ce soit le succès du MCU chez Disney ou bien les films de Tom Cruise. Toutefois, cela s’avère rarement payant et cela relève du coup de poker pour la plupart des projets, bien loin d’un site de paris sportif au Québec.

Néanmoins, cela n’arrête pas les projets, parfois loufoques, parfois vraiment intéressants. Aujourd’hui, nous vous proposons donc une sélection des projets les plus intrigants qui pourraient bientôt remplir le box-office.

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Quatre projets de suites à surveiller

  • Cliffhanger 2

Sylvester Stallone opère un retour en force depuis le succès de la série de films Creed, spin-off de Rocky. Fort des chiffres réalisés par ces films et la série Tulsa King (malgré sa qualité), Sly compte bien raviver un de ses films qui avait marqué un comeback à l’époque : Cliffhanger. Pour cette suite, 30 ans plus tard, Stallone va reprendre son rôle et sûrement introduire la relève, puisque la star compte s’inspirer de Top Gun Maverick, mais le film n’a pas encore de date de sortie.

Cette fois-ci, la star de Rambo travaillera avec Ric Roman Waugh, un réalisateur connu pour son travail sur des films tels que La chute du Président avec Gérard Butler et plus récemment Kandahar. Le réalisateur a confirmé que Gabe Walker, héros du premier film, aura une fille et un successeur. Ils travaillent tous dans une entreprise d’alpinisme situé dans les Alpes italiennes. Évidemment, des méchants vont pointer le bout de leur nez pour des scènes d’action vertigineuses.

  • Avatar 3

Si l’écart entre le premier Avatar et le second a pu faire penser que la franchise ne verrait jamais le jour, le succès du second film garantit la sortie rapide du troisième volet. Cameron a confirmé qu’Avatar 3 avait été tourné en même temps qu’Avatar 2 et il est actuellement en post-production.

Ainsi, si vous avez apprécié les effets spéciaux et le monde de Pandora, il ne faudra pas patienter longtemps avant de revoir les Na’Vi sur grand écran avec on l’espère des visuels encore plus impressionnants.

  • Beetlejuice 2

Michael Keaton est un acteur qui a eu une carrière intéressante, car suite au succès du Batman de Tim Burton, il a enchaîné les rôles avant de disparaître. Or, depuis Birdman et Spider-Man : Homecoming, l’acteur a connu une renaissance et il sera à l’affiche du film Flash de DC qui sort en Juin. Cela couplé au succès de la série Wednesday sur Netflix qui a remis Tim Burton à la mode, il n’en fallait pas plus pour que le réalisateur repasse derrière la caméra pour une suite de Beetlejuice.

Le casting est déjà fourni avec donc Michael Keaton, Jenna Ortega, Willem Dafoe, Winona Ryder, Catherine O’Hara et Monica Bellucci avec une bande-son composée par Danny Elfman. Le film sort en Septembre 2024 et sera une suite plusieurs années plus tard.

  • Sherlock Holmes 3

Les films Sherlock Holmes réalisés par Guy RItchie et avec Robert Downey Jr, dans le rôle du plus grand détective du monde, avaient rencontré un fort succès lors de leurs sorties. Auréolé du succès du premier Iron Man, accompagné par Jude Law et magnifié par la réalisation virtuose du réalisateur de Snatch, Sherlock Holmes avait captivé les foules.

Néanmoins, ce troisième film aura beau compter les mêmes acteurs, le film ne sera cependant pas réalisé par Guy Ritchie et c’est Dexter Fletcher qui lui succède. Celui-ci a réalisé Rocketman, le biopic sur Elton John.

La nostalgie est vendeuse !

Nous n’avons pas cité tous les projets, mais vous l’aurez compris, le concept de suite est une mine d’or pour les producteurs. Le public connaît déjà l’univers et les personnages et souhaite suivre la suite des aventures.

Nous n’avons pas tout cité, mais Indiana Jones 5 ou bien Qui veut la peau de Roger Rabbit 2 sont clairement pensés pour jouer sur notre nostalgie et vendre des tickets de cinéma. Dans le tas, il y a évidemment des projets excitants comme Beetlejuice 2 et d’autres qui font clairement craindre le pire. Toutefois, nous ne le saurons que lors de leurs sorties en salles.

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Big George Foreman : Comment ne pas faire un biopic

Faire un biopic n’est pas chose facile. Si beaucoup ont essayé, résumer la vie d’une personne souvent hors-normes est quasiment impossible. Si des films comme Ray ou plus récemment Green Book sont parvenus à raconter une histoire touchante et ont été récompensés, il faut se rappeler qu’il s’agit d’exception, puisque même Ali avec Will Smith avait raté le coche.

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 Big Georges Foreman nous propose de suivre la carrière et la vie de George Foreman, l’un des plus grands boxeurs de son temps, éclipsé par le charisme de Muhammad Ali et surtout par sa défaite contre le « Louisville Lip ». Alors si vous êtes fan de sport, voici notre avis sur ce biopic et si vous aimez la boxe, vous pouvez également parier et vous amuser sur le meilleur site de paris sportif suisse.

Pourquoi la vie de George Foreman est parfaite pour un biopic

George Foreman est une personne qui a eu une vie déjà digne d’un film et l’adapter sur le grand écran semblait donc être l’idée du siècle. En effet, malgré son parcours, le boxeur qui s’était hissé au sommet a connu une chute éclair suite à son combat face au grand Muhammad Ali et sa vie personnelle a en conséquence pris un tournant inattendu quand Foreman s’est tourné vers la religion.

Ainsi, il incarne à lui seul tout ce que l’on peut attendre d’un drame. Un homme qui s’est fait à la force des poings pour retomber au plus bas avant de connaître une renaissance spirituelle et de connaître à nouveau le succès dans un domaine inattendu en lançant sa propre marque de grills. Cependant, le film se rate à tous les niveaux, la faute notamment à un budget ridicule pour un projet de ce calibre (seulement 32 millions de dollars contre 107 pour Ali).

Privilégiez des biopics mieux faits !

Big George Foreman est un film qui vous fera mal si vous êtes fan de l’homme et qui vous ennuiera si vous aimez les biopics. La cinématographie étant digne d’un film Netflix, n’espérez pas non plus vous raccrocher à la réalisation, d’une platitude sans nom.

Si vous désirez découvrir des biopics de qualité, nous vous conseillons de vous pencher sur d’autres films. Par exemple, Ray avec Jamie Foxx qui parvient à montrer la vie de l’artiste sans tomber dans le tire-larmes facile.

Dans un autre style, Ford V Ferrari avec Christian Bale et Matt Damon, capture le côté palpitant des sports mécaniques avec brio. Enfin, si vous aimez les histoires plus tragiques, Le dernier roi d’Ecosse, l’un des meilleurs rôles de Forest Whitaker, plonge dans la folie du dictateur Amin Dada et explore des thèmes politiques forts comme l’ingérence américaine.

En bref, Big George Foreman ne vous apportera pas le plaisir que l’on tire de ce genre de films et son écriture grossière ne fait pas honneur à la légende injustement méconnue d’un des meilleurs boxeurs de tous les temps.

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Le second tome d’« Aurora » paraît aux éditions Soleil

Christophe Bec et Stefano Raffaele s’associent à nouveau pour le second tome d’Aurora. Choral et haletant, le récit fait germer le soulèvement des enfants de l’Aurore, dans une sidération quasi générale.

Sous la plume et les coups de crayon avisés de Christophe Bec et Stefano Raffaele se dresse l’univers inquiétant de la série Aurora. Le premier tome, judicieusement baptisé « Phénomènes », nous plongeait dans une énigme à travers laquelle 222 000 enfants, nés sous le signe d’une aurore boréale rouge, grandissaient en arborant des comportements à tout le moins singuliers. On pouvait percevoir en filigrane l’influence du cinéaste John Carpenter, et notamment du Village des damnés. Ces enfants se drapaient en effet d’une aura d’étrangeté, exhibant une intelligence hors norme, une asocialité préoccupante et une froideur paraissant déplacer les frontières de l’humain.

L’univers esquissé dans « Phénomènes » s’apparentait à une toile peinte de nuances sombres, au sein de laquelle se déployaient des scènes sanglantes et des événements troublants éclatant aux quatre coins du monde. Dans leur entreprise, Bec et Raffaele jouent habilement sur les textures narratives, révélant le passé de ces enfants extraordinaires à travers des flashbacks qui exposent leurs naissances. Le premier tome d’Aurora tenait ainsi de la fresque crépusculaire, caractérisées par de puissantes images et les actions de ces enfants de l’Aurore, dont la brutalité semble à la fois calculée et impitoyable.

Le lecteur était cependant laissé sur un palier d’anticipation, à l’orée d’un univers où les contours s’estompaient pour laisser place à l’inconnu. L’attente était de mise : celle d’un éclaircissement, d’une plongée plus profonde dans le monde esquissé qui, avec ses enjeux et personnages, semblait prêt à exploser. Le second tome, intitulé « Signal », se présente comme une mosaïque polyphonique de mystère et d’angoisse. La narration se fragmente et se reconstitue au gré de sauts temporels, alternant les perspectives, dans un ballet rythmique qui ajoute à la complexité de l’intrigue. L’ombre du film American Nightmare plane discrètement, suggérant l’ébauche d’une purge d’ampleur, orchestrée par ces enfants d’apparence glaciale mais dotés de talents insoupçonnés.

Bec et Raffaele déploient une riche palette de thèmes secondaires dans ce second tome, abordant des questions aussi diverses que la violence domestique, les pandémies ou le statut délicat de ces enfants de l’Aurore, victimes d’ostracisme, voire de maltraitance dans certaines régions du monde. Quand ils ne sont pas enfermés dans des centres d’expérimentation. À travers une suite de séquences sanglantes, le rythme du récit s’accélère encore, la tension monte graduellement, tandis que le lecteur est maintenu dans l’attente de révélations importantes. Les fils du récit sont tissés avec une habileté, même s’ils leur manquent, à ce stade, une motivation susceptible de rehausser encore l’intérêt du lecteur.

Aurora : Signal, Christophe Bec et Stefano Raffaele
Soleil, juin 2023, 64 pages

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3.5