Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Grand Tour : au cœur de l’aveuglement

Dans son dernier film, prix de la mise en scène à Cannes, Miguel Gomes nous propose un voyage autour de l'Asie, mais un voyage impossible, car désespérant d'en capter quelque chose de vrai. Mêlant une histoire pétrie d'imaginaire orientaliste, pour ne pas dire coloniale, à des captations du monde asiatique contemporain, Grand Tour nous raconte son échec et, au fond, le nôtre : l'échec d'un Occident qui a cru révéler le globe, mais au prix de la rencontre avec l'Autre.

Conclave : « Non Habemus Papam » certes, mais un très grand film, oui !

"Conclave" est un film captivant et intense qui mêle suspense, réflexion sur la religion et la société, et performances exceptionnelles d'acteurs. Un candidat sérieux pour les Oscars 2025, avec une mise en scène brillante et un contexte rare du conclave papal brillamment exploité.

Vaiana 2 : le bleu lumière ?

"Vaiana 2", suite attendue, propose une aventure captivante mais prévisible, avec des animations époustouflantes et des chansons mémorables. Un film agréable, sans grande originalité.

À propos d’une référence oubliée de The Substance : Seconds de Frankenheimer

Voilà l'idée qui structure "Seconds" : ce qui apparaît dans le cadre, c'est le frisson extatique du consumérisme américain mais sans son enrobage publicitaire, le rêve américain brusquement enfoncé dans une réalité décevante et morne, qui n'est rien d'autre que la sienne. D'où l'impossibilité d'habiter sereinement un espace qui apparaît étouffant dès le premier plan du film : un œil écarquillé qu'on dirait toujours à la limite de la révulsion et qui nous observe fixement et bizarrement.

Nous étions soldats ou le vrai film sur la Guerre du Vietnam

Alors que le sujet est largement passé de mode, sort au cinéma l'une des dernières grosses productions sur la Guerre du Vietnam. En y introduisant un ton apaisé et une description très précise d'un évènement fondateur.

Trois Amies : Emmanuel Mouret signe une radiographie des amours contemporaines

Dans "Trois amies", Emmanuel Mouret nous livre l'un de ces marivaudages dont il a le secret, sur les traces de Woody Allen et Eric Rohmer. Une radiographie délicate et drôle des amours contemporains. Qui finit toutefois par tourner en rond...

Rabia : la rage de vivre

Premier film éprouvant de la réalisatrice allemande Mareike Engelhardt, "Rabia" nous plonge dans l'enfer syrien d'une maison d'épouses destinées aux guerriers djihadistes. Un huis clos poignant, doublé d'un thriller psychologique, qui alerte, grâce à un sujet sensible, sur les sources et les dangers de l'endoctrinement. Comment devient-on alors le bras armé d'un système extrémiste, jusqu'à en perdre lentement toute humanité ? En posant cette question complexe, "Rabia" propose un témoignage glaçant de la lutte de jeunes femmes embrigadées. 

Heretic : Tarte religieuse parfumée à l’épouvante (et souvent barbante)

Un suspense d’épouvante prometteur mais décevant, avec Hugh Grant en méchant psychopathe. Malheureusement, "Heretic" est plombé par des dialogues interminables, un sujet religieux trop survolé et une mise en scène mal exploitée. Entre incohérences et ennui, le film ne parvient pas à tenir ses promesses, laissant le spectateur frustré par un suspense qui manque de tension.

Newsletter

À ne pas manquer

« Les 4 Reliques du rock’n’roll » : les Zumbies remettent le rock sur pied

Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.

« La Désinformation » : comprendre pour mieux combattre

Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet. 

« Mudlarks » : l’enfance de Dickens

En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.

Le rayon invisible, sauf des initiés

« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules. - Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »

S.O.S. Bonheur, intégrale où la C.A.G. intrigue

« Je suis désolé, M. Robin-Dulieu, mais j’ai reçu l’ordre de ne plus vous laisser entrer au ministère. »