Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Dans "Quiet Life", Alexandros Avranas explore le "syndrome de la résignation", une pathologie psychique rare, à travers le récit poignant d'une famille russe réfugiée en Suède. À la croisée de la tragédie sociale et de l'immigration, le film dépeint les luttes internes et les conséquences du rejet d'asile sur une jeunesse traumatisée. Un drame social puissant, métaphorique et visuellement marquant, qui interroge la rigidité des institutions dans un monde souvent déshumanisé.
"I'm an oil man !" s'exclame à plusieurs reprises Daniel Plainview. Seulement, jusqu'où est-il prêt à aller dans sa soif de pétrole ? Où se cachent ses limites, sources d'angoisse pour le spectateur ?
En réalisant "Les Vestiges du jour", James Ivory offrait un rôle remarquable à Anthony Hopkins, où celui-ci excelle dans la pudeur, le désir inassouvi. Casting 4 étoiles pour une œuvre profonde, qui cherche à retranscrire ce qu'un homme peut subir malgré lui, par souci de discipline, et d'un trop grand sens de l'éducation, du raffinement.
"Sonic 3 : le film" est une agréable surprise après un second opus décevant. Plus sombre, émouvant et centré sur Sonic et Shadow, ce troisième film séduit par une réalisation soignée, des scènes d’action captivantes et une interprétation de Jim Carrey mémorable. Une véritable réussite visuelle qui relance la franchise, malgré des thèmes classiques et une intrigue prévisible.
Retour en petite forme pour le réalisateur de "Crazy Rich Asians" et "In the Heights" qui, la faute à une mise en scène à la fois confuse et désincarnée, ne parvient pas à transposer à l’écran l’amplitude de la métaphore sociopolitique de "Wicked", roman préquel du Magicien d’Oz, qui conte l'improbable rencontre d'Elphaba et Glinda, deux apprenties sorcières à l’Université de Shiz, et dévoile les raisons de leur rancune. Principal argument marketing de cette libre adaptation signée Universal, la magie du tandem Erivo-Grande, vocalement irréprochable, n’opère hélas qu’au terme d'un premier acte fastidieux étirant inutilement le livret de Stephen Schwartz, pour ouvrir sur un second volet qu’on imagine plus obscur.
(Re)découvrez « Le Dernier des Mohicans », un chef-d'œuvre de Michael Mann alliant aventure, histoire et réflexion sur l'identité et la liberté. À travers une interprétation magistrale de Daniel Day-Lewis et une bande-son envoûtante, le film explore la tragédie des peuples autochtones et la nature sauvage, tout en offrant une fresque émotive sur la guerre et les relations humaines. Un classique intemporel sur fond de guerre de la Conquête et un portrait saisissant de la transformation tragique du Mohican en pionnier.
"Planète B", le nouveau film de science-fiction d'Aude Léa Rapin, explore un univers carcéral virtuel et un futur dystopique où la résistance est réprimée. Malgré des promesses d'anticipation poignantes et un casting de qualité, le film peine à créer une immersion forte, en raison d'une narration déséquilibrée et d'un manque de tension dramatique. Une réflexion sur la surveillance, le totalitarisme et la solidarité, mais qui échoue à concrétiser son potentiel visuel et émotionnel.
"Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim" est un film d'animation qui fusionne l'univers de Tolkien avec l'esthétique des studios Ghibli. Ce préquel aux événements de La Communauté de l'Anneau, situé 183 ans avant la quête de l'anneau, explore un conflit humain dramatique dans le royaume du Rohan. Bien que visuellement séduisant et rempli de fan service, ce film manque de véritable innovation et de créativité, se contentant de réutiliser des décors familiers et des scènes iconiques. Un bon moment pour les fans, mais un projet globalement oubliable.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.