Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Sonic 3 : c’est plus fort que toi

"Sonic 3 : le film" est une agréable surprise après un second opus décevant. Plus sombre, émouvant et centré sur Sonic et Shadow, ce troisième film séduit par une réalisation soignée, des scènes d’action captivantes et une interprétation de Jim Carrey mémorable. Une véritable réussite visuelle qui relance la franchise, malgré des thèmes classiques et une intrigue prévisible.

Wicked : « Surrender Jon M. Chu »

Retour en petite forme pour le réalisateur de "Crazy Rich Asians" et "In the Heights" qui, la faute à une mise en scène à la fois confuse et désincarnée, ne parvient pas à transposer à l’écran l’amplitude de la métaphore sociopolitique de "Wicked", roman préquel du Magicien d’Oz, qui conte l'improbable rencontre d'Elphaba et Glinda, deux apprenties sorcières à l’Université de Shiz, et dévoile les raisons de leur rancune. Principal argument marketing de cette libre adaptation signée Universal, la magie du tandem Erivo-Grande, vocalement irréprochable, n’opère hélas qu’au terme d'un premier acte fastidieux étirant inutilement le livret de Stephen Schwartz, pour ouvrir sur un second volet qu’on imagine plus obscur.

Planète B : Ready Prisoner One

"Planète B", le nouveau film de science-fiction d'Aude Léa Rapin, explore un univers carcéral virtuel et un futur dystopique où la résistance est réprimée. Malgré des promesses d'anticipation poignantes et un casting de qualité, le film peine à créer une immersion forte, en raison d'une narration déséquilibrée et d'un manque de tension dramatique. Une réflexion sur la surveillance, le totalitarisme et la solidarité, mais qui échoue à concrétiser son potentiel visuel et émotionnel.

Le Seigneur des Anneaux : La guerre des Rohirrim, un précieux ?

"Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim" est un film d'animation qui fusionne l'univers de Tolkien avec l'esthétique des studios Ghibli. Ce préquel aux événements de La Communauté de l'Anneau, situé 183 ans avant la quête de l'anneau, explore un conflit humain dramatique dans le royaume du Rohan. Bien que visuellement séduisant et rempli de fan service, ce film manque de véritable innovation et de créativité, se contentant de réutiliser des décors familiers et des scènes iconiques. Un bon moment pour les fans, mais un projet globalement oubliable.

Mufasa : Le Roi Lion – La folie des glandeurs

L'échec était prémonitoire pour "Mufasa : Le Roi Lion", un préquel photoréaliste qui peine à capturer l'émotion et les vertus du film d'animation culte de 1994. Malgré des décors impressionnants et une bande-son emblématique, le film de Barry Jenkins échoue à renouveler l'histoire et les personnages. Entre fan-service, manque de profondeur et une narration prévisible, ce remake de Disney laisse un goût amer, confirmant la fin d'une époque créative chez Disney.

Kraven the Hunter : un chasseur sachant chasser !

Pour le dernier film du Spiderverse de Sony, "Kraven the Hunter" surprend malgré des défauts. Un agréable et sympathique divertissement du samedi soir réalisé avec soin, porté par un Aaron Taylor-Johnson charismatique, doté de scènes d’action plus que correctes voire impressionnantes et qui remplit sa mission d’origin story (même si elle ne mènera nulle part au final).

My Sunshine : un hiver sur l’île d’Hokkaidō

"My Sunshine" est un film japonais touchant qui raconte l’histoire de Takuya, un adolescent timide et bègue, et de Sakura, une patineuse talentueuse, qui se rapprochent à travers la danse sur glace. Entre émotion, maladresse et quête de confiance, ce film explore les premiers amours et les ambitions personnelles dans un décor hivernal. Une romance douce-amère où la glace fond à mesure que le printemps approche, mais où les sentiments restent fragiles.

Une histoire d’amour parfaite où tout va bien ou… ? : Ivresse et rétrospection

"Une histoire d'amour parfaite où tout va bien ou… ?" est un road-movie métaphorique et émouvant signé Emina Kujundzic. Ce film indépendant explore les thèmes de l'amour, de la mémoire et de l'émancipation à travers un couple en quête de liberté. La réalisatrice nous plonge dans un récit introspectif et visuellement unique, mêlant culture bosnienne, histoire et réflexions sur la production cinématographique. Disponible en VOD à partir du 10 décembre 2024.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.