Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Avec "En fanfare", Emmanuel Courcol propose une fable moderne où la musique unit des mondes opposés, à travers le destin croisé de deux frères. L'émotion est là, au prix de quelques facilités.
Dans son dernier film, prix de la mise en scène à Cannes, Miguel Gomes nous propose un voyage autour de l'Asie, mais un voyage impossible, car désespérant d'en capter quelque chose de vrai. Mêlant une histoire pétrie d'imaginaire orientaliste, pour ne pas dire coloniale, à des captations du monde asiatique contemporain, Grand Tour nous raconte son échec et, au fond, le nôtre : l'échec d'un Occident qui a cru révéler le globe, mais au prix de la rencontre avec l'Autre.
"Conclave" est un film captivant et intense qui mêle suspense, réflexion sur la religion et la société, et performances exceptionnelles d'acteurs. Un candidat sérieux pour les Oscars 2025, avec une mise en scène brillante et un contexte rare du conclave papal brillamment exploité.
"Vaiana 2", suite attendue, propose une aventure captivante mais prévisible, avec des animations époustouflantes et des chansons mémorables. Un film agréable, sans grande originalité.
Dans "Trois amies", Emmanuel Mouret nous livre l'un de ces marivaudages dont il a le secret, sur les traces de Woody Allen et Eric Rohmer. Une radiographie délicate et drôle des amours contemporains. Qui finit toutefois par tourner en rond...
Premier film éprouvant de la réalisatrice allemande Mareike Engelhardt, "Rabia" nous plonge dans l'enfer syrien d'une maison d'épouses destinées aux guerriers djihadistes. Un huis clos poignant, doublé d'un thriller psychologique, qui alerte, grâce à un sujet sensible, sur les sources et les dangers de l'endoctrinement. Comment devient-on alors le bras armé d'un système extrémiste, jusqu'à en perdre lentement toute humanité ? En posant cette question complexe, "Rabia" propose un témoignage glaçant de la lutte de jeunes femmes embrigadées.
Un suspense d’épouvante prometteur mais décevant, avec Hugh Grant en méchant psychopathe. Malheureusement, "Heretic" est plombé par des dialogues interminables, un sujet religieux trop survolé et une mise en scène mal exploitée. Entre incohérences et ennui, le film ne parvient pas à tenir ses promesses, laissant le spectateur frustré par un suspense qui manque de tension.
"Kafka, le dernier été" est un film émouvant sur les derniers mois de Franz Kafka. Découvrez l'histoire d'amour entre l'écrivain et Dora Diamant, sublimée par une mise en scène poétique et une photographie délicate. Une œuvre intime et touchante sur la vie, l'amour et l'écriture.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.