Heretic : Tarte religieuse parfumée à l’épouvante (et souvent barbante)

On avait vraiment envie d’y croire en ce suspense d’épouvante. Aussi bien par son sujet sur la religion que son concept de piège en huis clos ou encore par la présence de Hugh Grant en méchant. Mais ce serait oublier qu’on retrouve le duo de cinéastes qui nous avait gratifiés d’un sacré nanar l’an passé : 65 – La Terre d’avant. Un autre film au concept aguicheur, mais baigné dans la science-fiction cette fois, qui se révélait complètement raté. Avec Heretic, la catastrophe est clairement moindre mais le long-métrage est plein de défauts, entre un début interminable et excessivement bavard, un sujet religieux bien trop survolé alors qu’il était passionnant et des zones d’ombre en veux-tu en voilà, associées à de trop grosses facilités. Et puis on n’a pas vraiment peur… Bref, on peut clairement passer son chemin !

Synopsis : Deux jeunes missionnaires de l’église mormone d’une petite ville du Colorado font du porte à porte dans l’espoir de convertir les habitants. Le soir venu, après une journée infructueuse, elles décident de frapper à la porte d’une maison isolée. C’est le charmant Mr Reed qui les y accueille. Mais très vite, les jeunes femmes réalisent qu’elles sont tombées dans un piège. La maison est un véritable labyrinthe où elles ne pourront compter que sur leur ingéniosité et leur intelligence pour rester en vie…

La promesse et la note d’intention de Heretic étaient purement et simplement alléchantes. Jugez plutôt : une production horrifique du petit studio qui monte en la matière avec la société Neon (A24), Hugh Grant en méchant psychopathe, un huis-clos avec des pièges sournois et un discours que l’on soupçonne peu enclin à caresser la religion dans le sens du poil. La bande-annonce et l’affiche ont confirmé cela et ont fait monter l’attente intelligemment. Las, on sort de la projection bien peu emballé et clairement déconfit. C’était oublier qu’à la barre de cette petite série B au postulat original on retrouve un duo de cinéastes qui nous avait lâché l’une des plus grosses bouses cinématographiques de l’an passé : le navet de science-fiction mêlant voyages dans le temps et dinosaures 65 – La Terre d’avant avec Adam Driver.

La catastrophe d’une telle ampleur n’est pas au rendez-vous avec Heretic. C’est tout de même moins mauvais, on note donc une progression pour Scott Beck et Ryan Woods. Ils se frayent donc un chemin dans l’épouvante axée sur le suspense psychologique avec un (tout petit) peu plus de réussite, mais tout cela reste majoritairement décevant. On sent que Hugh Grant se régale en vilain tortionnaire qui s’amuse de ses proies tel un ogre dans la maison en pain d’épices, mais cela ne suffit pas à nous distraire. Le côté huis clos de cet étrange lieu est également intrigant, mais mal exploité. Quant au discours sous-jacent sur les religions et leur bêtise, il est passionnant mais bien trop survolé. Pour une demi-douzaine de répliques intéressantes et qui prônent une réflexion sur le sujet, on a droit à des tunnels de dialogues interminables, peu convaincants et clairement inintéressants.

Les actrices qui accompagnent Grant, l’inconnue Chloe East et la Sophie Thatcher de Yellowjackets ont beau être irréprochables, il faut se rendre à l’évidence : Heretic n’est jamais captivant et l’ennui pointe souvent le bout de son nez. Surtout dans une première partie qui n’en finit pas. On a droit à une petite heure de dialogues parfois pertinents, mais souvent soporifiques, sur la religion et la mise en bouche aurait mérité d’être raccourcie de moitié ! Lorsque tout cela se réveille un tant soit peu et entre dans le vif du sujet, ce n’est pas toujours bien négocié et maîtrisé non plus. La photographie est sombre, le côté « trois acteurs et trois pièces » fait pauvre et les rebondissements n’ont pas vraiment de sens.

Et cela se répercute également sur les motivations profondes du personnage de Hugh Grant qui se révèlent peu crédibles, tout comme la conception de sa maison. En outre, il subsiste une palanquée de zones d’ombre qui s’accumulent durant le récit. Alors même pris sous le prisme d’un conte auquel on pense parfois, cela enlève toute crédibilité à cette histoire ainsi que la patience déjà mise à rude épreuve du spectateur. On ne va pas les énumérer, mais les incohérences ou les facilités pullulent. Bref, tout comme les actrices, on n’a qu’une envie, c’est de sortir de cette maison, mais on en sort frustré. Frustré qu’une thématique si inusitée dans le cinéma d’horreur (la foi, les religions, leurs similitudes, leurs contradictions, …) soit gâchée dans ce suspense psychologique ne faisant pas peur et dont la tension est plus proche de l’encéphalogramme plat que de l’addiction.

Bande-annonce – Heretic

Fiche technique – Heretic

Réalisateurs : Scott Beck & Ryan Woods.
Scénaristes : Scott Beck & Ryan Woods.
Production : A24.
Distribution: Le Pacte.
Interprétation : Hugh Grant, Sophie Tactcher, Chloe East, …
Genres : Suspense – Psychologique – Épouvante.
Date de sortie : 27 novembre 2024.
Durée : 1h50.
Pays : États-Unis.

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2.5

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