Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Avec Mobile Homes, Vladimir de Fontenay s'immisce dans la veine du cinéma indépendant américain et parle de cette Amérique des laissés pour compte, d’une nation bancale dont les habitants mis de côté par le système ne peuvent avoir confiance qu’en eux-mêmes. Sans jamais être à la hauteur des références telles que Andrea Arnold ou Jeremy Saulnier, Mobile Homes porte les stigmates inhérents au genre mais n'en reste pas moins un joli petit film qui parle d'une fuite en avant et de ce combat face aux choix qui façonnent notre vie.
Entre comédie (très) noire et drame humain à grande échelle, Armando Iannucci joue avec les registres pour emmener le film historique sur le terrain de la comédie grotesque. Essai pas forcément transformé, mais lui au moins essaye de faire autre chose qu'un biopic pompeux.
Sonate pour Roos nous vient tout droit de Norvège. Les relations mère-fille tendues sont l'occasion de revenir à l'essentiel : paysages grandioses, attention aux sons (la musique du titre) et aux animaux. La fable devient douce et amère après la révélation de Roos. Le film sort en salles le 18 avril 2018.
Coby est le film lumineux de Christian Sonderegger sur le voyage de Susanna/Coby vers la transition, ainsi que de celui de tout son entourage diversement affecté par ce bouleversement.
Avec Madame Hyde, le délirant Serge Bozon revisite le mythique cas du Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. Mais sous couvert d'une comédie burlesque, le film traite avant tout de l'éducation de façon très juste autour d'une relation professeur/élève touchante.
Pour son premier long métrage, le cinéaste tunisien Walid Mattar signe Vent du Nord, un beau film qui pose la question de la place du travail, mais aussi des frontières, à travers les parcours croisés de deux personnages ouvriers d'une même usine délocalisée.
Marie Madeleine, le nouveau film de Garth Davis, le réalisateur du récent Lion, est une expérience contemplative fascinante, souffrant parfois de son hermétisme, mais qui jouit d'une réalisation aussi belle qu'intelligente et de performances d'acteurs marquantes. Un voyage spirituel et philosophique qui divisera à n'en pas douter ; et c'est la raison pour laquelle il faut le découvrir, afin de se faire son propre avis sur cette œuvre déroutante.
Avec Ready Player One, Steven Spielberg arrive non seulement à prouver qu'il n'a rien perdu de son talent pour émerveiller son public mais surtout qu'il est un des cinéastes les plus lucides et les intelligents qui soit pour comprendre l'impact de la culture populaire sur son public. Un recul permettant d'apposer sur l'oeuvre un parfum éminemment subversif en ce qu'il interroge la portée des rêves de son audience, qui plus est autour d'un divertissement jubilatoire et d'une classe folle.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.