Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Arrivé dans nos salles obscures sans crier gare, Jersey Affair, le premier long métrage du britannique Michael Pearce est un thriller davantage orienté vers le drame psychologique que vers les enquêtes policières. Un coup d'essai maîtrisé.
Ode à l'amour et à la liberté, My Wonder women retrace, par un portrait d'auteur intimiste, la genèse de la création de la célèbre princesse amazone. Entre drame et biopic, il donne une autre vision d'une héroïne miroir de son inventeur.
Après le choc représenté par Mustang, dire que Denis Gumze Ergüven était attendue relevait du plus pur euphémisme. C'est donc à Kings, évocation d'une mère de famille plongée dans le chaos des émeutes ayant sévi sur la Californie en 1992 que la réalisatrice s'est essayée. Un choix intéressant qui paradoxalement n'est jamais exploité au maximum de son potentiel, ne faisant qu'ajouter à la frustration de voir un film sur le papier prometteur, et une copie dépourvue de tout le sel qui avait érigé Mustang en chef d'oeuvre.
Toujours produite et co-scénarisée par Luc Besson, la saga marseillaise Taxi fait son grand retour avec un nouveau duo formé par Franck Gastambide (qui réalise ce 5e opus) et Malik Benthala.
Le onzième long métrage du japonais Kore-Eda Hirokazu, plus sombre que les précédents, marque un vrai tournant dans son oeuvre. Mi-Policier, mi-film de procès, le film en réalité se situe sur un terrain beaucoup plus intimiste, et tente d'interroger les vérités d'un homme insondable et mystérieux qui est accusé d'un meurtre.
Nouvelle fantaisie en stop motion de Wes Anderson, L'Île aux chiens est une fable socio-politique aussi irrésistiblement drôle que touchante qui saura parler aux petits et grands. Un cinéma fantasque et inventif comme on en voit peu.
Dans cette adaptation de Don't Worry he Won't get Far on Foot, l'autobiographie du cartooniste américain John Callahan, Gus van Sant tente de réinventer les codes du biopic au fil d'un récit éclaté, à l'image de son personnage.
Abracadabra, le nouveau film de Pablo Berger, est une bonne surprise précédée d'une mauvaise presse. Burlesque, loufoque, il n'en est pas moins une réflexion sérieuse sur le machisme et l'emprise des hommes sur les femmes qui n'ont qu'une envie, celle de se libérer...
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.