Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Indochine : l’empire et la reine

En 1992, Régis Wargnier signait avec « Indochine » son œuvre phare. Nourrie des récurrences du cinéaste, la fresque offrait à Catherine Deneuve l’un de ses rôles majeurs.

Feu follet : l’art de pomp(i)er

Comédie musicale barrée, récit dantesque d'une histoire d'amour sensuelle et poétique, sur fond de fantaisie drôlesque. Voici ce que l'on pourrait dire de Feu follet - si l'on se risquait à le présenter. Inclassable et hybride, le film de João Pedro Rodrigues s'affirme comme un joyeux foutoir cinématographique. Et ce pour notre plus grand plaisir !

Tout le monde aime Jeanne : à la découverte du cinéma de Céline Devaux

Tout le monde aime Jeanne  est un film original, drôle et sensible où on redécouvre Blanche Gardin dans son meilleur rôle à ce jour, et où on découvre la petite musique du cinéma de Céline Devaux.

Pinocchio : le pire remake live d’un classique Disney

Nous pensions avoir de l'espoir avec Robert Zemeckis à la tête de cet énième remake live d'un classique Disney. Nous nous retrouvons finalement avec la pire adaptation du genre. Cette dernière accumulant une mise en scène terriblement plate, des effets visuels effroyables et un incroyable manque de magie.

Les Cinq Diables : le pouvoir magique insoupçonné de l’odorat

Énigmatique et enivrant, le dernier film de Léa Mysius, Les Cinq Diables, nous transporte dans un univers à cheval entre le mystique et la réalité avec comme fil conducteur : l’odorat.

La Page blanche : réinventer sa vie

Bien calibré "comédie romantique à la française", La Page blanche surprend rarement mais pioche du côté de la douceur (merci Sara Giraudeau) pour dire tout simplement qu'il est toujours possible de réinventer sa vie (même sans perdre la mémoire). Avec un personnage féminin jamais figé, toujours en mouvement, le film dresse un portrait souvent très drôle d'une fille qui se cherche. Dommage qu'il faille toujours en passer, pour l'héroïne, par la case "trouver l'amour".

Everything everywhere all at once : le charme discret du grand n’importe quoi

Everything Everywhere all at once s'annonce comme la grosse surprise de 2022. C'est un peu le film que tout le monde attendait. Imaginez Michel Gondry qui rencontrerait John McTiernan. Cela ferait-il des étincelles ? Daniel Kwan et Daniel Sheinert ont relevé le pari de créer un blockbuster qui, sans renier les codes du genre, les renouvelle en optant pour un romantisme assumé qui vrille du côté de la poésie pure. Un pur bijou de fantaisie à voir absolument.

Un jour sans fin : l’accord parfait

Après sa sortie initiale en 1993, « Un jour sans fin » s'est rapidement installé dans le patrimoine cinématographique et le paysage pop-culturel. Au-delà du concept de boucle temporelle, la comédie d'Harold Ramis doit ce statut à une exceptionnelle richesse thématique.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.