La musique est une composante essentielle d’un montage et certains réalisateurs utilisent autant des partitions originales que des œuvres musicales tous genres confondus. S’il existe un genre plus présent dans nos séries modernes et dans nos films, c’est bien le rock. Rock and roll is not dead ! chante Lenny Kravitz, la preuve en dix titres phares utilisés dans plusieurs œuvres classiques et modernes.
La musique pour un film, ou quelque autre forme audiovisuelle que ce soit (série, documentaire, court métrage ou même publicité ou reportage), est un ingrédient qui va venir se greffer en post production pour ajouter une couleur supplémentaire à l’œuvre. On pourrait grossièrement comparer son importance à celle des épices pour un plat. Vous avez déjà mangé un chili con carne sans épices ? Non ? Et bien pour un épisode de série ou un film, l’ingrédient musical est aussi important.
Pour John Carpenter, la musique doit être utilisée à bon escient pour ne pas venir noyer inutilement des scènes ou des dialogues, mais bien utilisée, elle est redoutable. Qui n’a pas frissonné en entendant les quelques notes ténébreuses des Dents de la mer ou celles ponctuant la célèbre scène de douche de Psychose ? Qui n’a pas chantonné l’air joyeux et instantanément mémorisable de Chantons sous la pluie (délicieusement pervertie quelques années plus tard dans la scène de viol d’Orange mécanique de Kubrick) ou fredonné, l’air de Titanic de Cameron en s’assurant que personne ne pouvait vous entendre ?
Le point commun de titres comme Gimme Shelter des Rolling Stones, All along the Watchtower de Dylan à la sauce Hendrix ou Hallelujah de Leonard Cohen : un squat en bonne et due forme de vos films et série préférées.
Si Elvis et les Beatles ont popularisé le rock créé par Chuck Berry, c’est pourtant le Gimme Shelter des Rolling Stones et la reprise du All along the Watchtower de Dylan par Jimi Hendrix que nous retrouvons dans moult films et séries.
1. Gimme Shelter
Martin Scorsese n’a jamais caché son admiration pour les Stones et le titre Gimme Shelter s’entend dans ses films les plus emblématiques. Le besoin de s’abriter d’une surveillance policière pour Ray Liotta dans Les Affranchis est ainsi merveilleusement illustré par le refrain des Stones Gimme Shelter peut-être traduit par « Abrite-moi » de même que les bads trips de Di Caprio dans Le loup de Wall Street, version golden boy pervertie des truands italo-américains, mais aussi avant cela dans Casino et Les Infiltrés.
Si Gimme Shelter est inhérent aux meilleurs films de Scorsese et présent dans de nombreux longs métrages (Le fan, Layer cake (premier film de Matthew Vaughn), Air America, Flight de Robert Zemeckis, lui-même grand utilisateur de musique rock dans ses films, comme en témoigne l’excellente bande originale de Forrest Gump), elle est aussi utilisée dans de nombreuses séries télés comme Dexter (saison 2, épisode 5), Person of Interest (saison 2, épisode 10) et encore Nip-Tuck, Hawaï 5.0, Entourage, The Royals, Les Simpsons….
Paroles de Gimme Shelter, que l’on peut entendre à la fin de la saison 2 de Person of Interest »
Ooh ooh ooh, ooh ooh ooh
Ooh ooh ooh, ooh ooh ooh
Ooh, a storm is threat’ning my very life today
If I don’t get some shelter, oh yeah, I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, yeah
Ooh, see the fire is sweepin’ our very street today
Burns like a red coal carpet, mad bull lost its way
War, children, yeah ! It’s just a shot away
It’s just a shot away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, yeah
Yeah ! Hey !
Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away
Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away
Rape ! murder !
It’s just a shot away, it’s just a shot away, yeah yeah yeah
Mm the floods is threat’ning my very life today
Gimme, gimme shelter or I’m gonna fade away
War, children, it’s just a shot away
It’s just a shot away, it’s just a shot away
It’s just a shot away, it’s just a shot away
I tell you love, sister, it’s just a kiss away
It’s just a kiss away,
It’s just a kiss away, it’s just a kiss away
It’s just a kiss away, kiss away, kiss away, yeah !
2. All along the Watchtower
Un autre exemple de tube rock exploité à plus soif est le titre All along the Watchtower de Bob Dylan version Jimi Hendrix. De Forrest Gump à Payback en passant Private parts, Clockers, Il était une fois le Bronx, Watchmen, Blue Chips, Vegas vacation, Tupac: Resurrection… Bob Dylan a dit au sujet de cette reprise : « J’ai aimé la version de Jimi Hendrix et depuis qu’il est mort, je la joue à sa façon… Étrange comme quand je la chante, j’ai toujours l’impression que c’est un hommage à lui, en quelque sorte. » Hommage que l’on est pas prêt d’arrêter d’entendre tant la chanson et les guitares aériennes se marient à merveille aux images. L’originale de Bob Dylan a été récompensée par le prix Nobel de littérature et est extraite de son huitième album « John Wesley Harding » sorti en 1967. La version de Jimmy Hendrix date de son album de 1968 « Electric Ladyland ».
All along the Watchtower, une reprise du titre de Hendrix samplée dans une version instrumentale du rappeur anglais Devlin utilisée comme générique dans la série The Young Pope avec Jude Law.
https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=g4_UdAeylJE
« Paroles de All Along The Watchtower »
There must be some kind of way out of here, »
Said the joker to the thief,
« There’s too much confusion, I can’t get no relief.
Business men – they drink my wine
Plowmen dig my earth
None of them along the line
Know what any of it is worth. »
« No reason to get excited, »
The thief – he kindly spoke,
« There are many here among us
Who feel that life is but a joke
But you and I we’ve been through that
And this is not our fate
So let us not talk falsely now
The hour’s getting late. »
All along the watchtower
Princess kept their view
While all the women came and went
Bare-foot servants too
Outside in the cold distance
A wild cat did growl
Two riders were approaching
And the wind began to howl, hey.
3. With or without you
With or without you, balade emblématique de U2 et monument de sensualité avec Bono à son meilleur, peut être entendue dans Blown away, Ne le dis à personne de Guillaume Canet et les séries Friends, The office, Cold Case pour ne citer que ceux là. Pour le critique de cinéma Collin Souter, fan de U2, l’utilisation de With or without you dans Blown away est un sacrilège. Ce film selon lui « ridicule » parle très mal des irlandais et des fils d’immigrants, utilisant clichés sur clichés, faisant prendre à certains acteurs un accent irlandais hideux, et amenant l’utilisation du titre phare de U2 dans une scène où Tommy Lee Jones fabrique une bombe. Pour ceux qui connaissent l’aversion de Bono et sa bande envers l’I.R.A., l’association musique/images n’est pas des plus heureuses.
« Paroles de With or without you, entendue dans le film Ne le dis à personne de Guillaume Canet »
See the stone set in your eyes
See the thorn twist in your side
I’ll wait for you
Slight of hand and twist of fate
On a bed of nails she makes me wait
And I wait without you
With or without you
With or without you
Through the storm, we reach the shore
You gave it all but I want more
And I’m waiting for you
With or without you
With or without you
I can’t live with or without you
And you give yourself away
And you give yourself away
And you give, and you give
And you give yourself away
My hands are tied, my body bruised
She got me with nothing to win
And nothing left to lose
And you give yourself away
And you give yourself away
And you give, and you give
And you give yourself away
With or without you
With or without you
I can’t live
With or without you
With or without you
With or without you
I can’t live
With or without you
With or without you
4. Don’t fear the Reaper
Si Blue Öyster Cult, quintet rock New-Yorkais, n’est plus connu de nos jours que par un groupe restreint de personnes, l’utilisation de leur tube Don’t fear the reaper prouve qu’une œuvre peut surpasser son créateur jusqu’à l’éclipser totalement. Le sketch « More cowbell » (écrit par Will Ferrell et Donnell Campbell) est devenu l’un des plus célèbres de l’émission américaine Saturday Night Live et voit le personnage du producteur (incarné par Christopher Walken) réclamer plus de cloche (on entend cette percussion tout au long de la chanson). Ses paroles ouvrent également un des chapitres du Christine de Stephen King et se retrouve propulsé dans l’adaptation ciné qu’en a fait John Carpenter peu après sa sortie (Carpenter l’ayant utilisé auparavant dans Halloween). Dans le premier Scream de Wes Craven, ressuscitant (en le disséquant) le genre du slasher étudiant, une reprise de BÖC est entendue lorsque Billy passe par la fenêtre de l’héroïne incarnée par la belle Neve Campbell. La chanson orne encore Les griffes de la nuit, Fantômes contre fantômes de Peter Jackson, le remake d’Halloween réalisé par le rocker Rob Zombie, Bienvenue à Zombieland et plus récemment dans le Gone girl de David Fincher. Pas mal pour un groupe quasi inconnu aujourd’hui dans l’hexagone sachant que vous avez aussi pu fredonner son air en regardant True Blood, Prison Break, Les Simpsons, Six feet under, Agent of S.H.I.E.L.D., Smallville,…
« Paroles de Don’t fear the Reaper que l’on peut entendre entre autres dans l’un des épisodes de la série True Blood »
All our times have come
Here but now they’re gone
Seasons don’t fear the reaper
Nor do the wind, the sun or the rain, we can be like they are
Come on baby, don’t fear the reaper
Baby take my hand, don’t fear the reaper
We’ll be able to fly, don’t fear the reaper
Baby I’m your man
Valentine is done
Here but now they’re gone
Romeo and Juliet
Are together in eternity, Romeo and Juliet
Forty thousand men and women everyday, like Romeo and Juliet
Forty thousand men and women everyday, redefine happiness
Another forty thousand coming everyday, We can be like they are
Come on baby, don’t fear the reaper
Baby take my hand, don’t fear the reaper
We’ll be able to fly, don’t fear the reaper
Baby I’m your man
Love of two is one
Here but now they’re gone
Came the last night of sadness
And it was clear she couldn’t go on
Then the door was open and the wind appeared
The candles blew then disappeared
The curtains flew then he appeared, saying don’t be afraid
Come on baby, and she had no fear
And she ran to him, then they started to fly
They looked backward and said goodbye, she had become like they are
She had taken his hand, she had become like they are
Come on baby, don’t fear the reaper.
5. Freebird
Lynyrd Skynyrd, groupe de rock sudiste a apporté aux œuvres audiovisuelles deux monuments. Le premier, Freebird peut être entendu dans Forrest Gump, The devil’s rejects ainsi que La maison des 1000 morts, tous deux de Rob Zombie, dans Le premier jour du reste de ta vie, la série Six feet under ou récemment dans le décomplexé Kingsman où les soli entremêlés de fin de morceau ponctuent l’une des tueries les plus barrées jamais vues sur un écran de cinéma.
https://www.youtube.com/watch?v=25683IE5v9g
« Paroles de Free Bird , ici dans The Devil’s Rejects, film d’horreur américain écrit et réalisé par Rob Zombie en 2005 »
If I leave here tomorrow
Would you still remember me ?
For I must be travelling on now
There’s too many places I gotta see
[Chorus]
And if I stay here with you girl
Things just couldn’t be the same
For I’m as free as a bird now
And this bird you cannot change
And the bird you cannot change
And this bird you cannot change
Lord knows I can’t change
Bye bye baby it’s been sweet love
Though this feeling I can’t change
Please don’t take it so badly
Cause Lord knows I’m to blame
[Chorus]
Lord help me I can’t change
Lord I can’t change
Won’t you fly free bird ? yeah
6. Sweet home Alabama
Non content de ce palmarès, Lynyrd est également papa de Sweet home Alabama entendu plusieurs fois dans Forrest Gump toujours, mais aussi dans Prête à tout, Massacre à la tronçonneuse (le remake de Marcus Nispel), 8 mile, USS Alabama (normal, vu le titre…) , Joe la crasse, Fashion victime, The girl next door, Sahara, Les ailes de l’enfer, Lassie, Moi moche et méchant et dans les séries Malcolm et Les Simpsons.
https://www.youtube.com/watch?v=0TP_aN2XgzE
« Paroles de Sweet Home Alabama dans cette séquence emblématique de Forrest Gump de Robert Zemeckis« ]
Big wheels keep on turnin’
Carry me home to see my kin
Singin’ songs about the southland
I miss old family once again, and I think it’s a sin
Yes
Well, I heard Mr. Young sing about her.
I heard Ole Neil put her down.
I hope Neil Young will remember
A Southern man don’t need him around, anyhow.
(Chorus)
Sweet Home Alabama
Where the skies are so blue
Sweet home Alabama
Lord I’m comin’ home to you
In Birmingham they love the gov’ner.
Well, we all did what we could do.
Now, Watergate, it does not bother me.
Does your conscience bother you ?
Tell me true
(Chorus)
Here I come, Alabama
Now, Muscle Shoals has got The Swampers,
And they’ve been known to pick a song or two.
Lord, they get me off so much.
They pick me up when I’m feelin’ blue.
Now how ’bout you ?(Chorus) X2
7. Born to be wild
Autre fleuron rock célébré comme un hymne à la liberté, le Born to be wild de Steppenwolf prend toute sa saveur dans le désenchanté Easy Rider de Dennis Hopper. Le titre n’était pourtant pas « né » pour figurer dans l’œuvre achevée, Peter Fonda souhaitant que Crosby, Still, Nash and Young la remplace par un de leurs morceaux. Aujourd’hui personne ne pourrait imaginer meilleur emblème pour le film. Le titre se retrouve également dans Le retour, Robocop 2, Docteur Doolittle 2, Dans les pompes d’un autre, One crazy summer, La coccinelle revient, Beautés sauvages, Borat et dans les séries Deux flics à Miami pour ne citer que ceux là.
« Paroles de Born To Be Wild, dans ce pilier du nouveau ciné US, Easy Rider de Dennis Hooper, un road movie déjanté à la gloire de la Liberté sur des thèmes de Steppenwolf, The Byrds, Jimi Hendrix… »
Get your motor runnin’
Head out on the highway
Lookin’ for adventure
And whatever comes our way
Yeah Darlin’ go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space
I like smoke and lightning
Heavy metal thunder
Racin’ with the wind
And the feelin’ that I’m under
Yeah Darlin’ go make it happen
Take the world in a love embrace
Fire all of your guns at once
And explode into space
Like a true nature’s child
We were born, born to be wild
We can climb so high
I never wanna die
Born to be wild
Born to be wild
8. Hallelujah
Hallelujah de feu Leonard Cohen et sa reprise par Jeff Buckley peuvent s’entendre dans les séries The Young Pope, CSI, True Blood, Numbers, Cold Case, ainsi que dans un grand nombre de films comme Shrek, Watchmen, Lord of War… selon certains sites spécialisés, elle apparaîtrait dans plus de 100 films et séries. Quand on sait que Colombia (le distributeur de Cohen à l’époque) hésitait à sortir le titre à cause des paroles parlant de religion et de sexe, on sourit.
« Paroles de Hallelujah que l’on peut entendre entre autres dans le film Watchmen »
I heard there was a secret chord
That David played and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you
Well it goes like this the fourth, the fifth
The minor fall and the major lift
The baffled king composing hallelujah
Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… .
Well your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew you
She tied you to her kitchen chair
She broke your throne and she cut your hair
And from your lips she drew the hallelujah
Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… . .
Baby I’ve been here before
I know this room and I’ve walked this floor
I used to live alone before I knew you
I’ve seen your flag on the marble arch
But love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken hallelujah
Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah… .
But now you never show that to me, do you
But remember when I moved in you
And the holy dove was moving too
And every breath we drew was hallelujah
Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah…
Well, maybe there’s a god above
But all I’ve ever learned from love
Was how to shoot somebody who outdrew you
It’s not a cry that you hear at night
It’s not somebody who’s seen the light
It’s a cold and it’s a broken hallelujah
Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah.
9. I got you (I feel good)
Le rock n’est pas toujours sombre et violent comme la plupart des titres utilisés à foison dans Sons of Anarchy. James Brown et son tube à réveiller les morts I got you (I feel good) le prouve à merveille dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, mais également dans Le professeur Foldingue, Garfield le film, Transformers, Good morning Vietnam, Boat trip, Maman j’ai raté l’avion 4, K-9,… et dans les séries Les Simpsons, Malcolm, Deux flics à Miami, ou encore Le prince de Bel-Air. En Malaisie, la chaîne de télévision « Your Feel Good channel » en avait fait son générique pendant près de dix ans.
« Paroles de I Got You (I Feel Good) dans une scène culte du film Good Morning Vietnam avec Robin Williams »
Wo ! I feel good, I knew that I wouldn’t of
I feel good, I knew that I wouldn’t of
So good, so good, I got you
Wo ! I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, I got you
When I hold you in my arms
I know that I can do no wrong
And when I hold you in my arms
My love won’t do you no harm
And I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, I got you
When I hold you in my arms
I know that I can’t do no wrong
And when I hold you in my arms
My love can’t do me no harm
And I feel nice, like sugar and spice
I feel nice, like sugar and spice
So nice, so nice, well I got you
Wo ! I feel good, I knew that I wouldn’t of
I feel good, I knew that I would
So good, so good, ’cause I got you
So good, so good, ’cause I got you
So good, so good, ’cause I got you
Hey ! Oh yeah-a
10. The End
Pour boucler cette liste de quelque-unes des chansons phares du rock, on ne pouvait pas passer à côté de The End des Doors. Outre bien sûr le fait d’illustrer le biopic éponyme d’Oliver Stone sur le groupe américain, c’est surtout dans Apocalypse Now de Coppola ou dans le premier film de Scorsese Who’s knocking at my door que l’on peut entendre la voix mémorable de Jim Morrison ou encore et toujours dans les inénarrables Les Simpsons. En ouvrant son film par The end (la fin en français), Coppola illustre non pas la noirceur de la guerre, mais son côté définitif, sans retour comme les paroles de Morrison.
Paroles de The End dans Apocalypse Now, un chef d’œuvre de Francis Ford Coppola, démesuré, inoubliable, un voyage au cœur de l’enfer au rythme de pâles hélicos
This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end
Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety no surprise, the end
I’ll never look into your eyes… again
Can you picture what will be
So limitless and free
Desperately in need… of some… stranger’s hand
In a… desperate land
Lost in a Roman… wilderness of pain
And all the children are insane
All the children are insane
Waiting for the summer rain
Dans l’attente de la pluie d’été
There’s danger on the edge of town
Ride the King’s highway
Weird scenes inside the gold mine
Ride the highway west, baby
Ride the snake, ride the snake
To the lake, the ancient lake
The snake is long, seven miles
Ride the snake… he’s old, and his skin is cold
The west is the best(x2)
Get here, and we’ll do the rest
The blue bus is callin’ us(x2)
Driver, where’re you takin’ us
The killer awoke before dawn, he put his boots on
He took a face from the ancient gallery
And he walked on down the hall
He went to the room where his sister lived, and… then he
Paid a visit to his brother, and then he
He walked on down the hall, and
And he came to a door… and he looked inside
Father, yes son, I want to kill you
Mother… I want to… fuck you
C’mon baby, take a chance with us (x3)
And meet me at the back of the blue bus
Doin’ a blue rock
On a blue bus
Doin’ a blue rock
C’mon, yeah
Kill, kill, kill, kill, kill, kill
This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end
It hurts to set you free
But you’ll never follow me
The end of laughter and soft lies
The end of nights we tried to die
This is the end
Le Rock est et sera toujours associé aux bad boys. Il est leur étendard de la Liberté et de la rébellion comme le prouve son utilisation massive dans des séries telles que The Shield et Sons of Anarchy ponctuant les scènes d’actions de rythmes endiablés ou de soli rageurs. Si le Jazz est la marque de fabrique de certains cinéastes comme Woody Allen ou Clint Eastwood, le Rock est celle des auteurs naviguant sans cesse entre bien et mal (David Lynch et son utilisation radicale de Rammstein dans Lost Highway) et le moyen le plus efficace de montrer la rage et la révolte d’esprits libres. Rock and Roll is not dead, Long live Rock and Roll !
Nathalie (Virginie Efira) arrive à Paris, depuis le Canada où son mari est décédé, et après un bref passage en province. On la découvre d’emblée avec ses deux garçons, Paul (Rénan Prévot), un adolescent de 15 ans et Bastien (incroyable Jean-Baptiste Blanc), son petit frère de 8 ans. C’est le soir, elle les emmène devant la devanture de la joaillerie où elle est censée prendre un poste dès le lendemain. Une belle petite séquence qui montre tout de suite les bases de la relation entre cette mère seule et ses deux enfants : une douceur, amplifiée par la belle lumière du soir que la chef opérateur Sabine Lancelin a choisie, une complicité sans faille, une confiance des enfants dans la capacité de leur mère à les mener à bon port malgré ce déracinement.
Quand le drame arrive sous la forme d’un petit mensonge de Nathalie, plantée par son employeur putatif et obligée d’accepter un boulot alimentaire tout en cachant la réalité à ses fils, le bel équilibre familial se rompt. Par ellipses, par allusions, la cinéaste installe un faisceau de faits, au travers d’une belle caractérisation de ses personnages, qui vont amener le jeune Paul dans une spirale d’actions douteuses : la solitude dans une nouvelle ville et un nouveau lycée, la prétendue trahison de sa mère (son mensonge en réalité), qui le pousse à la vengeance, la mort du père jetée comme une accusation au visage de Nathalie. Tout est suggéré par des petites phrases presque sèches, et pourtant très efficaces. Le passage est très progressif, le jeune Paul glissant par exemple sur ses rollers de manière tout aussi innocente pour déambuler avec sa mère et son petit frère que pour effectuer ses petites courses de petit malfrat presque malgré lui. La mise en scène est du même acabit tout au long du métrage, ainsi par exemple la nervosité croissante de la mère qui est mesurée à l’aune des cigarettes fumées dans l’appartement même et à un rythme de plus en plus effréné ; aucun surlignage, aucun surplomb, presque des images subliminales…
Pris de court est un drame familial qui s’embarrasse finalement assez peu du contexte social (mère seule et sans emploi dans une ville inconnue). De même, le pseudo genre policier n’est vraiment là que pour servir son propos : l’angoisse de Nathalie lorsque Paul et Bastien ne rentrent pas un soir est par exemple plus importante que la raison de cette inquiétante disparition. De même, la tristesse du petit Bastien (« Tout est nul en ce moment » dira-t-il en allant se blottir dans les bras de sa mère) est au centre même de certaines « scènes d’action », et les stratagèmes de la chef de famille pour tenter de les sortir du gué ne sont vus que de l’intérieur de la famille, impliquant à peine les autres protagonistes. Les deux jeunes acteurs sont formidables, trouvant toujours le ton et l’expression justes pour les différentes situations auxquelles ils sont confrontés. Virginie Efira montre une fois de plus des qualités insoupçonnées de sobriété, de justesse d’un jeu presque minimaliste tout en restant émouvant, que la nature des comédies dans lesquelles elle officiait jusqu’à très récemment n’a pas permis de laisser apercevoir. Seul Gilbert Melki, qui personnifie le méchant et représente la partie thriller du scenario, est sous-utilisé dans un rôle qui n’a pas beaucoup d’épaisseur, contrairement à celui du précédent film de la cinéaste, Très bien, Merci (2007), où il tenait le haut du pavé.



Dès le premier plan, elle est là. Elle, c’est Félicité, incarnée par Véro Tshanda Beya Mputu. Cette actrice amateure, qui tenta sans conviction sa chance au casting, est le principal atout du nouveau long-métrage du franco-sénégalais Alain Gomis. La scène d’ouverture nous la présente en train de chanter. Un talent que son interprète a d’ailleurs dû travailler avant le tournage, et qui porte ses fruits puisque chacun de ses passages musicaux participe pour beaucoup au charme du film. Celui-ci démarre sur un postulat à priori assez simple, reposant sur l’idée de nous faire suivre un personnage contraint de faire le tour de la ville pour mieux nous la faire découvrir. Le meilleur exemple de ce dispositif est sans doute le Chien Enragé d’Akira Kurosawa, mais ici l’usage de la caméra au poing, la place donnée aux relations familiales et les décors aux allures de bidonvilles rappellent davantage le cinéma de Brillante Mendoza. Pourtant, contrairement au réalisateur philippin, Gomis donne davantage d’importance à la représentation des sentiments de son héroïne qu’au drame social inhérent à sa condition.
Peut-être la principale faiblesse de sa mise en scène est-elle
de spectateur, il ne nous est donc pas évident de s’identifier à elle, et c’est une raison de plus pour laquelle la première partie du film ne parvient pas à pleinement nous faire nous immerger à ses côtés. Dans la seconde moitié du long-métrage en revanche, c’est au personnage de Tabu – qui apparait dans un premier temps comme un beau-parleur n’inspirant pas forcément confiance – que l’on s’attache plus facilement. Le scénario gagne alors en légèreté, et parvient à assurer une rupture de ton fort bienvenue au regard de la gravité du drame qui l’a précédé. Entre interludes musicaux, scènes chimériques, réalisme social et marivaudage, Alain Gomis nous concocte un étonnant mélange de genres qui fait de Félicité un film au demeurant agréable mais parfois abstrait.
La convention Paris Manga & Sci-fi show 2017 a ouvert ses portes les 25 et 26 mars et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en a eu plein les yeux !
Des box étaient réservés aux dédicaces et photoshoot avec les célébrités, les auteurs et les Youtubers – sous réserve de faire la queue pendant un (long) moment et de payer en amont pour les acteurs les plus renommés !

Paris Manga & Sci-fi show 2017, c’est surtout un défilé incessant de cosplayers les plus magnifiques et/ou les plus excentriques. Et, si on fait fi des bousculades, débordements de joie et autres chenilles, c’est l’occasion pour les passionnés de faire de jolies rencontres : 


On peut bouillonner, être agacé(e), énervé(e) en voyant Orpheline qui donne l’impression que l’héroïne fragmentée interprétée par quatre formidables actrices, est tributaire du regard des hommes. Pourtant, il ne faudrait pas oublier qu’Orpheline est du côté de la vie avant tout et que le regard porté sur Kiki, Karine, Sandra et Renée qui ne font qu’une n’est jamais figé, mais mouvant, tremblant, émouvant. Si certaines scènes sont dures, elles n’en sont pas moins aussi tendres qu’éphémères, car Arnaud des Pallières ne porte pas de jugement sur ce qu’il filme, il admire plutôt le point de vue du personnage principal, une vraie héroïne. Ce point de vue évolue car le personnage lui-même évolue. Et c’est bien là la force du film : dire à quel point nous ne sommes jamais tout à fait les mêmes d’une vie à une autre ou, plutôt, de décennies en décennies. Le film est avant tout une quête d’amour qui passe par un désir sexuel assez insaisissable et pas toujours enviable. Insaisissable, Karine l’est aussi. Son corps n’est jamais complètement le même, malgré ses lèvres qu’elle recouvre de rouge d’années en années. Le procédé utilisé par des Pallières est un artifice, bien sûr, quatre actrices pour une même femme, mais pas superficiel. Il ne cherche ainsi pas à vieillir son actrice au fil du temps qui passe. Une fois le morceau de vie achevé, elle laisse place à une autre qui est elle-même et celle d’avant en même temps.
Ce récit de vie éclaté, éclatant et parfois écarlate, tant le sang coule de manière symbolique face à la violence des rapports hommes/femmes qui sont ici racontés, est souvent très déstabilisant. Si ce que fait l’héroïne ne nous plait pas toujours, on peut dire qu’elle n’est jamais filmée comme une victime ou alors de ce qu’elle n’ose pas dire, n’ose pas faire. Ce qu’elle veut, c’est de l’amour et elle le demande un peu maladroitement selon ce qu’elle pense que les hommes attendent d’elle et, comme ils ne la contredisent jamais ou presque, elle ne comprend pas pourquoi changer. Au-delà de l’amour, elle veut aussi survivre sans trop savoir comment autrement que dans la débrouille qui passe souvent par le biais d’un homme, malgré elle. Le récit n’est pas linéaire, ce n’est pas nouveau mais, ici, cela ajoute à la volonté du réalisateur de mettre le spectateur en inconfort, de le forcer à voir au-delà de l’image, à ne pas s’arrêter à son premier regard. C’est souvent troublant, entêtant, révoltant. On voudrait la voir s’émanciper du regard des hommes, s’y refléter autrement. On sent aussi l’imperceptible mouvement, changement qui s’opère en elle. Les hommes, quant à eux, sont patauds, souvent incapables de sortir du regard que Karine (il semble que ce soit son véritable nom) porte sur eux. Elle ne leur laisse pas la chance d’essayer la tendresse. Deux scènes au moins en témoignent, quand le mari (Jalil Lespert) de Renée (le dernier âge de ce personnage multiple) lui dit « j’ai envie de toi quand tu pleures » ou encore quand à 13 ans elle embarque dans la voiture d’un homme et que ce dernier découvre son âge, panique et se prend sa violence à elle en pleine figure (mais que recherchait-elle vraiment?). Cette dernière scène fait d’ailleurs écho à une autre, tournée il y a 10 ans, où l’on retrouvait Adèle Haenel. C’était dans Naissance des pieuvres. Floriane, persuadée de devoir être quelqu’un qu’elle n’était pas en vérité, draguait un homme plus âgé avant de se retrouver dans sa voiture. Les deux corps se rapprochaient quand soudain surgissait Marie qui ramenait Floriane à son âge « laisse ma copine, il y a son père qui nous attend ». La violence était alors du côté de l’homme. Voilà pourquoi nous sommes heurtés, c’est à la fois parce que homme comme femme dans Orpheline sont tributaires du regard de l’autre. Orpheline nous révèle finalement nos propres contradictions.
Le film est tout entier pris dans le regard de l’héroïne. Quand elle fait l’amour, la caméra se rapproche des corps pour capter son regard à elle sur le grain de peau des autres. Elle fait écho à deux autres femmes dont le désir (ou l’idée du désir, même pour la survie) salvateur ou destructeur a été récemment filmé au cinéma dans 

C’est du moins le premier constat qui se dessine de ce montage qui n’a rien perdu de sa dimension homérique et iconique, et qui sait relâcher la pression à bons coups de blagues bien senties, de fights qui s’annoncent dantesques et d’une playlist piochant du coté des Beatles. Une petite surprise en soit qui n’est heureusement pas la seule car bon, à force de revoir inlassablement ces images, on ne peut s’arrêter de penser à la vision de Zack Snyder qui quoiqu’on puisse en dire reste là : le soin dans la composition des images, la complexité qui se dessine dans tous les plans et le charisme des personnages qui s’impose sans forcer… Bref, on a vraiment envie de croire que la Warner, consciente des risques est en passe de fixer sa feuille de route et jouer à armes égales dans le combat qui l’oppose à Marvel. Et si l’on devait s’arrêter à la seule considération esthétique, nul doute que DC a déjà gagné la partie.
Depuis le succès, il y a déjà deux ans, de
candeur du jeune combattant à bouclettes est constitutive de la légèreté de la série. Un argument difficile à avaler, certes, mais que ce pauvre milliardaire puceau soit émotionnellement bloqué à l’âge de sa disparition se révèle finalement être au cœur de la naïveté qui viendront compromettre toutes ses interactions sociales et, par voie de conséquences, justifier les nombreuses trahisons dont il sera victime et qui, quant à elles, sont la véritable force de l’écriture de ce scénario riche en twists. Vous suivez le raisonnement?
Un autre élément hautement décrié par les haters est l’exploitation des scènes de combats. Certes, le générique nous vend des chorégraphies complètement dingues que l’on ne verra jamais dans aucun des 13 épisodes mais, pourtant, il faut reconnaître que les combats sont relativement bien fichus et surtout d’une qualité homogène tout au long de la saison – ce qui n’était pas le cas de Dardevil. Les accusations de surdécoupages semblent même injustifiées au regard des nombreux films américains se targuant de multiplier les bastons illisibles. Peut-être en est-on arrivé à un point où les attentes sont plus grandes vis-à-vis des séries que des longs métrages, et quand bien même on est loin d’un