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Musique American Honey : une playlist contemporaine

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Conçue méticuleusement par Andrea Arnold, la B.O. d’American Honey, est à l’image d’un roadtrip américain. D’un hip-hop mélancolique en passant par de la country rock, la playlist est tout comme ce film, une claque sensorielle.

American Honey retrace le roadtrip de jeunes désœuvrés, à la recherche du rêve américain. Emportés dans cette quête illusoire de liberté, nous, vagabondant au même rythme que ce groupe, bercés par une playlist des plus envoûtantes…

Une playlist dans l’air du temps

Mêler avec brio le RnB, Rap et autres genres musicaux, c’est le pari lancé par la réalisatrice Andrea Arnold, dans son dernier film American Honey. Choices (Yup) du rappeur E-40 est le morceau emblématique de cette bande de jeunes. Soudant son union sur ces paroles explicites, le groupe imagine un avenir, construit sur une promesse utopique. Les acteurs d’American Honey, non-professionnels, ont eux-mêmes fait découvrir cette chanson à Andrea Arnold et, en un rien de temps, ce tube est devenu leur slogan :

« Toute l’équipe s’est mise à danser, du coup ils l’ont passé en boucle ! J’aime l’énergie du morceau et puis… You got choices : c’est une bonne devise, non ? »

We Found Love de Rihanna, célèbre tube de l’année 2011, est également une chanson phare de ce film. Nous la découvrons dès la première scène, à travers une danse euphorique, interprétée notamment par l’acteur Shia LaBeouf  (Fury, Transformers…). 

En choisissant une playlist extrêmement contemporaine, Andrea Arnold ancre tout naturellement American Honey, dans le présent.

Dans les pas du Boss…

“The Boss. I love the Boss !” Vous l’aurez sans doute devinez, nous parlons bien de Bruce Springsteen. C’est sur sa célèbre et mélancolique reprise de Suicide, Dream Baby Dream, que nous découvrons l’aspect émotionnel de ce film. Un brin nostalgique, ces paroles pleines d’espoir,  nous plongent dans le rêve utopique de Star.

Bruce Springsteen, icone rock intergénérationnel, est pour de nombreux jeunes américains, l’archétype de la liberté. C’est donc tout naturellement qu’Andrea Arnold, s’amuse à intégrer dans American Honey, un emblématique morceau, retraçant le songe du rêve américain.

À mi-chemin entre le rock emblématique du boss et le rock indépendant, American Honey apparaît comme un film atypique, particulièrement dans l’air du temps. Nous y découvrons des groupes internationaux tels que The Raveonettes, originaire du Danemark ou encore Mazzy Star, des américains pure souche.

Cette playlist, particulièrement mélancolique, permet à chaque personnage du film de s’identifier à travers ces différents morceaux.

Une country mélancolique

Que serait un roadtrip, sans l’envoûtante musique country ? De Lee Brice, en passant par Razzy Bailey, American Honey est, pendant 2h40, bercé par un mélange de musiques traditionnelles du Sud-Est des États-Unis.

Rythmique, sentimentale et émouvante, Andrea Arnold a pris soin de choisir des morceaux particulièrement symboliques pour sa B.O. C’est le cas notamment du titre American Honey du groupe Lady Antebellum. La scène du van, dans laquelle le groupe chante cette musique est particulièrement touchante. Perdue au milieu d’une Amérique promise, cette jeunesse désabusée vit les paroles de cette chanson, comme si cette dernière, avait été écrite pour elle…

Véritablement dans l’air du temps, la B.O. d’American Honey nous plonge à travers les désillusions d’une jeunesse perdue. Des morceaux symboliques, pour une quête de liberté…

Musique American Honey tracklist :

1. Beginning Of Anything – Quigley
2. Uber Everywhere – MadeinTYO
3. Take Your Time – Sam Hunt
4. Out The Mud – Kevin Gates
5. Copperhead Road – Steve Earle
6. Choices (Yup) – E-40
7. All The Time – Jeremih (feat. Natasha Mosley)
8. Ride – Ciara (feat. Ludacris)
9. Recharge & Revolt – The Raveonettes
10. No Type – Rae Sremmurd
11. Bricks – Carnage (feat. Migos)
12. Fade Into You – Mazzy Star
13. 8896 – Holly Lapsley Fletcher
14. You Guessed It – Og Maco
15. I Like Tuh – Carnage (feat. I Love Makonnen)
16. Careless Love – Bonnie « Prince » Billy
17. American Honey – Lady Antebellum
18. God’s Whisper – Raury
19. I Hate Hate – Razzy Bailey

La Belle et la Bête, un film de Bill Condon : Critique

Il y a 25 ans, les studios Disney livraient l’un de leurs plus grands chefs-d’œuvre : La Belle et la Bête. Fleuron d’un second âge d’or entamé avec La Petite Sirène, le film de Gary Trousdale et Kirk Wise s’inscrivait dans la renaissance du studio par sa parfaite hybridation au genre de la comédie musicale, impulsée par le regretté parolier Howard Ashman. Succès mondial, premier film d’animation nommé à l’Oscar en 1992, adapté avec succès sur les planches de Broadway ; il était assez logique qu’en 2017, La Belle et la Bête soit le nouvel appelé dans la valse des ré-adaptations live Disney. Un mouvement opéré depuis 2010 qui aujourd’hui livre un nouvel exemple du sillon sage et timoré que le studio creuse depuis Cendrillon. Soit une luxueuse décalcomanie qui offre un bon moment mais guère plus.

Avant toute chose, il semble utile de dresser un rapide bilan de la stratégie Disney qui amènera prochainement sur nos écrans Christopher Robin, Mulan ou Dumbo. Soit l’adaptation en live-action, et en blockbusters, des grands succès animés de Disney. Entamée avec Alice au pays des merveilles de Tim Burton, la démarche pourrait aurait pu être seulement mercantile (la lucrative capitalisation sur des oeuvres cultes) si Maléfique, Peter et Eliott le Dragon ou Le Livre de la Jungle n’avaient pas montré le possible intérêt de ces revivals. Par de nouveaux angles et de nouvelles approches, les classiques Disney justifient ainsi leur retour au cinéma par un apport suffisant de nouveautés en un terrain connu, apprécié et sauvegardé dans ses grandes lignes. Et ce qu’on aime ou pas ces nouvelles versions.

Mais La Belle et la Bête, à l’instar de l’anecdotique Cendrillon, joue dans une catégorie plus polémique. Une transposition pure et simple de l’oeuvre originelle, plan pour plan en certains endroits avec reprise des chansons, soit ce qui faisait l’originalité du traitement de 1991. D’où un débat qui n’a finalement plus lieu d’être tant sa stérilité est validée : celui de l’intérêt. Ça se saurait si Hollywood nous demandait notre avis, et nous pouvons pester autant que nous voulons, Disney fait bien ce qu’il veut. Donc oui, nous sommes entièrement d’accords, refaire un chef d’oeuvre comme La Belle et la Bête n’a aucun intérêt si l’entreprise consiste juste à en dupliquer les séquences emblématiques. Ce sans rien convoquer de très inédit. Mais c’est comme ça, c’est pas nous qu’on décide.

D’ailleurs, l’intention initiale de Bill Condon était d’adapter en film la comédie musicale issue du dessin animé. Une démarche plus logique, plus valide, sur laquelle le studio est finalement revenu ensuite pour offrir un film d’héritage comme il commence à en avoir bien trop. Triste tendance maladive d’une industrie qui s’adapte à un public aujourd’hui très animé par sa nostalgie. Et malheureusement, les chiffres donnent raison à cette démarche, ainsi que l’attitude d’une frange spectatorielle peu exigeante, absolument pas gênée de revoir la même chose. Justifiant de facto son passage à la caisse puisqu’elle aime le film avant même d’entrer dans la salle.

En cela, les quarante premières minutes du film frôlent la catastrophe dans cette bête récupération. L’introduction est expédiée dans un montage hyper rapide où se succède quantité de plans kitschs d’une grande platitude. Soit, effectivement, rien à voir avec la narration magnifique en vitraux de l’original. Sauf que dans les faits, nous ne sommes pas trompés sur la marchandise, la voix-off débite exactement la même rengaine, avérant que vous allez revoir le même film…en moins bien. Un sentiment qui se confirme avec Bonjour, le morceau le plus en deçà de cette nouvelle version où la gestion de l’espace, des figurants et de la rythmique est aux fraises, vidant ainsi le passage d’une partie de son ampleur d’antan quand il tente pourtant de l’égaler. Et parce que nous sommes polis, on ne parlera pas de la mauvaise synchronisation de la pourtant jolie voix d’Emma Watson…

S’ensuit à peu de choses près la même enfilade de scènes que dans le dessin animé, avec de bons acteurs hélas mal dirigés débitant des dialogues identiques et/ou anecdotiques. Ce qui marchait dans le dessin animé ne fonctionne pas forcément ici en live, et cette trop forte et inadéquate proximité avec le matériau d’origine laisse augurer du pire pour la suite tant la chose devient artificielle et désincarnée. Ce qui est peu aidé par le filmage à papa de Bill Condon, loin du métier du Rob Marshall d’Into the Woods. Surtout quand on sait que la comédie musicale de Broadway avait déjà essuyé quelques plâtres sur l’impossibilité de transposer fidèlement certains passages.

Bref, on grince un peu des dents, persuadé d’avoir pris un aller simple pour le viol de son enfance (avec 50 mn de plus au compteur) et là arrive le morceau Gaston… Et allez savoir pourquoi, là ça fonctionne. Ce n’est pas une merveille, c’est même bourré de faux raccords mais il y a suffisamment d’énergie, d’idées et de subtiles réinventions pour que la scène prenne une autre dimension. C’est d’ailleurs à partir de là que le film se bonifie vraiment. Comme s’il avait fallu en passer par ce premier acte plan-plan pour enfin accrocher son spectateur ou le faire adhérer à ce que fait le film.

Les cadres deviennent plus travaillés et impactants, le métrage prend de l’ampleur, on se retrouve de nouveau impliqué dans l’histoire et les personnages… . Bref, le minimum attendu de ce qui restera finalement jusqu’à son terme un simple divertissement, mais de correcte facture. Ce avec quelques (trop rares) pointes d’audace et d’émotion. Ça n’empêche pas, encore une fois, ce remake de coller franchement aux basques de son aîné mais avec suffisamment de métier pour prendre un certain plaisir à retraverser ce classique.

D’ailleurs, ironiquement, le film se plante complètement dès qu’il essaye timidement de décompresser certains points de l’intrigue (soit l’une de nos attentes initiales). On voit bien l’intention d’apporter plus de chair à Belle et au Prince mais ça ne fonctionne absolument pas car inutile, amené au forceps et toujours lié aux parents… D’où, malgré des interprètes qui font le taf (mais n’ont pas grand chose de plus à manger), l’impression de personnages plus en surface et en 2D que ceux du film de 1991. Le même commentaire vaut pour l’entièreté d’un casting 5 étoiles majoritairement britannique qui reste droit dans les bottes de ses antérieurs animés. Et ce malgré tout le métier et la classe des rosbifs quand il s’agit de servir un personnage, notamment dans la comédie musicale.

Un reproche ne pourra jamais être fait à Disney, c’est dans la débauche de moyens mise à l’écran pour ses productions. Il y a beaucoup d’argent et ça se voit. Chaque dollar s’incarne dans les costumes, décors, accessoires et impressionnants effets visuels déployés avec soin et minutie. On remarquera d’ailleurs avec amusement que c’est justement cette débauche d’effets visuels qui est aussi pour beaucoup dans le gap qualitatif du film. Leur omniprésence décharge entièrement Condon de la réalisation de certaines séquences (à l’image des meilleures passages d’Ant Man, dus à ILM) permettant à C’est la fête d’être la séquence la plus réussie puisque pensée par des animateurs. Et pour le coup, si elle décalque des images fortes du film original, la scène offre aussi son lot de nouveautés, au même titre que la bataille finale.

Bref, pas grand chose à dire sur une direction artistique impeccable, fastueuse et bien dosée entre pratique et numérique. Le character design des objets enchantés, probablement le plus gros défi à l’oeuvre, est plutôt franc et réussi dans son parti pris et empêche seulement un Big Ben très statique de pleinement convaincre. Une petite déception cependant sur le visage en CGI de La Bête, bien moins convaincant que dans la récente version de Christophe Gans malgré la belle conception globale de la créature.

Et la musique dans tout ça ? Et bien, il faut avouer qu’elle souffre un peu de la surenchère du film. « Trop de notes » disait l’Empereur à Mozart et c’est un peu l’idée dans la ré-orchestration de la légendaire partition. Nanti d’un orchestre plus ample, le sublime travail d’Alan Menken prend quelques allures boursouflées, quelques longueurs dont il pouvait aisément se passer. Attention, ça reste le chef-d’oeuvre de son auteur et un régal pour les oreilles mais, si on doit pinailler, les enluminures n’y sont pas essentielles. Point bonus pour cette version de 2017, quatre nouvelles chansons exclusives (aucune de Broadway n’a été ajoutée et Humain à nouveau n’est pas présente) dont Ensemble à jamais, magnifique et bouleversant morceau de La Bête (sous influence Bossu de Notre-Dame) qui justifie à lui seul la vision du film. Howard Ashman, de là où il est, serait très fier de cet ajout.

En définitive, la redoutée catastrophe n’a pas eu lieu. S’il faut passer au-delà d’un premier acte embarrassant, le long-métrage de Disney est aussi honnête, efficace et plaisant que ses prédécesseurs. Déjà parce que l’amour et le respect pour l’original sont palpables (manquerait plus que ça) mais surtout parce que les canons de production du studio garantissent une vraie tenue de l’ensemble. Prétendre à plus est cependant impossible tant le métrage s’inscrit en luxueux revival plutôt qu’en nouvelle proposition. Sachez-le donc, si cette version 2017 est une jolie anecdote, qui cartonnera sûrement au B.O, l’Histoire Eternelle reste bel et bien celle de 1991.

La Belle et la Bête : Fiche Technique

Réalisation : Bill Condon
Scénario : Stephen Chbosky et Evan Spiliotopoulos
Interprétation : Emma Watson (Belle), Dan Stevens (La Bête / Le Prince), Luke Evans (Gaston), Kevin Kline (Maurice), Ewan McGregor (Lumière), Ian McKellen (Big Ben), Emma Thompson (Mme Samovar),…
Photographie : Tobias A. Schliessler
Montage : Virginia Katz
Musique : Alan Menken
Costume : Jacqueline Durran
Décors : Katie Spencer
Producteurs : David Hoberman , Todd Lieberman, Don Hahn, Thomas Schumacher, Jeffrey Silver, Steve Gaub, Jack Morrissey, Greg Yolen, Alexander Young
Sociétés de Production : Walt Disney Pictures, Mandeville Films
Distributeur : Walt Disney Pictures
Budget : 160 000 000 USD
Genre : Musical, Fantastique
Durée : 129 minutes
Date de sortie : 22 mars 2017

Etats-Unis – 2017

Auteur : Adrien Beltoise

Alita : Battle Angel : Robert Rodriguez se met à la robotique pour les besoins de l’adaptation du manga Gunnm

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Alors que s’apprête à sortir sur nos écrans l’adaptation de Ghost in the Shell, une autre transposition d’un manga avec un robot féminin est attendue au cinéma en 2018. Le projet de longue date Alita : Battle Angel (Gunnm en VF) se concrétise enfin sous la houlette du compère de Quentin Tarantino, Robert Rodriguez.

Les amateurs d’univers cyber-punk peuvent se réjouir. Après l’adaptation de Ghost in the Shell ce mois-ci et la sortie dans quelques mois de Blade Runner 2049, un autre projet similaire projet hollywoodien débarquera l’année prochaine dans les salles obscures. Le réalisateur de Machete Kills s’est en effet récemment attaqué à l’adaptation live du manga Gunnm. La sortie de ce film, Alita : Battle Angel, est prévue pour le 20 juillet 2018 aux USA. D’après des indications d’ IMDB, le film serait déjà en post-production. Selon des informations d’Allocine, le blockbuster de Robert Rodriguez devrait sortir en France le 1er août 2018.

Alita : Battle Angel est une adaptation des quatre premiers tomes de l’œuvre de Yukito Kishiro selon IMDB. En cas de succès, deux autres films sont déjà envisagés par la production.

Le scénario, confié à James Cameron et Laeta Kalogridis, est calqué sur l’intrigue du manga. Suite à une terrible catastrophe naturelle, l’humanité est à bout de souffle. La terre est une décharge géante où les survivants ont sombré dans la violence. La cité paradisiaque de Zalem, suspendue au-dessus de la terre, est le repaire de citoyens privilégiés. Alita (Gally en VF) est sauvée d’une destruction certaine par le mystérieux Dr. Ido au beau milieu d’un fatras de pièces détachées de robots. Le scientifique va permettre à la jeune cyborg d’être intégralement remise sur pied : réparée et restaurée. Elle va alors devenir une incroyable machine de guerre. Elle va traquer et tenter d’éliminer les criminels les plus notoires à la manière des chasseurs de prime. Alita ne parvient pourtant pas à savoir ni qui elle est réellement, ni d’où elle vient. Dans cette quête sur son identité, Alita pourrait même découvrir l’existence des sentiments et tomber amoureuse ! Le docteur Ido est persuadé qu’elle seule pourra briser le cycle de mort et de destruction qui règne sur la planète. Alita serait un ange envoyé du paradis. Un ange de la mort. Parviendra-t-elle à percer également le mystère de Zalem ?

Le casting réunit une pléiade d’acteurs exceptionnels d’après des informations de Den of Geek et Entertainment Weekly. Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Jackie Earle Haley, Ed Skrein, Michelle Rodriguez ou bien encore Eiza Gonzalez. C’est l’actrice Rosa Salazar qui incarnera la jeune cyborg. Trois autres comédiennes auraient pu prétendre au rôle-titre : Maika Monroe, Bella Thorne et Zendaya.

Alita : Battle Angel est une co-production Twentieth Century Fox, Lighstorm Entertainment et Troublemaker Studios. James Cameron devait réaliser ce film depuis de nombreuses années. Son planning surchargé des suites d’Avatar ne lui a donc pas permis de s’attaquer à cette adaptation ambitieuse du manga de Yukito Kishiro. Le réalisateur de Titanic assure la production de ce long-métrage en plus de s’être attaqué au screenplay.

Le film promet des affrontements titanesques entre cyborgs. Alita devra faire face à une galerie de méchants charismatiques à l’esthétique soignée. Le personnage principal, l’héroïne Alita, devrait bénéficier d’effets spéciaux numériques. La technologie 3D basée sur le système d’imagerie stéréo dont James Cameron s’est servi pour ses documentaires aurait été utilisée sur le tournage d’après des révélations d’Imdb.

En cas de succès Robert Rodriguez pourrait délivrer une perle cinématographique pour les amoureux de science-fiction et de mangas. La concurrence s’annonce rude face à Blade Runner 2049 et Ghost in the Shell. Verdict en salles dans le courant de l’été 2018. Espérons simplement  pour le succès du film que la polémique Iron Fist sur le white-washing ne refasse pas surface à l’occasion de la sortie d’Alita : Battle Angel avec la faible présence d’acteurs et de comédiennes d’origine asiatique au casting. Les cartons conjugués de Ghost in the Shell et d’Alita pourrait relancer l’arlésienne de tous les mordus de mangas, le projet fou d’un film live de qualité et ambitieux pour l’œuvre culte de Katsuhiro Otomo : Akira.

Fighting with my Family : Vince Vaughn, Florence Pugh et Nick Frost se mettent au catch avec Dwayne Johnson dans le cadre d’un biopic

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Stephen Merchant s’apprête à réaliser un biopic entièrement dédié à l’univers de la lutte professionnelle. Le casting regroupe des stars à Hollywood et des acteurs britanniques de renom. Le film devrait servir de publicité géante à la franchise de catch américaine qui domine le marché, la WWE, dont les combats sont diffusés sur AB1 et NT1.

Les spectateurs qui avaient apprécié la performance de Mickey Rourke dans le film The Wrestler de Darren Aronofsky risquent de se réjouir avec ce nouveau projet cinématographique dans l’univers du catch. La performance physique de Mickey Rourke a marqué de très nombreux cinéphiles. Les prouesses réalisées lors des combats extrêmes sont encore dans toutes les mémoires. L’acteur de 9 semaines ½, de L’année du dragon et d’Angel Heart signait son grand retour à Hollywood avec un rôle christique. Il incarnait la légende des années 1980, Randy « The Ram » Robinson, qui reprenait du service dans des conventions de catch indépendantes à travers les Etats-Unis. Cette performance a été salué par les critiques et lui a même valu une nomination aux Oscars. Sean Penn dans le film Harvey Milk a pourtant raflé la ceinture intercontinentale… enfin l’Oscar du meilleur acteur à Mickey Rourke cette année-là.

Hollywood s’apprête donc à retrouver l’ambiance des rings de catch, des foules en délire et des sessions d’entraînements éprouvantes pour les besoins de Fighting with my Family. Ce long-métrage sera confié au comédien Stephen Merchant (vu récemment dans Logan), réalisateur et scénariste à ses heures perdues. Le  casting de Fighting with my Family réunit les comédiens Vince Vaughn, Lena Headey, Nick Frost, Jack Lowden, Florence Pugh et l’ancien lutteur Dwayne Johnson « The Rock ». Ce dernier est devenu « l’acteur » le plus bankable à Hollywood en 2016 après ses débuts dans des productions modestes (l’adaptation du jeu vidéo Doom notamment). Il aura d’ailleurs la double casquette de producteur exécutif et de comédien dans ce tout nouveau long-métrage dans l’univers de la lutte professionnelle selon des révélations de Deadline, via sa société Seven Bucks Production.

Ce projet cinématographique de Stephen Merchant est en réalité un biopic sur la famille Bevis qui a entièrement consacré son existence au catch. Leur école de lutte était basée à Norwich en Angleterre. Le père de famille, Ricky Bevis, a débuté cette entreprise folle avec sa compagne afin de tenter d’oublier ses années de précarité et de tourner le dos à son passé criminel. Leur entreprise familiale assez peu conventionnelle dénote fortement face aux machines de guerre américaines. Chaque membre de la famille a entièrement dédié son existence au catch. Tous participent et combattent sur le ring, parfois même l’un contre l’autre. Leur travail acharné et les longues années consacrées à la lutte professionnelle vont finalement porter leurs fruits. Leur fille talentueuse Saraya va réussir à signer un contrat avec la prestigieuse institution de la WWE. La jeune pépite va pouvoir ainsi dévoiler son talent sur la scène internationale en combattant face aux plus grandes athlètes, les divas de la WWE, sur les rings à travers les Etats-Unis. Fighting with my Family devrait donc retracer l’épopée et rendre hommage à ces artisans de l’ombre de la lutte professionnelle dont la fille s’est retrouvée dans la lumière de la WWE.

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La représentante la plus connue de cette famille est effectivement la jeune catcheuse britannique connue sous son nom de scène Paige. La lutteuse professionnelle a malheureusement été récemment la cible, comme de nombreuses stars à Hollywood, d’un odieux et monstrueux hacking de photographies personnelles et intimes. Le tabloïd britannique The Sun a publié un grand nombre d’articles à ce sujet ce mois-ci. La firme de catch pour laquelle elle travaille, la très célèbre WWE, pourrait prendre des mesures disciplinaires contre la jeune femme face à la pression des fans et à l’esprit anglo-saxon assez puritain. Paige a même déjà été suspendue pendant 60 jours en 2016 par la WWE suite à la prise d’antalgiques.

Le film Fighting with my Family pourrait lui même être menacé si le scandale des photographies intimes dévoilées sur Internet prenait des proportions démesurées pour la carrière de la catcheuse britannique. En cas d’annulation, les amateurs de divertissements 100% américains pourront se rabattre sur les adaptations de séries cultes et vintage sous le soleil de la Californie : Baywatch (Alerte à Malibu) cet été ou le film Chips qui sort le 24 mars aux USA.

Fighting with my Family s’inspire en réalité d’un documentaire britannique qu’avait découvert Dwayne Johnson en 2012 sur la famille Bevis. Réalisé pour le compte de Channel 4, ce film s’intitulait The Wrestlers : Fighting with my Family.

D’après des informations d’Imdb, le tournage  du long-métrage de Stephen Merchant aurait déjà débuté. Les prises de vue vont se dérouler à Londres et à Los Angeles. Le scénario du film a été écrit par Stephen Merchant. Ce biopic risque malheureusement d’être beaucoup plus lisse que The Wrestler. Fighting with my Family est en effet une production des studios WWE. L’image des catcheurs a donc fort peu de risques d’être écornée.

Reste à savoir si d’autres lutteurs professionnels participeront au tournage de ce biopic pour les besoins des combats notamment. Paige a été opposée ces dernières années à sa grande rivale AJ Lee. La vie privée des catcheuses a également été mise sur le devant de la scène – du ring – ce qui ne va pas plaire aux féministes ! Paige a été en froid pendant un temps avec la WWE suite au licenciement du catcheur Alberto del Rio avec lequel elle partage sa vie. Lors des combats entre AJ Lee et Paige, les foules hystériques hurlaient le nom du petit ami de AJ Lee, le lutteur CM Punk, afin de décourager Paige et pour afficher leur hostilité face à la catcheuse britannique. Certaines mauvaises langues contestent la véracité des coups portés lors des affrontements sur le ring. Les mises en scènes des combats de catch, souvent critiquées, et la théâtralisation des affrontements pourraient également avoir eu pour conséquences d’entièrement scénariser ces supposés liens et relations entres les catcheurs qui auraient donc été créés de toute pièce pour les besoins des shows et d’une prétendue rivalité entre les athlètes, qui hors caméra sont une grande famille.

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L’actrice Florence Pugh incarnera la catcheuse Paige dans ce biopic sur ses parents et ses frères, les Bevis. Selon des informations de Den of Geek et d’après les publications Instagram de Dwayne Johnson, Vince Vaughn pourrait interpréter le rôle de la légende déchue de la WWF, l’ancêtre de la WWE, Jake « The Snake »  Roberts. Ce lutteur professionnel a eu une enfance terrible marquée par des drames atroces et des abus sexuels. Sa carrière fulgurante au sein de la WWF, et les souvenirs de sa jeunesse traumatisante l’ont confronté à de terribles addictions à la drogue et à l’alcool. Jake Roberts a pu être sauvé et retrouver goût à la vie grâce notamment à l’ancien catcheur Diamond Dallas Page et à la famille Davis. Roberts a effectivement vécu pendant un certain temps aux cotés de la famille de la catcheuse Paige en Angleterre.

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Lena Headey va incarner Julia Bevis, la mère de famille, plus connue sur le ring sous le nom de Sweet Saraya. Nick Frost, le compère inséparable de Simon Pegg, jouera le rôle du père du clan Bevis, le catcheur Ricky Knight. Jack Lowden va jouer le frère de Paige, le lutteur Zak Zodiac.

Dwayne Johnson en plus d’Alerte à Malibu et de Fighting with my Family risque d’avoir fort à faire très prochainement à Hollywood. Les monstres terrifiants issus du jeu vidéo Rampage risquent d’être bien plus durs à terrasser que ses anciens adversaires de la WWE plutôt coriaces comme l’Undertaker ou Stone Cold Steve Austin.

Le film de Stephen Merchant devrait sortir en 2018 aux USA.

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Paris Manga 2017 : les 25 et 26 mars en mode 100% Geek !

Le festival Paris Manga 2017 & Sci-Fi Show est de retour pour une 23ème édition en compagnie des célébrités des sphères Geek et Otaku : les mangakas Masashi Kudo (Bleach) et Kiyo Kyujyo (Trinity Blood), Kerry Ingram et Ian McElhinney de Game of Thrones, Christopher Judge de Stargate SG-1, Josh Herdman de Harry Potter et bien d’autres encore…

Centrée sur les cultures asiatique et britannique, Paris Manga 2017 sera ciblé Geek & Web cette année avec près de 200 exposants et une section web et jeux vidéos encore plus fournie qu’en 2016. Cette convention, marquée par la présence de célébrités des univers des Mangas, des Comics ou de la science-fiction, réunira cette fois – presque toute – la clique de Buffy contre les vampires avec Alex (Nicholas Brendon), Cordelia (Charisma Carpenter) et le décoloré Spike (James Marsters) ainsi que des acteurs de GOT, Stargate SG-1 ou Harry Potter.

Evidemment, les puristes iront à la rencontre des mangakas Masashi Kudo (qui a travaillé sur Bleach, Chain Chronicle, Chobits, NO6, Naruto) et Kiyo Kyujyo (Trinity Blood) ainsi que du scénariste Yasuyuki Muto (Basilik, Bible Black, Afro Samurai, Deadman Wonderland…). Sans oublier les auteurs de comics américains (Whilce Portacio, Jim Lee, Marc Silvestri…) et le croate Esad Ribic qui a travaillé sur Wolverine, X-Men et Thor.

Pour découvrir la liste des invités, rendez-vous ici.

Paris Manga 2017, c’est aussi l’occasion de séances de photoshoots et de dédicaces, de rencontres avec des doubleurs ou des Youtubers (Joueur du grenier, Agent GB, Trash), de conférences, de concerts live (les groupes Plasticzooms le 25 et Galmet le 26 mars) et de nombreuses autres animations comme les concours de Cosplay, véritables hommages à nos héros d’hier et d’aujourd’hui.

Le salon Paris Manga & Sci-Fi Show a lieu deux fois par an au Parc des Expositions, Hall 2.1, Porte de Versailles à Paris. Retrouvez le programme et la billetterie en ligne sur www.parismanga.fr.

About Ray, sortie en DVD / VOD du film avec Elle Fanning et Naomie Watts

Sortie ce mercredi 22 mars du long métrage About Ray, qui suit Elle Fanning en adolescente transgenre désirant devenir un homme. Le film, interprété par la jeune Fanning, Naomi Watts et Susan Sarandon, se veut engagé en abordant des thématiques complexes et de plus en plus d’« actualité », mais, empli de clichés et de maladresses, il n’en restera qu’un feel-good-movie oubliable.

Synopsis : Ray, jeune adolescente transgenre, souhaite devenir un homme. Accompagnée de sa mère et de sa grand-mère, Ray va devoir faire accepter à sa famille cette transition pour enfin s’épanouir. C’est un chemin semé d’embûches pour cette famille dont le père n’a jamais été présent. Chacun tentera de s’opposer à la réalité, avant de finalement comprendre qu’il faudra se serrer les coudes pour traverser ensemble cette épreuve.

Production de 2015, About Ray arrive en ce mois de Mars 2017 en France via les éditions SND M6 Vidéos. Si l’on retrouve les éternelles citations de critiques reprises à usage promotionnel, ainsi que les fameux gimmicks tels que « révélation au festival du cinéma international de Toronto » sur la jaquette du boitier DVD, About Ray est loin d’être l’« œuvre inoubliable » qu’on veut nous vendre.

Le film dirigé par Gaby Dellal veut en raconter beaucoup en peu de temps. Pour ce faire, justement, que faire ? Couper, avoir un rythme rapide, des éléments (des images ou des dialogues) qui disent directement les choses, souvent sans subtilité et humanité, histoire qu’on comprenne vite les enjeux et ce qui se passe dans la progression du récit. Ainsi les plans s’enchaînent à un rythme de clip sur une musique de feel-good movie composée par l’un de ses barons, Michael Brook (Le monde de Charlie ; Brooklyn). Et le propos sur l’être transgenre se perd dans des péripéties mélodramatiques liées aux amours passées de la maman jouée par Naomi Watts, qui alterne entre tragédie pleureuse et joie maternelle, mais qui vire à coup sûr dans le surjeu.

Idem pour Elle Fanning qui rêvait probablement – un an avant sa prestation lumineuse dans The Neon Demon – d’un prix d’interprétation. Mais à vouloir trop en faire, on ne fait pas grand chose à part écrire des grosses lignes à l’encre parfois baveuse. Eh non, raser/couper ses cheveux devant la caméra ne rapporte plus d’oscars aujourd’hui heureusement (quoique…). Mais avouons-le, l’écriture ne l’aide pas. Ray veut devenir pleinement un homme. En cette longue période de transition – pas encore biologique –, elle adopte ainsi des attitudes, et fait certains choix. Lesquels ? Cracher par terre, mâcher son chewing-gum comme une vache, se laisser pousser les poils sous les bras… Bref, tout ce que l’homme devrait être, non ? Bien sûr que non, et c’est là que le film manque de subtilité dans le traitement du personnage qui parfois atteint une certaine complexité lorsque son envie d’une relation amoureuse avec une jeune femme est représentée puis oubliée par le récit, ou encore lorsque Ray travaille sur ses montages vidéo, qui racontent bien plus sur l’épreuve et les difficultés de la transition et de son statut « transgenre » que les dialogues avec sa grand-mère lesbienne mais conservatrice ou encore les larmes de Naomi Watts, mère vaillante et paniquée.

Ainsi About Ray se termine dans un happy-end familial sorti du rayon « feel-good movie », sous-rayon : « sujet ambitieux, complexe et qui peut émouvoir » pour se terminer tel un grand nombre de produits consensuels. On pourra aussi lui reprocher d’avoir oublié de véritablement traiter de l’« être transgenre » dans un contexte aussi embourgeoisé. Ce n’est pas parce que Mamie dit qu’on peut être lesbienne et fermée que c’est abordé. Justement, hormis représenter des new-yorkais petit-bourgeois et cools, où sont exposées les difficultés vécues par Ray au quotidien dans cette famille aux relations humaines plus ou moins complexes et peu communes ?

Bref, on repassera aussi sur l’édition DVD vide de bonus, et manquant d’un sous-menu « chapitres », mais empli des bandes annonces des prochaines sorties, ou devrait-on dire « œuvres inoubliables », éditées par SND M6 Vidéo.

EXTRAIT DU FILM – About Ray

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original : Three Generations – Editeur : M6 Interactions – Edition : Keep Case, PAL, Tous publics
Région : 2 – Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9, Film en Couleurs – Sous-titres : Français

Réalisateur : Gaby Dellal
Avec Tate Donovan, Tessa Albertson, Susan Sarandon, Susan Blackwell, Sam Trammell, Naomi Watts, Max Simkins, Francesca Keller, Gameela Wright, Elle Winter, Elle Fanning, Antonio Ortiz, Jordan Carlos, Linda Emond, Marquis Rodriguez, Mattea Marie Conforti, Maria Dizzia, Marcos A. Gonzalez, Lucca De Oliveira, Andrew Polk
Scénario : Gaby Dellal et Nikole Beckwith
Musique : Michael Brook
Montage : Joe Landauer
Photographie : David Johnson
Décors : Stéphanie Carroll
Costumes : Arjun Bhasin
Genres Comédie, Drame
Date de sortie 22 mars 2017 en DVD (1h 33min)
Editeur : M6 Interactions

Sage Femme, un film de Martin Provost : Critique

Martin Provost réunit les deux Catherine du cinéma français à l’écran, pour dresser les portraits de deux femmes que tout oppose dans Sage Femme.

Synopsis : Des retrouvailles entre deux femmes radicalement opposées après 40 ans avec leurs doses de rancoeur, de mensonges, de mystères et de bouleversement. Le seul point en commun qu’elles possèdent : une homme. Pour l’une, il était son père, pour l’autre il a été son amant.

Deneuve mène la danse.

Il est toujours intéressant de découvrir la rencontre entre deux personnes aux antipodes l’une de l’autre. C’est souvent très riche en comique de situation lorsque c’est bien mené. Il s’agit ici d’une deuxième rencontre : Béatrice revient dans la vie de Claire après des dizaines d’années d’absence et les retrouvailles ne vont pas être de tout repos. Les différences sont aussi attirantes que repoussantes et malgré leurs modes de vie radicalement opposés, Claire se refuse à laisser seule Béatrice. Si la première construit son quotidien avec sobriété et mesure, l’autre choisit le jeu et la séduction. Le caractère des deux femmes semble alors tout tracé au regard de leur vie, pourtant, on découvre tout le contraire dans le film. Celle dont la vie est la plus simple présente une force que l’on ignore au départ, alors que celle qui croit « aux vertus du plaisir » a terriblement peur de ce qui lui arrive et fait tout pour ne pas mourir seule. C’est d’ailleurs grâce à cela que les deux personnages se rejoignent. Si la symbiose est très souvent immensément belle à l’écran, les différences peuvent l’être aussi. Les rires et les reproches lancés à tout-va donnent le ton au film qui promet d’être tumultueux. Catherine Deneuve est incroyable et drôle dans son rôle envahissant tandis que Catherine Frot semble un peu plus dans le contrôle et la retenue bien que soit son personnage qui le veuille. Si Deneuve paraît aussi à l’aise, c’est aussi parce que l’on sent un naturel débordant qui émane de sa voix et de son corps, sans réel besoin de jouer finalement : son personnage lui colle à la peau. Il est vrai que l’on s’attendait à plus d’étincelles de la part de ce duo qui avait pourtant tout pour rendre cette rencontre explosive. Le spectateur attend cette confrontation avec impatience pour n’obtenir que quelques éclats de voix, très bons mais pas suffisants. Les personnages secondaires sont également très intéressants avec Olivier Gourmet et Quentin Dolmaire mais quelques fausses notes font perdre un peu de crédibilité à certaines scènes, bien que ce soit très vite rattrapé par d’autres moments drôles ou émouvants.

Sage Femme est de ce genre de film pas extraordinaire ni bouleversant mais agréable et plaisant à regarder. Sous ses airs de comédie dans laquelle se retrouvent deux immenses actrices, se cachent des thèmes plus subtiles où la mort et l’amour se mêlent vivement. Derrière leurs différences flagrantes subsistent quelques ressemblances : l’amour d’un même homme déjà, puis la fragilité de la vie qui leur permet finalement de se retrouver. L’une est sa fille. L’autre était sa maîtresse. L’une est sage-femme. L’autre va mourir. Autant de différences qui vont se transformer en correspondances au fil de l’histoire. Le rythme est assez lent et le film assez long, mais heureusement certaines touches d’humour nous réveillent un peu. Le personnage de Catherine Deneuve est là pour donner le ton et la cadence au film et finit par transformer celui de Catherine Frot, qui nous fait rire à son tour.
Bien que la force de ce long-métrage de Provost ne repose pas vraiment sur la mise en scène, sa simplicité nuit au rythme car elle a tendance à adoucir le film, qui manque souvent de rebondissements ou d’action. La musique, au contraire, relève le ton et ajoute les émotions là où elles peuvent manquer au spectateur. Rien de surprenant avec Grégoire Hetzel qui avait aussi très bien su sublimer l’histoire entre deux femmes dans La belle saison. Le réalisateur ne fait pas que mettre en image son amour des femmes et l’inspiration qu’elles lui offrent, il rend hommage au métier de sage-femme, pour qui il a un sens particulier puisque l’une d’entre elles lui a sauvé la vie.

Sage Femme : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=VlGBuZQa_dg

Sage Femme : Fiche technique

Réalisation : Martin Provost
Scénario : Martin Provost
Interprétation : Catherine Deneuve, Catherine Frot, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire
Image : Yves Cape
Musique : Grégoire Hetzel
Producteur : Olivier Delbosc
Sociétés de production : Curiosa Films, France 3 Cinéma, Versus Production
Distributeur : Memento Films Distribution
Durée : 117 minutes
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 22 mars 2017

2017 – France

Going to Brazil, un film de Patrick Mille : critique

Pour son long-métrage Going to Brazil, Patrick Mille s’arme d’actrices méconnues mais talentueuses pour offrir une comédie d’aventures de qualité sous fond de road-trip brésilien.

Synopsis : Trois jeunes amies d’enfance, Chloé, Agathe et Lily, vivent à Paris et sont invitées au mariage de Katia, qu’elles n’ont pas vue depuis plusieurs années. Le mariage se déroulant à Rio de Janeiro, les trois copines s’envolent dans une ville de fête, de plaisir et d’excès en tout genre. Cependant, Lily tue accidentellement le mari de Katia, Tinho, alors qu’il tentait de la violer durant une soirée. S’ensuit alors l’aventure de ces trois parisiennes pour s’enfuir du Brésil, accompagnées de Katia, enceinte de sept mois et craignant pour la vie de son enfant. Ensemble, elles doivent échapper au monstrueux père de Tinho, à la police locale et aux narcotrafiquants, tout en recréant une amitié au fil de la fuite…

Il est avant tout essentiel de dire une chose : Going to Brazil est un bon film. Ceci n’était pas un constat évident. Vendu un comme un Very Bad Trip féminin, Going to Brazil s’annonçait comme un divertissement formaté tentant en vain de copier les comédies américaines. Il n’en est rien. Bien que rempli de références à la sauce américaine, le deuxième film de Patrick Mille arrive à trouver sa propre identité.  Le projet de Going To Brazil était relativement simple dans son idée. Une bande de copines va connaître une descente aux enfers au Brésil après un meurtre accidentel. Le pitch du film est extrêmement classique. On retrouve ce genre d’intrigue à la source de nombreuses comédies. L’intérêt de Going To Brazil ne repose donc pas sur son scénario, mais dans son audace de proposer une comédie d’aventures menée par des actrices peu connues.

Un vrai faux Very Bad Trip

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Le prologue du film n’emballe pas. Les personnages semblent stéréotypés et l’on redoute de passer un film entier avec une bande de protagonistes caricaturaux. Mais le film va surprendre rapidement. Le long-métrage joue sans cesse avec les attentes et parvient réellement à étonner le spectateur. Le premier twist arrive assez tôt lors d’une séquence de fête intense et inspirée. Ainsi Going to Brazil ne cesse jamais de faire empirer la situation de ces personnages dans des mésaventures et des retournements de situation inattendus. Pour une comédie, le long-métrage de Patrick Mille ne fait pas rire à gorge déployée mais surprend par son humour noir et impertinent. La révélation de l’identité de l’homme tué par la bande de filles fait basculer le film dans un autre ton et impose de vrais enjeux.

alison-wheeler-margot-bancilhon-philippine-stindel-vanessa-guide-going-to-brazil-armesGoing to Brazil réussit bien plus dans l’aspect suspense que dans l’aspect comique. Le film s’avère très efficace dans sa dimension dramatique. Une réelle pression emporte tout le long du métrage, impliquant le spectateur dans les péripéties des quatre françaises au Brésil. Le pitch de base n’est finalement pas qu’un prétexte et retrouve un écho dans plusieurs des obstacles qui apparaissent au fur et à mesure du film. L’intrigue criminelle et la course-poursuite à travers le Brésil se révèlent vraiment prenantes et intenses. Ceci est assez rare dans les comédies pour être souligné tant les antagonistes sont souvent de simples McGuffin. Ici la menace de la mafia aux trousses des héroïnes a réellement un propos et installe un suspense jusqu’à la fin du film. On pourra justement reprocher une fin bâclée et assez invraisemblable.

Girl Power

Going to Brazil est aussi empreint d’un esprit féministe. On a rarement vu briller une équipe de personnages féminins et courageux au cinéma français. La plupart du temps, ces personnages-là ne sont définis par que leur statut de femme ou de  » demoiselle en détresse « . Tout démarre avec une fille qui arrive à faire face à une tentative de viol. Dans ce film, ce sont les femmes qui ont le pouvoir et cela fait du bien. Le long-métrage s’éloigne des clichés sexistes ou de l’humour beauf, qu’on retrouve dans de nombreuses comédies françaises. La bande de copines est constituée de Vanessa Guide (Les nouvelles aventures d’Aladin), Alison Wheeler (Studio Bagel), Margot Bancilhon (Five) et Philippine Stindel. Les actrices se révèlent naturelles et très convaincantes en tant que copines. Elles sont complémentaires et apportent chacune des nuances à leurs facettes bien définies. Tous les personnages masculins ne valent rien face aux quatre femmes  » badass », et cela fait plaisir de voir les rôles s’inverser pour une fois. Patrick Mille incarne lui un agent consulaire déluré et savoureux.

Going to Brazil n’est pas une comédie qui vous fera exploser de rire, mais un divertissement efficace qui met à l’honneur de personnages féminins forts. Espérons que le cinéma français de divertissement en tire une bonne leçon.

Going to Brazil : Bande-annonce

Going to Brazil : Fiche technique

Réalisation : Patrick Mille
Scénario : Patrick Mille, Sabrina Amara et Julien Lambroschini
Interprétation : Vanessa Guide, Alison Wheeler, Margot Bancilhon, Philippine Stindel, Patrick Mille, Chico Diaz,
Chef monteur : Samuel Danesi
Musique : Florent Marchet et Christian Chevalier
Décors : Claudio Amaral Peixoto
Costume : Marie-Laure Lasson
Producteur : Dimitri Rassam et Benjamin Elalouf
Société de production : Chapter 2 et Moonshaker
Distributeur : Océan Films
Durée : 94 minutes
Genre : Comédie / Aventure
Date de sortie : 22 mars 2017

France – 2017

London House, un film de David Farr : Critique

Avec une intrigue attendue et des références qui viennent affaiblir un propos peu original, David Farr peine à convaincre avec London House, son premier film en tant que réalisateur.

Les autres

Pour son tout premier film en tant que réalisateur, le scénariste et showrunner David Farr se tourne du côté du thriller psychologique et cite rien moins qu’Hitchcock et son Vertigo comme référence. Référence dont il s’avère ne pas être à la hauteur. En effet, l‘intrigue de London House, bien que plantée dans un décor sophistiqué, est prévisible et d’une grande banalité (surtout pour les adeptes des téléfilms à la sauce M6). Tout commence par des plans de bonheur factice : les acteurs sourient, sont beaux et la femme enceinte semble épanouie. Seul bémol : la mère de la future mère (soit la grand-mère du futur bébé) est distante, voire absente. Pire, elle ne semble pas s’émouvoir de la naissance à venir. Cela affecte quelque peu Kate qui fantasme alors sur sa voisine, libérée et délivrée qui fait l’amour à grand bruit avec son mari et le rejoint tous les midis pour manger, quand elle ne tombe pas par hasard dans un vieux tiroir sur une photographie de son frère mort dans des circonstances mystérieuses (mais certainement liées au psychologique). Ce joli décor tombe à la renverse quand Theresa, la voisine également enceinte, perd son bébé à la suite d’une chute malencontreuse sur le félin de Kate, cette dernière n’ayant pas eu le temps de changer l’ampoule grillée du couloir. Le couple du bas a donc de la rancœur envers le couple du haut. Theresa effraie Kate, la fragile et celle qui ne voulait pas vraiment d’enfant, pour la faire passer pour folle. Comment ? A coup de gaz non éteint et de baignoire qui déborde. Bref, le thriller London House lorgne du côté d’un Rosemary’s Baby sans saveur. Par la suite, le couple redevient bucolique avant de retomber dans le cauchemar et tout cela jusqu’à la séquence finale qui elle, lorgne du côté de Vertigo

Manque de saveur

En effet, David Farr se joue de références notamment lorsque Theresa porte le chignon à la Vertigo. C’est justement là tout le problème, on sent les intentions du réalisateur tout le long du film, intentions louables, mais bien trop prévisibles et un peu maladroites. L’intérêt moindre pour l’intrigue n’est même pas sauvé par le casting, exceptée Clémence Poesy, qui reste quand même assez fade dans ce rôle de personnage fêlé de l’intérieur qui tente de se construire. Plongé dans la peur, l’angoisse et la solitude, le personnage évolue finalement peu. Le réalisateur tente plutôt de jouer sur ce que les personnages savent et sur ce que le spectateur découvre avant eux, mais ça ne marche pas toujours, car les ficelles sont plutôt grossières (comme pour le coup du babyphone dans lequel on entend une respiration alors que le personnage du mari de Theresa est annoncé absent dès le début de la soirée). Résultat, tout sonne assez faux et on finit par s’ennuyer devant une intrigue qui aurait pu être haletante. L’opposition et la construction des personnages sont survolées, trop scolaires par rapport aux modèles invoqués et déjà évoqués. London House n’est finalement qu’une bien triste contribution au monde du thriller psychologique et à celui des twists de fin à la Shutter Island.

London House : Bande annonce

London House : Fiche technique

Réalisateur : David Farr
Scénario : David Farr
Interprètes : Clémence Poesy, David Morissey, Stephen Campbell Moore, Laura Birn
Photographie : Ed Rutherford
Montage : Chris Wyatt
Compositeur : Adem Ilhan
Production : Nikki Parrott
Sociétés de production : BBC Films, Cuba Pictures, Tigerlily Films
Distribution: Septième Factory
Durée : 86 minutes
Genre : trhiller
Date de sortie : 22 mars 2017

Grande Bretagne – 2017

Man Seeking Woman, une série de Simon Rich : Critique de la saison 3

Man Seeking Woman, la plus singulière des romcoms fait son grand retour sur FXX pour une saison 3. Cette fois-ci le sympathique loser Josh Greenberg semble enfin avoir trouvé chaussure à son pied. Simon Rich s’attaque au couple à grand coup de métaphores et de parallèles toujours de plus en plus absurdes, mais avec une efficacité certaine.

Synopsis : Après de nombreuses relations et aventures plus ou moins longues, Josh Greenberg trouve en la personne de Lucy, celle qui pourrait enfin être la bonne. Entre amour, jalousie, complicité, famille, travail, l’odyssée d’un couple ponctuée de situations plus rocambolesques les unes que les autres.

Depuis quelques années, de nombreux formats courts essayent de dynamiter le genre de la romcom comme Love ou encore la rock’n’roll You’re the Worst. C’est d’ailleurs sur FXX, la même chaîne que cette dernière,  que se trouve la plus particulière de ces séries, Man Seeking Woman. En deux saisons, la série de Simon Rich, humoriste déjà auteur d’un bouquin à sketchs appelé Homme cherche femme et autre histoires d’amour, a su se faire une place dans un genre déjà vu et revu. Il faut dire qu’elle n’a pas vraiment eu du mal à se démarquer et ça dès l’introduction de son premier épisode, où Josh Greenberg, le personnage principal incarné par un très attachant Jay Baruchel se retrouve à un dîner arrangé avec une sorte de troll. A partir de là, le ton est donné, Man Seeking Woman sera une série comme on en n’a jamais vue. Résultat : il ne sera pas étonnant de voir une conférence militaire sur la façon de répondre à un sms, ou encore la vie privée d’un Cupidon en complète roue libre sur l’Olympe ou bien évidemment la sœur de Josh se mettre en couple avec le Père Noël.

Cependant cet univers complètement absurde où tout est permis est loin d’être gratuit et sert le propos de Simon Rich. Tout cela permet donc de mettre en place des métaphores plus ou moins alambiquées sur la vie de couple et la quête de l’amour de la génération Y. En effet, la série débute par une rupture entre Josh et sa petite-amie avec laquelle il a eu une longue relation. Le revoilà  dans le grand bain du célibat et avec l’aide de son ami Mike, véritable tombeur de ces dames, campé par le génial Eric André, il va alors partir en quête de la nouvelle perle rare. Si la première saison se concentrait beaucoup sur la difficulté du célibat et de se remettre sur le marché de l’amour, la saison 2 quant à elle commençait déjà à s’intéresser aux mécaniques du couple, Josh rencontrant Rosa mi-saison et leur couple étant au centre des intrigues de la seconde moitié. Ce qui nous amène à ce qui nous intéresse aujourd’hui, la troisième saison où cette fois-ci la thématique va prendre une toute nouvelle dimension.

Lors des premiers instants de cette nouvelle saison, nous faisons la connaissance de la jolie Lucy jouée par Katie Findley déjà vue dans How to get away with murder. La jeune femme va vivre une très mauvaise journée, où de nombreux embêtements vont lui tomber dessus, avant au soir de rencontrer Josh et de passer son premier rendez-vous. Lorsque sa coloc lui demandera plus tard comment s’est passée sa journée, elle répondra « plutôt bien ». C’est ainsi que va débuter l’histoire de Josh et Lucy qui va nous accompagner tout au long de cette saison. De la première rencontre jusqu’au grand jour, nous allons en 10 épisodes passer par toutes les étapes d’un couple. Que cela soit l’emménagement, essayer de s’entendre avec le cercle d’amis du conjoint, la décisive rencontre avec les beaux-parents, tous ces éléments déterminants vont être passés au scanner de Simon Rich dans cette troisième saison. L’alchimie entre les deux personnages fait partie des points les plus importants, et si il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à ces dix nouveaux épisodes, c’est la fraîcheur apportée par le couple Jay Baruchel/Katie Findley qui fonctionne à la merveille.

Naturellement, Simon Rich va réutiliser sa recette qui a montré toute son efficacité lors des deux précédentes saisons. Les gags vont alors servir d’illustrations pour ces grandes étapes et cela de façon rarement subtile, mais offrant bien souvent une intelligence maline. Il n’est pas étonnant de voir même des sujets d’actualité s’immiscer dans cette construction. Cela s’illustre par exemple dans le premier épisode où Josh s’incruste de plus en plus dans l’appartement de Lucy au grand dam de ses colocs. Cela va alors être mis en parallèle avec la crise des migrants et va permettre d’offrir un traitement percutant et diablement efficace. L’univers mis en place par Rich lui offre un terrain de jeu quasiment illimité. La série alterne aussi bien des moments poétiques comme Lucy qui se réfugie dans un monde imaginaire peuplé de monstres directement tirés de Max et les Maximonstres lorsque Josh rencontre ses parents ou des moments beaucoup plus rentre-dedans où la subtilité n’est pas la bienvenue. On pensera à cette séquence hilarante où la demande en mariage est remplacée par la sodomie. Délicieusement pop, l’humour de Man Seeking Woman multiplie bien évidemment les références que ça soit au cinéma avec une sympathique revisite du Sixième Sens ou au show business avec une parodie des Oscars où le meilleur témoin de mariage est récompensé.

Malheureusement, si la mécanique de la série avait fait ses preuves dans les deux première saisons, de part cette fraîcheur et son côté complètement imprévisible qui en a surpris plus d’un, cette troisième saison voit tout ça devenir un peu redondant. Les épisodes s’articulent la plupart du temps autour de 3-4 idées et il est au final assez rare de les voir toutes fonctionner. Si certaines sont tout bonnement hilarantes et frappent là où il faut (l’exemple précédent du sexe anal pour représenter le mariage en est une illustration parfaite), certaines sont au contraire très poussives et cela peut parfois déteindre sur tout l’épisode. L’épisode concentré sur Liz qui essaie de se reconnecter avec son père, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et a du mal à être véritablement pertinent, en plus d’avoir une peine énorme à décocher un sourire au téléspectateur. Les épisodes de cette troisième saison sont au final assez inégaux que cela soit entre eux ou, plus problématique, au sein des épisodes eux-mêmes.

Cette troisième saison de Man Seeking Woman est donc le prolongement logique des deux premières. Si l’histoire de Josh passe à la vitesse supérieure, il est difficile de dire la même chose de la série. Embourbée dans un schéma qui ne peut plus miser sur son effet de surprise, cette dernière perd de son impact à de nombreuses reprises et fait preuve d’une inégalité très pénalisante.

Man Seeking Woman : Bande Annonce

Man Seeking Woman : Fiche Technique

Créateur et showrunner : Simon Rich
Autres scénaristes : Robert Padnick, Dan Mirk, Sofia Alvarez, Ian Maxtone-Graham, Marika Sawyer…
Interprétation : Jay Baruchel (Josh Greenberg), Eric André (Mike), Britt Lower (Liz), Katie Findlay (Lucy)
Musique : Allen Simpson
Production : Simon Rich, Lorne Michaels, Jonathan Krisel, Andrew Singer…
Société de production : FX Productions, Broadway Video
Nombre de saisons : 3
Nombre d’épisodes : 3 x 10
Format : 20 minutes
Diffusion U.S.A. : FXX
Diffusion France : _
Genre : Sitcom, Fantastique

Etats-Unis – 2015

 

Fiore, un film de Claudio Giovannesi : critique

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, Fiore, le nouveau drame italien de Claudio Giovannesi met à l’honneur une idylle carcérale entre une jeune fleur rebelle, dénommée Daphné, et Josh. Une histoire d’amour entre interdit et liberté, au cœur de la pénitence… 

Synopsis : Daphné est une adolescente de 17 ans, frêle, jolie, paumée, qui survit dans le métro de Rome en braquant les usagers pour leur voler leur téléphone. Arrêtée, condamnée, elle atterrit dans une prison mixte pour mineurs. Elle y rencontre Josh, rebelle, romantique, à fleur de peau – comme elle. Au sein d’un univers répressif où tout contact entre filles et garçons est interdit, au rythme des conversations échangées d’une cellule à l’autre et des messages clandestins, Daphné et Josh tombent amoureux.

L’adolescence : l’éclosion d’un âge

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C’est à travers le point de vue de Daphné, l’héroïne de ce drame italien, que se déroule l’intrigue. Caméra à l’épaule, les plans-séquences semblent épouser dès les premières minutes le point de vue de la jeune femme. En choisissant ainsi la voie du réel, Claudio Giovannesi espère toucher le spectateur en plein cœur. L’histoire de cette idylle interdit fait naître en nous, une sorte d’empathie pour cette héroïne prisonnière d’un choix : s’assagir au détriment de sa relation, ou bien violer les limites carcérales pour vivre son amour avec Josh. Peu importe sa décision, Daphné est emprisonnée dans un véritable tourment, aux lourdes conséquences. Une seule question se pose alors : est-il possible de vivre l’amour, dans un lieu où ce sentiment est interdit ?

Le monde du cinéma a toujours été traversé par des drames, relatant avec émoi la période fugitive qu’est l’adolescence. Parmi eux, Virgin Suicides (2000), Le Monde de Charlie (2013), ou encore Clip (2012). Ces derniers, aussi distincts soient-ils, contribuent à mieux comprendre cet âge de transition vers la maturité. L’incompréhension et la dépression, faisant souvent figure de sentiments rencontrés durant cette période passagère, sont volontairement passées sous silence dans ce drame romanesque. Pourquoi ? À en croire le réalisateur, Fiore est avant tout une leçon de vie, sur la persévérance. En exposant cette histoire d’amour dans cet univers de pénitence, Claudio Giovannesi souhaite insister sur le fait que cette contradiction n’entame en rien la volonté d’accomplissement de ses propres choix.

Fiore met ainsi au goût du jour le drame adolescent, en insistant sur le désir quasi obsessionnel de liberté. Daphné, fleur rebelle, est comme de nombreux jeunes, confrontée à la recherche d’elle-même. Auparavant poussée par un excès de délinquance, cette jeune femme en quête d’identité semble peu à peu se reconstruire grâce à la force de l’amour.

Dépeindre la réalité

Claudio Giovannesi réussit un challenge ambitieux, celui de reconstituer l’univers carcéral avec un réalisme transcendant. À aucun moment le réalisateur ne tombe dans l’exagération.

C’est donc avec un naturel singulier que Claudio Giovannesi passe sous silence les sombres conditions de la vie carcérale telles que la maltraitance, l’hystérie ou encore la violence. Fiore mais ainsi à l’honneur l’indifférence de ce milieu, où règne pourtant tout désespoir.

« Malgré l’environnement carcéral du film, ce qui nous émouvait, ce n’était pas tant le récit moral sur le délit et la peine mais les sentiments des adolescents contraints à l’enfermement. » Claudio Giovannesi

De plus, les acteurs choisis pour incarner les personnages principaux et figurants sont des amateurs. Ce choix, pour le moins stratégique, permet aux acteurs d’insuffler à leur rôle une part de leur personnalité, expériences… Bref une part d’eux-même. Séduit dès les premières secondes de l’intrigue, le spectateur se retrouve ainsi au cœur d’un réalisme profond, tantôt touché, tantôt troublé par cette histoire à la limite du Bonnie and Clide.

« Je travaille avec des acteurs non-professionnels. Ce sont eux qui font la richesse de mes personnages. » Claudio Giovannesi

Tout comme la beauté d’une fleur, Fiore restitue l’univers carcéral en y ajoutant cette petite lueur d’espoir et ce grand torrent d’amour. Une petite pépite cinématographique d’un nouveau jour, à découvrir sans plus attendre.

Fiore : Bande annonce

Fiore : Fiche technique

Réalisation : Claudio Giovannesi
Scénario : Claudio Giovannesi, Filippo Gravino, Antonella Lattanzi
Interprétation : Daphne Scoccia (Daphné), Josciua Algeri (Josh), Valerio Mastandrea (Ascanio Bonori), Laura Vasiliu (Stephania)…
Image : Darius Khondji
Montage : John Axelrad
Musique : Claudio Giovannesi, Andrea Moscianese
Décors : Daniel Frabetti
Costume : Olivia Bellini
Producteur : Rita Rognoni, Beppe Cashetto
Société de production : Pupkin Production, IBC Movie, Rai Cinema
Distributeur : Paradis Films
Durée : 109 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 22 mars 2017

 

 

Interview de Götz Otto, Agnès Godey pour le film Vesper de Keyvan Sheikhalishahi

Sélectionné au Festival du court métrage indépendant de Londres 2017, Vesper est le premier film professionnel de Keyvan Sheikhalishahi. Après la première projection privée, à laquelle l’auteur nous a chaleureusement conviés, il s’est entretenu avec nous en compagnie de son casting trois étoiles…

1) Extraits de l’interview (vidéo complète en fin d’article) :

Vous parliez de votre amour pour Hitchcock ou Paul Verhoeven, mais on sent également énormément l’influence du David Lynch de Mulholland Drive, est-ce un film que vous aimez ?

Keyvan Sheikhalishahi (auteur-réalisateur/acteur) : Mulholland Drive était un film révélateur pour moi, ça m’a bouleversé et transcendé… C’est un film déclencheur de ce que je veux faire dans le cinéma…

Comment êtes vous arrivés sur ce projet et qu’est-ce qui vous a motivés à travailler avec un réalisateur dont c’est le premier film professionnel ?

Götz Otto (acteur) : Le scénario est dense et compliqué… C’est une grande chance pour moi de tourner dans un film avec beaucoup d’espoir et d’énergie…

Agnès Godey (actrice) : …J’adore l’univers Hitchcokien et les méandres psychologiques… Keyvan, je pense, emporte tout le monde…

Si vous ne deviez plus tourner qu’un film, quel en serait le genre et le réalisateur rêvé ?

Götz Otto : Retravailler avec Steven Spielberg dans un rôle plus grand (Götz était un officier nazi dans La liste de Schindler) car c’était vraiment une expérience extraordinaire pour moi…

Et vous Keyvan, si vous ne deviez plus tourner qu’un film, quel en serait le genre ?

Keyvan Sheikhalishahi : Le thriller psychologique…

2) Retour en arrière sur les carrières respectives de nos trois hôtes :

Keyvan Sheikhalishahi réalise des courts métrages depuis l’âge de onze ans. En 2014, son film amateur Turba impressionne par sa maîtrise technique. Deux ans plus tard, le jeune auteur revient aux commandes de Vesper, court métrage naviguant dans les eaux troubles du thriller psychologique. Keyvan est cette fois entouré de professionnels comme Jean-Claude Aumont à la photographie tandis que le géant allemand Götz Otto et l’actrice Agnès Godey s’affrontent aux côtés du cinéaste qui interprète le neveu du couple.

Götz Otto est un acteur Allemand qui a déjà à son actif plus de 60 longs métrages. Sa taille (1m98) un peu handicapante pour trouver des rôles (comme il nous l’avoue dans notre interview), lui a quand même permis de jouer aux États-Unis dans les remarquables La liste de Schindler, La chute ou en vilain blond contre le flegmatique et retors Pierce- 007 -Brosnan dans Tomorrow never dies. En France, il a récemment participé aux derniers épisodes des Visiteurs ainsi qu’au Astérix et Obélix : au service de sa majesté. Dans Vesper, il incarne Walter, figure inquiétante qui tourne autour de Marge.

Agnès Godey est une actrice vue principalement dans des web-séries, des téléfilms et au cinéma auprès notamment de Jean-Pierre Mocky dans Tu es si jolie ce soir. En blonde mystérieuse dans Vesper, elle fait immédiatement penser aux héroïnes d’Hitchcock, de De Palma et David Lynch.

3) Vesper le film : impressions à chaud :

Le premier court métrage professionnel de Keyvan (18 printemps seulement) en dit long sur sa capacité et son envie de créer une ambiance mystérieuse. Inspiré selon lui par les films d’Hitchcock et les thrillers vénéneux de Paul Verhoeven, les premières scènes de Vesper rappellent surtout le David Lynch de Mulholland Drive.

Qui est Marge, pourquoi est-elle hantée par des rêves d’étoiles et par la silhouette imposante de Walter (Götz Otto magnétique et charismatique en diable crève l’écran) ? Qu’est-il arrivé au neveu du couple ? Qui sont le coupable et la victime dans ce jeu de pistes mental ?

Keyvan mélange rêves, réalité et fantasmes dans une succession de séquences magnifiquement mises en scène. L’auteur sème ses indices sans apporter de réponses claires à son puzzle psychologique. Avant de nous montrer son film, Keyvan nous a rappelé sa note d’intention, son désir : illustrer la façon dont une personne se remet (ou non) d’un événement traumatique. Chacun sera donc libre de se faire son idée sur les personnages, ce qui s’est passé entre eux et si l’on est dans la réalité ou perdu dans les dédales émotionnels d’une femme brisée (Impeccable Agnès Godey).

Si le format du court (23 minutes) limite un peu le développement des personnages et surtout de l’intrigue, une chose est sûre, la carrière du jeune Keyvan Sheikhalishahi ne fait que commencer. Sa maîtrise technique et son ambition de raconter des histoires complexes en font un jeune espoir à suivre de près.

Retrouvez notre entrevue exclusive lors de la première projection privée du film avec le réalisateur et ses deux acteurs étoiles.