Accueil Blog Page 610

Mademoiselle : Sortie DVD, Blu-Ray & VOD le 22 Mars 2017

Ce mercredi 22 Mars sort Mademoiselle de Park Chan-wook en DVD et Blu-Ray, sélectionné en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2016, ce thriller vénéneux à la photographie chatoyante nous entraîne dans un infernal jeu de manipulations.

« Malgré les quelques failles de son écriture, en grande partie dues au grand nombre de sujets abordés et à une surenchère de scènes de sexe se voulant choquantes, Mademoiselle est parmi les réalisations les plus abouties que le cinéma coréen ait su nous offrir ces dernières années. Une œuvre ensorcelante dont la beauté des images et le charme vénéneux du récit resteront longtemps imprimés sur nos rétines.»

Après Stoker, le cinéaste coréen Park Chan-wook nous transporte dans un ballet d’amour sulfureux à la mise en scène virtuose.

Synopsis : Corée, années 30. Sookee est une jeune voleuse qu’un arnaqueur notoire fait engager comme servante auprès de Hideko, surnommée « Mademoiselle », une riche héritière issue de la bourgeoisie japonaise en vue de l’influencer à la faire l’épouser. Les deux femmes vont se rapprocher sans que Sookee prenne conscience des névroses et des secrets que dissimule sa maîtresse.

Inspiré du roman à succès « Du bout des doigts », Park Chan-wook signe son meilleur film depuis le brillant Old Boy. Par son intrigue d’une richesse rare, sa réalisation d’une efficacité renversante et son esthétisme inouï, Mademoiselle a été la révélation du dernier Festival de Cannes. Ce nouveau chef-d’œuvre coréen nous entraine dans un thriller sensuel où trahison, passion et manipulation sont les maîtres du jeu.

Sortie Dvd et Blu-ray: Mademoiselle

Mademoiselle-3D-DVD

DVD – Détails Techniques
LANGUES : Français – Coréen • SOUS-TITRES : Français
SON : DTS 5.2 et 2.0 • IMAGE : 16/9 – 2.39 • COULEUR • DURÉE : 140min + BONUS

Mademoiselle-The- Handmaiden-Plastique-3D-BD

BLU-RAY – Détails Techniques
LANGUES : Français – Coréen • SOUS-TITRES : Français
SON : 5.1 et 2.0 • IMAGE : 16/9 – 2.39 – Full HD 24p • PAL • COULEUR • DURÉE : 145min + BONUS

Suppléments communs aux deux éditions : Making of, Casting à Cannes Interview du réalisateur

Édition Limitée 2 Blu-Ray inclus la version longue inedite du film (VOST – 23 mn de scènes supplémentaires et allongées + La Version Cinéma)

Mademoiselle : Bande annonce

Mademoiselle (Ah-ga-ssi)
Réalisation : Park Chan-wook
Scénario : Chung Seo-kyung, Park Chan-wook d’après : le roman Du bout des doigts de : Sarah Waters
Interprétation : Kim Min-hee (Hideko), Kim Tae-ri (Sookee), Ha Jung-woo (le comte), Cho Jin-woong (oncle Kouzuki), Kim Hae-sook (Mme Sasaki), Moon So-ri (la tante)
Image : Chung Chung-hoon
Décors : Ryu Seong-hee
Costumes : Cho Sang-kyung
Son : Bae Il-hyuck, Kim Suk-won, Jung Gun
Montage : Kim Sang-bum, Kim Jae-bum
Musique : Cho Young-wuk
Producteur(s) : Park Chan-wook, Syd Lim
Production : Moho Films, Yong Film
Distributeur : The Jokers, Bac Films
Durée : 2h25
Date de sortie : 1 novembre 2016
Corée du Sud – 2016
Sortie DVD et Blu- Ray : 22 mars 2017
Éditeur: M6 Interactions
Edition : Keep Case, PAL, Interdit aux moins de 12 ans

Z Nation Saison 3: Sortie DVD & Blu-Ray le 22 Mars 2017

Sortie DVD & Blu-Ray ce mercredi 22 Mars de la série Z Nation Saison 3, un show de zombies semblable à un gros défouloir, à des antipodes du titan The Walking Dead.

Si The Walking Dead monopolise toute l’attention, Z Nation est une série de zombies fun et décomplexée. La série, diffusée sur Syfy, ne se prend jamais au sérieux au plus grand plaisir des spectateurs. Oubliez les hésitations interminables et les prises de tête intellectuelles, Z Nation est à des kilomètres de la série AMC. Si le ton de la série est bien plus léger, c’est aussi grâce à ceux qui tiennent les manettes. En effet, à l’origine de cette série on retrouve The Asylum, boîte de production responsable de Sharknado et Abraham Lincoln, tueur de zombies. Z nation est une excellente série B, violente et sans véritable prétention.

Une série B de qualité

Lancée le 12 septembre 2014, la série a été créée par les inconnus Karl Schaefere et Craing Engler. Au casting, on retrouve Kellita Smith, DJ Qualls (The Man in the High Castle), Keith Allan (Kill Me, Deadly)… Si la majorité de ces noms ne vous disent rien, c’est normal. Z Nation s’inscrit dans la pure tradition des séries B, avec une ribambelle  d’acteurs méconnus. Du côté des personnages, il ne faudra pas chercher un quelconque fond. Les personnages sont relativement clichés, ne sortant quasiment jamais de leurs stéréotypes. Du côté de l’intrigue, rien de complexe n’a été au programme durant les trois premières saisons. Le pitch de base n’est finalement qu’un prétexte pour voir une bande de survivants se déchaîner face à des zombies agressifs. Amateurs d’hémoglobines, vous serez ravis tant les scènes d’action sont violentes et nombreuses. Malheureusement pour certains et heureusement pour d’autres, la série est remplie de moments invraisemblables et de dialogues ridicules. Certains apprécieront le décalage et se prêteront au délire, alors que beaucoup ne supporteront pas le grotesque des bébés zombies et le « zombinami« . Si la série n’évite pas la comparaison avec le monument The Walking Dead, elle reste une alternative bien moins sérieuse mais tout aussi agréable à regarder.

CARACTÉRISTIQUES DVD

dvd-z-nation-saison3-m6

Durée – 15 épisodes de 42 minutes

Vidéo – Formats image : 1.77 et 2.35 – 16/9 – couleur

Audio – Langues : Français – Anglais / Sous-titres : Français / Format sonore : Dolby Digital 5.1

Bonus – Making-of / Zoom sur les maquilleurs / La Chasse est ouverte / Teaser

CARACTÉRISTIQUES BLU-RAY

z-nation-blu-ray-siason3-m6

Durée – 15 épisodes de 42 minutes

Vidéo – Formats image : 1.77 et 2.35 – 16/9 – couleur – 1080p

Audio – Langues : Français – Anglais / Sous-titres : Français / Format sonore : DTS-HD MASTER AUDIO 5.1

Bonus – Making-of / Zoom sur les maquilleurs / La Chasse est ouverte / Teaser

CARACTÉRISTIQUES DVD : Z Nation – L’intégrale des saisons 1/2/3
3D-Z-NATION-INTEGRALE-DVD-saison1a3

Édition : Coffret, 12 DVD, PAL, Interdit aux moins de 12 ans
Audio : Anglais Dolby Digital 2.0, Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.77, Format DVD-9, Film en Couleurs
Sous-titre : Français – Contenu : « Z Nation – Saison 1 » – « Z Nation – Saison 2 » – « Z Nation – Saison 3 »

Synopsis : L’intrigue se déroule dans un monde post-apocalyptique envahi par des zombies et où les rares survivants humains tentent tant bien que mal de rester en vie. L’unique espoir de l’humanité est Murphy, un ancien prisonnier. Un prototype de vaccin lui a été injecté contre sa volonté afin de contrer le « virus zombie » et il est devenu la seule personne vivante connue à avoir survécu à des morsures de morts-vivants. Il est donc impératif de le garder en vie afin de produire d’autres antidotes à partir de son sang. Aidé malgré lui de plusieurs compagnons tel que Garret, ancien membre de la garde nationale, Warren, «Doc», «10 Mille», «Addy» et Mack ou encore la mystérieuse Cassandra, il fait route vers un laboratoire de Californie. Mais le temps presse et beaucoup de questions restent sans réponses. Sans oublier que l’antidote fait subir à Murphy une bien étrange évolution…

logo-m6-videoCréée par  Karl Schaefer, Craig Engler (2014)
Avec : Kellita Smith (Roberta Warren) DJ Qualls (Citizen Z), Keith Allan (Murphy), Anastasia Baranova (Addy Carve), Russell Hodgkinson (Doc),  Nathaniel Zang (10K), Emilio Rivera (Escorpion)…
Nationalité : Américaine
Genre : Drame, Epouvante-horreur, Action
Format  : 42 minutes
Sortie DVD, Blu-Ray : 22 mars 2017
Éditeur : M6 Interactions

Z Nation Saison 3 : Bande-annonce

 

Un biopic sur l’écrivain J.D Salinger, l’auteur du roman The Catcher in the Rye, bientôt en salles

0

La vie de l’un des écrivains américains les plus mystérieux sera bientôt abordée dans une œuvre cinématographique. Ce biopic, intitulé Rebel in the Rye, va bénéficier d’une exploitation dans les salles obscures américaines dans les mois à venir.

La société IFC Films a acquis les droits de distribution en Amérique du Nord du biopic du scénariste et comédien Danny Strong sur l’écrivain américain J.D. Salinger d’après des informations de la rédaction de VarietyRebel in the Rye s’annonce comme un film ambitieux sur la jeunesse de l’homme de lettres qui a vécu en ermite de très nombreuses années de sa vie jusqu’à sa disparition en 2010. Ce biopic est basé sur l’ouvrage de Kenneth Slawenski : J.D Salinger : A Life.

Le casting de ce film sur l’une des personnalités majeures de la littérature américaine réunit notamment Kevin Spacey, Zoey DeutchLucy Boynton, Victor Garber, Hope Davis, Brian d’Arcy James ou bien encore Amy Rutberg. Le comédien Nicholas Hoult incarne l’auteur J.D. Salinger qui a immortalisé dans l’imaginaire collectif le personnage du jeune Holden Caulfied dans son roman L’Attrape-Cœurs (The Catcher in the Rye).

Le film de Danny Strong, Rebel in the Rye, doit sortir à l’automne 2017 aux USA. Ce long-métrage a déjà bénéficié d’une projection en avant-première mondiale lors du festival de Sundance en janvier dernier. Aucune date de sortie en France n’a pour l’instant été dévoilée.

L’intrigue se focalisera sur les débuts de la carrière littéraire du jeune Salinger à l’époque où il entamait l’écriture de son chef-d’oeuvre The Catcher in The Rye. Le scénario devrait se concentrer dans un premier temps sur l’influence de son mentor à la prestigieuse Columbia University, le professeur Whit Burnett (incarné par Kevin Spacey). Ses expériences pendant la Seconde Guerre Mondiale seront également abordées. Sa relation amoureuse avec Oona O’Neil (interprêtée par Zoey Deutch) risque d’être bouleversante. La jeune femme s’est en effet finalement mariée avec Charlie Chaplin en 1943.

Les cinéphiles qui avaient apprécié l’immersion de Walter Salles sur les traces de Jack Kerouac dans Sur la route ou l’interprétation de James Franco sous les traits d’Allen Ginsberg dans Howl risquent donc de savourer cette nouvelle exploration de la vie d’une des légendes de la littérature américaine. Salinger a bercé des générations entières de lecteurs sur le spleen adolescent et le passage à l’âge adulte. Sa vie privée et son choix saisissant de se couper du monde après les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale ont laissé planer beaucoup de mystères et de zones d’ombre. Le biopic de Danny Strong, basé sur l’enquête solide de Kenneth Slawenski, devrait rétablir un certain nombre de vérités et apporter un éclairage passionnant.

Sortie DVD & Blu Ray de Planétarium : retour sur un film ambitieux

Ce mardi 21 mars sort en DVD & Blu Ray Planétarium, un film français particulièrement ambitieux signé Rebecca Zlotowski.

Synopsis : Paris, fin des années 30. Kate et Laura Barlow, deux jeunes mediums américaines, finissent leur tournée mondiale. Fasciné par leur don, un célèbre producteur de cinéma, André Korben, les engage pour tourner dans un film follement ambitieux. Prise dans le tourbillon du cinéma, des expérimentations et des sentiments, cette nouvelle famille ne voit pas ce que l’Europe s’apprête à vivre.

Un film incompris ?

Si l’on en croit les critiques de la presse internationale, Planétarium n’est ni plus ni moins qu’un énorme ratage. Sorti en salles le 16 novembre 2016, ce drame français est décrit comme étant trop planetarium-sortie-dvd-film-portman-natalie-lily-rose-deepambitieux. Pourquoi ? Le casting, centré sur la charismatique Natalie Portman et la novice Lily-Rose Depp, est pourtant des plus prometteurs. Le scénario particulièrement attrayant nous plonge au cœur du tourment des années 30. La bande-son, signée Robert Coudert est quant à elle un mélange lyrique des plus envoûtants.

Planétarium, drame tant contesté est pourtant bel et bien un film bouleversant qui nous plonge dans la période rarement exploitée de l’avant-guerre.

Deux rares étoiles

Le jeu d’acteur de Natalie Portman et de Lily-Rose Depp est sans aucun doute ce qu’il y a de plus captivant dans ce film. Ces deux vedettes du cinéma réalisent dans Planétarium un duo fascinant, entre la grâce du personnage de Laura, et la quelque peu fantomatique Kate…Bref nous succombons littéralement à cette performance des plus romanesques.

Natalie Portman, adepte des rôles époustouflants, nous prouve une fois de plus son véritablement talent à se glisser à travers des personnages certes pour le moins distincts  mais toujours aussi fascinants. À travers son magnifique rôle de Laura, Natalie Portman continue de gravir inlassablement, les marches de la gloire. 

Devenue en l’espace d’un instant le nouvel icône d’Hollywood, la jeune Lily-Rose signe avec cette performance, un avenir prodigieux. C’est par le biais de la magnétique Kate, que la jeune actrice nous transporte au cœur de cette histoire dramatique, digne de réalité.

Même si l’interprétation des deux figures du cinéma a divisé un certain nombres de spectateurs, il est pourtant impossible de nier le fait que Natalie Portman et Lily-Rose Depp se sont trouvées. Ce duo, plein de poésie, nous transporte dès la première minute au coeur d’un univers purement romanesque. On adhère… ou pas !

Une photographie esthétique

Pour certain c’est une déception pour d’autre, une révélation. Nous faisons parti de ces derniers, qui perçoivent avant tout, l’esthétisme bouleversant de ce drame. Simplement beau, le scénario de Planétarium se révèle non  seulement au travers de son intrigue, mais également grâce à sa photographie emplie de délicatesse. Petit coup de cœur pour la scène de danse enneigée, où se glisse officieusement une ressemblance à l’illustre scène finale de Edward aux mains d’argent, de Tim Burton. Référence filmique ou simple similitude ? Quoiqu’il en soit, Planétarium est avant tout un drame romanesque, baigné par un esthétisme fascinants

Marguerite Duras le disait : « On ne sait jamais ce qui est sur le point de changer ». C’est le cas véritablement avec ce film, tant contesté mais pourtant si beau…

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

planetarium-sortie-dvd-film

Édition : Keep Case, PAL, Tous publics

Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1

Image : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9, Film en Couleurs

Sous-titres : Français

Durée : 105 minutes

Bonus : Scènes coupées + Bande annonce

Prix : 19.99€

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES BLU RAY

Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1

Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.35, Format DVD-9, Film en Couleurs

Sous-titres : Français

Bonus : Une solliciteuse

  • Korben secret
  • La poésie me fait
  • Korben rêves

Récompense : Sélection Mostra de Venise 2016, hors-compétition

Sortie DVD : 21 mars 2017

Distribution: Ad Vitam

Editeur : Editeur, TF1 / Ad Vitam

Edition : Keep Case, PAL, Tous publics

Prix 19.99€

Interview de Lucas Stoll pour son film Breaking-Bad : The Movie

À l’occasion du fulgurant succès de Breaking-Bad : The Movie, Lucas Stoll, jeune réalisateur tout terrain, nous a raconté comment ce projet hors du commun a pu voir le jour. Retour sur les débuts prometteurs de cet artiste éclectique…

I/ L’éclatant projet : Breaking-Bad : The Movie

« On voulait que le film puisse exister en tant que tel »

Tu as travaillé avec Gaylor Morestin, d’où vous est venu ce projet de transformer la série Breaking Bad en un film de deux heures ?

Lucas Stoll : Alors qu’on se voyait un soir, Gaylor me parle de son concept : « Ça me ferait marrer de voir à quoi ressemblerait une série si elle était remontée sous forme de long-métrage ». Étant fans de la première heure de Breaking Bad tous les deux, je lui ai tout de suite répondu : « Et si on commençait demain  avec cette série ?! ».
C’est comme cela que le projet est né.

Quelle est votre première intention ? Est-ce pour vous une simple volonté de résumer Breaking Bad ?

Lucas Stoll : Au contraire. Le but n’était pas de faire un mash-up ou un regroupement de tous les meilleurs moments de la série. On voulait que le film puisse exister en tant que tel, et que des personnes n’ayant jamais vu la série puissent comprendre les intentions scénaristiques du long-métrage de A à Z.

Quelles ont été vos démarches et sur quels aspects avez-vous voulu insister ?

Lucas Stoll : On s’est vite rendu compte qu’il nous faudrait faire des choix décisifs pour pouvoir tenir un film de 2h. « Breaking Bad – The Movie » raconte donc l’histoire de Walter ; et Jesse, qui au final est aussi important que lui dans la série, a dû passer un peu plus à la trappe dans notre film.

Comment qualifierais-tu ce projet ?

Lucas Stoll : Pour nous il s’agit avant tout d’un essai. C’est le concept qui nous a séduit dans cette démarche.

Quelles ont été les difficultés ?

Lucas Stoll : Elles ont été scénaristiques tout d’abord. Il a fallu par moment grâce au montage réécrire certains passages de la série dans le film, car on ne pouvait pas s’étendre sur des moments secondaires. Et puis le projet nous a demandé énormément de patience. Il y a eu en tout 12 versions différentes pour arriver jusqu’à la toute dernière.

Il a dû y avoir encore entre 4 et 6 mois de travail entre notre version 1 et la version 2. On a voulu « livrer » un film le plus cohérent et compréhensible possible même si, bien sûr, il n’est pas parfait, on en a bien conscience.

Quelles conclusions en tirez-vous?

Lucas Stoll : Que c’est long. Très long. Et qu’on est très heureux d’avoir enlevé tous les passages ennuyeux de Skyler dans la série.

« Puis en une semaine, le projet a fait le tour des médias du monde entier. »

Walter White, personnage culte des années 2010, incarne-t-il pour toi une sorte d’anti-héros ?

Lucas Stoll : La différence entre une série de 50h et un film de 2h, c’est que la personnalité et le back-ground de vos personnages sont bien entendu moins développés dans un film. C’est aussi cela que l’on voulait montrer.

Plusieurs personnes nous ont reprochés un Walter White limite « trop clean » et, effectivement, c’est presque un bisounours dans notre adaptation comparé à la série. Mais c’était impossible d’en montrer plus sur sa personnalité tout en faisant avancer l’intrigue.

Ce projet a duré deux ans, vous êtes-vous dit à un certain moment que le défi serait finalement irréalisable ?

Lucas Stoll : Au tout début du projet, on s’est remis à regarder toute la série avec Gaylor, papier et crayons en mains, afin d’annoter tout ce qui pouvait être pertinent pour notre projet. A la fin de la première saison, on a commencé à dérusher et à faire un prémontage de ces premiers épisodes. Ça nous a pris moins d’une semaine et on était super content. On pensait qu’on arriverait à finir le film en 3 mois top chrono. Mais plus on avançait dans les saisons, plus c’est devenu difficile.

En deux ans, on s’est effectivement dit plus d’une fois qu’on s’était lancé un pari impossible. Mais vu qu’on n’est pas du genre à baisser les bras, on a continué à s’encourager à tour de rôle quand l’un de nous avait un peu une baisse de régime.

Comment le film a-t-il été reçu ? Avez-vous eu des retours de Vince Gilligan ou des acteurs ?

Lucas Stoll : On a eu la chance d’avoir un très bel article dans Clique, qui a ensuite été relayé dans plusieurs médias français. On était très content avec Gaylor. Puis en une semaine, le projet a fait le tour des médias du monde entier. On ne s’y attendait pas du tout, mais on est ravi.

Pour des questions de droits, Sony a actuellement bloqué le projet. Ce qui est compréhensible. Mais on serait honoré de recevoir un retour (même négatif!) de Vince Gilligan ou de la part des comédiens.

II/ Qui est Lucas Stoll ?

« Je suis un enfant de la pop culture »

Peux-tu nous expliquer ton parcours ?

Lucas Stoll : Originaire d’Alsace, c’est à 12 ans, en piquant le caméscope de mon oncle, que j’ai commencé à tourner des courts-métrages, d’abord avec mes playmobils, puis avec de la famille, et de fil en aiguille, c’est un forgeant que je suis devenu forgeron et que j’ai eu l’occasion de rejoindre des tournages de plus en plus importants dans la région.

Pourquoi la réalisation ?

Lucas Stoll : Ce dont j’ai le plus envie, c’est avant tout de raconter des histoires et de créer des univers.

Quelles sont tes inspirations (cinématographiques, artistiques…)?

Lucas Stoll : Le cinéma français a son lot de metteurs en scène assez incroyables, ayant chacun leur propre univers. C’est ce qui me touche le plus dans un film. Je pourrai citer Tati, Jacques Demy, le cinéma de Jeunet & Caro, Quentin Dupieux, Valérie Donzelli,…

Peux-tu nous parler de tes réalisations jusqu’à maintenant ?

Lucas Stoll : J’ai eu la chance de pouvoir réaliser des choses très éclectiques, allant du court-métrage au clip, en passant par le web ou encore la publicité.

Je ne cherche pas à rester dans un seul genre bien précis, au contraire, c’est la diversité des projets qui m’intéresse. C’est pour cela qu’on s’est lancé dans un projet tel que Breaking Bad avec Gaylor, et je suis actuellement en préparation de mon premier documentaire.

« Je ne cherche pas à rester dans un seul genre bien précis, au contraire, c’est la diversité des projets qui m’intéresse. »

Comment qualifierais-tu ton travail ?

Lucas Stoll : Je suis un enfant de la pop culture, qui a grandi avec le cinéma des studios Amblin et qui rêve d’aventure. Je pense que c’est ce que j’essaye de retranscrire au maximum dans mes réalisations.

Travailles-tu actuellement sur un nouveau projet ?

Lucas Stoll : Plusieurs projets assez différents sont en préparations et d’autres actuellement en post-production.

Un clip que j’ai co-réalisé avec Alexis Bambi, animateur 2D/3D, va bientôt voir le jour. C’est un petit bébé que l’on chéri depuis plusieurs mois et qui devrait débarquer dans les semaines à venir sur l’internet.

C’est par le biais d’un travail très éclectique, que le jeune réalisateur tout terrain se dessine un avenir prometteur dans l’industrie cinématographique. Lucas Stoll n’a véritablement pas fini de nous surprendre…

El Soñador-The Dreamer, un film de Adrián Saba : Critique cinéma

Sélectionné dans une trentaine de festivals internationaux, le nouveau long-métrage de Adrián Saba surprend autant par son esthétisme que par sa poésie. El Soñador-The Dreamer est comme son nom l’indique, le songe de toute une vie…

Synopsis : Pour échapper brièvement à sa morne existence de petit délinquant, Sebastián se laisse dériver dans le monde de ses rêves. C’est le seul où il peut se protéger, lui et son amour pour Emilia, et échapper aux menaces du monde réel. Mais la frontière entre rêve et réalité devient floue…

Un rêve éveillé

« On dit que quand on rêve, on ne peut pas lire. » C’est sur ces mystérieuses paroles, murmurées par Emilia, que débute le songe de Sebastián, alias Chaplin. Rêveur, ce jeune homme subit les conséquences de la vie en s’échappant littéralement dans ses chimères, là où il est le seul maître de son sort.

Emporté dans le tourment de la délinquance, Sebastián fréquente un groupe de jeunes marginalisés, multipliant ainsi les actes fautifs. Escroquerie et violence, tel est le quotidien de cet homme, en parfaite contradiction avec cet univers. Nous nous retrouvons ainsi plongés au cœur de la ville de Lima, dominée par un profond réalisme… Jusqu’au plongeon interrompu dans l’imaginaire de cet homme. C’est au détour d’une rencontre foudroyante avec une jeune femme dénommée Emilia, que Sebastián ne cesse de s’enfuir dans ses rêves idylliques, à la recherche d’une vie meilleure. La liberté dans le monde des rêves, voici la principale question que pose ce long-métrage : lorsque le rêve devient réel et la réalité une pure illusion…

« Tout est sombre. Le seul signe de ma présence en ce monde est le frottement du sofa contre ma peau. Mes paupières ne me protègent plus. Je vois comme elles brillent à l’intensité de la lumière. Au-delà de mes paupières…rien. » 

Une poésie colorée

Quand l’esthétisme rencontre la poésie. Voici le bouleversement dont nous sommes témoins lorsque nous regardons El Soñador-The Dreamer.  Adrián Saba, réalise avec ce long-métrage une prouesse cinématographique encore très peu exploitée jusqu’à présent.

J’ai simplement raconté une histoire de manière émotionnelle avec une cinématographie fluide et une palette pleine de couleur. Adrián Saba

Dans l’histoire du cinéma, nombreux sont les films exploitant avec brillance la thématique du rêve.  Parmi ces derniers nous retrouvons Mulholland Drive (2001), Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), ou encore Inception (2010). Pourtant, El Soñador-The Dreamer se démarque de ces films quelques peu énigmatiques en apportant une véritable nouveauté cinématographique : celle de favoriser l’esthétisme au détriment du scénario.

 L’esthétisme visuel est ainsi réfléchi dans les moindres détails : nous passons d’une scène baignée par le rouge éclatant pour arriver à un paysage dominé par le vert électrique. Les transitions entre les séquences réelles et el-sonador-the-dreamer-film-acteur-scene-de-nuitimaginaires sont travaillées méticuleusement de façon à plonger le spectateur dans un doute obsessionnel : comment déceler la réalité du rêve ? Bref, nous nous retrouvons intimement plongés pendant une heure et vingt minutes dans une narration guidée par le visuel… Ce challenge, bien que risqué, aurait très bien pu apporter une lenteur excessive à la trame de l’histoire, pourtant l’absence de dynamisme n’attaque en rien le film, au contraire il permet de percevoir véritablement l’étendue de sa dimension poétique.

« Tout n’est qu’un silence. Peut-être suis-je morte ? »

El Soñador-The Dreamer se révèle ainsi comme un véritable drame aux allures de conte littéraire. Cette escapade dans l’imaginaire d’un jeune homme, baigné par la volonté d’un avenir utopique plonge ainsi le spectateur dans une toute autre dimension… Celle d’une expérience de rêve éveillé en temps réel. 

El Soñador-The Dreamer : Bande-annonce

El Soñador-The Dreamer : Fiche technique

Titre international : The Dreamer
Titre original : El Soñador
Réalisation : Adrián Saba
scénario : Adrián Saba
Casting : Herbert Corimany, Eugenio Vidal, Gustavo Borjas, Valentín Prado, Elisa Tenaud…
Genre : fiction
Durée : 80 minutes
Dates de sortie : 15 mars 2017
Directeur de la photo : César Fe
Producteur : Carito Denegri
Directeur musical : Nuria Saba
Montage : Justin Beach
Pays : Pérou, France
Année : 2016

France, Pérou – 2016

Terminator 2 3D : Retour vers le futur imminent en France et aux USA

0

Le film culte et indépassable de James Cameron, Terminator 2 Le Jugement Dernier, va bénéficier d’une nouvelle sortie au cinéma dans une copie flambant neuve. Ce portage 3D, à visée commerciale essentiellement, devrait permettre à la jeune génération de découvrir ce monument du cinéma d’action dans une version inoubliable et particulièrement immersive.

James Cameron va instaurer dans les mois qui viennent un nouveau concept de financement participatif ! La future sortie d’une version 3D de Terminator 2 est en effet perçue par un grand nombre de fans de la franchise et d’observateurs comme une simple exploitation commerciale permettant d’engranger des précieux dollars sans trop d’efforts. On imagine non sans mal le coup de pouce financier que pourrait apporter le succès triomphal de cette version 3D. D’après des informations de Den of Geek, la sortie de Terminator 2 3D est programmée pour le mois d’août aux USA à l’occasion des 25 ans du long-métrage. La version 3D de Terminator 2 sortira donc le 25 août 2017 aux USA et en Grande-Bretagne. Selon des révélations du site TheTerminatorFans, relayées par IGN, ce nouveau portage du film culte de James Cameron devrait sortir en Europe et en France le 20 septembre prochain. Des sorties historiques en Chine et en Russie sont notamment prévues. Le Jugement dernier n’avait pas connu d’exploitations en salles en Asie à l’époque. A l’occasion de cette célébration des 25 ans du film, un Blu-ray ultra-HD 4K est d’ailleurs prévu cette année.

terminator-2-le-jugement-dernier-25-ans-anniversaire-blu-ray-collector-hd-4k-conversion-portage-version-3d

[irp posts= »75547″ name= »terminator-2-le-film-culte-de-james-cameron-de-retour-dans-une-version-3d-en-2017-dans-les-salles-obscures »]

James Cameron a un calendrier extrêmement chargé. Le cinéaste a du pain sur la planche et à d’autres chats à fouetter que de devoir assurer la promotion de cette version en relief de l’affrontement titanesque entre Schwarzy et Robert Patrick, dans son interprétation minérale du T-1000 glaçant ! Le cinéaste doit effectivement travailler d’arrache-pied sur le tournage des différents épisodes de la saga qui entraîne les spectateurs dans l’univers fascinant de Pandora. Les suites de la franchise Avatar pourraient donc directement profiter d’un succès éventuel au box-office international de la version 3D de Terminator 2. Le réalisateur de Titanic est accusé de faire fonctionner uniquement le tiroir-caisse avec ce portage 3D.

Terminator 2 avait engrangé près de 205 millions de dollars de recette au box-office américain à l’époque. Les aventures de John Connor et de son protecteur le T-800 avaient réuni plus de 6 millions de spectateurs au cinéma en France (sources : jp-box-office).

Le public américain a malheureusement tourné le dos à Schwarzenegger à l’occasion de la récente sortie de Terminator Genisys. Le film a permis de récolter près de 90 millions de dollars aux USA. La barre des 100 millions de dollars était aisément franchie avec les précédents épisodes de la franchise. En revanche, le film a pu rentrer dans ses frais avec un résultat plus important au box-office en Chine avec près de 113 millions de dollars récoltés.

[irp posts= »37590″ name= »terminator-genisys-un-film-de-alan-taylor-critique »]

John Connor et le T-800 risquent donc de faire frissonner les spectateurs dans les griffes du T-1000 avec cette version 3D digne des montagnes russes. Les plus belles salles de cinéma en France risquent d’ailleurs d’offrir une expérience immersive et en 3D à couper le souffle, notamment celles qui disposent de la technologie Imax ou bien encore les promesses de sensations fortes avec la 4DX au cinéma Pathé de La VilletteTerminator 2 Le Jugement Dernier est l’un des rares blockbusters des années 1990 dont les effets spéciaux numériques n’ont pas vieilli.

terminator-2-3d-effets-speciaux-james-cameron-t1000-robert-patrick

Les effets en relief risquent d’être fascinants pour les fans hardcore avec le T-800, le T-1000, John et Sarah Connor qui risquent de sortir littéralement de l’écran ! Les cascades à couper le souffle et les séquences cultes du film devraient ainsi bénéficier d’une seconde jeunesse. Ce portage 3D a été rendu possible par le travail de Studio Canal et de l’entreprise chinoise DMG Entertainment. Le dirigeant de DMG, Dan Mintz, sait que les fans risquent d’être impitoyables face à cette nouvelle version de leur film favori. Il pense sincèrement que cette sortie va marquer les esprits et placer la barre très haut pour les futures générations.

Nous sommes déterminés à apporter la plus haute qualité dans la réalisation de cette conversion afin de répondre aux attentes des très nombreux fans du film à travers la planète.

La technologie utilisée à l’occasion du portage 3D émane notamment de la société StereoD déjà impliquée sur des grosses productions impressionnantes comme Mad Max : Fury Road ou bien encore Rogue One : A Star Wars Story.

terminator-2-3d-robert-patrick-t1000-arnold-schwarzenegger-t800

Le réalisateur d’Aliens le retour pourrait également voyager dans le temps à son tour pour le plus grand bonheur des fans de la saga futuriste. James Cameron devrait en effet récupérer les droits de la franchise Terminator en 2019. Des rumeurs évoquaient ces derniers mois la possibilité de voir un nouveau film émerger dans les années à venir. James Cameron plancherait effectivement à ses heures perdues sur le chantier d’un ultime hommage à l’univers de Terminator.  Il souhaiterait confier à Tim Miller (Deadpool) ce prochain et ultime opus qui servirait ainsi de véritable chant du cygne pour la franchise de SF narrant l’affrontement de l’espèce humaine face aux machines et aux plans d’Armageddon de Skynet. James Cameron occuperait les rôles centraux de producteur et de scénariste pour ce futur projet.

[irp posts= »37391″ name= »arnold-schwarzenegger-le-retour-dun-terminator »]

terminator-2-3d-studio-canal-dates-de-sortie-dans-le-monde-james-cameron-portage-3d-nouvelle-version-the-terminator-fans

terminator-2-3d-version-asian-market-arnold-schwarzenegger-three-dimensions-version-james-cameron-dmg-studi-canal

 

terminator-2-3d-affiche-officielle-james-cameron-studio-canal-dmg-version-3d-arnold-schwarzenegger-edward-furlong-linda-hamilton-robert-patrick-terminator-2-judgmenetday-3d-2017

Hannibal, une série de Bryan Fuller : Critique saisons 1 à 3

Malgré une fin prématurée en raison d’audiences déclinantes, Hannibal fut une série à avoir rapidement marqué le petit écran. Pourvue de son esthétique léchée, son casting 5 étoiles et son écriture raffinée, la série de Bryan Fuller reste une des curiosités les plus fascinantes de ces dernières années.

Synopsis : Will Graham, professeur en criminologie à l’académie du FBI, est recruté par Jack Crawford, chef de la Division des Sciences Comportementales, qui souhaite utiliser son « talent » sur une enquête problématique. Graham souffre en effet d’une forme d’empathie extrême qui lui permet de « se mettre dans la peau » de n’importe quel sujet, de ressentir ses émotions et de comprendre son raisonnement. Cependant, ce don est très lourd à assumer psychologiquement et le condamne à une existence asociale. Will, il doit obtenir l’approbation d’un psychiatre pour intervenir sur le terrain. Son suivi est donc confié au Dr Hannibal Lecter par Jack Crawford, qui souhaite garder cette collaboration discrète. Il est alors loin de se douter que ce fin gastronome aux manières impeccables est en fait le meurtrier le plus recherché de Baltimore… 

Une réinvention appliquée

Hannibal-critique-serie-Mads-Mikkelsen-Hugh-DancyBryan Fuller s’est très vite imposé comme un auteur au sein du petit écran. Là où le format des séries pousse généralement à l’uniformisation et empêche l’éclosion d’un vrai style, surtout pour un grand network comme NBC qui favorise le procedural drama. Des séries sans vraiment de fil rouge majeur ou de direction précise qui se contentent juste d’offrir des enquêtes à la semaine. Initialement, Hannibal aurait dû ressembler à cela, la première saison est d’ailleurs très ancrée dans cette formule au cours de sa première partie. Mais c’est sans compter sur la patte excentrique de Fuller et ses ambitions démesurées qui casse le format sériel pour une approche clairement plus feuilletonnante. Voulant explorer la relation ambigue et tourmentée ente Hannibal Lecter et Will Graham, l’agent spécial chargé de l’appréhender, il offre à la fois un prequel à l’oeuvre de Thomas Harris, l’auteur des aventures d’Hannibal, mais en plus il souhaite réécrire son histoire à sa sauce. Au cours des trois saisons, Fuller et ses scénaristes réinventent les personnages et l’univers ténébreux de Harris pour le présenter sous son meilleur jour. Ils réadaptent ses écrits avec grand respect malgré les libertés prises en retrouvant parfaitement les intentions du romancier mais aussi en apportant à son histoire une dimension psychologique bien plus dense. La relation au cœur de la série entre Hannibal et Will, n’a jamais été aussi fascinante et source de réflexion. Sur ces trois saisons, Fuller à su faire une réinvention remarquable du mythe que représente le personnage d’Hannibal Lecter.

Un conte macabre

Hannibal-critique-serie-Hugh-DancyLa série adopte surtout le point de vue de Will Graham, un personnage qui présente une évolution plus significative que les autres. Ayant une pathologie mentale qui lui permet d’entrer en empathie avec les tueurs et donc de penser comme eux, il sera chargé par Jack Crawford, un agent du FBI assermenté, de les traquer pour les empêcher de nuire. La pression psychologique qu’il a sur les épaules le place dans une position où il devra suivre une thérapie avec Hannibal Lecter. Will est un homme fragilisé qui se trouve coincé entre deux blocs de pierre qui se livrent, sans le savoir au début, une bataille sans merci. Modelé par l’un comme par l’autre selon leurs idéaux, il sera tiraillé entre son sens de la justice et ses pulsions les plus sombres. Le triangle qui se forme entre ces trois personnages est probablement ce que la série offre de mieux, où l’amitié et la haine ne cessent de se côtoyer. Véritable jeu du chat et de la souris, la série explose vraiment dans sa deuxième saison, en s’émancipant petit à petit du procedural un peu trop routinier de la saison 1. Elle parvient à prendre par surprise avec ses développements inattendus, notamment en donnant une vraie épaisseur à ses personnages féminins comme pour Alana Bloom, qui n’était que le love interest de Will en première saison, et qui trouve une place plus prépondérante dans le jeu entre Will et Hannibal dans la saison 2. L’évolution des personnages suit une logique impeccable au fil des trois saisons qui forment un tout cohérent et qui arrivent en plus à trouver une conclusion satisfaisante et maîtrisée. La série aurait dû logiquement continuer, car la saison 3 commençait à peine à vraiment adapter les romans de Harris avec les 7 premiers épisodes qui revisitent le roman Hannibal et les 6 derniers qui s’attaquent au Dragon Rouge.

Il restait donc beaucoup à accomplir avec la série, notamment une adaptation du Silence des agneaux et l’introduction de Clarice Sterling dans ce vaste échiquier, et l’équipe qui lui a donné vie n’a pas renoncé à un éventuel retour dans les quelques années à venir. La dernière saison parvenait vraiment à s’émanciper totalement du format imposé par NBC, la chaîne qui hébergeait la série, plongeant encore plus dans un nihilisme ostentatoire et une forme toujours plus onirique et abstraite.Multipliant les plans iconiques et les visions hyper-stylisées, la série s’est imposée par ses visuels audacieux et léchés toujours servis par une réalisation de haute tenue et des mises en scène sophistiquées et habiles. Les meurtres de la série sont toujours très recherchés et tire vers la toile de maître, les influences étant ici nombreuses. Malheureusement, cette tendance à la pose artistique a aussi embourbé le rythme, surtout dans la saison 3 où parfois la lenteur des situations pouvait avoir raison des spectateurs les plus avertis. Cela contribuait néanmoins au jusqu’au-boutisme fascinant de la série qui ne se refusait aucune exubérances, même les plus gores. Le show devenant au fil des saisons de plus en plus violent.

Hannibal-critique-serie-Mads-Mikkelsen-Caroline-DhavernasThématiquement très dense, la narration de Fuller fut comme son propos, en constante transformation. S’intéressant à ce qui change un homme en bête, la série joue constamment avec ses deux visages. Chaque personnage a une face qu’il cache aux autres. Maniant la symbolique du chrysalide et du papillon pour accentuer la thématique de la métamorphose, la série mue de saison en saison pour atteindre sa maturité formelle et narrative dans son dernier acte. Le series finale est à ce jour un exemple de poésie visuelle tout aussi macabre que somptueuse. Constamment fasciné par la mort et la transcendance spirituelle, Bryan Fuller a imprégné Hannibal de son style comme pour ses anciennes séries. Que ce soit dans la sophistication maniérée des costumes ou cette douce ironie qui enrobe la mort, on est face à une oeuvre qui transpire constamment de personnalité. Ce ton si précis a surtout permis aux acteurs de totalement s’imprégner de la plume de Fuller et de ne faire qu’un avec leur personnage. Mads Mikkelsen avait la tâche presque impossible de succéder à Anthony Hopkins dans un rôle devenu culte. Pourtant il relève le défi haut la main. Inquiétant, énigmatique et par moments même touchant, il apporte une subtilité et une légitimité que les autres versions du personnage ne possédaient pas. Jamais le personnage n’avait été aussi proche de la vision de l’ange déchu imaginé par Harris, et Mikkelsen y trouve le moyen de signer un de ses meilleurs rôles. Hugh Dancy n’est pas en reste non plus, partageant une alchimie évidente avec Mikkelsen, il donne forme avec brio aux démons intérieurs de Will. Plus intense et ayant une palette d’émotions plus vastes que son partenaire, il offre une prestation mémorable dans le rôle le plus difficile de la série. Les deux trouvent le soutien d’un casting secondaire de talent, Laurence Fishburne est impeccable et brille par sa sobriété et son charisme tandis que Caroline Dhavernas prouve tout son talent et que l’excellente Gillian Anderson vient souvent démontrer qu’elle est une des actrices les plus passionnantes de la télévision.

Un show pas adapté aux exigences de la chaîne

Hannibal-critique-serie-Mads-MikkelsenCe qui au final aura causé la mort de la série, ce n’est pas une absence de talent, elle a même prouvé être capable de très souvent atteindre l’excellence, mais elle n’était malheureusement pas adaptée à la chaîne qui la diffusait. Elle a perturbé une audience qui était plus habituée aux séries génériques et accessibles se laissant suivre sans trop avoir à réfléchir. Ici s’imposait à eux une oeuvre souvent exigeante aux réflexions relativement noires. NBC ne pouvait donc plus soutenir un programme qui était plus adapté à une chaîne câblée avec un public plus réceptif à ce genre de format et aux séries plus empruntes de personnalité. Bryan Fuller n’a jamais eu beaucoup de chance avec ses séries, Hannibal étant la seule à avoir dépassé le stade de 2 saisons car il évoluait toujours dans une entreprise où il n’y avait pas sa place. Avec sa nouveauté American Gods qui verra le jour le 30 avril sur Starz, il travaille enfin sur une chaîne du câble, ce qui lui octroiera sans doute plus de liberté. Il aura peut être la possibilité de fonctionner sur la durée et les promesses de cette nouvelle folie sont d’ores et déjà plus qu’alléchantes surtout qu’on y retrouvera une bonne partie de l’équipe technique et créative d’Hannibal.

Hannibal est donc une série imparfaite mais elle a su offrir de sublimes moments de télévision. Réinvention habile du l’oeuvre de Thomas Harris et servie par une réalisation d’ensemble léchée, le show a su imposer des visions horrifiques aussi inventives que proprement virtuoses. Avec son superbe casting, Fuller a clairement marqué son passage aussi bref a-t-il pu être, au point qu’avec sa fanbase indéfectible, Hannibal est presque devenue une oeuvre culte. L’envie d’une quatrième saison et d’un possible retour dans le futur est bien présente mais dans l’état, avec ces trois saisons, on a eu le droit à un conte baroque à la fois macabre et poétique qui s’est montré cohérent et abouti. La série se suffit à elle-même et s’est offert une parfaite conclusion qui bouclait admirablement la boucle.

Hannibal : Bande Annonce

Hannibal : Fiche technique

Création : Bryan Fuller d’après les personnages créés par Thomas Harris
Réalisation : David Slade, Vincenzo Natali, Michael Rymer, Guillermo Navarro et Neil Marshall
Scénario : Bryan Fuller, Steve Lightfoot, Scott Nimerfro et Jeff Vlaming
Production : Bryan Fuller, Katie O’Connell, Martha De Laurentiis, Sara Colleton et Jesse Alexander
Acteurs : Mads Mikkelsen (Hannibal Lecter) ; Hugh Dancy (Will Graham) ; Laurence Fishburne (Jack Crawford) ; Caroline Dhavernas (Alana Bloom) ; Hetienne Park (Beverly Katz) ; Gillian Anderson (Bedelia Du Maurier) ; Aaron Abrams (Brian Zeller) ; Scott Thompson (Jimmy Price)
Musique : Brian Reitzell
Chaîne d’origine : NBC
Réseau de diffusion : Canal+
Format et nombre d’épisodes : 3 saisons de 13 épisodes
Genre : Thriller
Première diffusion : 4 avril 2013 – 29 août 2015

États-Unis – 2013

Chacun sa vie, un film de Claude Lelouch : critique

Dans Chacun sa vie, Lelouch nous livre un méli-mélo de destins liés par un fil conducteur que l’on a du mal à percevoir, qui même avec un casting dit de stars, ne parvient pas à remonter la pente.

Le film ressemble aux brouillons que l’on écrit sur son carnet le jour où l’on est inspiré et que l’on finit par assembler pour créer un tout, vraiment pas homogène ici. Chaque scène semble écrite indépendamment des autres, comme si au dernier moment, le réalisateur s’était dit que faire un film de l’une d’entre elles était trop classique et avait alors décidé de tout mélanger. Une histoire d’adultère, la vie d’une star de la chanson, un divorce et tant d’autres qui n’ont aucun lien entre elles, et qui pourtant se retrouvent à se suivre pour former un sac de nœuds. L’idée est pourtant intéressante si chaque saynète se liait les unes aux autres de manière correcte. Lelouch choisit la complexité et le non sens là où il aurait pu mettre intelligence et émotion. Unir des destins croisés lorsque l’on aborde le thème du hasard et des rencontres semble pertinent quand on parvient à faire une fin habile. Mais ici, ces histoires entremêlées sont aussi éloignées que variées et ne parviennent même pas à se rassembler pendant la scène finale dont le but est pourtant clair. Le spectateur n’a pas le temps de s’attacher aux personnages qu’il voit 4 à 5 fois dans le film et dont il ignore beaucoup trop de leurs histoires pour s’identifier. Certains traits humoristiques et quelques surprises apparaissent pour relever le rythme et faire réagir le spectateur mais se retrouvent très vite mis à mal par le ton monotone de la projection. La scène de fin, censée être touchante et clôturer le film en beauté puisque c’est souvent la plus importante dans ces histoires, manque également son rôle et ne nous apporte pas vraiment les réponses attendues ni l’émotion espérée. Accepter de se perdre le long du film pour trouver des réponses à la fin, oui volontiers, mais là rien n’intervient comme prévu. Les personnages dont on mêle les vies n’interagissent quasiment pas les uns avec les autres comme on s’y attend dans la dernière scène, ce qui remet totalement l’intérêt du film en question.

Le réalisateur passe littéralement à côté de ce qui aurait pu être un succès s’il avait été moins ambitieux dans le nombre de personnages et d’intrigues à créer, loin d’être toutes pertinentes et drôles. La multiplicité des personnages n’arrange rien à cette pagaille qui nous perd encore plus dans chaque histoire. Les scènes sont longues et vraiment pas toujours édifiantes, le jeu est souvent ennuyeux puisque le film manque d’action. Difficile de savoir si c’est le réalisateur qui fait durer les scènes parce qu’il les a écrites comme telles ou si ce sont les acteurs, par leur manque de conviction et de naturel, qui les alourdissent terriblement. Évidemment, quelques correspondances nous rappellent que chaque personnage est lié aux autres. La musique ne change pas de tonalité bien que l’on bascule entre les histoires, et indique au spectateur que le film suit l’avancée de plusieurs personnages en simultanée, mais finit rapidement par agacer par sa monotonie. Le film fait plus ressortir une envie d’inclure ses amis dans sa création que de réellement raconter une histoire. C’est un bel hommage pour Johnny mais ça ne suffit vraiment pas.

Chacun sa vie : Bande Annonce

Synopsis : De nombreuses vies se croisent en se retrouvant chacune juges, avocats ou jurés le temps d’un procès. Tous plus inconnus les uns des autres, le film raconte l’histoire des personnages qui possèdent tous leurs complexités, leurs choix, leurs rêves et leurs erreurs et qui vont se retrouver dans la même position, au même endroit, au même moment.

Chacun sa vie : Fiche Technique

Réalisation : Claude Lelouch
Scénario : Claude Lelouch
Interprètes : Jean Dujardin, Marianne Denicourt, Julie Ferrier, Christophe Lambert, Vincent Perez, Béatrice Dalle, Déborah François, Mathilde Seigner, Elsa Zylberstein, Nadia Farès, Johnny Hallyday, Rufus
Producteurs : Claude Lelouch, Samuel Hadida, Victor Hadida
Sociétés de productions : Les films 13, Davis Films, France 2 Cinéma,
Distribution : Metropolitan Film Export
Durée : 113 minutes
Genre : comédie
Date de sortie : 15 mars 2017

France -2017

The Affair, une série de Sarah Treem et Hagai Levi : Critique de la saison 3

Alors que Showtime a annoncé le développement d’une quatrième saison, on peut se demander si le network n’a pas les yeux plus gros que le ventre. En effet, The Affair se délite progressivement sous le poids de son concept narratif qui ne fait plus recette et s’essouffle péniblement avec une saison 3 qui n’est plus à la hauteur des attentes.

Synopsis : Après avoir passé plusieurs années en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Noah sort de derrière les barreaux brisé et fragilisé, traînant avec lui un grave traumatisme et vivant avec le poids d’un passé refoulé qu’il n’a jamais surmonté. Il peine à sortir la tête de l’eau : entre Alison qui souhaite divorcer pour récupérer la garde de sa fille et prendre un nouveau départ, et Helen qui coule désormais des jours tranquilles avec son nouveau compagnon, Noah entame une liaison avec sa collègue Juliette pour tenter de trouver du réconfort.

The Affair, comme l’indique son titre, c’est au départ l’histoire d’une liaison adultérine entre Noah, un écrivain trouble, et Alison, une paumée en deuil. Amant, maîtresse, mari cocu, femme bafouée, enfants dépassés et foyers éclatés, tels étaient les ingrédients de la série dont la pierre angulaire reposait sur l’exploration des dégâts et des conséquences d’une relation extra-conjugale dans les destins et les vies de ceux qui la commettent, mais également de ceux qui la subissent. Innovante grâce à sa narration multiple qui adoptait les points de vue successifs des quatre protagonistes majeurs, la fiction diffusée sur Showtime utilisait comme fil rouge une vague intrigue policière qui servait davantage à instaurer du lien entre les héros plutôt the-affair-saison-3-noah-alisonqu’à installer un réel mystère, même si le « whodunnit » était relativement réussi. Mais forcément, plus on force, plus le concept s’use. Dommage. Alors que la fin de la saison 2 faisait déjà craindre le pire avec un changement de cap trop radical et l’apparition du thriller dans l’intime, la suite ne fait pas mieux. Tiraillée entre l’exploration des traumatismes enfouis d’un Noah décomposé qui lutte avec les fantômes de son passé, la quête de rédemption d’une Alison rangée, les regrets et la frustration d’un Cole qui s’est recasé par dépit et le sentiment de culpabilité d’une Helen qui perd le contrôle de son quotidien, la série construit progressivement un climat anxiogène pour orchestrer la révélation d’un secret. Mais le scénario s’éparpille inévitablement et le récit, qui fait la part belle à de nouveaux héros totalement inutiles, s’achève sur un final grotesque aussi caricatural que moralisateur qui fait de The Affair un show faussement audacieux à cause d’un dénouement donneur de leçons qui nous fait comprendre à gros sabots que l’adultère c’est mal et que les « méchants » finissent toujours par payer leurs méfaits. Regrettable et décevant.

[irp posts= »76393″ name= »The Affair, une série de Sarah Treem et Hagai Levi : Critique de la saison 1″]

Noah le naufragé

Il faut bien avouer que la troisième saison de The Affair n’est pas totalement ratée, loin de là. Preuve en est avec la trajectoire et l’arche dramatique de Noah, dont la psychologie torturée est au cœur de l’intrigue. Si le scénario se focalise en grande partie sur les tourments de l’écrivain à la dérive, c’est avant tout pour approfondir la personnalité de ses héros, qui conservent encore bien des zones d’ombre pour les spectateurs. De fait, on apprécie d’en découvrir davantage sur le passé et la jeunesse de ce « brun ténébreux » sombre et contrasté, à la fois attachant et exécrable. Mais le geste et la démarche ne sont pas arbitraires : en explorant les traumatismes antérieurs de Noah, la série amorce une belle réflexion sur les questions d’errance, de construction identitaire, de déni, de refoulement, d’euthanasie, d’égoïsme et de culpabilité. Fraîchement sorti de prison, Noah n’est pas libre, au contraire : pris au piège de ses démons qui ressurgissent et harcelé par un étrange individu, le personnage s’enferme dans la folie et s’enlise dans une spirale de solitude autodestructrice. A mi-chemin entre le fantastique et le thriller psychologique, la première partie de cette saison se joue de notre perception de la réalité et brouille les pistes grâce à une construction labyrinthique qui navigue entre passé et présent, pour nous distiller des indices qui pourraient nous aider à mieux comprendre ce qui arrive à Noah, complètement largué. Toujours mystérieuse, toujours intrigante, The Affair réinvestit les constituants de son ADN scénaristique de départ au service d’une quête quasi-initiatique qui va forcer Noah à se the-affair-saison-3-Noah-prisonconfronter enfin à lui-même et à admettre l’indicible pour briser ses chaînes, se repentir et aller de l’avant. Ce cheminement et ce travail éprouvant vont plonger Noah dans une grave dépression avec le total-look : attention la barbe, la coupe hirsute, les vêtements sales, l’addiction aux médicaments et à l’alcool, les hallucinations, les accès de violence et les blackouts ! Même si le trait est légèrement forcé (reconnaissons l’évidence), cette crise existentielle rend le héros profondément attachant et renforce efficacement notre empathie envers lui, mais pas seulement. En se regardant enfin en face, Noah endosse la responsabilité de ses actes et réalise que ses décisions ont souvent été guidées par son inconscient : l’étrange Gunther (Brendan Fraser) est là pour le lui faire comprendre. Et s’il s’était volontairement jeté derrière les barreaux pour se punir d’un acte qu’il ne s’est jamais pardonné ? Pire, et si la nature de sa relation avec Alison était malsaine, parasitée par leurs problématiques respectives ? Était-ce de l’amour, ou bien une relation pansement qui a atteint ses limites ? Noah et Alison se sont-ils mis ensemble pour les bonnes raisons ? Tant d’interrogations qui remettent en cause le fondement même de la série, et c’est ici que le bât blesse.

[irp posts= »76712″ name= »The Affair, une série de Sarah Treem et Hagai Levi : Critique de la saison 2″]

Une identité reniée

The Affair nous avait vendu du rêve avec la passion incendiaire et la pulsion de désir érotique farouche qui avaient fait tourner la tête à Noah et Alison, lancés à corps perdus dans une aventure aussi charnelle qu’émotionnellement intense. Coup de foudre, amour fou : leur couple était incontestablement excitant. Et voilà que la troisième saison nous ternit soudain le tableau, en arguant que l’histoire fougueuse et libératrice de ces deux héros n’a jamais réellement existé ! Du moins, il faut comprendre que les personnages se sont trompés et se sont dévoyés, éloignés du droit chemin pour des raisons qui les dépassaient. Forcément, c’est le choc.  Le début de la fin. Les amants se retrouvent confrontés à leurs erreurs et au mal qu’ils ont causé autour d’eux, et ils vont payer pour leurs méfaits. Oui, vraiment. A partir de là, Alison, taxée d’irresponsable, de folle, d’instable et de paumée à qui il est impossible de se fier entame une rédemption qui s’apparente à un chemin de croix, à base d’exil, d’isolement, de douleur. Après avoir perdu son premier enfant dans des circonstances tragiques, le sort s’acharne sur elle et la sépare de sa fillette, dont elle est privée. Reniée par Cole, calomniée par les tribunaux, détestée par sa rivale Louisa, contrainte à divorcer, elle fait pénitence et s’investit même dthe-affair-saison-3-Alison-et-sa-filleans une démarche de reconstruction charitable en aidant les femmes qui elles aussi, ont dû gérer la mort d’un enfant. En l’espace de quelques épisodes, la rebelle imprévisible et la séductrice incandescente se transforme en sainte, et cherche l’absolution : elle paye. Pareil pour Noah, qui paye son infidélité au centuple : désavoué par ses enfants et haï par sa fille aînée, il touche le fond et se voit rejeté par tout le monde, mis à la porte de ses deux foyers pour finir seul, dehors, dans le froid, le soir de Noël : il paye. Alors, que veut-on nous faire comprendre ? Faut-il y voir un message moralisateur fustigeant et condamnant sévèrement l’adultère ? On a du moins ce sentiment, surtout que même les personnages secondaires en font les frais, comme Juliette, l’universitaire française qui trompe son mari grabataire avec Noah : sermonnée par sa fille, humiliée par sa corporation, renvoyée de son travail, raillée par ses amies et veuve, elle paye. Tout le monde paye. Et ça finit par devenir trop sérieux : c’est grave. C’est moraliste.   

Un segment parisien qui frise le ridicule

Symptomatique d’une série qui refuse de s’immobiliser dans son concept, le chapitre parisien de cette fin de saison prouve malheureusement que The Affair a voulu sortir de sa zone de confort sans y être parvenu efficacement. L’intrigue, qui flirte déjà avec le fantastique grâce au personnage de Gunther, lorgne du côté de l’aventure française à grand renfort de clichés éculés. En introduisant le personnage de Juliette, une professeure de littérature médiévale à la Sorbonne (originalité bonjour) installée aux États-Unis, la série expérimente et plonge dans un registre faussement galant et courtois, entre marivaudage et libertinage. Libérée et légère, cette quadragénaire aux mœurs débridées parle de sexe et de séduction en toutes occasions autour d’un bon coq-au-vin (si, si) et trompe allègrement son mari grabataire avec ses étudiants, ses collègues, etc. Inutile au possible, cette femme nous apparaît comme une pièce rapportée créée artificiellement pour apporter un regain d’enjeux à l’action, ce qui tombe totalement à plat. On a même le droit à son arc narratif personnel, ennuyeux au possible, entre son vieil époux qui délire, sa fille qui fait sa crise, ses amies ringardes qui se baladent sur les marchés de Noël de Saint-Michel… Pour couronner le tout, les deux derniers épisodes, qui se déroulent à Paris, sont grotesques. On voit Noah bien heureux déambuler dans les rues de la capitale comme un bon touriste : il chine des vieux manuscrits dans des libraires typiques du Quartier Latin, se promène sur les bords du Canal Saint-Martin, retrouve sa fille artiste dans une galerie du Marais et la poursuit sur les quais de Seine, la nuit, avec les lumières de la ville qui se reflètent dans l’eau. Il fait l’amour dans des hôtels, boit du vin dans des bistrots en grignotant une planchette. Ah, la vie parisienne et son charme désuet ! Il est dur de comprendre comment un show si finement ciselé et intelligemment écrit puisse tomber dans des travers aussi risibles. Force est de constater que le ridicule de ce « season finale »  annihile toutes les qualités précédemment citées puisque l’on termine sur une note affligeante qui laisse un goût amer en bouche, tant cela rompt avec toute cohérence. On a le sentiment que les auteurs ont fait du remplissage et ont trahi l’identité même de leur série : c’est triste et révoltant.

Pour conclure, on a l’impression d’être face à une série dont le concept est en perte de vitesse : l’inventivité s’amenuise, la morale s’invite, les personnages tournent en rond et répètent les mêmes erreurs (Cole recouche avec Alison, Alison recouche avec Noah), et les nouveautés sont comme des greffes qui ne prennent pas. La machine s’enraye, la faute à un show qui s’étale et qui étire son intrigue indéfiniment. Il faudrait arrêter de tirer sur la corde et s’arrêter là. La saison 4 va-t-elle définitivement porter le coup de grâce fatal à cette fiction qui s’étiole ou va-t-elle relancer l’histoire de manière habile et inattendue ? On l’espère, car au final, il n’est pas aisé de tourner le dos à The Affair, aventure télévisuelle novatrice et accrocheuse qui nous aura tout de même fait passer des moments inoubliables, émouvants, parfois osés mais toujours savamment orchestrés.

 

The Affair : Bande Annonce VO

https://www.youtube.com/watch?v=Eof5D3noPZE&t=3s

The Affair : Fiche Technique

Créateurs : Sarah Treem et Hagai Levi
Réalisation : Jeffrey Reiner, John Dahl, Agnieszka Holland
Scénario : Sarah Treem, Anya Epstein, David Henry Hwang, Stuart Zicherman, Sharr White, Alena Smith, Sarah Sutherland
Interprétation : Dominic West (Noah Solloway) ; Ruth Wilson (Alison Bailey) ; Maura Tierney (Helen Solloway) ; Joshua Jackson (Cole Lockhart) ; Julia Goldani Telles (Whitney Solloway) ; Catalina Sandino Moreno (Luisa Lèon) ; Omar Metwally (Dr. Vic Ullah) ; Irène Jacob (Juliette Le Gall) ; Jonathan Cake (Furkat) ; Brendan Fraser (John Gunther)
Image : Steven Fierberg, Tod Campbell, Joe Collins
Musique : Marcelo Zarvos
Production : Sarah Treem, Hagai Levi, Jeffrey Reiner, Andrea P. Stilgenbauer, Sharr White, Alena Smith
Genres : Drame, thriller
Format : 10 épisodes de 50 minutes
Chaine d’origine : Showtime
Diffusion aux USA : Depuis le 20 novembre 2016

Etats-Unis – 2016

Cessez-le-feu, un film d’Emmanuel Courcol : critique

Avec Cessez-le-feu, Emmanuel Courcol s’intéresse à l’après-guerre et à ses traumatismes dans un premier film sensible et brillamment interprété.

Synopsis : 1923. Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu’il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d’Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée…

Comment  ne pas devenir fou ? Le retour à la vie de ces soldats, ces combattants presque encombrants tant ils sont les revenants d’une guerre à oublier au plus vite, est compliqué. Emmanuel Courcol l’a bien compris dans ce Cessez-le-feu qui commence pourtant dans une tranchée dirigée par un Romain Duris débarrassé (ou presque) des oripeaux de féminité d’Une Nouvelle amie. Cette première séquence est très belle, éprouvante aussi. C’est un long plan séquence entêtant qui s’attache à des gestes. Ainsi, Georges reçoit-il de la cervelle d’un camarade dans son cou et ne cessera plus dès lors durant tout le film de le nettoyer, même propre. Après cette tranchée, nous quittons le combat pour retrouver un autre front, celui des soldats revenus presque entiers. Georges a un frère qui lui est revenu, mais sans entendre et sans parler. Il sourit pourtant, danse. Il tente d’aimer. Il attend surtout le retour de son frère. Dans sa quête de vie, il est entouré de trois femmes : sa mère, celle qui voudrait devenir sa femme et son professeur de langue des signes. Elles sont respectivement interprétées par Maryvonne Schiltz, Julie-Marie Parmentier, Céline Sallette, toutes trois formidables. A ces femmes répondent au moins trois soldats : les trois fils jamais tout à fait revenus de la guerre, voire pas du tout pour au moins l’un d’entre eux.

A la silhouette torse bombé (parfois c’est un peu trop, mais Duris sait s’emparer de cet être fragile et fort à la fois) de Georges répond le long corps fin et apaisant d’Hélène. La voilà qui rit, qui veut apprendre à conduire, qui ne se laisse pas si facilement attraper. Cette femme libérée vient remettre en question la fuite en avant de Georges. Ce dernier a en effet, et c’est un des autres atouts du film, fuit ses responsabilités pendant 5 années passées en Afrique. L’intrigue se passe donc en 1923 quand on veut oublier, mais que c’est encore là sur les visages des revenants. D’ailleurs « revenant » c’est le geste qui veut dire Georges dans le langage des signes que son frère s’invente. Georges est revenu parce que là-bas non plus il ne pouvait pas échapper à la guerre (d’où la presque ironie du titre). Il mélange ses souvenirs de guerre à ses souvenirs d’évasion, de négociation. Nous voilà plongés dans un passé colonial assez peu abordé au cinéma. L’acteur Wabinlé Nabié interprète le guide et ami de Georges, qui rejoue comme un conte chaque soir la guerre devant des assemblées de villageois. Il se croit protégé par une tour Eiffel de pacotille qu’il porte autour du cou.

Avec de très belles images, une attention aux corps, aux gestes et aux êtres, sans chercher à ériger des héros, Emmanuel Courcol réussit un film sensible et attachant. Un film où une femme apprend à conduire une voiture en 1923, faisant écho à sa sœur de cinéma de 2017 qui conduit aux côtés de son père dans le désert israélien dans Tempête de sable. Ici, la tempête est intérieure. A l’impossible nul n’est tenu et survivre à la guerre quand ce n’est pas la mort qui est venue chercher le soldat relève de l’impossible. Pourtant avec pudeur, honnêteté et même une certaine douceur, Emmanuel Courcol rend hommage à ceux qui firent l’impossible. Ils le font encore aujourd’hui et Of men and war nous l’a rappelé très justement l’an dernier. Ici, tout est affaire de contraste : c’est le colosse Grégory Gadebois qui se mure dans le silence, c’est le doux Romain Duris qui joue des durs, c’est la fêle Céline Sallette qui prend sa vie en main, refuse le malheur. Peut-être entraînera-t-elle avec elle d’autres retours à la vie. La guerre a certes effacé les vies, pas la possibilité pour les caractères de se déployer à nouveau et de faire l’impossible.

Cessez-le-feu : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=YinlRyyYVl0

Cessez-le-feu : fiche technique

Réalisation : Emmanuel Courcol
Scénario : Emmanuel Courcol
Interprètes : Romain Duris, Gregory Gadebois, Céline Sallette, Julie-Marie Parmentier, Maryvonne Schiltz, Wabinlé Nabié
Photographie : Tom Stern
Décors : Mathieu Menut
Montage : Géraldine Retif, Guerric Catala
Musique : Jerôme Lemonnier
Producteur : Christophe Mazodier
Sociétés de production : Polaris Film Production & Finance, Umedia, Fontana
Distribution : Le Pacte
Durée : 103 minutes
Genre : drame
Date de sortie : 19 avril 2017

France-2016

[irp]

The Lost City of Z, un film de James Gray : Critique

Fresque vertigineuse sur la quête d’accomplissement de l’Homme, The Lost City of Z est une oeuvre mémorable qui plus que de s’inscrire comme une simple référence aux grands classiques, trouve sa propre voix et en devient un.

Synopsis : Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…

Voyage en terres inconnues

Jusqu’à aujourd’hui, James Gray nous a habitués à un cinéma citadin. Passionné par New York, et plus précisément l’arrondissement de Brooklyn, il l’a magnifié dans son fabuleux triptyque sur le crime (composé de Little Odessa, The Yards et La nuit nous appartient) et avait continué à en faire le centre de son récit dans son puissant drame Two Lovers. Même dans son The Immigrant, il venait aborder la ville avec un regard étranger la symbolisant comme le cœur de son cinéma. Avec The Lost City of Z, il a pour ambition de sortir de sa zone de confort pour se mettre dans la même position que son personnage principal. Un explorateur en quête de territoires nouveaux. Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste s’intéresse à des faits réels plutôt qu’à un scénario original et il quitte le confort de New York pour l’épaisseur ardente de la jungle. Beaucoup pourraient y voir une envie de marcher dans les pas de ses prestigieux confrères. On pense à Herzog et son Aguirre, la colère de Dieu mais aussi au Lawrence d’Arabie de David Lean, des œuvres aux qualités reconnues. James Gray n’a jamais caché ses influences mais il possède sa propre voix et vient apporter ici sa pierre à ce fabuleux édifice.

The-Lost-City-of-Z-Charlie-HunnamL’essence même du cinéma de Gray vient d’une envie de reconnaissance, d’être considéré comme l’égal de ses pairs et plus encore de prospérer au-delà des entraves de la famille. Tous ces personnages jusque-là, que ce soit dans le crime, dans l’amour ou dans les fausses promesses d’un monde meilleur; cherchent à s’extirper de ce que leur nom ou leurs origines représentent pour prouver leur valeur. Avec le temps, c’est une obsession qui est presque devenue méta pour le cinéaste qui a toujours eu du mal à trouver le succès auprès des critiques souvent injustes à son égard. Même The Immigrant, son film le moins exaltant et le plus statique conserve de beaux arguments de cinéma. Pourtant, depuis toujours il eu aussi beaucoup de mal à trouver une estime auprès du public, ses films étant souvent des échecs commerciaux cuisants. Entre Percy Fawcett, le héros de The Lost City of Z, et le cinéaste se tisse donc un lien étrange et saisissant, tellement les ambitions des deux hommes coïncident. Tirant son récit d’un fait réel, Gray arrive néanmoins à en faire son oeuvre la plus intime, malgré les dimensions épiques du propos, et aussi celle qui pour lui est la plus personnelle. Retranscrivant avec ferveur le parcours de ses personnages, il ne part pas comme eux en quête de mystification ou de cités d’or, ce que Gray cherche c’est l’humain. Malgré les mystères enivrants de l’intrigue, qui vire par moments dans l’onirisme, le cinéaste offre la prouesse formidable de trouver la sensibilité dans cette quête de gloire et de rédemption.

The-Lost-City-of-Z-Robert-PattinsonAvec l’aide d’acteurs impliqués et talentueux, il arrive à donner vie à ses incarnations romancées de personnes ayant existé. Ils parviennent tous à les rendre terriblement authentiques et touchants. Charlie Hunnam irradie d’intensité et de charisme soutenu à merveille par la sensibilité déchirante de Sienna Miller qui prouve encore être une des actrices la plus sous-estimées de sa génération. Cependant, on retiendra surtout la transformation éblouissante de Robert Pattinson, méconnaissable et d’une justesse sidérante. Un acteur tout bonnement phénoménal. The Lost City of Z ne se repose pourtant pas sur ses acteurs, quand bien même ceux-ci valent à eux seuls le détour, mais le film impressionne aussi par la finesse et la densité de son écriture. Plus que de parler d’hommes en quête d’un eldorado impossible et d’une gloire illusoire, c’est une oeuvre qui trouve souvent les mots justes pour parler du monde tel qu’on le connaît aujourd’hui. Tel qu’il a commencé à être façonné à l’époque. Fawcett nous est présenté comme un personnage humble, rêvant d’égalité et d’un monde meilleur à offrir à ses enfants. Sans jamais tomber dans le pathos ou la manichéisme, Fawcett étant par moments injuste et égoïste, Gray nous montre le parcours d’un homme à travers ses rêves, ses échecs et les préjugés de son temps. De ce que le personnage a hérité de son père et de ce qu’il lègue à son fils, Gray y trouve une façon poétique et tragique de parler de transmission, de paternité et de paix. Au final, le film nous raconte l’histoire la plus simple qu’il soit, un homme qui cherche la paix intérieure pour la trouver dans l’amour de son fils.

The-Lost-City-of-Z-Charlie-Hunnam-Tom-HollandDe par son sujet, James Gray aurait pu facilement tomber dans la recherche froide de la prouesse technique mais décide au contraire de rester proche de l’humain. Avec sa mise en scène faussement classique, il pioche dans des mécaniques traditionnelles du cinéma pour en tirer une oeuvre aussi moderne qu’intemporelle. La photographie de Darius Khondji apporte un grain vieilli à l’image, accentué par le traitement très saturé des couleurs et de la lumière. On a parfois du mal à dater le film, qui pourrait bien être un film d’époque retrouvé que maintenant. Un tel travail sur l’image en est remarquable, chose très courante dans le cinéma de Gray qui brouille toujours la ligne du temps avec son imagerie résolument rétro pour un langage cinématographique néanmoins très moderne. Sauf qu’avec The Lost City of Z, ce rendu n’avait jamais paru aussi authentique et formidable. Couplé avec un montage d’une rare intelligence, qui dans son découpage entre deux scènes arrive à faire ressortir des pépites d’émotivité comme lorsque le héros manque d’être frappé par une flèche et que l’on nous montre en même temps la naissance de son premier enfant. Le film jongle souvent avec des parallèles de ce genre et symbolise avec brio le poids du temps et des regrets. Avec son rythme lent et posé, Gray parvient toujours à éviter avec brio l’ennui car il insuffle à ses scènes un vrai souffle épique. Au détour d’une rencontre avec une tribu cannibale, d’une scène de bataille ou de chasse, il offre une mise en scène ample et majestueuse qui donne une dimension homérique à ses séquences et à son oeuvre dans sa globalité.

Avec The Lost City of Z, James Gray signe une épopée tragique tout aussi épique qu’intime dans la psyché humaine. Le fil étriqué de la vie prend ici la forme tortueuse du cours d’un fleuve inexploré, où entre les éternels recommencements, les attentes et les mirages se révèle à nous un voyage métaphysique bouleversant. Par la perfection de son casting, la finesse de son écriture et la majesté de sa réalisation, Gray signe un chef d’oeuvre magnifique et mémorable qui touche les sentiments humains comme un film ne l’avait pas fait depuis longtemps. Trouvant dans ce récit son incarnation la plus personnelle, il transcende son cinéma pour donner naissance à ce qui pourrait bien être un des films les plus importants du 21ème siècle, et que même si il prend place dans une autre époque il s’impose comme une très belle réflexion sur son temps. Une oeuvre universelle, intemporelle, et un classique instantané.

The Lost City of Z : Bande annonce

The Lost City of Z : Fiche technique

Réalisation : James Gray
Scénario : James Gray, d’après le roman La Cité perdue de Z de David Grann
Interprétation : Charlie Hunnam (Percy Fawcett), Robert Pattinson (Henry Costin), Sienna Miller (Nina Fawcett), Tom Holland (Jack Fawcett), Angus MacFadyen (James Murray),…
Image : Darius Khondji
Montage : John Axelrad
Musique : Christopher Spelman
Décors : Jean-Vincent Puzos
Costume : Sonia Grande
Producteur : Brad Pitt, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Anthony Katagas et Dale Armin Johnson
Société de production : MICA Entertainment, MadRiver Pictures, Paramount Pictures et Plan B Entertainment
Distributeur : StudioCanal
Durée : 140 minutes
Genre : Aventure
Date de sortie : 15 mars 2017

Etats-Unis – 2017