About Ray, sortie en DVD / VOD du film avec Elle Fanning et Naomie Watts

Sortie ce mercredi 22 mars du long métrage About Ray, qui suit Elle Fanning en adolescente transgenre désirant devenir un homme. Le film, interprété par la jeune Fanning, Naomi Watts et Susan Sarandon, se veut engagé en abordant des thématiques complexes et de plus en plus d’« actualité », mais, empli de clichés et de maladresses, il n’en restera qu’un feel-good-movie oubliable.

Synopsis : Ray, jeune adolescente transgenre, souhaite devenir un homme. Accompagnée de sa mère et de sa grand-mère, Ray va devoir faire accepter à sa famille cette transition pour enfin s’épanouir. C’est un chemin semé d’embûches pour cette famille dont le père n’a jamais été présent. Chacun tentera de s’opposer à la réalité, avant de finalement comprendre qu’il faudra se serrer les coudes pour traverser ensemble cette épreuve.

Production de 2015, About Ray arrive en ce mois de Mars 2017 en France via les éditions SND M6 Vidéos. Si l’on retrouve les éternelles citations de critiques reprises à usage promotionnel, ainsi que les fameux gimmicks tels que « révélation au festival du cinéma international de Toronto » sur la jaquette du boitier DVD, About Ray est loin d’être l’« œuvre inoubliable » qu’on veut nous vendre.

Le film dirigé par Gaby Dellal veut en raconter beaucoup en peu de temps. Pour ce faire, justement, que faire ? Couper, avoir un rythme rapide, des éléments (des images ou des dialogues) qui disent directement les choses, souvent sans subtilité et humanité, histoire qu’on comprenne vite les enjeux et ce qui se passe dans la progression du récit. Ainsi les plans s’enchaînent à un rythme de clip sur une musique de feel-good movie composée par l’un de ses barons, Michael Brook (Le monde de Charlie ; Brooklyn). Et le propos sur l’être transgenre se perd dans des péripéties mélodramatiques liées aux amours passées de la maman jouée par Naomi Watts, qui alterne entre tragédie pleureuse et joie maternelle, mais qui vire à coup sûr dans le surjeu.

Idem pour Elle Fanning qui rêvait probablement – un an avant sa prestation lumineuse dans The Neon Demon – d’un prix d’interprétation. Mais à vouloir trop en faire, on ne fait pas grand chose à part écrire des grosses lignes à l’encre parfois baveuse. Eh non, raser/couper ses cheveux devant la caméra ne rapporte plus d’oscars aujourd’hui heureusement (quoique…). Mais avouons-le, l’écriture ne l’aide pas. Ray veut devenir pleinement un homme. En cette longue période de transition – pas encore biologique –, elle adopte ainsi des attitudes, et fait certains choix. Lesquels ? Cracher par terre, mâcher son chewing-gum comme une vache, se laisser pousser les poils sous les bras… Bref, tout ce que l’homme devrait être, non ? Bien sûr que non, et c’est là que le film manque de subtilité dans le traitement du personnage qui parfois atteint une certaine complexité lorsque son envie d’une relation amoureuse avec une jeune femme est représentée puis oubliée par le récit, ou encore lorsque Ray travaille sur ses montages vidéo, qui racontent bien plus sur l’épreuve et les difficultés de la transition et de son statut « transgenre » que les dialogues avec sa grand-mère lesbienne mais conservatrice ou encore les larmes de Naomi Watts, mère vaillante et paniquée.

Ainsi About Ray se termine dans un happy-end familial sorti du rayon « feel-good movie », sous-rayon : « sujet ambitieux, complexe et qui peut émouvoir » pour se terminer tel un grand nombre de produits consensuels. On pourra aussi lui reprocher d’avoir oublié de véritablement traiter de l’« être transgenre » dans un contexte aussi embourgeoisé. Ce n’est pas parce que Mamie dit qu’on peut être lesbienne et fermée que c’est abordé. Justement, hormis représenter des new-yorkais petit-bourgeois et cools, où sont exposées les difficultés vécues par Ray au quotidien dans cette famille aux relations humaines plus ou moins complexes et peu communes ?

Bref, on repassera aussi sur l’édition DVD vide de bonus, et manquant d’un sous-menu « chapitres », mais empli des bandes annonces des prochaines sorties, ou devrait-on dire « œuvres inoubliables », éditées par SND M6 Vidéo.

EXTRAIT DU FILM – About Ray

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU DVD

Titre original : Three Generations – Editeur : M6 Interactions – Edition : Keep Case, PAL, Tous publics
Région : 2 – Audio : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 5.1
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9, Film en Couleurs – Sous-titres : Français

Réalisateur : Gaby Dellal
Avec Tate Donovan, Tessa Albertson, Susan Sarandon, Susan Blackwell, Sam Trammell, Naomi Watts, Max Simkins, Francesca Keller, Gameela Wright, Elle Winter, Elle Fanning, Antonio Ortiz, Jordan Carlos, Linda Emond, Marquis Rodriguez, Mattea Marie Conforti, Maria Dizzia, Marcos A. Gonzalez, Lucca De Oliveira, Andrew Polk
Scénario : Gaby Dellal et Nikole Beckwith
Musique : Michael Brook
Montage : Joe Landauer
Photographie : David Johnson
Décors : Stéphanie Carroll
Costumes : Arjun Bhasin
Genres Comédie, Drame
Date de sortie 22 mars 2017 en DVD (1h 33min)
Editeur : M6 Interactions

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, un spectaculaire voyage intérieur

On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.

The Last Viking : une bande à part

"The Last Viking" suit deux frères, Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas, dans une forêt danoise où un magot enterré cache surtout de vieux souvenirs. Anders Thomas Jensen y mélange polar et comédie tendre, entre fausse reformation des Beatles et vraie thérapie de groupe.

La chaleur : l’adolescence en mode atone ou l’art de filmer le vide

Faut-il filmer l'ennui pour le faire exister ? Stéphane Demoustier avec son dernier opus "La chaleur" en fait le pari, avec une délicatesse certaine, mais au risque d’engluer son spectateur dans la torpeur même de son héros.

« Vaiana, la légende du bout du monde » n’est pas le pire remake, mais c’est de loin le plus inutile

"Vaiana, La légende du bout du monde" (2026), remake live-action de Disney, déçoit sur toute la ligne. Animation ratée, prestations fades de Dwayne Johnson et Catherine Laga'aia, effets visuels décevants malgré un budget de 250 millions de dollars... un naufrage face à l'excellent film original.

L’Espèce explosive : Alexis Manenti électrise le film braque de Sarah Arnold

Avec "L’Espèce explosive", Sarah Arnold dynamite les codes de la comédie rurale. Un film déglingué, détonant et drôle, tendre et imprévisible, porté par un Alexis Manenti éblouissant de chaos. Un cinéma vigoureux et téméraire !

La colline a des yeux 1 (1977) et 2 (1985), de Wes Craven : contamination de la violence

Si ces films – et surtout le second, complètement raté – ont à maints égards mal vieilli, l’édition prestige qui combine les deux films et de nombreux memorabilia, vaut assurément son pesant d’hémoglobine. D’autant plus que les suppléments, tant vidéo qu’écrits, se révèlent parfois plus intéressants que les films eux-mêmes !

Règlements de comptes à O.K. Corral (1957) de John Sturges : deux géants au service de la fabrique du mythe

Wyatt Earp, Doc Holliday, la fusillade à O.K. Corral… Ces trois mythes occupent une place prépondérante dans le « roman national » de l’Ouest. Pour les évoquer au cinéma, quoi de mieux que deux légendes d’Hollywood ? Au service du réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion), Burt Lancaster et Kirk Douglas font des étincelles, dans ce western immense.

Resurrection : l’insurrection par le rêve

"Resurrection", le nouveau film de Bi Gan, impressionne par sa beauté formelle et son inventivité folle. Entre rêve et cinéma, ce film-somme traverse les genres et les époques avec une liberté rare. Découvrez cette œuvre marquante, disponible en DVD et Blu-ray chez Potemkine Films dès le 7 juillet 2026.