A moins d’un mois de l’ouverture de la 71ème édition du festival de Cannes, les événements s’accélèrent. La veille de l’annonce des films présentés en Sélection Officielle, c’est l’affiche qui vient d’être dévoilée.
Alors que Jean-Paul Belmondo vient de célébrer son 85ème anniversaire, le Festival de Cannes a manifestement décidé de lui rendre hommage en choisissant, pour l’affiche de la 71ème édition, un photo extraite de Pierrot le Fou, un des rôles les plus connus de l’acteur. Sur cette affiche, on voit donc Belmondo embrasser Anna Karina, chacun étant dans sa propre voiture. C’est la seconde fois en deux ans que le Festival s’approprie une image extraite d’une œuvre du cinéaste suisse Jean-Luc Godard ; en effet, l’affiche de la 69ème édition, en 2016, renvoyait à la villa du Mépris.
Mais si l’image renvoie à Godard, le commentaire donné par le Festival fait plutôt référence à un autre film. « …c’est une femme et un homme qui s’embrassent ». Faut-il y voir un clin d’œil à une célèbre Palme d’or française ?
COMMUNIQUE OFFICIEL: L’affiche du Festival de Cannes 2018… c’est une femme et un homme qui s’embrassent. #Cannes2018
L’image nous vient du photographe de plateau George Pierre, décédé il y a quinze ans maintenant, qui avait travaillé sur les tournages de films de Sautet, Rivette ou Wajda, entre autres. La maquette est signée par la graphiste Flore Maquin.
Et le festival restera dans l’actualité puisque c’est demain, le 12 avril, que nous connaîtrons la liste des films présentés en Sélection Officielle. Nous savons déjà que le jury sera présidé par Cate Blanchett et que le film d’ouverture sera Everybody Knows, du cinéaste iranien Asghar Farhadi. De plus, le très attendu film sur Han Solo sera projeté avant-première. Quant à Benicio del Toro, il présidera le jury de la compétition Un Certain Regard.
Cette 71ème édition du festival de Cannes se tiendra du 8 au 19 mai.
Le 4 avril dernier est sorti en coffret Blu-ray + DVD + livret Marx Dixon, Détective (When the sidewalk ends). Édité par Wild Side, le film noir de Otto Preminger suit le parcours obscur de l’enquêteur homonyme aux méthodes efficaces mais brutales. Alors qu’il décide de se reprendre, l’interrogatoire d’un suspect tourne à la mort accidentelle de ce dernier. Les supérieurs de Dixon croiront-ils à cette mésaventure ? Dixon décide de maquiller le décès, mais sera-t-il prêt à tout pour s’en sortir ?
Synopsis : Mark Dixon est un policier new-yorkais doué, déterminé et… brutal. Ses méthodes lui valent régulièrement les foudres de sa hiérarchie. Peu lui importe, il en a fait une affaire personnelle : quitte à flirter avec l’illégalité, il livre une guerre sans merci contre la pègre et le gangster Tommy Scalise qu’il soupçonne d’être lié au meurtre d’un riche Texan. L’enquête le conduite jusqu’à un homme de main, Ken Paine, mais l’interrogatoire tourne court… En effet, ce dernier agresse violemment Dixon qui réussit à le repousser. Paine, blessé de guerre, chute tête la première et décède. Que va alors faire le détective : cacher l’accident, le lier à Scalise, ou avouer les faits ? Mais ses supérieurs croiraient-ils à la légitime défense et au décès accidentel ?
« Le fils Dixon »
Le film démarre le long d’un trottoir sur lequel sont écrits à la craie les grands titres du générique. Aucune musique accompagne le générique et « l’entrée » dans le quotidien nocturne des policiers. Tous les sons sont diégétiques – c’est-à-dire qu’ils appartiennent à l’univers représenté dans le film. C’est alors qu’arrive le drame. L’accident qui va être l’objet de l’intrigue du film. Dixon, ce policier efficace mais brutal, doit se défendre contre Ken Paine, un ex-soldat alcoolisé et dangereux. Ce dernier est d’ailleurs le suspect numéro un d’un homicide venant d’avoir lieu lors d’une partie de dés illégale. Le détective réussit à le repousser. Le suspect chute. Mais ce que l’enquêteur ne savait pas, c’est que le vétéran avait une broche au crâne. Ainsi l’ex-soldat meurt à la réception de sa chute pourtant loin d’être violente. Dixon lui demande se relever, puis sent l’effroi lui saisir lentement le coeur. Il prend le pouls de l’homme à terre. Il est mort. Dixon se relève, terrifié ; la musique extra-diégétique s’emballe. Le film noir est bien lancé, là, au moment où les sentiments des hommes s’emmêlent dans les ténèbres de l’action. Que doit faire Dixon ? Ses chefs le croiront-ils ?
Mark Dixon (Dana Andrews) laissera-t-il des innocents porter le chapeau ? Des innocents tels que la douce et sublime Morgan Taylor (Gene Tierney) ?
Le détective est terrifié par les conséquences mais aussi par autre chose. « Le fils Dixon », c’est ainsi que l’appelaient les autres enfants du quartier, puis ses premiers collègues policiers. Et il se pose la douloureuse question : et s’il était un criminel comme son père l’avait été jadis ? S’ensuit un périple obscur pendant lequel le coeur de l’enquêteur va balancer entre la culpabilité insupportable mais occultée, et la volonté de ne pas devenir un truand. Un innocent est arrêté, il devient le coupable idéal pour les collègues de Dixon. L’innocent n’est autre que le père de Morgan Taylor, la femme de Paine. Cette dernière est séparée de son mari qui était un être torturé, explique-t-elle. L’amour naissant entre Mark et Morgan va lui inspirer un acte héroïque qui n’est pas celui auquel on s’attend. Cette action a lieu alors que Dixon récolte gloire et réputation dans une séquence lumineuse, et non une scène gouvernée par les ombres. En effet, ce dernier, en tant que héros, va décliner toute cette gloire liée à des actions résultant de la fameuse mort accidentelle. Car tout héros est au service de la vérité et du bien commun, et non de soi. Dixon, celui qui voulait être meilleur, va alors perdre beaucoup, mais il ne sera jamais plus « le fils Dixon ». Aussi, ce nouvel héros, une fois terminée la nouvelle épreuve qui l’attend, sait que l’amour et la paix seront prêts à l’enlacer. Ainsi Mark Dixon, Détective est bel et bien un film de Preminger, ce génie réalisateur qui captait le monde dans ses contradictions et nuances, et qui alors, permettait à ses personnages d’exister au-delà de l’absolutisme social qui tend à tous nous accabler.
Blu-ray noir
L’édition proposée par Wild Side est à nouveau soignée. Rien à redire concernant l’image et le son de la copie du film. Celle-ci, formidable, est accompagnée de deux bonus vidéo dont un qui fera battre le coeur des cinéphiles à la simple lecture de ces mots : Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich. D’une trentaine de minutes, l’interview de l’un des plus érudits des cinéastes – aussi l’un des plus formidables passeurs de connaissance – constitue un parfait complément au film. Le deuxième bonus vidéo est un documentaire sur la sublime Gene Tierney, une star oubliée. Hélas, ce « portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs » n’était pas présent sur le disque test envoyé par Wild Side. Enfin, comme à son habitude, Wild Side complète les bonus de l’édition avec un livret exclusif de soixante pages écrit par Frédéric Albert Lévy et illustré des sempiternelles « photos d’archives rares ». Enfin, si l’entrevue de Peter Bogdanovich réfléchit l’ensemble de la carrière de Preminger, le livret de FAL, concentré sur Mark Dixon, Détective, fera écho avec l’interview, tissant alors un dialogue transmédiatique créant de façon synergique une réflexion cohérente et pertinente sur le film et son réalisateur Otto Preminger.
Extrait – Mark Dixon, Détective
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD
Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Anglais Dolby Digital Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h32
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray
Master restauré – Noir & Blanc – Format image : 1.33 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais DTS Master Audio Mono 1.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34
COMPLEMENTS
– Otto Preminger, cinéaste par Peter Bogdanovich (30′)
– Gene Tierney, une star oubliée : portrait de la star d’Hollywood, héroïne des plus grands réalisateurs (52′)
+ Livret exclusif de 60 pages, écrit Frédéric Albert Lévy dit FAL – journaliste cinéma et co-fondateur de la revue Starfix –, illustré de photos d’archives rares
Prix public indicatif : 24,99 Euros le Coffret Blu-ray+DVD+Livret
Dans cette adaptation de Don’t Worry he Won’t get Far on Foot, l’autobiographie du cartooniste américain John Callahan, Gus van Sant tente de réinventer les codes du biopic au fil d’un récit éclaté, à l’image de son personnage.
Célèbre pour son irrévérence et son ironie mordante (comme en témoigne le titre grinçant de son autobiographie), John Callahan a clairement eu une vie qui vaut la peine d’être racontée. Tétraplégique à l’âge de 21 ans suite à un accident de voiture, orphelin, misanthrope et alcoolique invétéré pendant de nombreuses années, il a par la suite réussi à devenir un dessinateur internationalement reconnu, malgré les graves séquelles laissées par son accident.
Contrairement aux biopics traditionnels, soutenus par une chronologie linéaire cherchant à montrer l’évolution progressive de leur personnage, le récit de Gus van Sant ne cesse d’osciller entre diverses temporalités, et plonge son spectateur au cœur d’un univers décousu, toujours incertain, à l’image de son protagoniste, qui ne parvient à trouver un équilibre et un sens à son existence qu’au bout d’un long cheminement personnel.
La mise en scène elle-même accompagne brillamment, dans la première partie du film, le parcours chaotique de Callahan. Tandis que les scènes se déroulant avant son accident sont portées par un mouvement perpétuel quasi jouissif, exprimé par une caméra toujours mobile et un montage extrêmement rythmé, sa paralysie et toute l’horreur qu’elle représente sont, elles, douloureusement exprimées par une caméra résolument fixe. Le spectateur est alors prisonnier du cadre comme Callahan l’est de son propre corps.
Malheureusement, si ces éléments témoignent d’un véritable travail cinématographique de la part de Gus van Sant, et d’un engagement sincère envers son personnage, le film se perd peu à peu, malgré un début prometteur, dans un récit inconsistant et finalement superficiel, victime de ses ambitions. Entre la lutte de Callahan contre son alcoolisme, l’acceptation difficile de son handicap, la recherche de sa mère, son histoire d’amour avec son infirmière, le film s’étiole peu à peu sans jamais approfondir aucune des pistes qu’il amorce. En témoigne notamment le moment où Callahan commence à pratiquer le dessin : il s’agit pour lui d’un épisode fondateur, il doit se battre contre son propre corps pour arriver à créer, et sa pratique devient une véritable forme de catharsis. Malheureusement, le film ne prend absolument pas le temps de montrer toute l’importance de cette étape significative et l’expédie en seulement quelques plans.
Ainsi, si le fait de mêler les époques et les situations aurait pu donner lieu à d’intéressants rapprochements, susceptibles d’éclairer significativement le cheminement de son protagoniste, le film se présente au contraire comme un assemblage plus ou moins cohérent d’événements et de personnages qui, pour la plupart, ne servent que de faire-valoir. L’évolution de Callahan, loin d’être nuancée, se fait ainsi par à-coups, au fil de situations dramatiques artificielles et forcées.
Si Don’t Worry, he Won’t get Far on Foot était plein de belles promesses, il n’en tient malheureusement que très peu, et s’enfonce progressivement dans un récit complaisant et des réflexions convenues, loin de l’audace et de l’impertinence qui ont rendu célèbre John Callahan.
Don’t worry, he won’t get far on foot : Bande-annonce
Don’t worry, he won’t get far on foot : Fiche technique
Réalisateur : Gus Van Sant
Scénario : Gus Van Sant, d’après l’autobiographie Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot de John Callahan
Interprètes : Joaquin Phoenix, Jack Black, Jonah Hill, Rooney Mara, Tony Greenhand, Beth Ditto, Mark Webber, Ronnie Adrian, Kim Gordon, Udo Kier, Carrie Brownstein…
Photographie : Christopher Blauvelt
Montage : Gus van Sant
Bande originale : Danny Elfman
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Genres : Biopic, Drame
Date de sortie : 4 avril 2018 (1h 53min)
Festival : Berlinale 2018
Festival de Sundance
Concours Nobody’s Watching : Gagnez des places du long métrage de la réalisatrice Julia Solomonoff en salles le 25 avril 2018, le film aborde les questions d’immigration de front et de l’identité.
SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE
Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l’attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s’en sortir… Sa vie affective et sociale s’en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil.
Titre original : Nadie Nos Mira
Réalisateur : Julia Solomonoff
Scénariste : Julia Solomonoff et Christina Lazaridi
Interprètes : Guillermo Pfening, Elena Roger, Rafael Ferro, Marco Antonio Caponi, Pascal Yen-Pfister, Paola Baldion, Katty Velasquez …
Directeur de la photographie : Lucio Bonelli
Monteur : Andrés Tambornino, Karen Sztanjberg et Pablo Barbieri Carrera
Décoratrice : Maite Perez-Nievas et Mariela Rípodas
Ingénieur du son : Lena Esquenazi
Compositeur : Sacha Amback et Pablo Mondragon
Genre : Drame
Distributeur France (Sortie en salle) : Epicentre Films
Date de sortie : 25 avril 2018
Durée : 1h 41min
Nationalités argentin, colombien, brésilien, américain, français
MODALITÉS DU JEU CONCOURS
Pour participer à notre concours, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 30 Avril 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.
Ceux ou celles qui nous suivront sur notre compte Twitter ou/et ceux ou celles qui auront liké notre page Facebook auront droit à une chance supplémentaire…
Doublez vos chances de remporter une dotation en suivant notre compte Twitter !
Suivre @cineseriesmag Triplez vos chances de remporter une dotation en devenant fan de notre page Facebook !
Le 3 avril 2018 est ressorti en vidéo Le Monde Perdu d’Irwen Allen d’après le grand et fantastique roman d’Arthur Conan Doyle. En effet, le film vient d’être réédité en Blu-ray, toujours chez les éditions Rimini. Mais qu’en est-il de cette deuxième édition en raie bleue ?
Synopsis : Le professeur Challenger mène une expédition de scientifiques et d’aventuriers dans un plateau éloigné au fond de la jungle amazonienne pour vérifier son affirmation selon laquelle les dinosaures y vivent encore.
Le Monde Perdu d’Irwin Allen : celui qui aurait dû être « l’ultime film de dinosaures »…
Le 3 avril 2017 est ressorti en Blu-ray Le Monde Perdu d’Irwin Allen. Réalisé en 1960, le film porte pour la deuxième fois sur grand écran le merveilleux roman d’aventure fantastique du même nom rédigé par Sir Arthur Conan Doyle en 1912. Trente-cinq ans après la première et formidable adaptation signée Harry O. Hoyt, célèbre pour ses dinosaures animés par l’un des plus grands artisans des effets spéciaux Willis O’Brien (maître de Ray Harryhausen, il sera aussi responsable des effets visuels sur King Kong), Le Monde Perdu est réadapté par l’entertainer Irwin Allen. Producteur de La Tour Infernale et des Aventures du Poséidon, créateur de la série Perdus dans l’Espace, réalisateur du Sous-marin de l’apocalypse, Irwin Allen, surnommé le « maître du désastre« , voit dans Le Monde Perdule potentiel plus grand film de dinosaures. Audacieux, son budget est énormément réduit. À l’époque, de nombreuses productions de la Twenty Century Fox se voient perdre une partie importante de leur budget. L’argent récupéré était alors employé sur l’une des plus grosses productions de l’histoire du cinéma, Cléopâtre, chef d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1963. Ainsi Le Monde Perdu d’Irwin Allen, devant la contrainte économique, se voit remplir de lézard et autres reptiles déguisés en êtres du jurassique à coup de prothèses esthétiques et trucs visuels. Celui qui devait être le film ultime de dinosaures est aujourd’hui un sympathique divertissement qui saura capter votre attention grâce à son charme désuet.
Gare au varan ! Enfin… Au dinosaure !
Blu-raytosaure
Les éditions Rimini viennent de ressortir le film en Blu-ray pour la seconde fois. Cette seconde version Blu-ray contient un nouveau bonus d’une bonne heure et demi : Les mondes fantastiques d’Irwin Allen. Produit par la Fox en 1995, le document revient sur la carrière cinématographique du maître de la catastrophe à coups d’extraits et des éternels discours élogieux (pour ne pas écrire « promotionnels », oups c’est fait) d’acteurs et autres collaborateurs du cinéastes. Au-delà de cet ajout plutôt bienvenu, la copie du Monde Perdu proposée ici n’est pas identique à celle proposée en 2014. Si le master vidéo semble être celui de la première édition, alors il a été retravaillé par l’éditeur. En tout cas, la copie présentée est bien plus lumineuse et contrastée que la précédente, cela, à tel point que des détails semblent s’effacer : lors de la conférence de presse au début du film, la délicieuse Jill St John porte une robe décolletée, toutefois son torse nu est tellement blanc qu’en sort l’impression perturbante de la voir porter une seconde peau. Ce sentiment est probablement dû à un autre réajustement de Rimini. Comme le note Cinefaniac : « le réducteur de bruit a été utilisé avec excès et réduit à la portion congrue le grain (déjà peu présent sur le premier Blu-ray). L’image comporte un effet « masque de cire » avec des visages lisses et sans détail » ou quand la remasterisation va au-delà de la remasterisation… Du reste, l’édition Blu-ray comporte les bonus de l’édition précédente dont le document vidéo très intéressant nommé Le Monde fantastique de Conan Doyle dans lequel l’historien du cinéma Christophe Champclaux revient sur la rédaction du roman de Doyle, puis sur la première adaptation et son importance dans le monde des effets spéciaux, pour avancer ensuite sur les films de dinosaures et l’inscription de l’adaptation d’Allen dans ce paysage fantastique ainsi que les problèmes de production subis par le film. On retiendra aussi la présence de la première adaptation dans les suppléments. Elle n’est hélas pas proposée en HD. Enfin, concernant les aficionados de la VF, cette dernière – comme dans nombre d’anciens films – met en évidence le doublage et donc les dialogues. Ces derniers écrasent la bande sonore constituée par les bruitages et la composition musicale.
Bande-annonce – Le Monde Perdu
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES
1080p – 16/9 – 2.35:1 – format d’origine respecté – Couleurs – Audio : Français 2.0, Anglais 2.0 et 5.1 DTS-HD Master Audio – Sous-titres : français – Durée : 1h36
La nouvelle édition du ‘Monde Perdu’ d’Irwin Allen aussi disponible en DVD.
Dans un tout autre registre, la magie de Pablo Berger continue d’opérer avec Abracadabra, son nouveau film, même si le niveau n’atteint pas celui de l’explosif Blancanieves…
Synopsis : Carmen est mariée à Carlos, un conducteur de grue macho, fan de foot, qui ne lui prête plus guère attention. Après une séance d’hypnose dont il est le cobaye pendant un mariage, Carlos devient le parfait époux. Quelque chose a changé !
Pepe, Carmen, Carlos et les autres
Le peu que l’on puisse dire, c’est que le nouveau film de l’espagnol Pablo Berger n’a pas enchanté les cinéphiles. Ayant été jusqu’à recevoir la médaille française de l’Ordre des Arts et des Lettres pour son fabuleux Blancanieves, un Noir et Blanc muet pré-franquiste qui nous a tous pris aux tripes pour trop de beauté, il a donc été attendu de pied ferme pour ce nouveau long métrage, Abracadabra, et peu de choses lui sont pardonnées par un certain nombre de critiques. Prenant le contrepied du précédent, le film est éminemment haut en couleurs, des couleurs criardes des années 80 qui ne sont pas sans rappeler le cinéma de son illustre aîné, Pedro Almodovar ; avec l’exploitation qu’il fait du machisme espagnol, il fait également penser au Jambon, Jambon de Bigas Luna. Ce que d’aucuns traitent de vulgarité n’est qu’un détournement espiègle d’une esthétique en vogue dans ces années-là et pose d’emblée le côté farcesque du métrage.
Carlos (Antonio de la Torre) est un mari macho qui aboie pour qu’on lui rapporte sa Kro devant un match Madrid-Barça dont il ne veut pas perdre une miette. Les femmes de sa vie, Carmen (Maribel Verdu) sa femme, et Toni sa fille, finissent leur préparation toute en nuances, si on peut dire, de vert pétard, pour assister à un mariage. Beaucoup de bruit pour rien, car Carlos ne leur accorde pas même un regard. Tout est dans l’outrance, les couleurs, le verbe haut du Monsieur, les mimiques des dames, et pourtant, le film est burlesque et drôle. Une sorte d’humour au premier degré qui marche bien dans le contexte. Quand, à la suite d’une séance d’hypnose qui a mal tourné au cours de ce fameux mariage, Carlos se fait carrément posséder par l’esprit d’un schizophrène du genre Jekyll/Hyde, le film bascule dans le drame et le fantastique, voire le fantasmagorique, sans se départir ni de sa tonalité générale, ni de son humour potache pas si potache.
Abracadabra est situé dans un Madrid du quotidien, de petits cafés en salles de bal kitsch, de quartiers populaires en chantiers de construction, et la ville est un personnage à part entière du récit. Non pas la ville flamboyante des cartes postales, pas non plus le Madrid inquiétant et déclassé qu’on a aperçu chez Rodrigo Sorogoyen dans Que Dios nos perdone (dans lequel Antonio de la Torre jouait déjà un homme pour le moins perturbé), mais une ville banale, bien que légèrement fantastique, où les bâtiments portent de mauvais numéros, et où tous les habitants sont un peu fêlés et excentriques, depuis ce couple amateur – entre autres choses – de décoration Ikea, à ce professeur d’hypnose grimé en Raspoutine version Tati (le magasin, pas le cinéaste).
Sous ces dehors de conte excentrique et loufoque, le film de Pablo Berger recèle pourtant une thématique très sérieuse, celle de la libération d’une femme de l’emprise de son homme macho, voire des hommes en général, étant donné que Carlos abrite désormais en dehors de lui-même, une entité qui en fait deux autres. Carmen côtoie tour à tour ces trois personnalités, attirée par intermittence par l’un ou l’autre, mais reprenant toujours ses esprits pour aller vers cette liberté nouvelle. Les démonstrations du cinéaste ne sont pas toujours des plus subtiles, et ne cherchent d’ailleurs pas à l’être, mais le film se tient. Il se regarde de bout en bout ; on se laisse prendre, comme hypnotisés nous-mêmes, par la débauche d’idées originales de Pablo Berger. Sans atteindre la fièvre de Blancanieves, Abracadabra garde de la magie version Berger…
Abracadabra – Bande-annonce :
Abracadabra – Fiche technique :
Titre original : –
Réalisateur : Pablo Berger
Scénario : Pablo Berger
Interprétation : Maribel Verdú (Carmen), Antonio de la Torre (Carlos), Priscilla Delgado (Toñi), José Mota (Pepe), Josep Maria Pou (Dr. Fumetti
Musique : Alfonso de Vilallonga
Photographie : Kiko de la Rica
Montage : David Gallart
Producteurs : Mercedes Gamero, Ibón Cormenzana, Ignasi Estape Olivella, Jérôme Vidal, Pablo Berger, Mikel Lejarza
Maisons de production : Arcadia Motion Pictures, Noodles Production
Distribution (France) : Condor Distribution
Budget : EUR 5 200 000
Durée : 96 min.
Genre : Documentaire
Date de sortie : 04 Avril 2018
Dans ce récit white trash, qui voit une mère et son enfant s’échapper de l’emprise néfaste du conjoint de cette dernière, Vladimir de Fontenay parle avec Mobile Homes de la deuxième chance qui s’offre à nous, d’une fuite en avant, d’un combat contre la précarité et l’isolement social.
L’American Way of life dans le jargon du cinéma indépendant américain continue à fleurir sur nos écrans. A la vue de Mobile Homes, on pense irrémédiablement à Winter’s Bone de Debra Granik ou même à American Honey d’Andrea Arnold. Celle que l’on remarque avant toute autre chose, c’est Imogen Poots, que l’on avait déjà entraperçue dans l’excellent Green Room de Jeremy Saulnier. Avec sa chevelure blonde, son teint blafard, son regard apeuré, son amour effronté pour son enfant, elle devient le symbole d’une mère courage qui souhaite, comme toute maman, une vie meilleure pour son enfant. Dans une première partie, où elle et son compagnon vivent d’une vie oisive, bohème, entre petit banditisme de quartier pour se faire un peu de maille et combat de coqs illégaux dans des coins reculés de la périphérie américaine, le réalisateur immisce une atmosphère de dérision sans jamais tomber dans le misérabilisme social.
Mobile Homes parle de cette Amérique des laissés pour compte, d’une nation bancale dont les habitants mis de côté par le système ne peuvent avoir confiance qu’en eux-mêmes. Pourtant, même si le film regorge de petits moments d’ambiance, de respirations esthétiques qui viennent se greffer avec malice à l’âpreté du quotidien des personnages,Mobile Homes ne dépasse jamais le cadre de son sujet, pour devenir plus qu’un petit film sur l’Amérique gorgée de problèmes. Et ce n’est pas dans cette deuxième partie, qui voit la mère et son fils venir par effraction vivre un temps soit peu dans une communauté restreinte de la campagne neigeuse vivant dans ces fameux Mobile Homes, que le film va s’extirper de la masse.
Même si l’on est loin des œuvres tarées d’un Harmony Korine ou de l’ambiance mortifère des frères Safdie, Mobile Homes essaye de se frotter aux références du genre avec son ambiance d’évasion et de désespoir, sans malheureusement en atteindre la qualité. Par le biais de ces divagations, de ce collage clippesque parfois peu opportun, Vladimir de Fontenay crée un road movie un peu blafard, à la réalisation typique « Sundance » et qui marche à reculons même si l’œuvre a le mérite de ne jamais surjouer le drame et de souscrire à une émotion palpable. Le film parle de cet entre-deux compliqué à réunir dans une vie, c’est-à-dire cette envie d’avoir un foyer et la liberté de jouir d’une vie que l’on a choisie.
Car outre cette idée que le foyer reste l’un des gages d’un avenir plus radieux, Mobile Homes est aussi un film qui parle des choix. De ceux, qui peuvent parfois paraître irrationnels, mais qui n’existent que par l’amour que l’on détient pour une personne comme en témoigne cette fin, belle dans son dernier plan, mais terriblement laborieuse et grossière quant à son déroulement. Malgré son trio d’acteurs, ces quelques plans en apesanteur, cette émotion sincère, cette écriture assez fine, Mobile Homes a du mal à se détacher des codes inhérents au genre, et n’arrive pas à trouver sa place singulière dans ce cinéma bien trop quadrillé.
Synopsis : Ali et Evan sillonnent les routes entre les États-Unis et le Canada. Ils utilisent Bone, le fils d’Ali, âgé de huit ans, dans leurs trafics. Le jeune couple vit de plus en plus dangereusement. Tous rêvent pourtant d’un refuge, d’un foyer, mais leur fuite inexorable les entraîne sur un chemin qu’ils n’avaient pas prévu… Pour trouver sa place, Ali aura à faire un choix entre la liberté et sa responsabilité de mère.
Mobile Homes – Bande-Annonce :
Mobile Homes – Fiche Technique :
Réalisateur : Vladimir de Fontenay
Scénario : Vladimir de Fontenay
Interprétation : Imogen Poots, Callum Turner, Franck Oulton
Directeur de la photographie : Benoit Soler
Distribution (France) : Nour Films
Durée : 106 minutes
Genre : Drame
Date de sortie (France) : 4 avril 2018
Le spin-off consacré au personnage mythique de l’univers Star Wars, Han Solo (immortalisé par Harrison Ford), est attendu au tournant par une bonne partie des fans de la saga intergalactique. Le film est entouré d’une campagne de presse faisant redouter le pire pour la sortie en salles du prochain film des studios Disney – Lucasfilm. Le spin-off vient de bénéficier fort heureusement d’un coup de projecteur inespéré. Solo : A Star Wars Story sera projeté hors compétition au Festival de Cannes en mai prochain.
Le Festival de Cannes va dérouler le tapis rouge devant l’un des plus célèbres contrebandiers de la galaxie ! Solo : A Star Wars Story de Ron Howard, consacré à la genèse du personnage de Han Solo, sera diffusé hors compétition dans le cadre du 71ème Festival de Cannes.
Selon des informations de Deadline, Solo : A Star Wars Story sera projeté le 15 mai prochain. Cette avant-première mondiale est donc orchestrée huit jours avant la sortie française et dix avant la sortie américaine. Le film est en effet attendu dans les salles le 23 mai prochain en France. La sortie américaine est prévue pour le 25 mai.La séance sera d’autant plus prestigieuse qu’elle se déroulera dans le Grand Théâtre Lumière, à Cannes.
Le nouveau film de la galaxie Star Wars™, Solo: A Star Wars story, en Sélection officielle! L’un des plus grands mythes de l’histoire du cinéma de retour Hors Compétition sur le tapis rouge du Festival de Cannes. #Cannes2018#SoloAStarWarsStoryhttps://t.co/WfsWDSmM4O
— Festival de Cannes (@Festival_Cannes) April 6, 2018
La licence Star Wars sera donc de retour sur la Croisette pour le plus grand bonheur des festivaliers les plus geeks. L’Attaque des clones, en 2002, et La Revanche des Sith, en 2005, avaient déjà été projetés à Cannes.
Ce spin-off est malheureusement attendu au tournant sur le plan commercial. Laconcurrence au box-office américain sera en effet assez rude pour le long-métrage sur la jeunesse de Han Solo, après le raz-de-marée réalisé par Black Panther. Une multitude de films pourrait entraîner la chute de la franchise Star Wars aux USA : Rampage (13 avril), Avengers : Infinity War (27 avril), Deadpool 2 (18 mai), Ocean’s Eight (8 juin) ou bien encore Jurassic World : Fallen Kingdom (22 juin).
Rogue One : A Star Wars Story, le précédent spin-off dans l’univers des Jedi a récolté 532 177 324 dollars de recettes au box-office américain et a réalisé 5 076 199 entrées en France. A titre de comparaison, le dernier volet de la saga, Star Wars, Les derniers Jedi, a amassé 620 030 903 dollars aux USA et cumulé 7 076 549 tickets vendus en France (source jpbox-office).
Le casting de Solo : A Star Wars Story réunit une pléiade d’acteurs talentueux à Hollywood. Cette nouvelle épopée spatiale sera immortalisée par Alden Ehrenreich (Ave, Cesar !, Stoker, Blue Jasmine), Woody Harrelson (Tueurs Nés, True Detective saison 1), Emilia Clarke (Game of Thrones, Terminator Genisys), Donald Glover (la série Atlanta), Thandie Newton (Collision, Westworld), Phoebe Waller-Bridge (Fleabag, Crashing), Joonas Suotamo (Chewbacca dans Les derniers Jedi et sa doublure dans Le Reveil de la Force) et Paul Bettany (Chevalier, Master and Commander).
Le comédien Alden Ehrenreich a dû relever une mission impossible sur le film de Ron Howard : tenter de faire oublier son illustre prédécesseur dans le rôle de Han Solo, l’acteur Harrison Ford. Ron Howard a obtenu l’Oscar du meilleur réalisateur en 2001 pour Un homme d’exception. Son Da Vinci Code avait également été projeté en ouverture du Festival de Cannes en 2006.
Reste donc à savoir si les Festivaliers acclameront les aventures de Han Solo ou s’ils réserveront une bronca terrible à l’issue de la projection à Cannes, le 15 mai prochain. La 71ème édition du Festival International du Film de Cannes se déroule cette année du mardi 8 au samedi 19 mai 2018. La sélection sera annoncée dans la matinée du jeudi 12 avril. Les fans hardcore de la saga Star Wars pourraient dans tous les cas verser une petite larme en assistant aux toutes premières rencontres et aux prémices de l’amitié entre des personnages clés de l’univers imaginé par George Lucas : Han Solo, Chewbacca et Lando Calrissian ! La soirée après la projection sur la Croisette risque d’être d’ores et déjà culte avec tout le gratin d’Hollywood. Il sera en revanche difficile de différencier Chewbacca, Edouard Baer et Frédéric Beigbeder aux alentours de 4 heures 30 du matin !
Fin mars dernier, le détective ultimement glamour de la télévision a fait son retour en Blu-ray. Édité par Elephant Films, Magnum nous revient avec sa première saison dans une formidable version remastérisée.
Synopsis : À la suite d’un pari, le détective privé Thomas Magnum peut occuper librement la propriété hawaïenne de l’écrivain Robin Masters, mais qu’il doit partager avec Higgins, majordome britannique, dont les chiens sont la plus grande hantise de notre sympathique héros. Aidé de ses amis Terry et Rick, vétérans du Vietnam et anciens Marines comme lui, il enquête dans un décor paradisiaque sur toutes sortes de crimes, avec humour et charisme…
Préparez votre chemise hawaïenne, votre Ferrari de poche, et votre plus beau sourire moustachu : Magnum est de retour en Blu-ray
En fin mars dernier, Elephant Films a édité en Blu-ray une dose de pure jouissance télévisuelle. Un événement qui s’annonce doublement jouissif : le retour de Magnum en HD dans une version restaurée for-mi-da-ble ! L’éditeur compte aujourd’hui dans son catalogue la première saison du célèbre détective privé Thomas Magnum. La saison compte dix-huit épisodes, soit environ quatorze heures et demi d’enquête, d’aventure, de poursuite, d’humour et de glamour.
Créée et produite par Donald P. Bellisario (NCIS ; JAG ; Code Quantum ; Supercopter) et Glen A. Larson (Battlestar Galactica, la série originale ; Buck Rogers au XXVe siècle ; K 2000) en 1980, Magnum P.I. (sobrement titré en France Magnum) connut un succès retentissant. Rediffusée à de nombreuses reprises, le show constitué par huit saisons est aujourd’hui considéré comme une « série culte », l’une de ces « vieilles séries qui ont bercé l’enfance/l’adolescence » d’un grand nombre de spectateurs. La ressortie Blu-ray de Magnum permet de bousculer l’écran de nostalgie qui avait figé le show comme un tableau vieillissant mais agréablement « doudou » (terme de Nicolas Bonci).
En effet, grâce à une remasterisation impeccable, la série semble être plus belle que jamais, et a regagné de sa vitalité esthétique. Il faut le souligner : Magnum est une série emplie d’énergie, dans ses scènes d’actions, dans son rapport très libre à la sexualité (certes marqué par le point de vue masculin très coquin du héros), ou encore dans sa narration. Du souvenir d’une blessure au toucher d’une bague d’un ancien collègue de l’armée, Thomas Magnum ne cesse de replonger dans son expérience traumatique du Vietnam. La nostalgie/le culte a figé la série en ces quelques éléments bien connus : le drôle, sexy et coloré Magnum interprété par nul autre que Tom Selleck ; une galerie de seconds rôles très drôles ; un décor de rêve (l’archipel d’Hawaï) ; des bombes féminines ; et un glamour renforcé par le sex-appeal mécanique de la fameuse Ferrari rouge… Tout cela dans des « aventures trépidantes » dont très peu s’en souviennent en réalité. Car la série parle ouvertement en 1980 du Vietnam, du trauma, du trafic de drogue. Si Bellisario admire les valeurs militaires, il n’hésite pas, à travers son show, à remettre en question les hommes censés la servir. Ainsi Magnum est davantage qu’un objet de culte, elle est une série de genre, et comme toute œuvre de genre, elle traite sans peur des problématiques de son époque. Cela, avec des outils visuels pop’ portés par l’héritage esthétique de grands modèles de l’imagerie d’action/aventure « moderne » (James Bond, Bullit, et cætera) mêlé aux codes bien assimilés du récit noir. Ainsi l’ensemble n’est pas assombri par la gravité des sujets grâce à la légèreté assurée par l’aventure intriguante, pop’ et glamour dirigée par le plus sexy des moustachus, Tom Selleck aka Thomas Magnum.
Le comédien Édouard Baer endossera le rôle de maitre des cérémonies d’ouverture et de clôture de l’édition 2018, a annoncé l’organisation du Festival de Cannes ce jeudi.
Édouard Baer retrouve le bâton du chef d’orchestre, qu’il avait déjà eu en 2008 et 2009. Il succède à l’actrice italienne Monica Bellucci qui avait officié dans ce rôle lors du festival de cannes 2017, mais aussi à Laurent Lafitte, maître de cérémonie en 2016 et Lambert Wilson en 2015. La cérémonie d’ouverture se déroulera le mardi 8 mai prochain et le thriller en langue espagnole Everybody Knows du réalisateur Asghar Farhadi (Le Client,Le Passé), porté par le trio Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darin, également en compétition pour la prestigieuse Palme d’Or, aura l’honneur d’ouvrir le bal de la grande messe du cinéma. Rappelons-le, le jury de la compétition officielle sera présidé par l’Australienne Cate Blanchett, celui de la la sélection Un certain regard par Benicio del Toro, tandis que la réalisatrice de Home et de L’Enfant, Ursula Meier, récompensera de la Caméra d’or la meilleure première œuvre présentée en Sélection officielle, à la Semaine de la Critique ou à la Quinzaine des Réalisateurs.
Par le biais d’un communiqué qui ne manque pas l’humour, en parlant de lui à la troisième personne du singulier, Édouard Baer donne le ton de la cérémonie :
« Après deux magnifiques prestations en 2008 et 2009 qui en ont laissé plus d’un ébahis de bonheur, Edouard Baer revient aux commandes des soirées d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes comme maître de cérémonie, riche de dix années de recherche spirituelle loin des sunlights, de la fureur et du bruit. Cette année encore, il a accepté de faire don de sa magnifique personne pour la plus grande gloire du cinéma mondial, n’ayant rien à gagner dans cette opération sinon quelques rôles conséquents dans des films extrêmement qualitatifs. Il se propose d’apporter à cette soirée d’apparence guindée et embijoutée un regain de goût pour le cinéma, une certaine gaieté décontractée, un plaisir d’être là, bref la vie. Et la modestie d’un homme qui est ravi de vous retrouver. Merci de votre attention. »
Édouard Baer est aussi à l’affiche du prochain film de Bertrand Blier Convoi exceptionnel aux côtés de Gérard Depardieu et Christian Clavier. Les trois comédiens avaient joué dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat sorti en 2002.
La cérémonie d’ouverture sera diffusée le 8 mai prochain sur Canal+, celle de clôture le 19 mai.
Edouard Baer sera le maître de cérémonie de cette 71ème édition du @festival_cannes !
Le 12 avril, Thierry Frémaux, délégué général du festival, annoncera la liste des films en sélection (compétition, hors compétition, Un certain regard…)
En forçant le grotesque des luttes de pouvoir du Politburo après La Mort de Staline, Armando Iannucci bouscule les codes du film historique. Aidé par une troupe d’acteurs impeccables et un sens du dialogue ciselé, l’auteur déploie une fresque cynique et violente qui prend le risque de nous mettre mal à l’aise, pour mieux nous faire réagir.
C’est une soirée comme les autres. Le tyrannique Joseph Staline réclame l’enregistrement d’un concert en direct (après la fin de celui-ci), dîne avec ses proches conseillers, signe des listes d’opposants politiques qui serons exécutés ou déportés dans la nuit. Mais passées les réjouissances, le Petit Père des peuples fait une attaque cérébrale dans son bureau et se vautre dans sa propre urine. Personne n’ose entrer dans le bureau, de peur d’être exécuté pour avoir déplu au dictateur. Il ne sera découvert que le lendemain, et s’en suivra une agonie de deux jours, durant lequel le cercle rapproché tentera de gérer la situation. Une fin pathétique pour celui qui aura dominé la moitié du monde d’une main de fer, et terrorisé l’autre. Plus pathétique encore les réactions des conseillers qui, passé les lamentations de rigueurs, feront tout pour éviter les débordements populaires, se maintenir en place et, éventuellement, éliminer des collègues gênants. Entre rivalités intestines et fidélité à l’idéal communiste, chacun joue un jeu de massacre dangereux où tous les coups sont permis. Tels des charognards, les têtes du Parti se partagent les restes du stalinisme autour du cadavre du leader « bien aimé », tout en essayant de mener une transition progressive vers un régime moins répressif.
Les corps politiques se succèdent lors de l’agonie et les bons mots, les répliques cinglantes et les insultes fusent. Chacun pratique un numéro d’équilibriste où une phrase mal placée peut vous faire tomber. Même si l’idéal communiste a basculé dans un régime de terreur intenable, critiquer la politique, c’est critiquer Staline et potentiellement se faire descendre. Difficile de savoir qui est resté fidèle au régime ou qui cherche à en prendre la tête, entre le benêt secrétaire adjoint Molenkov (Jeffrey Tambor), le gâteux Molotov (Michael Palin), qui devait être exécuté, le (faux) bouffon Kroutchev (Steve Buscemi) ou l’ogre Beria (Simon Russel Beal). Entre le huis-clos à l’anglaise, la violence verbale tarantinesque, l’humour burlesque des Monty Python, la farce politique à la In the loop (film déjà signé par Armando Iannucci), et le gore, difficile de placer la Mort de Staline. L’œuvre est un peu au carrefour de toutes ces possibilités comiques et fait ce choix particulièrement risqué de rire de l’horreur sans pour autant y mettre le voile pudique du second degré. A l’écran, aucune exécution sommaire ne nous est épargnée et, tandis que les dirigeants comptent leurs points, les cadavres s’accumulent. Il faut effacer les traces, éliminer les témoins, contenir les élans populaires etc. Aucun régime de terreur ne s’est achevé dans la douceur, Iannucci le sait, et préfère appliquer l’adage populaire : mieux vaut en rire qu’en pleurer.
Certaines situations sont comiques, d’autres ouvertement grotesques, comme les intrusions du fils taré de Staline (Ruppert Friend) ou les conseillers qui veulent enlacer le cadavre du leader tout en évitant de mettre les pieds dans la flaque d’urine. D’autres en revanche prennent aux tripes, comme ces arrestations mécaniques et ces balles dans la têtes devenues le lot quotidien d’une population terrorisée. L’effort que nous demande la Mort de Staline, c’est celui de rire d’une réalité tragique. Mais là où, par exemple, Michael Bay utilisait les mêmes ressorts pour nous raconter l’histoire de trois crétins, Iannucci nous parle de politiciens intelligents, manipulateurs hors pairs, qui ne sont jamais dépassés par les événements. La violence ici n’est plus un extrême, elle est quotidienne, admise, et semble presque naturelle. Molotov ne semble même pas s’étonner que le « camarade » Staline ait voulu l’éliminer, bien qu’il assure n’avoir jamais trahi le parti, et Molenkov dit carrément qu’il n’arrive plus à se souvenir de qui est mort et qui est toujours vivant. Aussi, on comprendra que l’effort mental demandé au spectateur puisse paraître difficile. Certains trouveront sûrement la farce déplacée ou de mauvais goût. Et ils n’auront pas totalement tort.
Mais passé cette impression, la Mort de Staline se révèle comme un cas d’école. La gouaille mise en avant, la violence froide et le vice érigés en système tordent le coup aux tropes des films historiques et Iannucci propose une autre voie. Il n’y a pas de héros, juste des vainqueurs qui écrivent l’Histoire, et des perdants qui en seront effacés. Les délicieuses joutes verbales, les situations burlesques et le pathétisme des personnages amènent la forme du récit historique romancé vers des terrains nouveaux. Une bonne partie des échanges tient sûrement de la fiction pure, mais le film semble totalement assumer ce fait, afin de surligner plus encore le grotesque des régimes totalitaires, plus obsédés par l’image que le bien du peuple. La quête de Malenkov pour retrouver la même petite fille que sur la photo de Staline est ainsi l’un des fils rouges comiques de cette toile vaudevillesque. Ce n’est pas l’Histoire qui compte, c’est la manière dont on l’écrit. Et l’intrusion du grotesque amène, dans une certaine mesure, un éclairage nouveau et revigorant au traitement de l’Histoire par le cinéma.
Le suspens n’est pourtant pas de rigueur, puisque n’importe quel lycéen sait que Nikita Kroutchev en est sorti vainqueur. Même le jeu de massacre annoncé par la bande annonce passe finalement au second plan (Boulginov et Kaganovitch sont rapidement mis en retrait). Plus que la mort annoncée par le titre, c’est l’affrontement entre le politicien génial Kroutchev et le terrifiant chef des services secrets Laventri Beria, artisan de la politique de terreur du régime, qui alimente le récit. Rescapé de Penny Dreadful, où il campait un sympathique universitaire efféminé, Simon Russel Beale opère un saisissant grand écart en incarnant cette figure terrifiante, pratiquant l’organisation des rafles, les exécutions et le viol comme une seconde nature. Seul personnage dénué de toute aspérité comique, sa présence ogresque détonne dans le Politburo. Corps suintant la rage et le vice, il apparaît comme ce dernier vestige d’un stalinisme ultra-violent dont même le Petit Père des peuples voulait se débarrasser. Il pourrait être le méchant du film, mais les choses ne sont jamais si simples, et dans une tirade fabuleuse, il révèle que les autres, malgré leurs sourires et leurs beaux costumes, ne valent pas mieux que lui. La partie est sans pitié entre ces deux joueurs, et les autres ne deviennent que des atouts plus ou moins jetables, à l’exception du général Joukov (Jason Isaac), joker imprévisible dont la vulgarité toute virile n’a d’égale que sa puissance de feu. Iannucci tient son sens de l’ironie jusqu’au dernier plan, qui révèle la prise de pouvoir de Kroutchev… et sa chute future, laissant apparaître le regard en coin d’un homme derrière… un certain Brejnev.
Interprétation au cordeau, dialogues ciselés et jeu constant entre Histoire et fiction sont donc les maîtres mots de cette mascarade du pouvoir. Faite de renversements et de violences, la politique apparaît alors comme un éternel carnaval sanguinaire. Nous pourrions même imaginer le même film pendant la Révolution française (avec Robespierre, Desmoulin et Danton qui s’insultent) ou pour chaque transition politique violente. Si Armando Iannucci a encore des progrès à faire en termes de mise en scène (quelques effets de styles outranciers, même si le rythme reste soutenu), on attend de pied ferme son prochain rendez-vous avec l’Histoire.
La Mort de Staline : Bande-annonce
La Mort de Staline – Fiche Technique
Réalisation : Armando Iannucci
Interprètes : Steve Buscemi, Simon Russel Beal, Jason Isaac, Michael Palin, Ruppert Friend, Olga Kurylenko…
Scénario : Armando Iannucci, Ian Martin, David Schneider et Peter Fellows, d’après la bande dessinée éponyme de Thierry Robin et Fabien Nury (2010)
Direction artistique : Jane Brodie et David Hindle
Décors : Cristina Casali
Costumes : Suzie Harman
Photographie : Zac Nicholson
Montage : Peter Lambert
Musique : Chris Willis
Distributeur : Gaumont Distribution
Pays d’origine : Royaume-Uni, France
Langue originale : anglais
Format : couleur – 35 mm
Genre : comédie satirique
Durée : 106 minutes
Dates de sortie : 4 avril 2018
Depuis sa création en 2009, le festival Séries Mania n’a cessé de gagner en popularité jusqu’à devenir une véritable référence de la culture télévisuelle. Cette année encore, du 27 avril au 5 mai, le festival nous propose une programmation riche et éclectique, permettant au grand public de (re)découvrir des œuvres venues du monde entier.
Cette année, le festival Séries Mania présentera 83 séries, dont une vingtaine en avant première mondiale.
Bien entendu le paysage français est à l’honneur avec pas moins de 12 séries sélectionnées. De la science-fiction, avec Ad Vitam de Thomas Cailley et Nu d’Olivier Fox, au drame (Thanksgiving,Aux animaux la Guerre), en passant par la comédie (Vingt-Cinq) et l’intrigue policière (Maman a Tort), le festival nous fait voir toute l’étendue et la diversité de la production française. Nous pourrons également y découvrir les pilotes d’Amazone,One Woman et Super, réalisés par les étudiants de la FEMIS, une prestigieuse école de cinéma parisienne qui, depuis 2013, dispose d’un cursus dédié à la création de séries.
Le festival sera également l’occasion de découvrir en exclusivité les nouvelles saisons de séries déjà consacrées, telles queThe Handmaid’s Tale, Westworld, et la série suédoise Bron, toutes trois largement récompensées pour leurs saisons précédentes.
Si la production américaine reste cette année encore la plus prolifique, avec 13 séries programmées, le festival s’attache aux œuvres du monde entier et propose une sélection internationale extrêmement riche. Il sera ainsi l’occasion de découvrir les séries danoises The Rain et Warrior, la websérie documentaire On the Spectrum, traitant du quotidien de la communauté transgenre en Israël, ou encore de la prometteuse série russe An Ordinary Woman. Le festival présentera également dans leur intégralité Yoko (Invasion), une production japonaise, ainsi que Come Home, du scénariste britannique Danny Brocklehurst.
Parmi les nombreux événements organisés autour du festival, Série Mania propose diverses rencontres avec les acteurs, les créateurs et les chercheurs qui façonnent le paysage télévisuel actuel. Les festivaliers pourront notamment rencontrer le réalisateur Jeremy Podeswa, qui a, entre autre, participé à Game of Throne, Dexter, True Blood et The Handmaid’s Tale, ainsi que le showrunner de la cultissime série Lost : les disparus, Carlton Cuse. Des tables rondes sont également organisées tout au long de la semaine pour discuter des séries d’hier et d’aujourd’hui au travers de différents thèmes.