Cannes 2018 : Benicio Del Toro président du jury « Un certain regard »

À l’affiche le 27 juin prochain du film Sicario: La Guerre des cartels, l’acteur américano-espagnol Benicio Del Toro présidera le jury de la sélection Un Certain Regard, lors du prochain Festival qui débutera le 8 mai 2018.

Benicio Del Toro, la star aux multiples facettes, est un «comédien fascinant» doublé d’un «grand cinéphile» qui sera à la tête de la section dérivée de la sélection officielle pour cette 71e édition, ont annoncé les organisateurs dans un communiqué de presse. Il succède à Uma Thurman, présidente en 2017. Le Jury de l’édition précédente, composé de Mohamed Diab, Reda Kateb, Joachim Lafosse et Karel Och avait décerné le Prix Un Certain Regard à Mohammad Rasoulof pour le film Un homme intègre, le Prix du Jury à Michel Franco pour « Las Hijas de Abril »/Les Filles d’Avril, le Prix de la mise en scène pour Wind River à Taylor Sheridan, le Prix de la poésie du cinéma à Mathieu Amalric pour Barbara et le Prix d’interprétation féminine à Jasmine Trinca pour Fortunata de Sergio Castellitto.

Benicio Del Toro, un habitué de la croisette

Amoureux du septième et grand fan de l’univers de Fellini, Bergman et Kurosawa, l’artiste offre mille visages : de gangster maniéré dans Usual Suspects, à avocat sous acide dans Las Vegas Parano en 1998, agent des stups mexicain malmené dans les méandres des cartels dans Traffic en 2001 (interprétation qui lui a valu l’Oscar du meilleur second rôle), en passant par l’amérindien des plaines tourmenté de Jimmy P. en 2013 du français Arnaud Desplechin ou encore au narcotrafiquant aussi charmant que terrifiant dans Paradise Lost en 2014, Del Toro montre qu’il est un acteur polymorphe.

Habitué de la croisette, le natif de Porto Rico avait présenté en 2012 El Yuma sa première réalisation, segment de l’œuvre collective de 7 Jours à la Havane… dans la section Un Certain Regard.

«Je suis déjà venu à de nombreuses reprises et c’est toujours une grande chance. Je me sens inlassablement ému, excité», déclarait-il l’année suivante.

En 2010, Benicio Del Toro était membre du Jury de la Compétition officielle, présidé par Tim Burton, qui avait remis la Palme d’or au film Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) au thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. La star est aussi un habitué de la compétition internationale : en 1995, il y avait présenté Usual Suspects, en séance spéciale, en 2008 il a été récompensé du Prix de l’Interprétation Masculine pour le rôle de Che Guevara, dans Che de Steven Soderbergh. L’acteur de Star Wars, épisode VIII était en Compétition avec The Pledge (2001), Sin City (2005) et plus récemment, en 2015, avec le long métrage Sicario de Denis Villeneuve. L’année 2018 s’annonce comme un grand millésime pour Benicio Tel Toro, qui reprend son rôle de l’agent Gillick dans la suite, Sicario : La Guerre des Cartels, en salles en France le 27 juin prochain mais aussi celui du Collectionneur, rôle qu’il incarne dans Les Gardiens de la Galaxie dans la superproduction Marvel Avengers : Infinity War.

La deuxième compétition de la sélection officielle du Festival de Cannes se compose comme chaque année d’une vingtaine de films singuliers et originaux, tant sur le plan esthétique que dans leur propos. Cette année Cate Blanchett préside le jury principal du Festival, Ursula Meier la Caméra d’or et le cinéaste Martin Scorsese recevra le Carrosse d’or. La sélection officielle de la 71e édition du festival sera dévoilée le 12 avril.

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.