Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.
Desplechin confie comment le septième art l’a façonné, de sa fascination pour Shoah de Claude Lanzmann à l’épiphanie devant Les 400 coups. Ce parcours personnel, empreint d’idolâtrie envers le cinéma, révèle une quête plus profonde : retrouver cette "enfance perdue du regard", mêlant innocence et créativité avertie. Au final, Spectateurs ! ne parle pas seulement de cinéma, mais de la vie elle-même, et de notre manière, en s’enfermant dans une salle obscure, de chercher à mieux la comprendre.
"Vol à haut risque" est un thriller en huis clos signé Mel Gibson, où l'illusion d'une série B dynamique et corrosive se heurte à une exécution maladroite. Entre tension défaillante et humour forcé, le film perd de son intensité au fil du vol. Avec Mark Wahlberg, Michelle Dockery et Topher Grace, l'intrigue manque de suspense et d'émotion, malgré des efforts de mise en scène. Un film dont la production ambitieuse ne compense pas les incohérences de ton et un manque de profondeur des personnages, laissant les spectateurs aussi désenchantés que le scénario.
Découvrez "Better Man", le biopic audacieux de Robbie Williams où le chanteur est incarné par un singe en CGI. Un film innovant qui se démarque des biopics musicaux classiques, alliant émotion, humour et une mise en scène unique de Michael Gracey (The Greatest Showman). Suivez l'histoire touchante de la vie de Williams, entre succès, drames et hallucinations, avec des performances puissantes et des moments musicaux mémorables. Un projet énergique, visuellement frappant, malgré quelques longueurs et un rythme inégal.
Peut-on faire de l’absence d’originalité une véritable posture artistique ? Cette interrogation s’impose avec une acuité troublante devant "Shimoni", premier long-métrage d’Angela Wanjiku Wamai, réalisatrice kenyane qui semble ici vouloir déployer un minimalisme narratif au service d’une introspection psychologique.
Après "Invisible Man", Leigh Whannell nous propose sa nouvelle adaptation du célèbre monstre lycanthrope avec "Wolf Man". Cette réinterprétation visuellement intrigante mêle drame familial et horreur, mais peine à équilibrer ses ambitions émotionnelles et son côté survivaliste. Un film prometteur mais inachevé, qui explore la transformation tragique d'un père de famille en loup-garou, tout en insufflant une atmosphère de tension psychologique. Malgré des idées innovantes, "Wolf Man" souffre de défauts d’écriture et de rythme, laissant un goût de déception pour les amateurs de films de monstres.
Dans "La Chambre d'à côté", Pedro Almodóvar livre un thriller existentiel poignant sur l'euthanasie, la souffrance et la quête de sens. Avec Julianne Moore et Tilda Swinton, il explore la fin de la vie à travers un duo d'amies confrontées à la mort, dans un décor luxueux et mélancolique. Un film esthétiquement raffiné qui, tout en s'éloignant parfois de l'émotion brute, incite à réfléchir sur le désir, la mémoire et les liens spirituels. Une œuvre profonde, poétique et transgressive à découvrir.
"Babygirl", un drame érotique captivant réalisé par Halina Reijn, explore le désir féminin et les fantasmes inavoués à travers une relation intense et risquée entre une femme d'affaires, interprétée par Nicole Kidman, et un jeune stagiaire. Un film audacieux, sincère et magnifiquement écrit qui dépeint la sexualité féminine avec justesse, sans tomber dans le voyeurisme. La performance remarquable de Kidman et l'alchimie avec Harris Dickinson rendent ce film incontournable, aussi poignant que sensuel, offrant une expérience cinématographique unique.
Polar poisseux et hanté, ambitieux et chaotique sondant les tréfonds de l'âme humaine à travers l'affaire Dutroux, "Le Dossier Maldoror" du cinéaste franco-belge Fabrice de Welz frappe par sa densité tout risquant l'écart en étant pas assez radical.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.
« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »