Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Adaptation sensible du roman d’Amélie Nothomb, "Amélie et la métaphysique des tubes" explore l’enfance avec poésie et émotion. Entre animation évocatrice, voix off réflexive et relation touchante, une œuvre primée à Annecy à découvrir en famille.
Sous ses airs de comédie romantique classique, "Materialists" de Celine Song déjoue les attentes : une œuvre élégante, finement écrite, qui explore avec justesse et émotion les complexités de l’amour moderne. Un film subtil, profond et brillamment interprété.
Dans son premier long-métrage, Johann Dionnet nous plonge dans l’effervescence du festival d’Avignon à travers le parcours d’une troupe en galère et d’un amour né sur un malentendu théâtral. Entre satire des coulisses du spectacle vivant, hommage au théâtre de rue et comédie romantique douce-amère, le film oscille entre éclats d’émotion et maladresses, tout en célébrant la magie fragile des planches estivales.
Avec Peacock, Bernhard Wenger donne à voir le parcours résilient d'un individu qui avait perdu tout contact avec son intériorité. Sur un mode ironique...
Avec "28 ans plus tard", Danny Boyle signe un film de zombies audacieux et viscéral, entre mise en scène inventive, paysages saisissants et tension constante. Une suite tardive mais inspirée, qui redéfinit le genre avec panache.
Le film s’enlise dans une démonstration didactique, où chaque scène, trop lisse, semble plaider la cause de l’autisme plutôt que d’en incarner la vitalité désordonnée. On y cherche en vain la friction du réel, noyée sous les bonnes intentions.
Avec "Elio", Pixar signe une aventure spatiale aussi audacieuse que fragile. Entre visuels éblouissants et émotion en demi-teinte, le film explore la solitude, le deuil et le besoin de connexion. Malgré ses imperfections, "Elio" reste une œuvre sincère portée par une nouvelle génération de talents Pixar.
"Life of Chuck", adaptation sensible d'une nouvelle de Stephen King par Mike Flanagan, est un conte métaphysique bouleversant qui émerveille par sa poésie, sa mise en scène et son humanité.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.