Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La rédaction de Cineseries-Mag a eu du mal à se mettre d'accord sur le nouveau film événement de la plateforme Netflix, Annihilation d' Alex Garland. Oeuvre S-F mystérieuse ou fumisterie à base de tambouille philosophique ? Deux camps pour deux avis diamétralement opposés.
Souvent âpre et à fleur de peau, Tesnota est le premier film du prometteur Kantemir Balagov. Avec sa mise en scène qui suinte l’urgence, Tesnota nous dessine les traits parfois sombres de la place de la femme dans une société émiettée par ses traditions et l’omniprésence du conflit religieux.
Avec La Nuit a dévoré le Monde, Dominique Rocher signe un premier long métrage fort et poignant où le spectateur est confronté à la solitude d'un homme sur fond d'apocalypse de zombies. Ce huis-clos intimiste, presque gênant parfois, nous prend aux tripes avec un minimalisme maîtrisé qui concentre la majorité de son action dans un immeuble haussmannien à l'abandon, pour un résultat remarquablement poétique.
Tiré du livre éponyme qui raconte l'envers du décor du nanar The Room, The Disaster Artist est un éloge tendre à l'amitié et à la création mais aussi le récit de deux artistes ratés qui depuis l'humiliation vont créer l'un des plus mauvais films de tous les temps. Une réussite en demi-teinte pour James Franco.
Duncan Jones signe une suite spirituelle décevante à son premier film, malgré de jolies fulgurances de mise en scène et un casting convaincant, à l'exception d'un Alexander Skarsgard en deçà, dominé par les excellents Paul Rudd et Justin Theroux.
Lady Bird est le passage réussi à la réalisation de Greta Gerwig, actrice de Frances Ha. Ici aussi il est question de recherche d'identité et de quête d'un ailleurs pas forcément plus rose, avec une touche d'excentricité et de nostalgie. Le film, avec Saoirse Ronan en tête d'affiche sort en salles le 28 février 2018.
Plasticien de formation, l'Islando-Danois Hlynur Palmason livre avec Winter Brothers un premier long métrage intrigant, fait d'expériences sensorielles intenses, et d'une histoire de manque d'amour émouvant.
Avec la Forme de l'eau, Guillermo del Toro signe un nouveau chef d'oeuvre. Ce conte réaliste, emprunt de poésie, associe une esthétique somptueuse, une mise en scène inventive et une des plus belles histoires d'amour de ces dernières années.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.