Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Les films de Cédric Kahn ont toujours ce quelque chose d'une urgence, d'un personnage passionné, voire brûlant. Ici Thomas, son protagoniste excellemment interprété par Anthony Bajon, est un jeune toxicomane en reconstruction, avec la prière et la foi comme catalyseurs.
En seulement 5 films en 33 ans, F.J Ossang semble déjà avoir fait le tour de son cinéma. En résulte 9 Doigts, une oeuvre penchant vers le film noir au récit inutilement nébuleux bénéficiant cependant d'un noir et blanc à l’expressionnisme appuyé.
Dix ans après le gigantesque succès de "Bienvenue chez les Ch'tis", Dany Boon revient dans son Nord natal : "La Ch'tite famille" narre cette fois-ci le choc culturel et social entre bobos parisiens distingués et nordistes pauvres au patois désarmant. Cette comédie familiale mérite-t-elle le succès qu'elle rencontre actuellement dans les salles ?
Cette nouvelle adaptation des aventures de Lara Croft a-t-elle tenu ses promesses ? Entre respect du jeu dont il s'inspire et formatage typique des blockbusters actuels, le résultat est dans l'ensemble décevant, et ce malgré un divertissement correct. Retour sur ce potentiel gâché, en comparaison avec ce qu'il aurait pu être au regard de son matériau de base.
Red Sparrow est un film d'espionnage de Francis Lawrence, mettant en scène Jennifer Lawrence dans un rôle d'espionne, sorte de femme fatale présentée comme un oiseau tombé du nid et soudainement préparée au combat comme un aigle tueur. A ses côtés, les russes représentés notamment par Matthias Schoenaerts et les américains avec en tête Joel Edgerton. Une fresque aux multiples rebondissements, d'une violence presque exaspérante.
Un Juif pour l'exemple sort aujourd'hui en salles. Que vaut le nouveau film de Jacob Berger avec l'excellent Bruno Ganz dans un rôle aux antipodes de celui qu'il tenait avec brio dans La chute ?
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.