Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Face à la nuit de Wi-ding Ho est une longue et douce insomnie, un film qui ne fait qu’un avec l’esprit éphémère d’un homme. Le cinéaste nous immisce dans les trois nuits marquantes de Zhang Dong Ling, avec à chaque fois le même schéma : un homme, une femme, des ravisseurs, un désir, la police, la pluie, une course poursuite, un dédale nocturne, des âmes en peine, une déliquescence montante.
Avec Annabelle 3, la saga Conjuring trouve ses limites en montrant à quel point elle n'arrive plus à se réinventer ni à savoir exploiter ses bêtes de foire correctement. Mais parvient tout de même à tenir la distance avec cette suite d'une générosité folle question séquences horrifiques.
Sur le papier, Anna a tout du projet « safe », monté spécialement pour remettre une pièce dans la machine Luc Besson. A l’écran, ça ressemble un adulte de 60 ans qui ressort son vieux t-shirt des Spice Girls pour être invité aux soirées pyjama de la petite nièce de Rose McGowan.
L'idée de gros crocodiles qui hantent une cave inondée, telle qu'on l'aperçoit dans la bande-annonce, est a priori grotesque. Mais la façon dont Alexandre Aja l'exploite, dans un contexte de catastrophe naturelle apocalyptique, transforme le film en un divertissement marquant qu'on prendra plaisir à voir entre amis... surtout avec ceux qui ont peur des gros reptiles.
Faire face à Golden Glove, c’est se faire éclabousser par une saleté rance et putride qui suinte du film à chaque instant, de ses décors à son personnage principal, en passant par le bar glauque qui lui donne son sobriquet.
Yesterday est une ode à la musique dans ce qu'elle a de plus fort : son caractère fédérateur et son rôle fondateur de la mémoire collective. A travers la disparition des Beatles dans notre monde, dont seul se souvient un jeune musicien raté, Danny Boyle plonge dans notre rapport à l'art. Celle qui a su façonner une partie de notre histoire et dont l'absence est la pire des douleurs. Plus qu'une déclaration, une chanson d'amour.
Spiderman est en deuil: il part en vacances. Vous pourrez le joindre au 33 06 25 89 14... Non, ça ne vous servira à rien. Il est direct sur messagerie.
Avec So long, my Son, le cinéaste chinois Wang Xiaoshuai continue de livrer, malgré une censure très présente, des réflexions sur l’évolution de son pays, avec comme thème central l’incroyable politique de limitation des naissances. Le tout est raconté sur fond d'une fresque romanesque étalée sur près de 40 ans.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.