Chris

Les années 2010 : Nicolas Winding Refn, Pour servir la violence, il faut savoir l’éclairer

Génie, esthète monstre, artisan de la violence, éternel chercheur du Beau ou simple mortel qui doute ? Nicolas Winding Refn, c'est un peu de tout cela, et une infinité d'autres choses que la décennie écoulée a su mettre en lumière. Portrait...

Knives And Skin : Girls Just Wanna Have Fun

Repu de son irrévérence et de son hybridité à l'atmosphère hypnotique, la brume épaisse et indescriptible de Knives And Skin nous a-t-elle enveloppé ou laissé sur le bord de la route ? Réponse en une carte blanche qui a hérité de sa rage salvatrice...

J’ai Perdu Mon Corps : « Je marche mieux quand ma main serre la tienne »

Jérémy Clapin manie le médium de l'animation pour réaliser le tracé bouleversant de simplicité et d'épure des membres qui se retrouvent. Il nous fallait bien l'espace de liberté d'une carte blanche pour retranscrire, autant que possible, la trace qu'a laissé J'ai Perdu Mon Corps...

Cycle HBO : Sharp Objects, maison de poupées déliquescente et papier peint putréfié

La souffrance est un objet tranchant dont on peut retourner la violence contre soi, ou contre ceux qui ne sont pas nous. Sharp Objects observe le sang poisonneux qui en découle et vient tâcher les portraits familiaux que le passé confine dans un couloir labyrinthique.

Boy Meets Girl : Soirs d’errance

Le film préféré est le fétiche ultime, le souvenir inoxydable, le bonheur inattaquable. Comment écrire sur toute autre oeuvre sans avoir laissé une trace de notre amour pour celui-ci ? Retour vagabond sur le poème blessé qu'est Boy Meets Girl, de Leos Carax.

Joker : Laughing Out Loud

Valse à mille temps macabre et pessimiste, Joker se danse en cercle et entoure la naissance du chaos. C’est le coming of age d’un mythe du meurtre et de la destruction, mais aussi d'un bouffon tabassé qui apprend à cracher dans la main du maître qui sangle sa souffrance.

Euphoria : Confessions d’une enfant du siècle

Sam Levinson continue, dans Euphoria, de rendre compte de l'état malade d'une génération marquée par la nervosité d'une souffrance rance et l'intensité d'un besoin d'amour inconditionnel. Sous l'amas de paillettes sublimes, attend patiemment la plus solaire des noirceurs...

Chambre 212 : Non, je ne regrette rien…

D'un bout à l'autre de la chambre, les souvenirs et les choix qui les ont scellés s'entrechoquent et se chamaillent le devant de la scène du moi intérieur. Fidèle amant de ses personnages, Honoré les invite à l'apaisement d'un passé qui se dérobe et d'un présent qui s'assume. Récit d'une deuxième rencontre...

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.