Chris

Bacurau : Allons enfants du Brésil ! Contre nous de la tyrannie !

Moment de cinéma jouissif et biberonné à l'âge d'or particulier de tous les genres qu'il brasse avec amusement et ingéniosité, Bacurau est un cri de résistance sociétal primordial qui n'en oublie pour autant jamais l'aspect spectaculaire.

Enfance au cinéma : Ça, Les gamins ne peuvent flotter seuls

Débordant de réflexions intemporelles à son sujet, Ça est une oeuvre merveilleuse (notamment) pour parler "Enfance au cinéma". L'histoire, si noire, mais se parant néanmoins d'un plus divertissant aspect initiatique, parle blessures et traumas infantiles.

Fête de Famille : être à la même table que mes inconnus de voisins de siège

Voir un film en salles, c'est quoi ? C'est tout d'abord confronter ses propres émotions à celles de parfaits inconnus. Et si cela n'a déjà rien de facile parfois, il en est d'autant plus question lorsqu'un personnage renvoie à l'être que nous sommes et que notre voisin ne comprend pas. Analyse de Fête de Famille, de Cédric Kahn au travers de sa réception en salles.

Portrait de la Jeune Fille en Feu, de Céline Sciamma : Au bord du gouffre, les âmes s’étreignent enfin

Parfois, les films prennent la forme d'une vague déferlante ou du grain de sable qui vient se poser sur la peau et qu'on voudrait là indéfiniment, comme le stigmate ultime d'un souvenir. Portrait de la Jeune Fille en Feu incarne les deux mais se meut en une multiplicité d'autres...

Vacances au cinéma : A Scene At The Sea, la douceur d’un ressac infini

Le souvenir que laissent les plus beaux films en nous tient souvent, paradoxalement, à l'épure et au dépouillement du geste déployé. Bercé par le ressac langoureux de l'Océan et l'harmonie sublime de ses deux protagonistes, A Scene At The Sea, de Takeshi Kitano, renvoie alors à la douce nostalgie qui caractérise l'empreinte des vacances...

Melancholia, de Lars Von Trier : la planète ennemie en elle

Poème tragique et désespéré porté par une Kirsten Dunst impériale et inoubliable, Melancholia est un tableau de chaque instant. Peinture visuelle culte, il dépeint aussi et surtout la dépression avec une fidélité et une franchise particulièrement rares. La mariée n'a ici plus la force de pleurer tandis que la mélancolie vient lui dévorer les entrailles et aspirer toute trace de vie...

Lieux et cinéma : la maison, théâtre central, de l’apaisement à l’oppression

Qui chérit le septième art, ou s'y baigne seulement de temps à autre, a en tête quoi qu'il arrive ses maisons fétiches en ce domaine. Pour les créateurs, la difficulté de sa représentation tient particulièrement au fait que c'est un lieu cher à la plupart des spectateurs qui y associent, chacun, souvenirs et significations intimes. Ce qui pourrait être alors un simple décor de cinéma, devient le théâtre de tout un panel d'allégories et de réflexions.

Golden Glove, de Fatih Akin : Quand la morale suinte

Faire face à Golden Glove, c’est se faire éclabousser par une saleté rance et putride qui suinte du film à chaque instant, de ses décors à son personnage principal, en passant par le bar glauque qui lui donne son sobriquet.

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Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

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