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The 100 saison 4, une série de Jason Rothenberg : Critique

Pas de répit pour Skaikru, car à peine une menace éliminée qu’une autre survient. The 100 saison 4 continue dans une direction plus sombre et  ne va pas épargner ses personnages.

Synopsis : Alors que A.L.I.E est enfin détruite, des nouvelles tensions resurgissent entre les différents clans et notamment avec Azgeda cherchant à récupérer le pouvoir. Parallèlement à cela un nouveau danger apparaît avec la révélation de la présence de réacteurs nucléaires qui pourraient engendrer un nouveau Praimfaya.

The-100-saison-4-zach-mcgowan-bob-morley-henry-ian-cusickQuand on pensait que tout aller s’arranger avec la fin de A.L.I.E, les choses vont de plus en plus mal entre Skaikru et les autres clans qui les jugent responsables des dommages causés par l’intelligence artificielle. Cette saison 4 de The 100 va donc suivre un chemin semblable à la précédente. On va dans sa première partie se retrouver de nouveau à suivre ces guerres de clan, notamment entre Azgeda, mené par le charismatique Roan, et Skaikru. C’était déjà un peu le défaut de la saison précédente, ces conflits sans fin où chaque tentative de paix se retrouve compromise par un petit détail qui relance la machine. Cela permettait à la série de ménager un certain sens du rebondissement tout en meublant un peu les 16 épisodes de la saison. Ici, on a une saison plus courte de 3 épisodes, mais les travers des scénaristes resurgissent quand même, du moins dans la première partie de The 100 saison 4.

Heureusement, ces guerres politiques ne sont pas les seuls problèmes qui vont toucher les habitants d’Arkadia ou de Polis. En effet, Clarke a été informé par A.L.I.E de la présence de réacteurs nucléaires qui vont provoquer une nouvelle vague de radiation d’ici 6 mois et risquant d’annihiler toute vie humaine sur la Terre. Il s’agit d’un nouveau Praimfaya, cet événement qui avait déjà conduit l’humanité à s’exiler dans l’espace. C’est véritablement cet arc qui va donner à la saison 4 une véritable saveur. Bien évidemment, comme à son habitude, Clarke se retrouve malgré elle à tenir en quelque sorte la destinée de l’humanité entre ses mains. La série va donc continuer dans son ton plus mature et sombre en mettant Clarke dans des situations particulièrement difficiles. Par exemple, choisir les 100 élus parmi Skaikru qui auront la possibilité de s’abriter au sein d’Arkadia et survivre au Praimfaya.the-100-saison-4-eliza-taylor

Ce fardeau échoue sur les épaules de Clarke qui bénéficiera du soutien de Bellamy. Des tensions vont alors naître au sein même de Skaikru, une fois que cette liste établie par Clarke et qui lui donne le choix de vie ou de mort des membres de son clan sera découverte. Les deux grands adversaires au sein de Skaikru seront Jaha, qui va tout faire pour sauver son peuple même si cela est impossible, et Jasper. Le jeune homme, complètement désespéré et suicidaire depuis la mort de sa bien aimé, va être relativement énervant au cours de cette saison. Son très grand désespoir le rend particulièrement dangereux et ne va pas hésiter à mettre des bâtons dans les roues de ces camarades à plusieurs reprises.

Bien évidemment et comme on peut s’en douter, le premier plan de Clarke n’aboutira pas et, là encore, la saison va utiliser de nombreux rebondissements à base de plans impossible à concrétiser. Cependant, le point commun de ses plans est qu’ils ne sauveront jamais tout le monde. Résultats, les protagonistes et notamment Clarke et même Abby seront confrontés à des choix cornéliens. La découverte de la résistance des Nightblood aux radiations va donner l’idée à Abby d’effectuer des transfusions  afin de permettre aux personnes de survivre aux radiations. Mais avant de mettre à exécution ce plan, il faut faire un test et prendre le risque de sacrifier une personne. Abby se retrouve donc dans une position des plus inconfortables, encore plus lorsque sa fille est la cobaye. Prendre le risque de perdre sa fille pour trouver un moyen de sauver l’humanité entière ? C’est ce genre de choix qui va guider toute cette quatrième saison qui sera loin d’être tendre avec ses protagonistes.

the-100-saison-4-marie-avgeropoulosClarke ne sera pas la seule mise en avant, Octavia aura un rôle particulièrement important également. Devenue une véritable Grounder, Octavia s’impose dans cette saison comme une nouvelle Lexa, un personnage badass mais très juste dans ses choix. Le meilleur épisode de la saison mettra Octavia dans une situation des plus délicates elle aussi. L’épisode du conclave est une sorte de Hunger Games qui voit un représentant de chaque clan s’affronter afin d’offrir aux siens une place dans un bunker ne pouvant accueillir que 1000 personnes. C’est un épisode particulièrement brutal où la série n’hésitera pas une nouvelle fois à se séparer de ses personnages charismatiques. Un épisode à la tension constante et qui s’impose comme l’un des meilleurs de la série. La série continue au travers d’Octavia d’installer des personnages féminins forts et charismatiques.  Globalement ce sont les personnages féminins qui se démarquent cette saison, ce sont elles qui ont les responsabilités. Les garçons, Bellamy, Kane ou Monty sont plus dans la modération. À l’opposé, les filles en particulier le quatuor principal (Clarke, Abby, Octavia et Raven) sont à la recherche de solutions et se démènent pour arranger les choses.

Les différentes relations entre les protagonistes vont être toujours plus creusées. On a parlé de la relation entre Abby et Clarke précédemment, mais c’est du côté de Bellamy et Octavia que les choses vont être les plus intéressantes. La relation mis à mal entre les Blake lors de la saison 3 se voit grandement améliorer où les deux personnages prennent conscience de l’importance qu’ils ont l’un pour l’autre. C’est certainement la relation la plus touchante et la mieux traitée de la série. De leur côté, les amourettes entre Abby/Kane ou Monty/Harper sont un peu insignifiantes. On peut cependant mettre à part le couple d’opportunistes Murphy/Emori qui est lui plutôt bien géré et montre la place de marginaux des deux personnages dans cet univers, certainement l’une des places les plus difficiles.

Ne gâchons pas tous les événements importants de The 100 saison 4, qui, bien qu’inférieure aux précédentes et souffrant du manque de Lexa, reste haletante même si certains processus un peu rabâchés par la série depuis quelques temps feront grincer les dents. On peut toujours saluer la volonté de Rothenberg de malmener ses personnages comme, par exemple, Raven dont les visions vont peser énormément sur le mental de la jeune femme, et de poursuivre dans cette direction assez sombre. Rothenberg continue d’approfondir la mythologie de sa série en y ajoutant de nombreux éléments venant compléter des pistes déjà explorées dans les saisons précédentes. The 100 s’est donc clairement émancipés de son caractère de série adolescente et, même si quelques bribes du cahier des charges des séries de la CW se font encore ressentir (notamment au travers de quelques amourettes un peu trop « cucul »), le côté apocalyptique a pris une nouvelle dimension dans cette saison avec la menace totale du Praimfaya.

The 100 Saison 4 : Bande annonce

The 100 Saison 4 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven),Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus), Zach McGowan (Roan)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 13 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW

États-Unis – 2014

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I Am Not Madame Bovary, un film de Feng Xiaogang : Critique

Adapté du roman Je ne suis pas une garce de Liu Zhenyun, I Am Not Madame Bovary de Feng Xiaogang se dessine comme un portrait satirique de la Chine d’aujourd’hui. C’est avec une pointe de militance que le réalisateur fait de ce film une œuvre de son temps.

Synopsis : Li et son mari Qin décident de simuler un divorce afin d’obtenir un second appartement. Six mois plus tard, Qin se marie à une autre femme. Trahie et abandonnée, Li se lance dans une quête de justice qui va durer dix ans.

Quand la littérature et le cinéma s’entremêlent

« Le passé pourrait s’effacer. » I Am Not Madame Bovary

Le suicide par désespoir, voici la thématique commune entre le célèbre roman de Gustave Flaubert et l’œuvre de Feng Xiaogang. Pourtant, I Am Not Madame Bovary n’est pas une adaptation de cette œuvre littéraire. Ce drame indépendant est inspiré du  mythe chinois de Pan Jianlian relatant l’histoire d’une femme débauchée qui aurait conspiré à l’assassinat de son époux.

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Li Xuelian est un personnage complexe, assimilé par son titre éponyme, à l’image d’Emma Bovary. Même si le lien entre ces héroïnes a été démenti, il existe pourtant une grande similitude entre ces deux femmes. Tout comme Emma, Li est un personnage aux qualités viriles. C’est une guerrière entièrement consacrée au combat de sa vie : celui de faire valoir ses droits. En parfaite contradiction avec ce trait de personnalité, Li est également une femme à l’esprit romantique. Continuellement dans le passé, elle s’autodétruit en alimentant son propre désespoir. Son apparence répond également au portrait établit par Gustave Flaubert : la sensualité du noir de ses yeux mêlée à celle de ses longs cheveux. Et enfin, tout comme Emma Bovary, Li est une femme prisonnière d’un monde qui ne lui semble pas le sien.

Li se définie autant par sa fragilité que par sa force de persévérance. Elle incarne une sorte d’anti-héroïne, perdue au milieu d’un monde qui se construit indépendamment d’elle. Ces nombreuses ressemblances sont la preuve incontestable qu’Emma Bovary et Li Xuelian sont deux personnages féminins intimement liés.

Un drame sur l’ironie du sort

« Elle ne pourrait pas continuer à vivre sans laver son honneur. » I Am Not Madame Bovary

I Am Not Madame Bovary est un drame actuel, engagé dans un processus militant à l’égard de l’administration chinoise. En effet, toutes les thématiques abordées dans ce film, font références à des lois promulguées par le gouvernement : la loi fiscale pénalisant les propriétaires de résidences secondaires ou encore la politique de l’enfant unique. 

Mais sans s’y attendre, I Am Not Madame Bovary se dévoile comme un drame faisant face à l’ironie du sort. En construisant son film autour d’un sujet vif et actuel, Feng Xiaogang aurait très bien pu sombrer dans le pathétique. Pourtant, l’autodérision de l’héroïne, présente à travers son comportement abusif, apporte une touche de finesse à l’intrigue. La dimension sarcastique se révèle être omniprésente, que ce soit tant dans le caractère des personnages que dans certaines mises en scène. Mêler une pointe d’humour à la tragédie de la situation, voici sans aucun doute la réussite de cette oeuvre.

Un esthétisme pictural

« Si quelqu’un veut mourir, personne n’y peut rien. » I Am Not Madame Bovary

Récompensé sept fois lors de divers festivals internationaux, I Am Not Madame Bovary est une surprise inimitable, d’un point de vue scénaristique mais également esthétique. Feng Xiaogang a choisi de raconter l’histoire de Li Xuelian de façon romanesque. Tel un véritable roman, une voix-off s’inscrit dans la narration i-am-not-madame-bovary-fan-bingbing-telescopedu film et permet d’apporter des précisions quant à la chronologie (qui s’étale sur dix ans). C’est une façon de pénétrer dans la conscience du personnage principal, d’y découvrir ses ressentis, ses sentiments et ses émotions vis-à-vis de la situation.

D’un point de vue esthétique, Feng Xiaogang a fait le choix, pour le moins audacieux, d’inscrire l’image dans un cadrage télescope. Influencé par certaines peintures de la dynastie Song, ce style visuel donne une dynamique poétique au film. Mais au-delà de cette référence artistique, ce choix permet également de s’identifier au personnage de Li Xuelian et de ressentir la sensation d’enfermement social dont elle est victime.  Nous pouvons retrouver dans le style de Feng Xiagang une pointe de ressemblance avec l’univers de Wes Anderson, entre esthétique et ironie du sort.

I Am Not Madame Bovary s’inscrit comme une œuvre lyrique saisissante, belle et bien dans l’air du temps.

I Am Not Madame Bovary : Bande-Annonce

I Am Not Madame Bovary : Fiche Technique

Réalisation – FENG XIAOGANG
Scénario – LIU ZHENYUN
Casting – Fan Bingbing, Guo Tao, Da Peng, Jiayi Zhang.

Image – LUO PAN
Décors – HAN ZHONG
Costumes – HAN ZHONG
Son – WU JIANG
Montage – CHANG SUK PING WILLIAM
Musique originale – DU WEI
Production – BEIJING SPARKLE ROLL MEDIA CORPORATION, HUAYI BROTHERS MEDIA CORPORATION, BEIJING SKYWHEEL ENTERTAINMENT CO., LTD., HUAYI BROTHERS PICTURES LTD., ZHEJIANG DONGYANG MAYLA MEDIA CO., LTD.

2017 – Chine

 

 

Festival du Film Franco-Arabe 2017 : La sélection officielle

La sélection officielle du 23ème édition du Festival du Film Franco-Arabe 

Affiche-FFAO-festivals-francoarabe2017 La 23ème édition du Festival du Film Franco-Arabe (FFFA 2017) a débuté mercredi 5 Juillet à Amman et durera une semaine.

Ce festival, créé en lien avec le Festival du Film Franco-Arabe de Noisy-le-Sec (FFFA) est dédié aux productions franco-arabes primées et aux court-métrages locaux.

Sept pays sont principalement représentés dans cette édition : l’Algérie, la France, la Jordanie, le Maroc, le Liban, le Qatar et la Tunisie.

Au programme du festival organisé par l’Institut français de Jordanie en collaboration avec la Royal Film Commission of Jordan, la projection de quinze films de production arabo-française traitant de la question de l’identité et de préoccupations politiques et culturelles.

Cette édition est notamment marquée par la présence de plusieurs réalisateurs et invités de renommée (Mrs. Annie Thomas, Mr. Laurent Rivoire, Mr. Farid Bentoumi, Mr. Férid Boughedir, Mr. Salim Saab … ), mais aussi par la mise en place de cours de réalisation et de comédie, dirigés par des professionnels.

FFFA 2017 – Toute la programmation :

Film d’ouverture : Zizou, de Férid Boughedir (France, Tunisie)

Film de clôture : Timgad, de Fabrice Benchaouche  (France, Algérie )

Sélection officielle :
– Zizou, de Férid Boughédir  (France, Tunisie)
– Tour de France, de Rachid Djaïdani (France)
– D’une pierre, deux coups, de Fejria Deliba (France )
– Adama, de Simon Rouby (France)
– Le ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar  (France)
– Good luck Algeria, de Farid bentoumi  (France, Belgique)
– The Challenge,  de Yuri Ancarani (France, Suisse)
Mimosas, d’ Olivier Laxe (France, Maroc, Qatar, Espagne)
– InSyriated, de Philippe Van Leeuw (Belgique, France, Liban)
Beirut Street : Hip-hop in Lebanon, de Salim Saab (France, Liban)
Tombé du Ciel, de Wissam Charaf (France, Liban)
Timgad, de Fabrice Benchaouche (France, Algérie)

Compétition Court-métrages Fictions   :
A new hole, de Laith et Gaith Al-Adwan
Catharsis, de Sondos Mustafa
Door 422, de Ahmad Al-Chanaoui
Linear,  de Anas Mubaideen
Mare Nostrum, de Anas Khalaf et Rana Kazkaz
Not on my Way, Mohammed Khabour
One moment, de Abada Al damour
The White Funeral, de Rama Sahuni

Compétition Court-métrages documentaires   :

Hide your metal, de Yasmine Mustafa
My name is Um Muhammad, de Jafar Atwa
Start Now, de Anwaar Al-Shawabkeh
The Shepherd of the City, de Aysar Abd Al-Hameed
The Story of the Wind Mills, de Bashar As-Salihat
The Urban Ship, de Zeina Quronfuleh

Le trailer officiel du festival du Film Franco-Arabe 

 

Bosch saison 3, une série d’Eric Overmyer : critique

L’inspecteur créé par Michael Connelly, Bosch revient pour une saison 3 qui est la meilleure depuis le début de la série.

Synopsis : William Meadows, un SDF vivant dans un camping-car, est abattu en pleine nuit. Le seul témoin, un jeune tagueur, s’enfuit.

Voilà donc la troisième saison de la série Bosch, inspirée des romans de Michael Connelly. Le principe reste le même que pour les saisons précédentes : adapter l’intrigue de plusieurs romans en une saison. Harry Bosch se trouve donc confronté à plusieurs affaires en même temps : le meurtre de William Meadows, un ancien soldat des Forces Spéciales qui a combattu en Irak et en Afghanistan ; le meurtre d’Edward Gunn, un homme qu’il surveillait illégalement car il le soupçonnait d’être un tueur en série ; un mystérieux tueur à vélo surnommé KTK (Korea Town Killer) ; et une affaire judiciaire au sujet d’un réalisateur, Andrew Holland, suspecté d’avoir tué une jeune femme.

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Toutes ces affaires en même temps créent un petit flottement lors du premier épisode. Le scénario est alors un peu embrouillé et le spectateur a du mal à s’y retrouver entre tous ces cas (plus les rappels de l’affaire de la saison 2). Mais cette difficulté à mettre les choses en place ne dure que le temps d’un épisode. Dès l’épisode 2, la série prend son rythme de croisière et retrouve les qualités qui sont les siennes depuis le début : suspense, ambiance nocturne, réalisme dans la description du fonctionnement du système policier et judiciaire californien, et personnages fouillés.

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Justement, l’une des principales qualités de cette saison est de laisser plus de place aux personnages secondaires. Bien entendu, Bosch est toujours là, avec son caractère irascible et son art de s’attirer les foudres de ses supérieurs. Il est toujours autant détesté, aussi bien par ses collègues que par le procureur Rick O’Shea, qui accuse l’inspecteur de lui avoir fait perdre les élections. La saison propose plusieurs face-à-face savoureux entre Bosch et ses adversaires (qui sont parfois ses collègues), et en particulier avec Rudy Tafero (interprété par un excellent Arnold Vosloo, l’acteur qui jouait dans La Momie face à Brendan Fraser en 1999), un ex-flic devenu chef de la sécurité du réalisateur Andrew Holland.

Le problème, c’est que la vie privée de l’inspecteur n’est pas très reposante non plus. Sa fille Maddie vit désormais avec lui, mais Bosch a du mal à communiquer avec l’adolescente. De plus en plus, on lui reproche de ne pas avoir de vie en dehors de son métier. « La plupart des mecs auraient déjà quitté le boulot. Toi, le jour où tu partiras, tu te flingueras. Tu n’as pas de vie. » « Trouvez-vous donc une vie ». Des accusations qui font mouche dans l’esprit de l’inspecteur qui est toujours sur la corde raide, cerné de près par les Affaires Internes.

A côté de Bosch, la saison développe surtout le personnage de son co-équipier, Jerry Edgar. On le voit de plus en plus enquêter seul, se défaire de l’influence de Bosch, voire se méfier de lui. Le personnage prend de l’épaisseur et ne sert plus uniquement de faire-valoir au célèbre policier.

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En règle générale, la saison parvient à mêler les séquences policières et les scènes plus intimes sur la vie privée des personnages principaux. Des scènes qui sont suffisamment bien écrites pour proposer des pauses sans trop ralentir le rythme.

Pour le reste, la série continue son travail exemplaire d’adaptation des romans de Connelly. Son mélange de réalisme et de suspense s’y retrouve avec plaisir. La saison essaie d’implanter l’action dans la réalité quotidienne de Los Angeles, depuis les beaux quartiers jusqu’aux bas-fonds, en passant par les aspects politiques, judiciaires, la guerres entre les services policiers, etc.

Cette saison se permet même une critique acerbe contre le fonctionnement de la justice, avec des procureurs soumis à des échéances électorales et qui agissent non pas forcément dans l’intérêt de la justice mais dans leur intérêt propre, pour leur image personnelle.

En bref, cette saison 3 paraît être la meilleure depuis le début de la série. Riche et aboutie, elle est constamment dans l’action et l’approfondissement de ses personnages. Une belle réussite.

Bosch saison 3 : Bande-Annonce

Bosch saison 3 : Fiche Technique

Créateur : Eric Overmyer
Réalisateurs : Alex Zakrzewski, Ernest R. Dickerson, Adam Davidson…
Scénaristes : Michael Connelly, Eric Overmyer
Interprètes : Titus Welliver (Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Lance Reddick (Chef Irving), Madison Lintz (Maddie), Arnold Vosloo (Rudy Tafero)
Musique : Jesse Voccia
Photographie : Patrick Cady, Michael McDonough
Montage : Steven Cohen, Kevin Casey, Lawrence Curtis
Producteurs : Michael Connelly, Titus Welliver, Eric Overmyer
Sociétés de production : Hieronymus Pictures, Fabrik Entertainment, Amazon Studios
Société de distribution : Amazon Instant Video
Genre : policier
Durée : 10 X 45 minutes

États-Unis- 2017

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Baby Driver, un film de Edgar Wright : Critique

Edgar Wright revient en grande forme avec ce Baby Driver survitaminé, pop et irrévérencieusement cool qui assoit définitivement la maestria visuelle de son auteur. On tient probablement le divertissement de l’été.

Synopsis : Passionné de musique, le jeune Baby officie comme chauffeur pour plusieurs braqueurs de banques. Un jour, il rencontre la fille de ses rêves, Debora. Il se dit alors qu’il peut changer de vie et quitter la criminalité. Mais son employeur n’apprécie pas ce changement.

Drive

Après sa déconvenue avec Marvel Studios suite au film Ant-Man, qu’il devait initialement réaliser avant de s’être vu obligé de prendre la porte, Edgar Wright décide de revenir en grande pompe avec son Baby Driver. Seul au scénario, fait assez rare dans la filmographie du bonhomme, il affiche clairement la volonté de se venger de son expérience avec les gros studios dans un long-métrage qui se veut original et inventif dans une industrie plus encline à produire des suites et remakes à tour de bras. Comme à son habitude, le cinéaste part d’un genre éculé du cinéma pour totalement se l’accaparer en se jouant des clichés et des attentes pour offrir une oeuvre unique en son genre, accessible à tous et faisant preuve d’une maîtrise du langage cinématographique qui force le respect. Baby Driver avait tout d’un pari risqué pour un réalisateur qui est attendu au tournant suite à la fin de sa trilogie Cornetto qui n’a pas convaincu tout le monde, et Wright évite les coups avec habileté et va là où on ne l’attendait pas.

Baby-Driver-Baby-movie-Ansel-Elgort-Sunglasses-at-TableUne chose est sûre à la vue de ce Baby Driver, c’est qu’Edgar Wright n’est pas un scénariste particulièrement fin. Étant souvent accompagné d’autres plumes en plus de la sienne, ici il tente de faire ses preuves seul dans le domaine, et signe un scénario globalement calibré et pas très subtil. On retrouve la sincérité qui caractérise ses œuvres, ses thèmes les plus chers et ce respect du genre qu’il adapte pour mieux le faire sien, mais les choses s’imbriquent un peu moins bien que par le passé. Le style y est plus mature, plus tenu et donc moins enclin aux fulgurances, on sent le film par moments trop carré dans sa narration et dans ses dialogues. Ils sont toujours aussi bons, Wright a clairement le talent pour les écrire, mais ils sont peu mémorables par rapport aux standards de ses anciens films. Wright garde une certaine naïveté adolescente sur son récit mais a paradoxalement grandi et ne parvient pas totalement à nous faire croire à cette histoire d’amour qui sera le cœur du film. Elle est certes mignonne mais ne sonne pas suffisamment vrai pour qu’on s’y investisse totalement. Comme lorsque Baby Driver prend un tournant un peu plus sérieux dans son dernier acte, mais que celui-ci n’est pas assez fort pour vraiment transcender son audience. A trop se disperser Wright donne l’impression de retenir ses coups, du moins dans son scénario qui finit par manquer d’impact.

Ansel-Elgort-Lily-James-baby-drive-film-critique-cinemaEn revanche, le cinéaste est toujours aussi doué quand il s’agit de prendre un genre et de le sortir des sentiers battus dans lequel il s’est enfermé. Prenant globalement la forme d’un film de casse, il est rythmé comme un car chase movie et traité comme une comédie musicale. Baby Driver est le fruit d’influences diverses et conjugue l’amour de son cinéaste pour les images et la musique. L’ensemble déborde de passion et d’énergie qui donnent une pêche d’enfer, effaçant d’un revers de main les rares choses qu’on pourrait reprocher et nous happent totalement dans l’univers sensoriel qui est déployé. La capacité du film à dévier des chemins attendus s’étend aussi à la caractérisation des personnages, qui à l’exception de celui très caricatural de Jamie Foxx, vont pouvoir révéler des facettes beaucoup plus complexes de leur personnalité et éviter un manichéisme redondant. C’est dans cette capacité à surprendre que Baby Driver démontre toute l’intelligence de sa construction qui se révèle être pensée à tous les niveaux. Même dans le choix des acteurs, où le jeune Ansel Elgort semble manquer de charisme de prime abord, mais tient en bride un casting de ténors dont font partie Jon Hamm et Kevin Spacey. Ils sont cependant tous très bons mais Elgort vole la vedette par sa subtilité mais aussi par une performance physique absolument hallucinante lors des scènes d’action. Lily James apporte quant à elle un peu plus de nuances dans un casting très viril, et en impose par la fraîcheur de son jeu.

Mais là où Edgar Wright impressionne totalement c’est dans la création visuelle même de son film. Sa mise en scène sert tout autant à l’action qu’à la caractérisation de son personnage principal. Baby est avant tout un personnage qui est mis en scène, plus qu’il n’est écrit. Il est construit à travers le montage, le mouvement et l’utilisation de musiques intradiégétiques qui viennent correspondre à son état d’esprit et son évolution. Chose relativement rare dans une œuvre de cinéma car c’est un procédé très dur à mettre en image. Mais avec une maîtrise qui laisse pantois, Wright parvient vraiment à nous immerger dans l’espace mental de son personnage. La technique est folle, que ce soit dans des longs plans séquences millimétrés à la perfection, des scènes de courses poursuites énergiques et rythmées par la musique et le travail très esthétisé sur les éclairages. Tout cela doit être en coordination parfaite avec la musique qui compose la scène et jamais Wright ne déraille dans sa démarche. Baby Driver est chorégraphié avec une virtuosité telle qu’il en devient étourdissant. On en ressort épuisé face à la générosité constante de l’œuvre mais aussi de son inventivité presque émouvante. Une leçon de montage et de mise en scène.

Baby Driver déborde d’amour en ce qu’il adapte et assoit définitivement Edgar Wright comme un créatif hors norme. Son long métrage est un mix survitaminé et une vraie déclaration aux films de genre, à la musique mais plus précisément au cinéma et à la créativité en général. Une oeuvre faite par un passionné pour des passionnés mais qui ne laisse jamais son audience en dehors de son délire. Par la force du montage et de la mise en scène, on s’immerge dans un spectacle sensitif sans pareil, qui s’impose à la fois comme un grand divertissement mais également un film tout aussi original qu’inventif. Et cela fait du bien de voir quelque chose qui n’est ni une suite, ni un remake ou le maillon d’un univers étendu. Même si on peut lui reprocher quelques toussotements dans son scénario très calibré qui retient ses coups sur son dernier acte et se clôture de manière un brin téléphonée ; ou encore qu’il est peut être un peu éreintant tant il n’a aucune mesure dans sa générosité, ce Baby Driver pourrait bien s’avérer être le film de l’été.

Baby Driver : Bande-annonce

Baby Driver : Fiche technique

Réalisation et scénario : Edgar Wright
Interprétation : Ansel Elgort (Baby), Lily James (Debora), Kevin Spacey (Doc), Jon Hamm (Buddy), Jamie Foxx (Bats), Eiza González (Darling), Jon Bernthal (Griff),…
Image : Bill Pope
Montage : Paul Machliss et Jonathan Amos
Musique : Steven Price
Décors : Lance Totten
Costume : Courtney Hoffman
Producteur : Tim Bevan, Eric Fellner et Nira Park
Société de production : Media Rights Capital, Big Talk Productions et Working Title Films
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Durée : 113 minutes
Genre : Action, comédie
Date de sortie : 19 juillet 2017

États-Unis – 2017

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Moi, moche et méchant 3, un film de Kyle Balda et Pierre Coffin : Critique

Moi, moche et méchant 3 confirme le fait que le studio Illumination Entertainment se repose sur ses lauriers, livrant pour le coup un nouvel opus certes sympathique mais incroyablement anecdotique.

Synopsis : Alors qu’il est renvoyé de l’Agence pour ne pas avoir réussi à arrêter le vilain du moment, Balthazar Bratt, et ayant dû faire face à la démission de ses fidèles Minions, Gru va faire la connaissance de son frère jumeau, Dru, dont il ignorait l’existence. Mais ce qui devait être une simple rencontre va très vite devenir une demande à Gru de retomber du côté des vilains. Se battant contre la tentation, il va cependant utiliser cela à son avantage afin de préparer sa vengeance envers Bratt et de récupérer son poste d’agent secret…

L’opus de trop pour un studio d’animation s’appuyant sur ses acquis

Il a beau être l’un des plus grands succès commerciaux de tous les temps, Les Minions n’avaient pas spécialement emballé la critique. Et pour cause, cette dernière jugeait le long-métrage paresseux, révélant à quel point le studio d’animation Illumination s’était reposé sur ses lauriers. Un fait qui se confirme malheureusement avec les futurs projets de la firme (des suites à Comme des bêtes et Tous en scène) et surtout ce tant attendu Moi, moche et méchant 3. Pourtant, à la vue de la bande-annonce, ce nouvel opus avait de quoi susciter bien des attentions ! Notamment un nouvel antagoniste ultra charismatique, qui envoyait du pâté rien que dans la promotion du film. Au final, si l’ensemble se montre suffisamment sympathique pour amuser, la déception pointe tout de même le bout de son nez une fois arrivé au générique de fin.

Passé une séquence d’introduction juste démentielle – mais malheureusement trop vue dans la bande-annonce –, Moi, moche et méchant 3 ne parviendra jamais à décoller comme ses prédécesseurs. La rencontre entre Gru et son frère jumeau ? Un simple prétexte pour justifier une nouvelle aventure. Le méchant si charismatique ? Loin d’être aussi délirant que prévu, se montrant par moment un peu fade et pas si menaçant que cela. Les Minions ? Contrairement au second volet, ils sont totalement inutiles à l’intrigue et servent plutôt à amuser la galerie et – surtout – à meubler le scénario. Il n’est pas nécessaire de continuer ce jeu des questions/réponses pour dire que l’équipe du film ne s’est vraiment pas foulée sur ce long-métrage. Préférant tout miser sur le panache et l’aura de la franchise, elle n’a pas cherché à apporter quoique ce soit à celle-ci. Même pas une once d’évolution, l’ensemble se perdant avec des intrigues secondaires qui n’ont pas lieu d’être (Agnès partant à la recherche d’une vraie licorne, Margot faisant face à un prétendant un peu trop collant…). Seule celle où l’on voit Lucy tenter de gagner ses galons de mère ajoute un petit quelque chose au personnage, la rendant encore plus appréciable. Hormis cela, vous n’aurez rien d’autre à vous mettre sous la dent. Même les graphismes font du surplace depuis Les Minions, c’est pour dire !

Et c’est vraiment navrant car, derrière ce sérieux manque d’implication, se cachent d’excellentes idées qui ne seront jamais exploitées. Des exemples ? Les motivations de l’antagoniste : une star déchue tentant de se venger du système hollywoodien. Rien qu’avec ce postulat, nous aurions pu avoir une critique plutôt salée des gros studios, de la célébrité en générale. Mais non, cela n’ira pas au-delà… Autre fait : Dru, le frère jumeau de Gru. Là, il pouvait y avoir bon nombre de thématiques à explorer comme un jeu du miroir entre les deux personnages, le frère diabolique, la jalousie, les retrouvailles… ou même une sorte d’adaptation pour nous, Français, du sketch du blond de Gad Elmaleh. Que nenni ! Leur relation se résumera à celui qui parlera le plus fort, ni plus ni moins. Et ce jusqu’à une fin pour le moins brutale, qui vous fera exprimer un « Ah, c’est déjà fini ? » de déception, renforçant le côté anecdotique de ce film d’animation.

En ne se contentant que du minimum syndical, ce troisième opus parvient néanmoins, tout comme Les Minions, à assurer le spectacle. Se garantissant la sympathie du public en réutilisant l’efficacité comique des gélules jaunes. En présentant des moments touchants via le personnage d’Agnès. En usant une nouvelle fois du charme de ses protagonistes. Bref, tout ce qu’il faut pour vous arracher quelques rires ou bien vous émouvoir un laps de temps. Sans oublier le fait que, malgré une ambition au ras des pâquerettes, le long-métrage n’ennuie pas une seule seconde car se montrant énergique au possible. Moi, moche et méchant 3 a suffisamment de panache via son enchaînement de séquences virevoltantes, ses situations comiques, sa bande originale entraînante et sa petite durée (1h30) pour être le divertissement idéal à voir en famille, sans prise de tête. C’est déjà ça de gagné !

Mais n’est-ce pas là une preuve que la franchise n’a plus rien à nous raconter ? Qu’il serait temps de passer à autre chose ? Bien que ce Moi, moche et méchant 3 soit l’opus de trop, il est certain qu’Illumination Entertainment continuera à exploiter le filon jusqu’à épuisement total. Cela sera peut-être le cas avec Les Minions 2, attendu pour 2020. Une chose est sûre : cela sera un nouveau succès commercial pour la firme. Et cela sera déjà le cas avec ce troisième opus de la franchise, qui risque fort de dominer les salles lors de la période estivale.

Moi, moche et méchant 3 : Bande-annonce

Moi, moche et méchant 3 : Fiche technique

Titre original : Despicable Me 3
Réalisation : Kyle Balda et Pierre Coffin
Scénario : Cinco Paul et Ken Daurio
Doublage : Steve Carell (Gru / Dru), Kristen Wiig (Lucy), Trey Parker (Balthazar Bratt), Miranda Cosgrove (Margo), Dana Gaier (Edith), Nev Scharrel (Agnes), Pierre Coffin (les Minions / le directeur du musée / voix additionnelles), Steve Coogan (Fritz / Silas De Lamolefès)…
Genre : Animation
Budget : 80 M$
Montage : Claire Dodgson
Musique : Heitor Pereira et Pharrell Williams
Producteurs : Janet Healy et Chris Meledandri
Productions : Illumination Entertainment et Universal Pictures
Distributeur : Universal Pictures
Date de sortie : 5 juillet 2017
Durée : 90 minutes

États-Unis – 2017

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À ceux qui nous ont offensés, de Adam Smith : sortie DVD & Blu-ray le 5 juillet

Plongée âpre dans l’univers d’un camp gypsy paumé aux allures de bidonville, À ceux qui nous ont offensés est un film social dur et engagé qui nous fait découvrir le quotidien d’un clan de bohémiens et le parcours chaotique d’un homme, Chad (Michael Fassbender), tiraillé entre l’allégeance qu’il doit à son père Colby, le chef du gang (Brendan Gleeson), et son désir de s’affranchir du crime pour offrir un avenir meilleur à sa famille.

Synopsis : Chad Cutler, voyou au coeur tendre, vit dans un campement de caravanes avec sa femme, ses deux enfants et d’autres membres de sa communauté, dirigée d’une main de fer par son illettré de père, Colby, qui exerce une emprise destructrice sur ses proches. Chad cherche à s’affranchir du joug paternel et des traditions pour redémarrer sa vie ailleurs avec sa famille, mais rapidement, le crime le rattrape.

Des thèmes forts pour une réalisation en demi-teinte

À ceux qui nous ont offensés est un film ambitieux qui dépeint avec réalisme le quotidien d’un clan de gypsy. Quelques vieilles caravanes, des chaises en plastique et des objets de récup, des amas d’ordures,  des carlingues de voitures, et des animaux en liberté (chèvres, chiens, poules) qui se promènent au milieu du chaos … On pénètre immédiatement dans la vie d’une micro-société un brin dégénérée avec ce décor que plante le réalisateur et qui servira majoritairement de cadre à son intrigue. Si la présence des bestioles de basse-cour n’est pas sans faire écho à l’animalité voire à la bestialité primaire de certains personnages comme Colby ou le joyeux fou décérébré qui danse au milieu d’un feu de braises, le film nous montre également la posture délicate d’un héros pris au piège, enfermé en cage, prisonnier d’un monde dont il veut s’échapper.

Évidemment, le film brosse le portrait social d’une Angleterre marginalisée et laissée pour compte, message politique qui peut facilement s’appliquer au-delà de ce campement, pour finalement symboliser le prolétariat britannique et même la classe moyenne en voie de paupérisation. Mais le film ne se limite pas au constat qu’il dresse : il raconte surtout une histoire de famille difficile, le bras de fer entre un père truand et un fils épris de liberté, et de légalité.

L’opposition entre Chad et Colby représente également la fracture que l’on peut observer entre les traditions et l’ancien temps d’un côté ; et l’évolution des mœurs de l’autre, avec la jeune génération qui aspire à un mode de vie plus moderne et sédentaire.

Cet affrontement moral et ce passage de relais n’a rien de très original dans le sens où cela aborde des thèmes topiques de la relation père/fils, mais qui conservent malgré tout un caractère indémodable et universel, conférant une puissance au récit. En revanche, la réalisation ne suit pas, pas suffisamment transcendée par la violence latente du propos. Le film « choc » et « coup de poing » auquel le spectateurs pourraient s’attendre n’est pas au rendez-vous en dépit de quelques scènes survoltées et tendues : le tout manque de maîtrise et d’intensité.

Enfin, il est possible d’émettre quelques critiques à l’égard du scénario au dénouement prévisible, mais aussi de la traduction et du sous-titrage français qui ont tendance à sombrer dans la vulgarité, ce qui ne rend pas justice aux personnages ni à l’écriture de départ.

Entretien avec Michael Fassbender

Pour les intéressés, un bonus avec interview de Michael Fassbender nous éclaire un peu plus sur les motivations du comédien, les raisons de son choix (ce qui l’a attiré dans le projet), l’essence de l’histoire, sa vision des trois générations d’hommes qui s’affrontent (père/fils/petit-fils), et les difficultés de son rôle notamment le fait de travailler avec des enfants, ce qui instaure une dynamique différente. L’acteur évoque également l’ambiance particulière dans laquelle s’est monté le projet, qui a bénéficié d’un budget assez limité, et revient sur l’atmosphère très « communautaire » qui s’est installée sur le tournage, parfois chaotique.

A noter que Michael Fassbender est au demeurant moyennement crédible dans le rôle de Chad puisque sa persona hollywoodienne et sa notoriété ne parviennent pas à s’effacer sous les traits du modeste Chad, peu éduqué.

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Caractéristiques techniques du DVD :

Son : D.D 5.1 et 2.0
Langues : Français / Anglais • Sous-titres : Français
Image : 2.39 – 16/9 comp. 4/3 couleur • Durée : 96 min
Bonus : rencontre avec Michael Fassbender • Bande-annonce

Caractéristiques techniques du Blu-ray édition limitée steelbook :

Son : DTS HD Master audio 5.1 et 2.0
Langues : Français / Anglais • Sous-titres : Français
Image : 2.39- 16/9 • Durée : 100 min
Bonus : Rencontre avec Michael Fassbender • Bande-annonce

À ceux qui nous ont offensés est disponible en DVD et Blu-Ray sur Amazon.fr :

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À ceux qui nous ont offensés : Bande-annonce

À ceux qui nous ont offensés : Fiche technique

Titre original : Trespass Against Us
Réalisation : Adam Smith
Scénario : Alastair Siddons
Interprétation : Michael Fassbender (Chad Cutler) ; Brendan Gleeson (Colby Cutler) ; Lyndsey Marshal (Kelly Cutler) ; Sean Harris (Gordon Bennett) ; Killian Scott (Kenny) ; Rory Kinnear (Inspecteur Lovage)
Direction artistique : Andrea Matheson
Photographie : Eduard Grau
Montage : Kristina Hetherington et Jake Roberts
Musique : The Chemical Brothers
Décors : Nick Palmer
Costumes : Suzanne Cave
Producteurs : Alastair Siddons, Gail Egan et Andrea Calderwood
Société de production : Potboiler Productions et Film4
Distributeur : Lionsgate
Durée : 99 minutes
Genre : Drame, policier
Date de sortie : 1er mars 2017

Royaume-Uni – 2016

The Art Of Televison : rencontre avec l’équipe à l’occasion de la diffusion sur OCS

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Après un passage remarqué au festival Séries Mania en avril dernier, The Art Of Television sera diffusé jeudi soir sur OCS. Lors d’un déjeuner presse, nous avons pu rencontrer l’équipe de ce documentaire qui met en lumière une profession dont on parle peu, le réalisateur de série. 

Le documentaire est lui même dans un format série avec une première saison de six épisodes d’une vingtaine de minutes. Et qui dit série dit identité visuelle, il était important pour l’équipe de trouver une signature, une “carte de visite” nous disait Charlotte Blum. C’est donc un grand tableau transparent qui sert de repère visuel à la série. Plus que ça, le tableau, orné de photographies retraçant la carrière du réalisateur interviewé, est une invitation à la confidence. Alan Taylor est d’ailleurs resté de longues minutes à la regarder, ému, avant de commencer à se confier. Ce tableau est alors un moyen de briser la glace, d’instaurer une confiance avec ces réalisateurs, si surpris de l’attention qu’on leur porte. Charlotte Blum nous confie que Rosemary Rodriguez, tellement enthousiasmée par le projet, lui demande des nouvelles du documentaire toutes les semaines.

Des rencontres humaines et passionnées qui émeuvent et marquent le public, l’équipe du documentaire mais aussi les réalisateurs eux-mêmes, voici ce que propose The Art Of Television. Pourtant, tout ne s’est pas fait facilement, il aura fallu neuf mois de démarchage avant de commencer le tournage. Bien que peu connus du grand public pour la plupart, les réalisateurs sont souvent aussi injoignables que les acteurs des séries pour lesquelles ils travaillent et tout aussi overbookés. L’équipe a donc du se passer de Mimi Leder dont le tournage de The Leftovers a été déplacé au Texas (le petit budget du documentaire ne permettant pas à l’équipe de la suivre), ou encore de Leslie Glatter (Twin Peaks) qui a malheureusement annulé car elle avait reçu un pilote (chose rare, d’autant plus pour une femme, une occasion qu’elle ne pouvait décidément pas rater). Mais ne souhaitant pas combler avec n’importe qui et tenant absolument à obtenir des réalisateurs dont ils admirent le travail, Charlotte Blum et Vincent Gonon (les réalisateurs du documentaire) ont du renoncer à l’équité et ainsi faire quatre portraits d’hommes et deux de femmes. Pour autant, et notamment grâce à l’épisode de Jennifer Getzinger, réalisatrice très engagée ayant notamment travaillé sur Mad Men, la question de la femme réalisatrice, ce métier bagage et la pression qu’il impose est très bien traitée dans ce documentaire où l’on comprend la position difficile de ces femmes dans un milieu très masculin.

Une deuxième saison est d’ores et déjà en discussion, et avec le succès de ces premiers épisodes, nous pouvons espérer voir d’autres grands réalisateurs accepter l’invitation et écrire à leur tour sur le tableau transparent. 

The Art Of Television : Les réalisateurs de séries, Fiche Technique :

Auteur : Charlotte Blum
Réalisateurs : Charlotte Blum, Vincent Gonon
Producteur : Empreinte Digitale
Diffuseur France : OCS

The Art Of Television sera diffusé dès le 6 juillet à 20h40 sur OCS City.

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La saison 1 de Supergirl s’envole en DVD et Blu-ray

Ce mercredi sort en DVD et Blu-ray chez Warner la saison 1 de Supergirl, deux ans après sa diffusion sur le réseau CBS. Au programme : une super-héroïne charmante et des super pouvoirs dans une série au super potentiel !

Synopsis : Les aventures de Kara Zor-El, la cousine de Superman, alias Supergirl. A 24 ans, la jeune femme, qui mène sa vie en marge de celle de son célèbre cousin, se sent impuissante face à ses pouvoirs extraordinaires qu’on lui a appris à ne pas utiliser. Employée dans un grand média de National City, elle va se retrouver à mener une double vie pour combattre le crime dans sa ville.

2015 : Supergirl arrive sur les petits écrans terriens

Ce mercredi, Supergirl débarque à nouveau de Krypton sur notre bonne vieille planète bleue, non pas à la télévision mais en DVD et en Blu-ray chez Warner. L’occasion de redécouvrir ou de s’initier à la série créée en 2015 par Ali Adler, Greg Berlanti et Andrew Kreisberg, tous deux responsables du « berlantiverse » constitué par les séries Arrow (2012-), The Flash (2014-) et DC’s Legends of Tomorow (2016-), programmées sur le réseau The CW.

2016 : Supergirl et ses amis

D’abord programmée sur le réseau CBS, Supergirl, qui n’obtient pas les audiences attendues, rejoint The CW pour sa deuxième saison. À noter que The CW est possédé à parts égales par les groupes Time Warner et CBS Corporation. Aussi ce changement de réseau est lié à une stratégie tant créative que monétaire : l’univers DC Comics triomphe à la télévision sur The CW depuis 2014, à l’inverse des grosses machines cinématographiques (on pense par exemple, sans mauvaise foi, à Suicide Squad). Amener Supergirl dans le catalogue du réseau lui permet alors d’accéder à son public ; de plus, à la fin de la première saison, un choix permet d’éclaircir le contexte de l’univers de la super-héroïne. En effet, la production met en place le premier crossover avec un héros de The CW/DC Comics TV en faisant rencontrer l’héroïne et Flash.

Supergirl rencontre Flash en fin de première saison.

Supergirl n’est donc plus un univers coupé de tout dans lequel on parle de héros et super-vilains sans jamais les rencontrer, comme s’ils n’existaient que dans leur propre circonscription, alors qu’ils possèdent des pouvoirs leur permettant de se rencontrer en un flash. On pense notamment au fameux cousin Kal El / Superman, qui viendra alors rendre visite à Kara dans la saison 2, dans laquelle il sera d’ailleurs plus qu’actif. Supergirl viendra aider Arrow, Flash et les Legends of Tomorow dans un épisode prêt à concurrencer les Avengers de Marvel, ou la Justice League qui débarquera bientôt sur nos grands écrans.

2017 : La cape rouge en raie bleue

La lumineuse Melissa Benoist doit faire face aux caprices de la géniale diva Calista Flockhart.

La première saison débarque ainsi ce mercredi en Blu-ray. Et celle-ci, qui s’étale sur vingt épisodes, est imparfaite, en dent-de-scie, avec toujours des super-vilains prêts à gouverner le monde et prendre leur revanche sur la famille des Super-man-and-girls ; une imagerie trop proprette qui va tendre à s’intégrer dans notre monde réel ; des incohérences et trous narratifs jusqu’à plus soif : où est-ce que l’ami de Kara a pu trouver tous ces supers-tissus pour faire son costume ; pourquoi Superman ne vient-il pas saluer sa cousine dès la fin de l’épisode I alors qu’il peut la voir à la vitesse de l’éclair ? On appréciera la reprise des grands éléments du « berlantiverse » : un héroïne aidée par des amis et sa famille ; qui va travailler dans une organisation scientifique pour lutter contre les vilains aux supers-pouvoirs ; la formation du héros qui a tendance à sauver des vies tout en causant des catastrophes… Autant de motifs et concepts qui vont venir enrichir Supergirl, sans pour autant avoir le traitement subtil d’un The Flash. On regrettera de ne pas suivre davantage l’héroïne dans son quotidien, à l’inverse des héros de The CW. Soit, la série doit avoir sa propre identité. Et, toujours à l’inverse des héros de l’autre réseau qu’il rejoindra plus tard, le show se veut spectaculaire avec un style pompier qui n’a pas les moyens d’être proprement réalisés. Aussi, si la série tend à s’amuser des parallèles des vies de Kara et de son cousin Clark Kent/Kal-El/ Superman, on regrettera justement que l’héroïne soit tel son cousin dans le milieu du journalisme. Une certaine forme de redondance super-héroïque qu’on pourrait trouver ailleurs certes, mais qui se ressent particulièrement ici.

Mais rassurez-vous, si ce paragraphe s’est concentré sur les « Dommage » et « Hélas » de la série, sachez qu’elle possède de nombreuses qualités. De son actrice principale (Melissa Benoist) à sa mythologie, de ses seconds rôles (Calista « Ally McBeal » Flockhart en tête) à son ton « girly », Supergirl mérite d’être découverte. Lumineux et courageux, le show a déjà réussi le pari fou de faire oublier pour de bon le nanar filmique de 1984, et d’introduire à nouveau au monde son héroïne.

Conclusions au cocktail de kryptonite

Une expérience, voilà comment on pourrait qualifier Supergirl. Un nouvel essai télévisuel pour Berlanti, Kreisberg, et Adler, plutôt réussi. Ces derniers vont le travailler, l’expérimenter, le faire planter et surtout briller tout au long de la première saison. En passant par The CW, la série gagnera aussi ses équipes techniques et ses réalisateurs, qui ont l’expérience des Arrow et autres shows super-héroïques.

Une saison 3 de Supergirl a été annoncée. L’héroïne semble plus que jamais avoir gagné ses galons de super-cape face aux spectateurs qui ne semblent plus qu’attendre d’être à nouveau sauvés par Melissa Benoist.

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Bande-Annonce : Supergirl

https://www.youtube.com/watch?v=Mh8MYFadTmQ

Supergirl – saison 1

Sortie le 05/07/17

Prix de vente conseillé en coffret DVD : 29.99€

Prix de vente conseillé en coffret BD : 34.99€

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Un couteau dans le cœur : Vanessa Paradis dans un thriller au rôle borderline

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Vanessa Paradis fait son grand retour au cinéma en cette année 2017. L’ancienne star de la chanson a en effet multiplié les projets ces derniers mois. Le dernier en date concerne le tournage d’un thriller, Un couteau dans le cœur, signé Yann Gonzalez. La chanteuse et comédienne y incarne une productrice de films X.

Selon des informations d’AlloCine, le tournage d’Un couteau dans le cœur aurait commencé. Ce film est réalisé par Yann Gonzalez (Les rencontres d’après minuit). Vanessa Paradis joue le rôle d’une productrice de films pornographiques. Kate Moran et Nicolas Maury viennent compléter le casting.

Après son apparition dans Yoga Hosers en 2016, Vanessa Paradis a multiplié les projets au cinéma ces derniers mois. L’interprète de « Joe Le Taxi » sera à l’affiche de nombreux longs-métrages dans les mois à venir : Big Bang de Cecilia Rouaud, Chien de Samuel Benchetrit, Frost de Sharunas Bartas, Maryline de Guillaume Gallienne ou bien encore L’Angle Mort de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic.

Un couteau dans le cœur sera une plongée dans le Paris des années 1970, en pleine libération sexuelle. Les amateurs de films de genre pourront d’ailleurs reconnaître certains ingrédients du giallo ou des slashers dans le scénario du film de Yann Gonzalez.

Anne (Vanessa Paradis) a fait carrière en produisant à la chaîne des films pornographiques. Pour retrouver les faveurs de sa compagne, Loïs (Kate Moran), elle décide de changer de registre en finançant un film beaucoup plus ambitieux, dont elle confie la réalisation à Archibald (Nicolas Maury). Mais un mystérieux tueur en série contrarie ses plans et s’attaque à tous les acteurs liés au projet.

Aucune date de sortie n’a pour le moment été dévoilée. Un couteau dans le cœur est co-produit par CG Cinéma et Arte France. Le groupe électro M83 devrait assurer une partie de la bande-son du film. Les cinéphiles pourraient donc cataloguer ce nouveau projet au rayon des ovnis audacieux et atypiques du cinéma français comme ce fut déjà le cas pour Vanessa Paradis avec Atomik Circus de Thierry et Didier Poiraud.

L’Amour est une fête : Guillaume Canet & Gilles Lellouche dans un buddy movie sur le milieu du X

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Le tournage du nouveau film de Cédric Anger (L’avocat, La prochaine fois je viserai le cœur) a débuté. Gilles Lellouche et Guillaume Canet partageront l’affiche de cette comédie prévue pour 2018.

Gilles Lellouche et Guillaume Canet tournent actuellement L’Amour est une fête. Ce nouveau long-métrage de Cédric Anger devrait permettre aux deux acteurs de casser encore un peu plus les codes de leur image grand public. Guillaume Canet et Gilles Lellouche vont en effet incarner des policiers infiltrés dans le milieu du X dans les années 1980 à Paris. Selon des informations du Film Français, l’atmosphère du film va néanmoins s’orienter vers le genre de la comédie. L’Amour est une fête s’apparenterait à un « buddy movie ».

Franck et Serge sont patrons d’un peep show, Le Mirodrome. Criblés de dettes, ils vont commencer alors à produire des films pornographiques avec leurs danseuses. Un soir, des hommes cagoulés détruisent le Mirodrome. Ruinés, Franck et Serge sont contraints de faire affaire avec leurs rivaux. Mais ce que ces derniers ignorent, c’est que nos deux « entrepreneurs » sont des enquêteurs chargés de procéder à un coup de filet dans le business du « X » parisien. C’est le début d’une aventure dans le cinéma pornographique du début des années quatre-vingt qui va les entraîner très loin.

Dans cette nouvelle comédie policière, les spectateurs retrouveront donc l’atmosphère du film de David Charhon, De l’autre côté du périph, avec Laurent Lafitte et Omar Sy. Les prises de vue du nouveau long-métrage de Cédric Anger ont débuté le 12 juin dernier d’après des informations d’Allo Cine. Le casting réunit donc Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat, Michel Fau et Xavier Beauvois pour sept semaines de tournage. L’Amour est une fête sortira en salles au second semestre 2018.

Espérons que la thématique de l’univers des films X des années 1980 ne fasse pas sombrer le film dans la facilité et les blagues graveleuses ou sexistes. L’année 2017 n’a pas été un très bon cru pour les comédies françaises. Bad Buzz, A bras ouverts ou bien encore Gangsterdam n’ont pas laissé de souvenirs impérissables aux spectateurs. Problemos tirait son épingle du jeu mais a été quelque peu boudé par le public et chassé des multiplexes assez rapidement pour cause de blockbusters (La Momie, Baywatch, Wonder Woman). L’Amour est une fête pourrait donc créer la surprise en 2018 avec le genre du buddy movie, revisité par Cédric Anger. L’esthétique du film pourrait également s’avérer mordante et désopilante. On imagine que les costumiers vont s’en donner à cœur joie pour recréer l’atmosphère des années 1980. Guillaume Canet et Gilles Lellouche seront sans doute affublés de moustaches bien fournies et de coupes de cheveux improbables. Verdict dans les salles obscures l’an prochain ! Le must serait, pour l’aspect vintage, une séance en Odorama !

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Spiderman : Homecoming, un film de Jon Watts : critique

Le retour à la maison pour l’homme-araignée excitait tous les fans du super-héros en collant. Après sa courte mais remarquée apparition dans Captain America : Civil War, le nouveau Spiderman s’affiche avec une première aventure solo au sein du MCU. Le résultat ? Une belle réussite, qui rend hommage au personnage, mais qui n’échappe à la formule classique des films made in Marvel.

Avec la trilogie culte de Sam Raimi et les deux controversés The Amazing Spiderman, l’homme-araignée n’a jamais été une figure timide sur grand écran. Pourtant nombreux sont ceux qui crient déjà à l’overdose, peu excités de découvrir une énième version du héros. Alors comment se justifie cette toute nouvelle version seulement trois ans après le dernier opus ? La réponse est toute simple : Spiderman est désormais intégré au MCU, le grand univers cinématographique Marvel où Peter Parker peut désormais côtoyer Steve Rogers, Tony Stark ou les Gardiens de la Galaxie. Le tout grâce à un accord avec Sony, détenteur des droits. Pour ce retour, Marvel fait porter le masque à l’acrobatique Tom Holland et confie la casquette de directeur au cinéaste indépendant Jon Watts, papa de Cop Car et Clown. Le but est d’établir un véritable retour aux sources, Peter Parker sera un jeune adolescent de quinze ans qui va devoir jongler entre ses deux vies. Si le projet s’annonçait intéressant, on pouvait redouter que la machine Marvel transforme le film en un produit divertissant mais  impersonnel. Rassurez-vous. Spiderman : Homecoming possède une vraie personnalité, mais est loin de révolutionner le genre.

Le vrai Peter Parker

Homecoming-tomholland-robertdowneyjr-spidermanhomecoming-peterparker-tonystark-ironman-filmLe générique Marvel commence avec une version remastérisée du thème iconique de l’homme-araignée. On  comprend alors rapidement l’objectif du film : rendre hommage au personnage tout en le modernisant. Pour se faire, Spiderman possède un costume high-tech, conçu par Tony Stark. On retrouve tout de même ce qui fait l’essence du personnage. Farceur, maladroit, Tom Holland incarne parfaitement les deux facettes de Peter Parker. Il a de quoi devenir la version définitive de Spiderman sur grand écran. Le méchant Vautour s’équipe d’une tenue mécanique pour pouvoir voler et faire face au héros. Le vilain est appréciable grâce à la bonne performance de Michael Keaton. Il en fait un personnage intéressant et un adversaire de choix. Un méchant de qualité (à part Loki) manquait cruellement à l’univers Marvel. Jon Watts a tenu à rendre hommage aux films de John Hugues. Les passages au lycée et focalisés sur Peter Parker sont très réussis, et le film alterne entre comédie 80’s et blockbuster contemporain. Les lycéens interprétés par par Zendaya, Jacob Batalon et Tony Revolori sont vraiment drôles et participent à la démonstration de la diversité d’un lycée du Queens. Cette tonalité offre une vraie personnalité au long-métrage. Contrairement à beaucoup de films Marvel, le film se tient, malgré de nombreuses références au reste de l’univers. Tony Stark n’y est que très peu présent et ses apparitions sont justifiées. On peut sans aucun doute faire une analogie entre Peter Parker, excité de faire partie des Avengers, et le fan enfin ravi de voir son super héros préféré aux côtés des autres titans.

Évolution mais pas révolution

spiderman-tomholland-spidermanhomecoming-vieillefemme-old-ladyNéanmoins, à trop vouloir s’éloigner des autres films, la mythologie du héros s’en retrouve affaiblie. Pas de piqûres, pas d’Osborn, pas de Mary Jane, pas d’Oncle Ben. Ces éléments, bien que répétés dans deux sagas, font partie de l’univers et méritent au moins d’être intégrés à travers autre chose que deux répliques ambiguës. Tante May est rajeunie et Marisa Tomei correspond très bien à cette nouvelle version, qui a sa place dans l’univers. Le film reste significatif d’un grand classicisme dans la réalisation. Les scènes d’action ne sont pas extraordinaires, et on y préférera les séquences de The Amazing Spiderman ou de la trilogie de Raimi. La musique est oubliable, et ne fera pas d’ombre au thème iconique de Danny ElfmanLe label Marvel impose aussi beaucoup d’humour qui désamorce les séquences dramatiques, et également une grande édulcoration. Peter Parker est le seul être humain à ne pas saigner après l’effondrement d’un bâtiment sur son corps. La CGI récrimine un Spiderman trop artificiel qui ne parait jamais réel ou organique. Restez pour la fin, pour deux scènes post-génériques, dont une s’annonce comme l’une des plus mémorables du MCU.

Ne pouvant échapper à la comparaison avec les cinq autres films précédents, Spiderman : Homecoming reste une belle réussite. On souhaite à Tom Holland de pouvoir tisser sa toile dans de nombreuses autres aventures. Il s’annonce d’ailleurs comme le prochain visage de l’Univers Marvel, l’ancienne génération devant prendre fin avec Avengers 3 et 4, dans lesquels il fera une apparition.

Spiderman : Homecoming : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=mJQ4u-kXoGc

Spiderman : Homecoming : Fiche technique

Réalisation : Jon Watts
Scénario : Jon Watts, Jonathan M.Goldstein, John Francis Daley, Christopher Ford, Chris McKenna, Erik Sommers, d’après les personnages créés par Stan Lee et Steve Ditko
Interprétation : Tom Holland (Peter Parker/Spiderman), Robert Downey Jr (Tony Stark/Iron Man), Marisa Tomei (May Parker), Michael Keaton (Adrian Toomes/le Vautour), Jon Favreau (Happy Hogan), Gwyneth Paltrow (Pepper Potts), Zendaya Coleman (Michelle Gonzales), Donald Glover (Aaron Davis), Tyne Daly (Anne Marie Hoag), Jacob Batalon (Ned Leeds), Laura Harrier (Liz Allen), Tony Revolori (Flash Thompson)
Photographie : Salvatore Totino
Chef monteur : Dan Lebental, Debbie Berman
Compositeur :Michael Giacchino
Chef décorateur  : Michael Giacchino
Chef costumier : Louise Frogley
Producteurs : Kevin Feige, Amy Pascal
Production : Columbia Pictures, Marvel Studios, Marvel Entertainment
Société de distribution : Columbia Pictures, Sony Pictures Releasing France
Genre : Action, super-héros, fantastique
Durée : 147 minutes
Date de sortie : 12 juillet 2017

France – 2017

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