Accueil Blog Page 573

Akira : le marteau de Thor porte chance à Taika Waititi pour l’adaptation du manga culte

0

Le réalisateur de Thor : Ragnarok, Taika Waititi, serait en négociations pour réaliser l’adaptation du manga Akira, véritable arlésienne à Hollywood. Le nom du jeune comédien, réalisateur, scénariste et producteur Jordan Peele avait été évoqué dans un premier temps sur ce projet titanesque après l’effervescence lors de la sortie de Get Out.

Selon des informations de Deadline et de Comingsoon, le projet d’adaptation live, avec de véritables acteurs, du manga Akira de Katsuhiro Otomo pourrait finalement trouver une issue positive et échapper ainsi définitivement à la phase tant redoutée du development hell.

Le réalisateur de Thor : Ragnarok serait en négociations avec les studios Warner Bros pour réaliser ce film qui s’annonce comme l’une des adaptations de manga les plus difficiles tant les moyens techniques, l’esthétique et les effets spéciaux seront scrutés avec attention par une horde de fans de l’œuvre d’origine. Les récents débats et les critiques sur l’adaptation du manga Deathnote par Netflix seront vite oubliés tant l’adaptation live d’Akira risque de faire couler beaucoup d’encre et d’alimenter des controverses à n’en plus finir. La tâche à relever s’annonce titanesque.

Le manga d’origine a été publié en six volumes entre 1982 et 1990. Katsuhiro Otomo avait lui-même adapté son œuvre dans un film d’animation magistral en 1988. Pour celles et ceux qui sont passés à côté de ce long-métrage culte et cyberpunk, Akira est disponible dans le catalogue français de Netflix.

Selon les médias américains, cette adaptation à Hollywood par Taika Waititi (What we do in the Shadows) devrait être divisée en deux films à la manière du récent Ça, adapté du pavé horrifique culte de Stephen King. Chaque long-métrage sera une transposition de trois tomes du manga Akira. Ces deux films ambitieux devront éviter l’écueil et les polémiques liés aux suspicions de whitewashing en intégrant un casting et des comédiens issus de la diversité ou d’origines asiatiques (notamment pour le rôle du bonze au chapelet avant les sirènes de l’Apocalypse).

L’intrigue devrait bien être calquée sur l’histoire du manga d’origine fort heureusement. Dans une ville futuriste, New Manhattan, le leader d’un gang de motards, doit sauver son meilleur ami qui est devenu le cobaye du gouvernement dans le cadre d’un programme scientifique nébuleux et top secret. Le jeune homme va rapidement se transformer en bombe à retardement. Il a en effet développé de terribles pouvoirs de psychokinésie.

Andrew Lazar (American Sniper) et la compagnie de Leonardo DiCaprio, Appian Way, vont produire le film. Le tournage avait failli débuter en 2012 avec Jaume Collet-Serra (Night Run, La Maison de cire) à la réalisation. Le casting à l’époque devait être notamment composé des comédiens Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Ken Watanabe et Helena Bonham Carter.

Le scénariste Marco J. Ramirez (Daredevil saison 2) devait participer à ce projet. Daniel Espinosa (Life) et David F. Sandberg (Lights Out) avaient été évoqués à la réalisation d’Akira avant la possibilité de confier le projet à Jordan Peele. Taika Waititi pourrait donc récupérer la patate chaude. Pas sûr que ce soit un véritable cadeau. Espérons au moins que l’adaptation d’Akira à Hollywood ne soit pas aussi ratée que la version live de Ken le survivant, signée Tony Randel avec Gary Daniels et Malcolm McDowell.

L’échec au box-office américain et international de Ghost in the Shell avec Scarlett Johansson démontre que l’équipe d’Akira et les studios de la Warner n’auront pas le droit à l’erreur. Robert Rodriguez travaille actuellement sur une autre adaptation ambitieuse d’un manga futuriste avec Alita : Battle Angel, basé sur l’œuvre de Yukito Kishiro, Gunm. Reste donc à attendre la confirmation et l’officialisation à Hollywood pour Taika Waititi à la tête des deux volets d’Akira.

L’Europe n’est pas en reste avec les projets douteux d’adaptations de manga. Des projets complètement barrés s’apprêtent à voir le jour en France et en Belgique pour être plus précis. Philippe Lacheau a récemment officialisé son projet pour Nicky Larson (City Hunter). Une autre version live est attendue par le réalisateur de Dikkenek, Olivier Van Hoofstadt, avec Albator, le corsaire de l’espace. Alexandre Aja n’a pas non plus complètement renoncé à mettre en scène les aventures de Cobra et un match épique de Rugball. L’adaptation la plus culte dans l’Hexagone restera à n’en pas douter, Lady Oscar, par Jacques Demy, en 1978, et le film Interstella 5555 des Daft Punk.

taika-waititi-akira-live-action-katsuhiro-otomo-thor

Nightmare Cinema : Nouvelle anthologie de Mick Garris avec Joe Dante et Ryûhei Kitamura

0

L’acteur, réalisateur, producteur et scénariste Mick Garris n’est jamais à court d’idées pour tenter de redonner ses lettres de noblesse au genre horrifique. Une nouvelle anthologie intitulée Nightmare Cinema s’apprête à sortir aux USA grâce à lui. Il a réuni la crème de la crème pour le plus grand bonheur des mordus du cinéma de genre.

Alors que le retour des Contes de la Crypte par M.Night Shyamalan semble être définitivement abandonné, malheureusement pour des questions de droits, et que les fans de films fantastiques ont perdu deux maîtres de l’horreur cette année avec les disparitions de Tobe Hooper et George A. Romero, un projet ambitieux va bientôt sortir en salles au pays de l’Oncle Sam. Selon des informations de Mad Movies, une nouvelle anthologie horrifique sera ainsi proposée prochainement par Mick Garris (à qui l’on doit déjà les séries Fear Itself et Masters of Horror). Ce nouveau projet ne concernerait pas une série télévisée mais bel et bien un long-métrage horrifique découpé en plusieurs séquences et histoires indépendantes à la manière de Creepshow, Necronomicon, XX ou bien encore Darkside, les contes de la nuit noire.

Mick Garris a regroupé des cinéastes talentueux pour ce film ambitieux intitulé Nightmare Cinema. Joe Dante (Gremlins, Small Soldiers), David Slade (Hard Candy, 30 Jours de nuit), Ryûhei Kitamura (Downrange, Godzilla Final Wars, Versus, Midnight Meat Train) et Alejandro Brugués (Juan of the Dead) vont tenter de bousculer les codes du genre en réalisant chacun un segment différent du film. Mick Garris va également se charger d’une section du long-métrage.

L’intrigue s’annonce assez fascinante et pourrait rappeler de bons souvenirs aux cinéphiles bis qui ont encore en mémoire la scène culte dans le cinéma et avec la pizza du Cauchemar de Freddy, le quatrième opus de la saga du croque-mitaine au pull-over rayé rouge et vert.  La salle obscure de Nightmare Cinema est assez innovante et vous fera oublier les projections en odorama, en 3D ainsi que le recours à la 4DX et ses fauteuils mouvants pour une meilleure immersion. Le vieux cinéma de cette anthologie de l’horreur permet en effet de donner vie aux cauchemars de sa clientèle ! A la manière de la scène culte de Vidéodrome avec le téléviseur, les spectateurs et les éléments à l’écran pourraient ne faire plus qu’un ! La rédaction de Mad Movies a relayé les propos de Mick Garris sur ce projet ambitieux.

J’adore avoir l’opportunité de regrouper des visionnaires de l’horreur, des gens issus des quatre coins du monde et qui vont vous effrayer avec leur propre point de vue sur le sujet. C’est un projet sur lequel je planche depuis un bon moment et je suis ravi de pouvoir m’associer à Cinelou et Good Deed pour le faire découvrir à tous.

Les coproducteurs Courtney Solomon et Mark Canton se montrent également très enthousiastes sur ce projet, d’autant plus que l’horreur semble être revenue en odeur de sainteté à Hollywood avec Get Out, Annabelle, Jigsaw et Ça cette année.

On est très excités par Nightmare Cinema. Quand Mick Garris nous a proposé l’opportunité de collaborer avec un tel groupe, ça n’a pas été difficile de se décider. L’horreur a repris du poil de la bête. Il suffit de voir les succès récents de Ça ou Get Out pour se rendre compte que le public a faim et qu’on ne doit pas l’ignorer.

Le casting regroupe les comédiens Richard Chamberlain, Adam Godley, Orson Champlin, Eric Nelsen, Lexy Panterra, Mariela Garriga, Stephanie Cood ou bien encore Gianna Gomez. Selon Mad Movies, Mickey Rourke (The Wrestler, 9 semaines 1/2) devrait occuper un rôle-clé, en fil rouge du film, celui du projectionniste, du gérant du cinéma. Le scénario et l’écriture des différentes histoires ont été confiés à Sandra Becerri, Alejandro Brugués, Mick Garris, Richard Christian Matheson et David Slade.

Le film est attendu pour la période d’Halloween, le 26 octobre 2017 aux USA selon des informations d’Imdb. Le concept de Nightmare Cinema pourrait être décliné à la télévision en cas de succès. En France, le film a des chances d’être projeté dans des festivals comme au PIFFF, pour l’édition 2017 en décembre prochain, à la manière de Leatherface des frenchies Alexandre Bustillo et Julien Maury et de Downrange de Kitamura, impliqué sur Nightmare Cinema.

nightmare-cinema-mick-garris-joe-dante-ryuhei-kitamura-alejandro-brugues-david-slade

Linda Hamilton rejoint Arnold Schwarzenegger et James Cameron sur le prochain Terminator !

0

Les fans de science-fiction et de blockbusters des années 1980 et 1990 peuvent se réjouir. Selon des informations du Hollywood Reporter, la franchise Terminator est sur le point d’être relancée avec un casting exceptionnel qui ferait passer la saga Expendables pour un banal direct-to-vidéo du marché du film à Cannes.

Les rares chanceux qui ont pu assister dans la soirée du jeudi 14 septembre à la projection dans les cinémas Pathé et Gaumont en France de Terminator 2 en version 3d vont être aux anges. D’après des révélations de la rédaction du Hollywood Reporter, la comédienne Linda Hamilton, inoubliable Sarah Connor dans les deux premiers opus de la saga, va rejoindre le casting du prochain film de la franchise actuellement en développement. Ce personnage féminin inoubliable, qui a bousculé les codes à Hollywood grâce à l’interprétation magistrale de Linda Hamilton, sera bel et bien de retour.

James Cameron supervise ce film attendu avec beaucoup d’impatience par les fans de la franchise. Ce retour aux sources par Cameron himself est rassurant. Le pari s’annonce malgré tout risqué pour le réalisateur d’Avatar et de Titanic. Les derniers films ou projets de séries estampillés Terminator n’ont pas vraiment marqué les esprits et ont fait de véritables flops au box-office. Ils ne bénéficiaient pas des mêmes qualités que les deux premiers longs-métrages cultes. Le film ultime sur la Guerre du Futur tant attendue n’est jamais arrivé à la manière du grand gâchis d’Alien 5 de Neil Blomkamp, une version moderne et survitaminée d’Aliens, le retour, avec Ripley qui aurait pu mettre la pâtée aux xenomorphes sur leur planète !

James Cameron met tout en œuvre pour que ce retour de la saga Terminator se déroule dans des conditions optimales sans le moindre bug pour ce bon vieux Skynet et l’entreprise Cyberdine. Tim Miller (Deadpool) est annoncé au poste de réalisateur. Arnold Schwarzenegger avait confirmé son implication dans ce nouveau projet il y a quelques mois. L’acteur de 70 ans n’est donc pas prêt de prendre sa retraite pour le plus grand bonheur de ses fans !

Reste à savoir si James Cameron cherchera à imiter Paul Verhoeven avec Robocop dans les années 1980 en mêlant à ce retour de la saga Terminator un sous-texte social ou politique en pleine Amérique de Donald Trump, où la réalité semble avoir dépassé la fiction (la parodie de Matt Stone et Trey Parker dans Team America, Police du Monde ou le délire de James Franco et Seth Rogen avec L’Interview qui tue !) avec les craintes d’une guerre nucléaire face au leader nord-coréen plongeant les Etats-Unis face au spectre de la crise des missiles de Cuba en 1962.

La nouvelle du grand retour de Linda Hamilton dans la franchise Terminator pour ce futur film a donc été dévoilée dans la  soirée de mardi aux USA par la rédaction du Hollywood Reporter. Elle incarnera à nouveau Sarah Connor. La rédaction de Bloody-Disgusting a relayé les propos de James Cameron suite à l’annonce de sa présence exceptionnelle au casting.

A l’époque, Sarah Connor était un personnage qui avait du sens et de l’importance, pour la question du genre et en tant que star d’action. Ça va être quelque chose d’incroyable de voir revenir cette guerrière chevronnée. Il y a des types de 50 ou 60 ans qui tuent des méchants au cinéma, mais il n’y a pas d’exemple de ce type pour les femmes.

linda-hamilton-james-cameron-arnold-schwarzenegger-terminator

Ce nouveau blockbuster sur la guerre entre l’humanité et les machines sera écrit et produit par Cameron. L’histoire est pour l’instant tenue secrète. Très peu d’éléments ont filtré. Les liens éventuels ou les libertés prises avec les précédents films de la saga n’ont pas été clairement définis également. Les dernières informations sur ce projet Miller-Cameron évoquaient la possibilité que ce nouveau film soit une suite directe de Terminator 2 qui devrait réinventer la franchise sans se soucier réellement des suites… Selon des informations d’Allocine, une jeune actrice devrait être au centre de l’histoire. Cameron a tenu à rassurer les fans sur l’importance des deux personnages cultes du T-800 et de Sarah Connor.

Nous aurons des personnages du futur et du présent. Il y aura surtout de nouveaux personnages, mais nous aurons ceux d’Arnold et Linda pour soutenir l’ensemble.

Une équipe dédiée à l’écriture de scénarios travaillerait également en parallèle pour lancer une nouvelle trilogie. David Goyer (Blade, The Dark Knight), Charles Eglee (Dark Angel) et Josh Friedman (The Sarah Connor Chronicles) sont notamment impliqués.

Plus que quelques années à patienter donc avant le grand retour de la franchise Terminator aux environs de 2019 et 2020. James Cameron a également du pain sur la planche avec le tournage des suites d’Avatar et ses ambitions de révolutionner la 3D sans lunettes. Ce revival des années 1980 et 1990 avec Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger dans un nouveau film va rendre fou de joie les cinéphiles qui désespèrent de voir un jour Arnold enfiler à nouveau le costume de Conan le Barbare ! En attendant, il ne reste plus qu’à convaincre Robert Patrick (T-1000), Edward Furlong (John Connor) et Michael Biehn (Kyle Reese) pour participer à ce retour de Terminator qui s’annonce d’ores et déjà culte. Hasta la Vista, baby !

linda-hamilton-terminator-arnold-schwarzenegger

FEFFS 2017 : Occultisme, lévitation et papier marbré

0

Alors que nous atteignons le mi-parcours dans cette édition anniversaire du Festival européen du film fantastique de Strasbourg, il est temps de refaire un petit tour du côté de la compétition internationale. Trois films ont été présentés ce mardi 19 septembre parmi lesquels on retrouve un premier long-métrage irlandais sur l’occultisme A Dark Song, le nouveau film de Kondrel Mundruczo déjà lauréat de l’Octopus d’or en 2014, La Lune de Jupiter, et un film canadien fait avec très peu de moyen, The Crescent.

[Compétition internationale] – A Dark Song

Réalisé par Liam Gavin (Irlande, 2017)

Présenté comme un film anti-jumpscare, A Dark Song nous raconte l’histoire d’une femme endeuillée par la mort de son fils, qui prend contact avec un médium pas très sympathique pour effectuer un rituel qui lui permettrait d’obtenir ce qu’elle veut. Effectivement, A Dark Song ne repose pas sur des effets aussi faciles que les jumpscares. Son réalisateur, Liam Gavin va prendre le temps d’instaurer une ambiance pesante. Retranché dans une maison isolée, le duo va se lancer dans un rituel dangereux et exigeant. Sa mise en place, ainsi que son exécution afin de prendre contact avec l’au-delà va être un travail de longue haleine, ce qui laisse le loisir à Liam Gavin d’établir une progression dans l’angoisse.

A Dark Song propose donc une ambiance qui va devenir de plus en plus étouffante, portée par une bande-originale extrêmement efficace en corrélation avec cet endroit désolé en plein Pays de Galles. Le film fonctionne également grâce à son duo d’acteur composé de Steve Oram et de Catherine Walker. Les tensions entre les deux protagonistes rendent l’atmosphère du film encore plus tendue, et la peur que tout parte de travers se fait constamment présente. Jouant sur le fil, insufflant cet épuisement à ses personnages lancés dans un périple éprouvant, Liam Gavin distille une peur frissonnante. Et alors que des longueurs pouvaient commencer à se faire sentir, le cinéaste bifurque dans son dernier quart dans un climat cauchemardesque des plus redoutables. A Dark Song est une belle surprise, typiquement le genre de petit film qu’on espère voir dans ce genre de festival. On en attendait rien, on en ressort assez conquis.

[Compétition internationale] – La Lune de Jupiter

Réalisé par Kornel Mundruczo (Hongrie, 2017)

Il avait marqué les esprits avec le sublime White God qui était reparti de la capitale alsacienne avec l’Octopus d’or, le revoilà 3 ans après avec son nouveau film après non sans dire, un petit passage par la compétition cannoise. Kornel Mundruczo revient donc avec La Lune de Jupiter, un film racontant l’histoire d’un migrant qui se découvre la faculté de pouvoir léviter. Une nouvelle fois, le cinéaste hongrois imprime son imaginaire fantastique dans un récit social et réaliste. L’ouverture saisissante du long-métrage donne le ton et met en lumière cette réalité implacable du sort des migrants. Malgré cela, Mundruczo ne va jamais réellement transcender son sujet, du moins sur le fond. Car si il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher à La Lune de Jupiter, c’est sa virtuosité technique truffée de plans séquences ou de plans aériens époustouflants (et il en fait peut-être un peu trop).

En dépit de ses qualités techniques remarquables, et notamment ces scènes de lévitations angéliques, La Lune de Jupiter manque clairement de nuance dans son propos. Le déroulement est en effet assez facile, avec cette histoire de migrant pris pour un terroriste et poursuivi sans relâche par la police. On se retrouve devant un film assez manichéen et c’est l’écueil principal dans lequel le film pouvait tomber. C’est assez frustrant, et même si le message délivré par le film est des plus louables, il est développé avec une subtilité de phacochère. La Lune de Jupiter propose donc un bel enrobage mais peine à rendre son discours marquant. Et puis Mundruczo sait proposer des plans acrobatiques ahurissant mais en ce qui concerne la post-synchronisation du doublage, c’est pas trop ça, à tel point que la plupart des dialogues du personnage de Mimidze semble venir en voix-off.

[Compétition internationale] – The Crescent

Réalisé par Seth A. Smith (Canada, 2017)

Il arrive parfois qu’on se retrouve devant un film dont on ne peut s’empêcher de se demander comment a-t’il pu être sélectionné en compétition. Sur les centaines de films proposés, il parait difficile de croire qu’aucun n’était mieux que celui-ci. Tout cela pour dire que The Crescent est certainement le pire film proposé par le FEFFS depuis bien longtemps. Pas la peine de se cacher derrière le couvert amateur du film dont le réalisateur a là aussi du empiler les rôles. The Crescent est une catastrophe à tous les niveaux, de sa mise en scène cheap au possible faisant écho à des œuvres tels que The Room de Tommy Wiseau (mais en moins drôle), sans parler de ses acteurs tous plus mauvais les uns que les autres. On ne portera pas la faute sur le gamin de 3 ans, que le réalisateur filme pendant la quasi-totalité du film vu que c’est peut-être celui qui s’en sort le mieux.

Derrière cette réalisation fadasse au possible, Seth A. Smith essaie de faire passer certaines de ses idées pour des choix artistiques riche en symboliques. Résultat, on se retrouve avec une indigestion de papier marbré, technique de peinture que le réalisateur a du découvrir un jour et a décidé de broder son film autour. Si Smith arrivait encore à instaurer un semblant de frisson dans son film, on pourrait se dire que tout n’est pas complètement raté. Mais même à ce niveau le réalisateur se vautre complètement, la seule chose risquant de provoquer une trouille au spectateur c’est d’imaginer Smith nous sortir un second film. Ridicule de A à Z, disposant d’un twist médiocre dont le spectateur n’en aura complètement rien à faire car il sera indifférent de l’histoire au bout de 30 min, The Crescent s’impose définitivement comme le plus mauvais film de l’année.

Pour le 6ème jour du FEFFS, on risque de s’attendre à du trash à foison. D’un côté le crossover Bitch et de l’autre deux midnight movies dont Kuso qui a fait parler à Sundance et le petit français Game of Death.

FEFFS 2017 : révisions des classiques et découvertes de nouveaux horizons

0

Chaque année le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg,  met à l’honneur des films qui ont marqué l’histoire du cinéma. L’occasion de revoir sur grand écran des classiques qui ont imprimé l’imaginaire de nombres de cinéphiles. Pour cette 10ème édition, les deux rétrospectives portaient sur l’invité d’honneur William Friedkin et sur le thème Humans 2.0. L’occasion rêvée pour revoir L’Exorciste et Robocop.

[Rétrospective William Friedkin] – L’Exorciste

Réalisé par William Friedkin (USA, 1973)

Certainement le film le plus reconnu de la vaste et diversifiée filmographie de son auteur, L’Exorciste aura marqué de nombreuses générations. Véritable traumatisme pour de nombreux spectateurs, il se sera très vite imposé au panthéon du genre horrifique. Basé sur des faits réels, cette adaptation du roman de William Petter Blatty raconte l’histoire d’une jeune fille de 12 ans qui se retrouve possédée par un démon mésopotamien répondant au doux nom de Pazuzu. Alors que son état se détériore, sa mère désemparée se voit obligée de faire appel à un rite ancien effectué par des hommes d’église, un exorcisme. Avec L’Exorciste, William Friedkin aura complètement redéfini l’horreur.

En lui donnant ce réalisme saisissant, cette universalité terrifiante, il va faire entrer le genre dans une toute nouvelle dimension. C’est en effet une pauvre enfant, au visage angélique, qui se retrouve frappée par ce funeste sort. Friedkin a depuis toujours opté pour une approche documentariste dans la réalisation de ses longs-métrages de fiction et L’Exorciste ne fait pas exception. Se basant sur le roman très richement renseigné de Blatty, il met en lumière une pratique ancestrale et la met en scène avec un naturalisme frappant. Ponctué de scènes marquantes comme la célèbre descente d’escalier en position araignée, ou encore les mutilations génitales à base de crucifix accompagnées de « Jesus, fuck me !« , le film de Friedkin hantera l’inconscient des cinéphiles dans le monde entier. C’est à ça qu’on reconnait une œuvre fondamentale, une œuvre qui a su  bouleverser un genre entier et qui inspire encore une crainte plus de 40 ans après sa sortie, malgré un coup de vieux inévitable.

[Rétrospective Humans 2.0] – Robocop

Réalisé par Paul Verhoeven (USA, 1987)

Croisade vengeresse d’une homme détruit, relecture cyberpunk du nouveau testament, dystopie rongée par le crime, critique acerbe de la course à l’armement, satire sociétale des États-Unis, Robocop est énormément de choses. C’est aussi l’œuvre phare d’un cinéaste fascinant utilisant Hollywood comme moyen d’expression universel. Sous son aspect de blockbuster surfant sur la vague S-F/action des années 80, Paul Verhoeven fait le portrait acide d’une époque. Verhoeven est en pleine possession de ses moyens, il tape là où ça fait mal, n’hésite pas y aller avec des gros sabots comme en témoigne la pub pour le jeu Nukem. Revoir Robocop sur grand écran montre à quel point, c’est un film d’une force rare, avec un parti pris assumé et déguisé dans un blockbuster au capital divertissement énorme.

Alex Murphy assassiné puis ressuscité sous forme d’un cyborg faisant régner la loi. D’une violence outrancière où la moindre balle déchiquette les membres de la victime mais possédant également un certain spleen avec cet homme enfermé dans cette carapace qui va petit à petit se remémorer sa vie d’antan. Regorgeant d’idée de mise en scène, agrémenté de punchlines mémorables « Your move, creep« , et son portrait de méchant anthologique (Kurtwood Smith en Clarence Boddicker sublime), Robocop est au cinéma Hollywoodien ce que 1984 est à la littérature S-F. Une œuvre iconoclaste qui survivra au ravage du temps et qui apportera toujours ce plaisir infini tout en délivrant un constat terrifiant sur notre monde.

https://www.youtube.com/watch?v=zbCbwP6ibR4

[Crossovers] – Fashionista

Réalisé par Simon Rumley (USA, 2016)

Après les valeurs sûres que sont les deux films précédents, il était temps de se replonger dans l’inconnu de la compétition crossovers avec Fashionista. April est une fashion addict, mais pas uniquement dans le sens acheteuse compulsive, elle ne peut pas s’empêcher de sniffer les vêtements comme si il s’agissait de colle. Sa vie va cependant basculer quand elle va découvrir que son mari la trompe avec une de ses amies, elle va alors faire la rencontre d’un homme mystérieux. Fashionista est une épreuve, un film bizarroïde que l’on pourra comme le réalisateur l’a annoncé en début de séance soit adorer, soit détester, et ce n’est pas les gens qui ont quitté la salle qui diront le contraire. D’autant plus qu’il est très facile de partager leur envie.

Dès le départ, le film se démarque par un montage rapide et antéchronologique, s’amusant à mélanger les séquences avec des retours en arrière et saut dans le temps. Avec son esthétique clinquante et tape à l’œil rappelant les accoutrements de la Fashion Week, Fashionista agresse un peu la rétine. Si l’on ajoute le penchant de Simon Rumley pour les petits effets clippesques qui parsèment le long-métrage, on est parti pour 1h48 de souffrance visuelle. À la limite si le fond suivait, entre cette histoire classique d’adultère et les péripéties avec le mec s’amusant à des jeux malsains, on se doute où il veut en venir. Simplement raconter l’histoire d’une femme et des problèmes de sa vie qui vont aboutir à son changement dans la toute fin ? Un peu maigre tout ça. Fashionista s’apparente plus à un exercice de style prétentieux qui se vautre complètement dans son exécution. La meilleure chose du film restera certainement l’affiche de Ténèbre dans l’appartement d’April.

[Midnight Movies] –  Meatball Machine Kodoku

Réalisé par Yoshihiro Nishimura (Japon, 2017)

Avec Meatball Machine Kodoku, on met les pieds en plein dans la définition du Midnight Movie. Suite du gorissime Meatball Machine, dont Nishimura s’était justement occupé des effets spéciaux, Kodoku pousse les choses encore plus loin que son aîné. Le principe est simple : une cloche arrive sur Terre (en découpant des pénis ou des couples qui s’accouplent en passant) dans laquelle se trouve des parasites qui vont transformer les humains en espèce de cyborgs organiques possédant comme arme leur objet fétiche. Parmi eux, le loser Yuji est le seul à pouvoir résister à l’emprise du parasite qui sera détruit par ses cellules cancéreuses. Aidé d’une milice composée de samouraïs à la moustache tendancieuse et d’un sosie de Jackie Chan maîtrisant le drunken boxing, le voilà parti pour sauver la femme dont il est amoureux de ces parasites.

Sous ce postulat complètement idiot, Meatball Machine Kodoku est un plaisir aussi jouissif que régressif. On est parti pour plus d’une heure de combat entre ces hommes parasités (avec des effets spéciaux plutôt convaincants il faut le noter) qui vont finir dans des déluges d’hémoglobine. Entre l’homme possédant un marteau piqueur à la place du bras, celui qui a fusionné avec sa bagnole ou les femmes d’un cabaret capable de projeter du lait maternel de leurs seins ou encore cramer les gens à l’aide d’un briquet géant, les idées folles se multiplient dans cette oeuvre cyber-gore très généreuse. Repoussant à chaque fois les limites de la dégueulasserie, possédant un côté vicieux propre à ce genre d’oeuvre, Meatball Machine Kodoku souffre un peu sur la longueur et finit par devenir lassant. Il reste néanmoins plus réussi que son prédécesseur en sachant exploiter encore plus son concept.

On arrive tout  doucement à la moitié du FEFFS, et la cinquième journée sera de nouveau placée sous le signe de la compétition avec trois films dont La Lune de Jupiter, déjà présenté à Cannes. Il sera également temps de faire un petit tour du côté des courts-métrages et notamment ceux d’animations.

 

‘Memories of War’ fait la guerre en DVD & Blu-ray

Ce mercredi 27 septembre débarque chez Wild Side en DVD et Blu-ray Memories of War. A l’origine titré Operation Chromite, le long métrage sud-coréen distribué en France en Direct-To-Video compte nous narrer un énième morceau méconnu de l’Histoire, et qui a réussi à traverser les frontières internationales du cinoche grâce à sa tête d’affiche, Liam Neeson.

Synopsis : Septembre 1950. La Guerre de Corée fait rage. Pour contrer l’offensive nord-coréenne, le Général MacArthur organise un débarquement sans précédent sur la plage d’Incheon. Sur place, huit soldats infiltrés dans les rangs nord-coréens ont pour mission de voler les plans de bataille afin de déclencher l’attaque. L’Opération Chromite est lancée… Le cours de l’Histoire est sur le point de changer.

L’Histoire romancée

La reconstitution de nombreuses scènes de combat a été opérée en CGI, soit des images générées par des ordinateurs. Hélas, les images concernées sautent aux yeux notamment lorsque l’on passe d’un plan en prise de vue réelle à un autre empli d’imagerie numérique. La différence entre éléments réels et objets numériques est flagrante. Mais n’omettons pas un fait important : Memories of War est un film au budget de douze millions de dollars. On est alors tout d’abord surpris par la fracture entre chair et virtuel à l’écran. On tentera ensuite de passer dessus, en essayant de se concentrer davantage sur le récit que sur le problème de différence de matière entre chacun des plans et dans la composition même des images (voir le plan kitsch au possible de MacArthur débarquant sur la plage d’Incheon à 1h39min). Toutefois, le choc se fera à nouveau ressentir face à de multiples plans numériquement construits tant certains visuels (le bombardement naval par exemple) semblent datés par rapport à la production cinématographique et vidéoludique actuelle.

Mais un autre problème survient, alors que nous sommes dans caserne militaire, une gaudriole entre un espion infiltré et des jeunes soldats nord-coréens s’offre à nous. L’espion, qui se fait passer pour un officier, occupe les militaires avec un jeu d’ordres (et une tension mise en place par des menaces de sanction en cas d’échec) : Jacques a dit « tourne la tête à droite », et non, à gauche, espèce de crétin. Tout un programme. Cette scène expose un caractère qui touche fortement le film : l’Histoire est romancée. Certes, de grands films de guerre tels que Le Jour le Plus Long comptaient des moments de comédie dus à l’absurdité d’une situation : un maire qui arrive sur le champ de bataille avec le champagne et le sourire pour saluer les Alliés fraichement débarqués, par exemple. Mais Memories of War se veut poussif : humour burlesque, tension paranoïaque – lorsqu’un officier se méfie de l’un des siens – si poussive qu’elle en devient ridicule, culte héroïsant de la figure historique dans un portrait hagiographique.

« Personne ne vieillit en attendant que les années passent les unes à la suite des autres. Les gens vieillissent uniquement quand ils ont abandonné leurs idéaux. Avec les années, la peau se ride. En revanche, une fois qu’on a abandonné ses idéaux, la ride se grave sur votre âme. »

– Extrait de l’un des grandiloquents dialogues mis dans la bouche du personnage du Général MacArthur interprété par un Liam Neeson en mode « service minimum » –

Mélodrame du type « M6 » de la guerre, le long métrage présente le général MacArthur comme un vieil homme sympathique, héros de guerre inspiré par la bravoure de ses soldats sud-coréens qu’il admire. Mais où est donc passé le MacArthur qui voulait bombarder nucléairement la Chine, précisément la Manchourie (et ses bases militaires) pour mettre en place une ceinture de radiations radioactives qui aurait intimidé selon lui les forces communistes et les aurait alors empêché de débarquer et de soutenir davantage la Corée du Nord ? Liam Neeson campe un héros de guerre américain. Le choix de l’acteur comme celui de la représentation du général semblent servir la représentation romanesque de l’Histoire ainsi que la distribution du film à l’international. Les Américains moyens seront contents de voir, de « retrouver » leur héroïque haut gradé sur leurs écrans. Et les fans de Neeson seront probablement au rendez-vous du service minimum rendu par l’acteur. Oui, Liam Neeson, récemment magistral dans Silence, et dont la présence ici ne semble servir qu’à vendre le film à l’étranger et faire déblatérer des dialogues pompeux qui seront avalés par les patriotes outre-Atlantique.

Le film, dans son procédé de représentation romanesque de l’Histoire, passera un cap en réemployant le procédé de Band of Brothers : l’interview des vrais individus ayant participé à la bataille, interprétés par des acteurs dans la série. Memories of War en fait un étrange usage : ce sont les comédiens, interprétant leur personnages, qui parlent à la caméra comme s’ils étaient interviewés juste après la bataille. Puis arrive la photographie des acteurs/personnages qui enchainera enfin via un fondu sur celle des véritables soldats.

Blu-ray guerrier

Wild Side propose un film à l’image et au son soignés. Mais comme à son habitude sur ses éditions de films récents, les bonus sont maigres : un making-of de trente-cinq minutes. 

Bande-Annonce : Memories of War

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Coréen Dolby Digital 5.1 – Sous-titres : Français – Durée : 1h46

Prix public indicatif : 19,99 euros le DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 25p – Format son : Français & Coréen DTS Master Audio 5.1 – Sous-titres : Français – Durée : 1h46

Prix public indicatif : 24,99 euros le Blu-ray

COMPLÉMENTS (communs aux 2 éditions)

– Making-of du film (35′)

 

FEFFS 2017 : Laissez catcher les bonnes soeurs

0

Il est temps de rentrer dans le vif du sujet de cette 10ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, car c’est en ce dimanche 17 septembre que commence la compétition internationale. Trois films ont été présentés, trois films d’origines différentes, trois films à l’opposé les uns des autres. Et si en plus, on a le temps de souffler entre temps avec un film de nunsploitation et de luchador, on va pas se le refuser.

[Compétition internationale] – The Endless

Réalisé par Justin Benson et Aaron Moorhead (USA, 2017)

C’est donc le duo américain Justin Benson et Aaron Moorhead qui aura l’honneur de débuter cette compétition avec son 3ème long-métrage, The Endless. Issus de la scène indépendante, les deux réalisateurs nous ont fait part en début de séance de la difficulté de monter un projet pareil lorsque les financements se font rares. Les deux jeunes hommes ont donc multiplié les casquettes au cours de la réalisation de ce film. Bien évidemment réalisateurs, ils sont également scénaristes, monteurs, responsables des effets visuels et même pour celui-ci acteurs. Un bel exemple de « Do it yourself ». Mais cela tient-il vraiment la route ?

The Endless suit deux frères échappés d’une secte qui décident d’y retourner afin de découvrir ce qui s’y cache véritablement. Forcément le peu de moyens va forcer les réalisateurs à emprunter le chemin d’une mise en scène des plus minimalistes qui va leur permettre d’instaurer une aura mystérieuse autour de cette secte. Sachant prendre leur temps, Benson et Moorhead vont choisir peu à peu une direction un peu plus ambitieuse. Ils commencent alors à cultiver une imagerie Lovecraftienne et vont offrir à leur long-métrage une dimension plus fantastique à base de boucle temporelle. Malheureusement c’est là où le bât blesse, si formellement les effets visuels tiennent amplement la route, surtout vis-à-vis de leurs moyens, scénaristiquement ça commence un peu à s’emmêler les pinceaux. Est-ce une impression de trop-plein ou simplement des incohérences qui rendent le tout trop complexe et pas assez convaincant ? The Endless tient donc difficilement la route sur la longueur et des questions inondent la tête du spectateur, mais pas dans le bon sens. Il reste cependant un film assez ambitieux, qui bénéficie d’un travail passionné de la part des deux cinéastes.

[Crossovers] – The Little Hours

Réalisé par Jeff Baena (USA, 2016)

Changement complet de registre avec ce film américain présenté en compétition crossovers. Réalisé par Jeff Baena, ancien étudiant en histoire du Moyen-Âge, The Little Hours prend place dans un couvent italien au XIVème siècle dans lequel vivent des nonnes très particulières. Un servant fugitif se voit contraint d’y trouver refuge. Bien évidemment quand on voit les grands noms au casting de ce film, tels que Dave Franco, la géniale Aubrey Plaza, Alison Brie ou encore Nick « Ron Swanson » Offerman, on s’attend forcément à une sympathique comédie. Finalement, on est un peu loin du compte quand on remarque très vite que The Little Hours est un film complètement déjanté. L’arrivée de ce beau servant va en effet agiter les hormones de nos chères bonnes sœurs qui vont commencer à se comporter de façon instable.

Dès le départ, le ton employé par Baena déstabilise. Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir une nonne jouée par Aubrey Plaza se mettre à jurer comme un charretier sur un pauvre petit serviteur. Cet éclair hystérique va peupler tout le long-métrage qui ne se refuse rien en ce qui concerne l’humour un peu cru. Se servant cependant de ses études en histoire, Baena arrive à créer une sorte de melting-pot jouant à la fois sur un humour anachronique mais également sur des aspects propre à l’époque ( les sublimes tirades de Nick Offerman en sont les exemples les plus frappants). Le trio de nonnes campées par Alison Brie, Aubrey Plaza et Kate Micucci, trois actrices ayant fait leurs preuves dans des sitcoms, est exquis. Entre une Alison Brie rêvant d’un mariage qui la sortirait de ce couvent, une Aubrey Plaza psychotique portée sur la sorcellerie et une Kate Miccuci, juive et fantasmant sur le sexe féminin, les barres de rires se feront nombreuses avant de finir en apothéose dans un barouf des plus jouissifs. C’est un peu les Proies version Saturday Night Live dans un couvent.

[Compétition internationale ] – Laissez Bronzer les cadavres

Réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani (France, Belgique, 2017).

Dire que Laissez bronzer les cadavres était attendu comme le messie serait un euphémisme tellement le duo d’esthètes avait marqué les esprits avec leurs précédents longs-métrages Amer et L’étrange couleur des larmes de ton corps. Exit le giallo (enfin pas totalement), et place à deux autres genres phares du bis italien, le western spaghetti et le poliziesco pour une adaptation du polar noir de Bastid et Manchette. 250 kilos d’or, un hameau abandonné dans le sud de la France, trois braqueurs, et des invités inattendus, voilà comment commence cette rafale de balles et de sang. Diamétralement opposé à leur précédent essai, qui disposait d’un côté cauchemardesque dans un immeuble d’art nouveau, Laissez bronzer les cadavres est un western solaire tout aussi sensoriel.

Les habitués du duo ne seront pas déçus de ce rollercoaster aux mille et une expérimentations. Poussant leur perfectionnisme à leur maximum, Cattet et Forzani accouchent d’une œuvre fascinante à la richesse foisonnante. C’est simple, chaque plan propose une idée de cinéma, qu’elle soit visuelle ou sonore. Comme d’habitude tout passe par les sensations, et les deux metteurs en scènes réussissent encore une fois leur coup. Après les armes blanches, ce sont les armes à feu qui vont être l’objet du fétichisme de Cattet/Forzani, et autant dire que les balles fusent comme jamais dans l’histoire du cinéma. Inspiré par le cinéma de Tsukamoto ou de Tsui Hark, en ce qui concerne ce montage très rapide, le film est un véritable uppercut dans la tronche. Le jeu sur les couleurs est poussé encore plus loin, le design sonore nous place au centre de ce règlement de compte sanguinaire et les références pulp ou gothique se multiplient. En s’appropriant un récit assez linéaire, le duo arrive à y incorporer des séquences fantasmagoriques à l’onirisme saisissant. Du véritable travail d’orfèvre, une nouvelle fois rythmé par une bande-son composée de morceaux empruntés au cinéma français et italien des années 70/80. Sublime, tout simplement.

[Compétition internationale] – A Day

Réalisé par Seon-ho Jo (Corée du Sud, 2017)

Après les États-Unis et la France, rendez-vous à l’autre bout du monde avec le représentant annuel de la Corée en compétition, A Day. Depuis plusieurs années le cinéma Sud-Coréen nous a habitués à offrir des blockbusters originaux et rafraîchissants, A Day s’inscrit directement dans cette lignée. Loin d’être une œuvre aussi noire que les films de Park Chan-Wook, cet essai de Seon-ho Jo cache plutôt bien son jeu. Le film débute avec un médecin reconnu qui n’arrive malencontreusement pas à sauver sa fille d’un accident de voiture mortel. Cependant, peu de temps après l’accident il se réveille quelques heures avant le drame, le voilà donc piégé dans une boucle temporelle, prêt à tout pour arriver à sauver son enfant. Voilà le point de départ de A Day. L’histoire des boucles temporelles n’est pas un sujet nouveau ( pour preuve The Endless en parlait déjà précédemment dans la journée), mais Seon-ho Jo va faire preuve de malice pour faire de son film un véritable thriller.

Le récit prend en effet une tournure assez inattendue qu’il serait dommage de spoiler donc restons en là pour ce qui concerne l’histoire. On peut dire cependant que le goût pour la thématique de la vengeance refait surface dans le cinéma coréen, même si A Day dispose d’un ton beaucoup moins cynique que les grandes œuvres du genre. Possédant un travail sur la mise en scène assez propre malgré un manque de véritable originalité, le cinéaste coréen arrive à tenir en haleine le spectateur tout du long. On regrettera une fin un peu trop dégoulinante de bons sentiments et un peu facile, surtout quand on connait le ton habituel des films coréens. A Day reste un film ayant une volonté de toucher un public large. Il peut se reposer sur son scénario solide qui offre un second souffle à ces histoires de boucles temporelles.

[Midnight Movies] – Lowlife

Réalisé par Ryan Prows (USA, 2017)

Une fois n’est pas coutume, on finit avec le midnight movie du jour. Lowlife de Ryan Prows est un film choral s’inspirant de classiques du genre tels que Pulp Fiction et qui offre un panorama de personnages assez incongru. On y retrouve un catcheur mexicain, une toxico enceinte, un repris de juste arborant une swastika sur le visage ou encore une gérante de motel ancienne camée. Tous ces personnages vont alors se croiser dans une sordide histoire de trafic d’organe orchestrée par un proxénète/gérant de restaurant de taco. L’ambiance californienne irradie donc le long-métrage de Ryan Prows qui malgré ses faibles moyens offre un film assez propre au niveau de la mise en scène. Cela ne suffit malheureusement pas à en faire un bon film, ou du moins pas un bon midnight movie.

Lowlife, malgré des dialogues faisant parfois mouches et quelques explosions de violences cathartiques ici et là, ronronne un peu. Est-ce la faute du découpage en chapitre se concentrant sur chacun des personnages et se recoupant à un moment donné ? Ou peut-être un scénario assez maigre servi par un rythme trop lent qui l’alourdit ? Peut-être est-ce un peu tout ça, mais Lowlife reste une déception. Malgré la générosité entreprise par son réalisateur, son amour pour les films de El Santo, figure mythique du luchador, le fun se fait beaucoup trop rare pour faire de Lowlife une œuvre marquante.

Pour le 4ème jour, ce sera du classique hollywoodien qui sera au programme avec les cultissimes L’Exorciste et Robocop, deux chef d’œuvres de monstres sacrés. Puis ce sera autour de Fashionista, un film au pitch des plus étranges avant de finir sur la suite du très gore Meatball Machine en séance de minuit.

 

 

 

Disparition d’Harry Dean Stanton, le fantôme mélancolique de Paris Texas

0

Presque deux mois après la disparition de Sam Shepard, Harry Dean Stanton vient de s’éteindre. L’acteur américain qui a marqué des générations de films indépendants et qui fut souvent abonné aux seconds rôles est décédé à 91 ans. Avec cette perte, c’est tout un souffle du cinéma américain qui vient de s’évaporer, comme une note de blues qui vient de s’achever.

Cette gueule cassée, ce monstre des plaines étasuniennes étendues et tourmentées avait un charisme laconique, un regard troublant, et une démarche patibulaire qui émouvaient dès le premier coup d’œil. La carrière de l’acteur sonne comme une mélodie rocailleuse de Bob Dylan. Harry Dean Stanton est né en 1926 dans le Kentucky, fils d’un fermier de tabac. Après avoir servi comme cuisinier de marine dans le théâtre du Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale, il a étudié le journalisme avant de quitter les cours d’acteur en 1949. Comme il le disait lui-même, il avait l’ambition d’être écrivain, musicien et acteur. Il était un artiste vertueux aux multiples visages. Harry Dean Stanton était célèbre pour sa capacité à projeter son charme de « chien » dans des rôles mineurs, notamment dans des westerns ou des films de gangsters, ce qui lui a permis de travailler en permanence pendant plus de six décennies. Pourtant il a travaillé avec les plus grands comme le prouvent David Lynch, Sam Peckinpah, Ridley Scott, Martin Scorsese et Wim Wenders.

L’une de ses premières grandes apparitions fut celle en tant que pianiste de chant dans Luke la main froide, dans lequel il a interprété la chanson Gospel « Just a Closer Walk with Thee ». Le visage de Stanton, sa carrure mortifère, sa silhouette rachitique et ses personnages anti héroïques ont accroché le cinéma des années 1970 avec la montée de la nouvelle vague d’Hollywood, et ses rôles ont progressivement pris du galon. Il a joué l’un des soldats américains dans de L’Or pour les braves, la comédie de guerre de 1970, ou un auto-stoppeur gay dans Macadam à deux voies, le film existentialiste de Monte Hellman ou même Homer Van Meter dans Dillinger dirigé par John Milius en 1973. À l’exception d’un rôle prometteur dans Le Parrain II, les films commercialement réussis semblaient échapper à Harry Dean Stanton : cela changea après que Ridley Scott le jeta en tant que membre d’équipage du Nostromo dans l’émoi de science-fiction Alien, surmontant sa réticence à incorporer les films de « monstres ».

Harry-Dean-Stanton-film-Paris-texas

Puis il continua à trouver du travail avec une nouvelle génération de cinéastes dans les années 1980 comme en témoigne le rôle clé de Brain dans New York 1997 de John Carpenter, et surtout un dépositaire de voitures dans La Mort en prime d’Alex Cox. Après des décennies de seconds rôles, qui le virent jouer en face de grandes stars et qui lui permirent de montrer avec humilité son talent lumineux et son don magnifique de chanteur, Harry Dean Stanton devint, avec son aura et son apparence ascétique, un Dieu parmi les humains. Ou un humain parmi les Dieux. Grace à Paris Texas en 1984. Sam Shepard donna le rôle de l’angoissé Travis Henderson à Harry Dean Stanton. Avec ce rôle qui marqua toute une génération de cinéphiles, il a symbolisé à l’écran l’errance solitaire et agonisante, portant une casquette de baseball rouge, un costume et une cravate dans la chaleur flamboyante du désert du Texas.

La légende était soudainement mise en place. Ce visage est devenu inoubliable dans le film de Wim Wenders : la stature d’Harry Dean Stanton était elle-même le paysage : muette, mystérieuse. Travis Henderson est l’une des grandes personnalités autodestructrices et fantômes empathiques du cinéma moderne. Sous une casquette rouge, derrière une mèche blonde, il y a une tempête sous un crane, une ébullition de sentiment qui implose jusqu’au mutisme et l’amnésie quasi inébranlable. Le récit initiatique d’un homme qui essaye de retrouver l’horizon, de reconstituer le puzzle d’une vie, composée d’un passé et d’un futur. Malgré ce rôle, cela ne fit pas de lui une star planétaire.

C’est alors sous la houlette de David Lynch qu’il continua et surtout finit sa carrière. De Sailor et Lula, à Twin Peaks jusqu’à Une Histoire vraie voire Inland Empire, le physique singulier de l’acteur joncha les affres cinématographiques du réalisateur américain. Et qui de mieux pour incarner les lubies mélancoliques et tortueuses du cinéaste que le sourire sombre de Harry Dean Stanton. Alors que l’on aperçoit dans la magnifique dernière saison de Twin Peaks, on le verra dans un dernier rôle accompagné de son ami David Lynch, dans Lucky, qui sort prochainement, récit mystique de John Carrol Lynch. Sans crier gare, c’est donc une perte immense dans le paysage du cinéma américain qui s’envole vers d’autres cieux. Aussi comique que tragique, ce visage reconnaissable entre mille, à la verve poétique, fait partie de ces acteurs qui émeuvent à partir de rien, car de par leur prestance et leur simplicité, il était aisé de s’identifier à leur personnage.

All Eyez on me, un biopic pas vraiment à la hauteur

Voilà des années que l’on attendait le biopic sur l’immense rappeur qu’était Tupac, il est enfin là. Avec All Eyez on me, Benny Boom retrace la vie de cet activiste, poète et même acteur qui a laissé une trace indéniable de par son œuvre mais surtout un grand vide suite à sa disparition prématurée.

Tupac Amaru Shakur méritait son biopic. Plus de 20 ans après son assassinat, qui ne fut jamais élucidé, il est important de transmettre aux jeunes générations l’impact que des artistes de sa trempe ont eu dans le rap mais également auprès des communautés afro-américaines opprimées dans l’après-ségrégation américaine. À défaut d’être un grand film, on espère que les nouvelles générations se rueront sur la discographie de cet artiste au parcours atypique.

Et le premier gros problème du film est justement qu’il s’intéresse surtout au parcours, aux différentes étapes de sa vie plus qu’à l’homme lui-même. Pourtant, prenant le parti de raconter sa vie à travers une interview qu’il a donnée en prison, l’introspection semblait pouvoir se mettre en place, mais seules quelques scènes arriveront à sortir du simple schéma de sa vie pour entrer un peu plus à l’intérieur, essayer de comprendre Tupac. Car chacun a déjà entendu parler de 2Pac, un rappeur gangster, plus rappeur, plus gangster, assassiné à un feu rouge etc. On ne pourra pas reprocher au film de zapper les grandes lignes de sa vie. On pourra lui reprocher bien d’autres choses.

La première partie du film enchaîne différentes scènes de sa jeunesse sans jamais que l’on puisse s’attacher au personnage. Il est évidemment important de parler de ses parents, sa mère qui a une influence considérable dans l’œuvre de Tupac (activiste au sein Black Panthers, mouvement révolutionnaire Afro-américain, elle est enceinte de lui lorsqu’elle est emprisonnée pour complot contre le gouvernement). Seulement l’enchaînement de ces « vignettes », participe à un melting pot de clichés peu inspirés (descentes du FBI dans le foyer familial, passage à tabac de jeunes Noirs par la police ou autres règlements de comptes entre gros bras du quartier) sans vraiment s’intéresser au fond du problème. On nous explique simplement que Tupac n’a pas une vie facile (on en doutait encore…) en montrant le contexte de l’époque. La mise en scène on ne peut plus classique participe à cette impression de facilité et on a déjà peur de rester en surface pendant tout le film.

All-Eyez-On-Me-film-Review-2017-TupacEt les évènements continuent de s’enchaîner les uns après les autres sans véritables transitions si ce n’est la multitude de fondus au noir, synonymes d’autant d’ellipses. Tupac déménage, Tupac fait un sermon à sa mère qui se drogue, Tupac a des problèmes avec la police. Puis Tupac commence le rap, enchaîne les auditions, obtient un contrat, part en tournée. Vous trouvez que ça va vite ? Nous aussi. Pas une seule scène où l’on voit l’artiste travailler, écrire, rien. La réussite arrive comme un cheveu sur la soupe alors qu’on a encore du mal à saisir les nuances du personnage. Le film s’attardera donc sur les évènements connus, les étapes clés de sa vie, pas celles de l’homme. On a abandonné l’espoir d’avoir un semblant de virtuosité dans la mise en scène, un semblant d’audace. Des biopics comme ça, on en voit tous les ans.

On attend alors les scènes musicales, toutes coupées après trois vers, frustrant. Jusqu’à ce que Biggie arrive à l’écran. L’acteur qui avait joué le rappeur new-yorkais dans le biopic Notorious BIG reprend ici le rôle de biggie small. Et sa première entrée en scène est assez remarquable, mais on reste encore sur notre faim. On attendra l’époque Death Row.

Évidemment plus on se rapproche de la fin, plus les scènes coup de poings, prévisibles, s’accumulent. Son procès pour viol, son agression dans un studio au cours de laquelle il se fera tirer dessus à 5 reprises. La vitrine s’élargit, mais on connaît déjà toute l’histoire. Le récit rejoint par la suite le point de départ du film : son passage en prison. On espère à ce moment que le film prenne un virage et que la caméra, libérée des flash-backs, se rapproche de Tupac, qu’elle aille au plus près de l’homme. Rien n’y fait, la transition est à peine marquée. On se demande pourquoi le choix de l’interview si ce n’est uniquement pour mettre en place les flash-backs jusqu’ici. C’est léger et simpliste.

all-eyez-on-me-film-biopic-Demetrius-Shipp-JrVient finalement l’époque Death Row, label de Big Suge que rejoint 2pac à sa sortie de prison et qui fera sa gloire. On sent (enfin !) la volonté du réalisateur de mettre le doigt sur le changement du rappeur. Lui qui souhaitait exprimer les maux d’une société, d’une classe sociale inaudible auprès des puissants se mue en star bling-bling aux textes vengeurs empreints de violence. Tupac est connu pour ces deux visages. Seulement le film paye son manque de profondeur dans la première partie, alors que la question est à peine esquissée, et on ne s’attarde pas sur cette ambiguïté. À aucun moment le réalisateur tente de saisir la nuance entre le symbole et la réussite, entre l’homme et la star. On prend ce qu’on nous donne et mises à part quelques scènes (visite de sa mère en prison) ses motivations ne sont que des slogans plus que de réelles réflexions personnelles. Cette dernière partie est donc très prévisible, bien que certaines scènes arrivent à nous sortir de notre torpeur, notamment l’enregistrement de California love en studio qui redonne le sourire et du punch au film. Également les scènes du concert en live, filmées sans grandes convictions, mais efficaces. Au moins ça.

Le film se clôt donc par l’issue tragique qu’a connu Tupac Shakur dans une scène qui semble durer une éternité (en plus d’être incohérente par rapport aux faits), très voyeuriste et donc très dispensable alors que sa mort est sûrement l’évènement le plus ancré dans les mémoires car le plus médiatisé. Il y avait tellement d’autres choses à dire, à montrer.

Les acteurs, bien que physiquement ressemblants, frôlent par moment la caricature à l’image de Big Suge. Demetrius Shipp Jr., interprète de Tupac, alterne lui entre sur jeu et prestation correcte.

La déception est grande, ce biopic ne dépasse jamais sa fonction de raconter la vie, à travers les grandes lignes, d’un personnage connu. On aurait aimé plonger dans l’intimité de ce rappeur disparu trop tôt. Au lieu de ça, on a une simple piqûre de rappel. On espère néanmoins que cela initiera les novices, les plus jeunes ou ceux qui ne connaissaient tout simplement pas l’œuvre de Tupac et on attendra avec impatience le prochain documentaire sur le rappeur par Steeve McQueen.

All Eyez on me: Bande Annonce

All Eyez on me: Fiche technique

Réalisation : Benny Boom
Scénario : Jeremy Haft
Interprétation : Demetrius Shipp Jr., Danai Gurira, Kat Graham
Montage : Joel Cox
Musique : John Paesano
Production : James. G Robinson
Société de production : Emmett/Furla Films
Durée : 2h20
Genre : Biopic
Date de sortie : Inconnue (dans quelques mois sur Netflix France)

USA – 2016

Le Redoutable : récit fantasmé d’un génie agaçant

0

Michel Hazanavicius traite dans Le Redoutable d’une des personnalités les plus franches du cinéma français, Jean-Luc Godard. Entre ses idées politiques maoïstes et sa perdition artistique, c’est surtout sa recherche permanente de liberté qui sera mise en avant.

Synopsis : Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoiste hors système aussi incompris qu’incompréhensible.

Mai 68, l’heure est à la révolution. Pour certains, l’une des époques les plus sombres de la Ve République française. Pour d’autres en revanche, ce combat mené par le populo français démontre la grandeur et la vaillance de nos idéaux politiques. Entre deux échauffourées, les artistes parisiens se retrouvent pour discuter, débattre, combattre et filmer l’aboutissement de tout un pan cinématographique francophone : la nouvelle vague. Dans ce trouble politique, une personnalité, un auteur, un « génie » sent la révolte comme la possibilité idyllique d’enfin trouver la liberté. Plus qu’un des réalisateurs les plus célèbres de l’histoire, Jean-Luc Godard est un homme troublé, en proie à une perdition artistique et philosophique. De cette sensation de floue, Michel Hazanavicius, fameux réalisateur de La Classe Américaine ou de l’adulé The Artist, signe avec Le Redoutable un biopic grinçant et humaniste, faisant la part belle à la déconstruction de son mythe.

Ainsi va la vie, à bord du Redoutable

Spécialiste du détournement, Michel Hazanavicius tenait un sujet assez ambitieux avec Le Redoutable : adapter le livre Un an après d’Anne Wiazemsky – l’ex jeune femme de Jean-Luc Godard – narrant leur relation durant la révolte populaire de mai 68. L’actrice, qui a tourné avec lui dans La Chinoise, y raconte son amour pour son époux mais aussi ses doutes et ses frayeurs face à un homme basculant vers une folie révolutionnaire. De ce sujet d’un sérieux papal, Hazanavicius se lance dans une désacralisation mordante de la figure « godarienne ». Le point de vue adopté est clairement déluré, avec un humour décapant, le personnage de Jean-Luc Godard étant un pro-révolutionnaire enchaînant les punchlines et les frasques qui prêtent à sourire.

En cela, l’interprétation quasi mimétique de Louis Garrel aide beaucoup à s’identifier, aussi bien à cet anti-héros qu’à son entourage, souvent mis à mal par son comportement. Pourtant, plus que la ressemblance frappante avec Godard, c’est la candeur presque naïve d’Anne Wiazemsky, jouée par une magnifique Stacy Martin, qui retient toute notre attention. Michel Hazanavicius n’oublie pas son support d’origine et privilégie alors la jeune femme au profit de son mari. On y sent alors l’atmosphère pesante voire oppressante de côtoyer une telle personnalité, devoir le suivre sans cesse dans ses délires politiques parfois violents, souvent ridicules, mais toujours autocentrés, montrant à quel point Jean-Luc Godard n’aime rien, sauf lui-même. En soi, il est bien plus un excellent personnage de fiction, qu’un bon compagnon. Tout le drame et tout le ridicule du mythe Godard se retrouvent mis en avant, montrant une icône bobo totalement démystifiée. Nul doute que son passage au festival de Cannes aurait pu être encore plus glorieux, notamment au niveau du casting, où Stacy Martin n’aurait usurpé un prix d’interprétation.

Révolution permanente

le-redoutable-film-manifestation-mai-68-Louis- Garrel-aka-jean-luc-godardToujours dans la bienveillance, Hazanavicius est un caméléon dans sa mise en scène. Mimant le style libertaire de son personnage, il s’amuse à détourner les codes du genre et à glisser quelques paraboles méta qui, disséminées dans un long métrage très rythmé, donnent un sens profond à ce biopic drôle et touchant. D’ailleurs, tout spectateur politisé sera ravi d’assister à des assemblées générales étudiantes plus vraies que nature, sans être d’une profondeur ou d’une lourdeur politique indigeste, trouvant le juste milieu entre la description d’un militantisme invulnérable et le ton comique généralisé. Hazanavicius a également la bonne idée de ne jamais prendre parti pour une conception politique, préférant montrer la défaite d’un couple qui se déchire face aux convictions envahissantes de l’auto-proclamé chef de famille. Pas (ou peu) de propagande maoïste mais une ode à l’esprit libre, non biaisé par la consommation ou un vieux pouvoir en place.

Toutefois, même si le film vaut bien plus que les traditionnels biopics « wikipédia », Le Redoutable peine à marquer les esprits, la faute à plusieurs facteurs. Tout d’abord, son ton, aussi bien sa plus grande force que sa faiblesse inhérente au style : on rit, on sourit mais on reste peu attaché à un personnage abject, égoïste et froid. Godard est décrit comme l’homme qu’il est et non pas comme le génie qu’il était, c’est à dire un « vieux con », selon ses propres mots. De fait, Le Redoutable apparait plus comme un pastiche plutôt qu’un grand film comique, la faute à une superficialité volontaire mais préjudiciable. Hazanavicius, tout comme Godard, choisit d’agacer plutôt que de satisfaire. Un choix caustique et risqué, que l’auteur de ces lignes salue volontiers mais qui laissera d’aucuns sur le carreau. La résultante mène à un film solaire mais sans véritable point d’ancrage ni révolution dans le style. Ce qui, dans la logique et le propos inhérent au long métrage, fait tout de même grincer des dents.

Plus pastiche qu’hommage, plus agaçant qu’agréable, Le Redoutable est une prise de risque louable, caustique, intelligemment conçu et remarquablement interprété. Toutefois, il risque de laisser nombre de spectateurs de marbre, de par l’aspect déluré de son ton et l’apparente liberté de sa forme. À défaut d’être le messie attendu, Le Redoutable pourrait guider tout un pan de notre culture du 7e art vers une horizon salvatrice et décapante, méritant de facto d’être vu en salle obscure.

Le Redoutable : Bande-annonce

Le Redoutable : Fiche technique

Réalisation : Michel Hazanivicius
Scénario : Michel Hazanavicius, d’après l’autobiographie « Un an après » d’Anne Wiazemsky
Interprètes : Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Micha Lescot, Grégory Gadebois, Jean-Pierre Gorin, Jean-Pierre Mocky…
Photographie : Guillaume Schiffman
Montage : Anne-Sophie Bion
Production : Riad Sattouf, Michel Hazanavicius et Florence Gastaud
Distribution : Studio Canal
Genres : Comédie, Biopic, Romance, Drame
Durée : 1h 47 min
Date de sortie : 13 septembre 2017

France – 2017

FEFFS 2017 : Un homme-grenouille, un ascenseur et un lion à Amsterdam

0

Les tueurs rôdent lors de cette deuxième journée du Festival du Film Fantastique de Strasbourg 2017.  Ils prennent d’ailleurs diverses formes, que ça soit un adolescent maniant le sabre dans la section Crossovers, ou des serial killers beaucoup plus originaux dans le Dick Maas universe, notre invité d’honneur du jour.

Avant de commencer le marathon filmique du jour, rien de tel qu’un petit tour à la très sympathique exposition Laurent Melki à la galerie Aedaen. Véritable artiste, ce dernier est à l’origine de nombreuses affiches ou jaquettes VHS de films d’exploitation des années 80, allant de grands classiques comme Videodrome (dont le prix de l’affiche originale s’élève à un prix faramineux) ou des films bien plus confidentiels de catégorie X, sans oublier des commandes pour les festivals d’Avoriaz, de couverture de Mad Movies ou encore Nanarland. On y a par ailleurs la possibilité d’acheter des affiches pour la modique somme de 10 euros ou encore des T-shirts à 25 euros. Une exposition qui ravira tous les fans de VHS et des couleurs criardes. Un régal.

[Crossovers] – Super Dark Times

Réalisé par Kevin Phillips (USA, 2017). 

On nous l’a vendu comme le complément de Ça en ce qui concerne l’aspect « coming-of-age ». Et au final pas vraiment, car à ce niveau Ça lui est finalement bien supérieur. Super Dark Times raconte l’histoire de l’amitié entre Zach, Josh, Daryl et Charlie qui va s’ébranler après que Josh ait accidentellement tué à Daryl avec un sabre. Alors déjà, sur les quatre présents lors de l’accident, l’un est un mec quasi-inconnu par les deux autres amis, donc on se retrouve avec un personnage complètement inutile. De l’autre côté, c’est la façon dont le réalisateur va développer son idée qui est terriblement ratée. Se concentrant principalement sur Zach, meilleur ami de Josh (le responsable de l’accident), on le voit dans un premier temps essayer de créer une certaine paranoïa avec des apparitions de Daryl, la victime. Cet angle d’approche est assez intriguant, et permet de développer une certaine réflexion sur la culpabilité, la façon d’assumer ses actes.

Malheureusement tout bascule quand le réalisateur décide de faire de Josh, un tueur au sabre (qui aime en plus s’attaquer aux fumeurs d’herbe parce que la drogue c’est mal). Alors déjà le truc est tellement attendu que l’effet escompté est complètement raté. En même temps quand on voit l’acteur qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Zack de Desperate Houseviwes, on se doute bien qu’il va mal tourner. Et encore plus problématique, la façon dont ce changement dans la personnalité de Josh est présentée. Abrupte au possible, elle ne met en place aucun véritable développement psychologique vis-à-vis du personnage. Si on ajoute à cela un rythme des plus bancal peinant à démarrer, Super Dark Times est un véritable vautrage. On lui préférera dans le même genre le très bon I am not a serial killer, reparti l’an dernier avec le Méliès d’Argent.

[Double programmation Dick Maas] – Amsterdamned et L’Ascenseur

Amsterdamned réalisé par Dick Maas (Pays-Bas, 1988)

Le FEFFS a accueilli ce samedi soir, son premier invité d’honneur, le metteur en scène Dick Maas, réalisateur culte parmi les amateurs de série B d’horreur et grand nom hdu cinéma hollandais, son pays natal. Le cinéaste nous a fait le plaisir de nous présenter deux de ses plus grands films. Celui avec quoi tout à débuter, L’Ascenseur et le cultissime Amsterdamned.

Il est d’ailleurs intéressant de voir les similarités entre ces deux films. Dans les deux cas, Amsterdam est en proie à un serial killer des plus saugrenu, d’un côté un homme-grenouille et de l’autre un ascenseur. Le ton des deux films se rapproche énormément aussi, Dick Maas sachant à merveille allier action et humour dans l’un et horreur et humour dans le second. Les films ont d’ailleurs eu l’avantage d’être projeté en VF afin de décupler le plaisir vis à vis de certains dialogues hallucinés. N’oublions pas de noter que Dick Maas, à l’instar de John Carpenter, compose lui-même sa musique. Résultat, on se retrouve avec des partitions synthétiques assez minimalistes mais diablement efficace.

Amsterdamned raconte donc l’histoire d’un plongeur/tueur se déplaçant dans les canaux d’Amsterdam. En plus de son titre tellement génial, le film est une série B de très bonne facture n’ayant pas du tout à rougir face aux grands polars américains de la même époque. Revisitant de nombreux codes allant des courses poursuites impressionnantes que n’aurait pas renier William Friedkin (qu’elles soient en voiture ou encore plus fou, en bateau sur les canaux), en passant par la caméra subjective et les meurtres à connotations parfois phalliques hérités des giallos, Dick Maas propose un polar efficace et diablement fun. N’hésitant pas, comme dit plus tôt, à insérer une dose d’humour non négligeable, le cinéaste hollandais ne met cependant pas de côté une tension des plus palpables. Amsterdamned prouve donc qu’à partir d’une idée des plus originales, on peut aboutir à un polar assez violent et couillu.

L’Ascenseur réalisé par Dick Maas (Pays-Bas, 1983)

L’Ascenseur, qui a eu l’honneur d’être projeté en 35 mm (peut-être même la copie qui a gagné le grand prix à Avoriaz en 1984), est le premier film du cinéaste. Là encore, l’idée d’un ascenseur tueur est des plus absurde, mais Dick Maas va réussir à accoucher d’un film fantastique solide. Avec son atmosphère rappelant Stephen King, L’Ascenseur distille une angoisse des plus particulières. Là où Dick Maas fait fort, c’est la façon dont cet ascenseur se débarrasse de ces victimes. En bloquant l’air climatisé, en faisant tomber un aveugle dans la cage d’escalier ou encore en décapitant un garde de sécurité, cette machine rivalise d’ingéniosité et cultive un certain goût dans l’art du troll. Bien évidemment humour et frisson collaborent une nouvelle fois dans cet oeuvre fascinante, qui dispose d’un dernier quart des plus haletants. On ne pourra s’empêcher de noter quelques baisses de rythmes au cours du film, mais L’Ascenseur est un film des plus généreux.

[Midnight Movie] – Prey

Réalisé par Dick Maas (Pays-Bas, 2016). 

Comme dit le proverbe, jamais deux sans trois, et c’est donc toujours avec Dick Maas que nous allons finir la soirée. Le cinéaste néerlandais nous fait en effet l’honneur de nous présenter son tout dernier film, Prey. Et forcément, que se passe-t-il dans Prey ? On vous le donne en mille, un serial killer étrange sème le chaos dans Amsterdam. Cette fois-ci c’est un gigantesque lion qui fait de la capitale hollandaise son terrain de jeu. Après avoir vu les deux précédents films, on se retrouve dans une ambiance familière. Le générique d’ouverture reprend d’ailleurs celui de Amsterdamned, avec cette musique électro sur des plans en caméra subjectives. Dick Maas fait une nouvelle fois preuve de générosité, n’hésitant pas cette fois-ci à faire proliférer le gore et à multiplier les mises à morts hilarantes. Un lion dans un tram, une course-poursuite entre un fauteuil roulant et un lion, les rires sont présents.

Dans la grande tradition des midnight movies à base d’animal tueur (parmis lesquels on se souvient de Zombeavers ou Stung), Prey, par le ton délibéré employé par Dick Maas, arrive à sortir du lot et se faire bien plus fun que d’autres. Malheureusement comme d’habitude dans ce genre de film, le rythme est assez saccadé et certains moments peuvent paraître assez long. On retiendra cependant ce chasseur unijambiste complètement over the top. Si on regrettera un lion en CGI pas très folichon, Prey remplie assez bien les critères du midnight movies, même si il fait le strict minimum et ne fait guère de véritable surprise.

Dimanche sera le jour de la compétition internationale avec pas moins de trois films présentés dont l’ultra-attendu Laissez bronzer les cadavres en présence de Hélène Cattet et Bruno Forzani. Si en plus, on ajoute des nonnes et un catcheur mexicain, on risque de passer une très bonne soirée.

 

 

Nos années folles, Mother!, Good Time… Les films à voir ce week-end

Barry Seal, Les Grands Esprits, Home, Le Redoutable, The Party, Colombiennes, Mary… Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Que faut-il voir cette semaine au cinéma ? La rédaction fait le tri pour vous. Ce week-end on vous conseille…

Nos années folles, drame français d’André Téchiné, avec Pierre Deladonchamps, Céline Sallette, Grégoire Leprince-Ringuet (1h43).

En adaptant la vie de Paul et Louise Grappe à l’écran, Téchiné fait de cette histoire de transformation, de travestissement et d’amour déchu, un film sensuel, près des corps de ses acteurs, sans chercher à juger ni à expliquer. Porté par deux formidables comédiens, Pierre Deladonchamps et Céline Sallette, Nos années folles est une histoire de trouille autant que de désir de liberté.

Barry Seal, drame américain de Doug Liman avec Tom Cruise, Sarah Wright (1h55).

Comédie déjantée autant que portrait à charge d’un establishment reaganien en proie à la corruption, la success story de ce pilote de ligne un brin opportuniste narrée dans Barry Seal est un vrai rafraîchissement. Un peu comme si Doug Liman, qui n’a rien perdu de son mordant, mélangeait l’âpreté et le cynisme contenu dans Lord of War à l’absurdité de Pain and Gain. Un succès qui n’est possible ceci dit qu’avec la partition délurée d’un Tom Cruise impérial.

Good Time, polar américain de Josh et Benny Safdie, avec Robert Pattinson, Benny Safdie, Jennifer Jason Leigh (1h40).

Good Time est un film électrisant qui démarre sur les chapeaux de roues et qui ne s’arrête jamais. Un rythme effréné, des acteurs investis, une photo sous acide ultra-soignée, une ambiance survoltée, une course contre la montre en temps réel avec une tension permanente, un message social : ce film réunit tout ces ingrédients et bien plus encore, avec une histoire de braquage, des losers magnifiques, une bande originale à tomber et, accessoirement, Robert Pattinson. Un trip efficace.

Mother!, film fantastique américain de Darren Aronofsky, avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle Pfeiffer, Ed Harris (1h55).

Avec Mother!, Darren Aronofsky n’entend pas créer un consensus. Son film, comme son précédent le décrié Noé, va diviser mais cela est le prix d’un cinéma hystérique et d’une proposition artistique totalement folle. Il vient clôturer un triptyque entamé par The Fountain et poursuivi avec Noé, sur l’acte de création et la transmission humaine à travers le regard du couple, fondement de la vie. Vous ne verrez probablement pas un film aussi radical et furieux cette année. À voir pour son message nécessaire même au risque de le rejeter.

The Party, drame britannique de Sally Potter, avec Patricia Clarkson, Timothy Spall, Kristin Scott Thomas (1h08).

The Party réussi le pari de mêler comique et drame pour créer un tout intelligemment écrit. Sans oublier les acteurs qui excellent dans leur rôles, victimes de leurs mensonges. Allez voir ce film, vous ne le regretterez pas.