Entre portrait à charge de l’establishment reaganien, rise & fall à la Scorsese et mix entre Lord of War et Pain and Gain, Doug Liman signe avec Barry Seal une virée sous speed et furieusement jouissive dans l’une des histoires les plus délirantes et débridées de l’Oncle Sam.
Un pilote de ligne au sourire Colgate ravageur ayant convolé pour la DEA, la CIA, Pablo Escobar & qui a vécu le rêve américain ? Un peu plus et on serait tenté de croire que ce Barry Seal n’a jamais existé 
Un portrait à charge nappé de cool de l’administration reaganienne
Quiconque connait ainsi Doug Liman sait que le bougre, entre deux morceaux de peloches guindées grand public, se plait à dessouder subtilement ou non les instances gouvernementales américaines. Que ça soit son récent The Wall ou l’acclamé Fair Game, l’américain a ainsi toujours cru bon de mêler divertissement et réquisitoire dans un même film. Le voir donc s’approprier l’histoire de ce pilote de ligne n’avait à priori rien d’anormal, tant celle-ci au travers des exploits de son pilote révèle en filigrane les failles béantes d’un système reaganien la plupart du temps corrompu ; le reste du temps impuissant face à la menace de la drogue. Fatalement, voir donc au milieu de ce marasme bureaucratique, la success-story de ce monsieur tout le monde un brin entreprenant qui va duper le système et s’en mettre plein les poches, a quelque chose de grisant. De comique même. Et c’est sans doute parce qu’il doit prendre un malin plaisir à dessouder le gouvernement de manière détournée, que Liman y va franco quitte à transformer le tout en un sommet de cynisme et d’opportunisme.
Un opéra à la gloire du talent comique de Cruise
Et question cool, Liman peut compter certes sur son montage mais surtout sur Tom Cruise. L’acteur qui laisse le temps d’un film son costume d’action-man du cinéma US apparait ici transfiguré. Fini les abdos saillants de son Ethan Hunt (Mission Impossible) et bonjour la bedaine et l’insouciance qui va de pair avec l’américain moyen. Une surprise d’autant plus forte qu’elle marque son retour dans la composition dira-t-on normale. 
A mi-chemin entre l’absurdité de Pain and Gain et le cynisme de Lord of War, Barry Seal : American Traffic permet à Tom Cruise de jouer la carte du self-made man déluré dans ce brulot délibérément comique envers l’establishment reaganien. Rafraichissant et furieusement fun !
Barry Seal – American Traffic : Bande-annonce
Synopsis : L’histoire vraie de Barry Seal, un pilote arnaqueur recruté de manière inattendue par la CIA afin de mener à bien l’une des plus grosses opérations secrètes de l’histoire des Etats-Unis.
Barry Seal – American Traffic : Fiche technique
Titre original : American Made
Titre français : Barry Seal : American Traffic
Réalisation : Doug Liman
Casting : Tom Cruise (Barry Seal), Sara Wright (Lucy Seal), Domhnall Gleeson (Monty Schafer), Jama Mays (Dana Sibota), Jesse Plemons (le shérif Downing), Lola Kirke (Judy Downing), Caleb Landry Jones (JB), Connor Trineer (George W. Bush)
Scénario : Gary Spinelli
Direction artistique : Kelley Burney
Décors : Dan Weil
Costumes : Jenny Gering
Photographie : César Charlone
Montage : Dylan Tichenor
Musique : Christophe Beck
Production : Doug Davison, Brian Grazer, Ron Howard, Brian Oliver et Tyler Thompson
Producteurs délégués : Ray Angelic, Michael Bassick, Jean-Luc De Fanti, Terry Dougas, Michael Finley, Paris Kasidokostas Latsis, Kim Roth, Lauren Selig et Christopher Woodrow
Sociétés de production : Cross Creek Pictures, Imagine Entertainment, Quadrant Pictures et Vendian Entertainment
Sociétés de distribution : Universal Pictures (États-Unis), Universal Pictures International France (France)
Budget : 80 000 000 $
Genre : thriller, policier, comédie
Durée : 115 minutes
Date de sortie : 13 Septembre 2017
Etats-Unis – 2017