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Fear the Walking Dead Saison 3 : En DVD et Blu-Ray depuis le 05 décembre 2017 chez Universal

Et une saison de plus pour Fear the Walking Dead, une ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que les choses ne s’améliorent pas pour la famille Clarke et ses compagnons d’aventures. Séparés en petits groupes ou seuls (Strand, Ofelia, Madison et Alicia, Nick, Travis) à la fin de la saison 2, nos héros rencontrent lors de cette troisième saison de nouveaux obstacles à surmonter.

Synopsis : Dans cette troisième saison de Fear the Walking Dead, les familles Clarke et Salazar seront soumises à un nouveau test, et devront s’unir pour survivre aux abords de l’univers hostile de la frontière mexicaine. Cette dernière ayant été abolie depuis l’apocalypse, les personnages devront tenter de reconstruire la société tout en maintenant l’équilibre de leurs familles.

Attention, cet article contient des révélations sur les saisons 3 et 4.

Le ranch du malheur

Nouvelle saison, nouveau décor. Finis le bâteau de Strand, l’hacienda, le Rosarito Beach Hotel et la Colonia des saisons 1 et 2. La saison 3 voit Madison et ses deux enfants évoluer le temps d’une saison dans le ranch de Jeremiah Otto (joué par Dayton Callie – Deadwood, Sons of Anarchy) et de ses deux fils Troy (Daniel Sharman – Teen Wolf, The Originals) et Jake (Sam Underwood – The Following), à la frontière mexicaine. Abritant aussi d’autres survivants de l’apocalypse zombiesque, le ranch devient très vite une zone de conflits entre les habitants du ranch et une tribu de « native americans » (Indiens d’Amérique/amérindiens).

La saison de l’espoir

L’amélioration indéniable opérée sur cette troisième saison comparée aux deux premières s’explique par le développement des personnages principaux qui nourrissent l’intrigue par leurs personnalités de plus en plus polies pour cette vie post-apocalyptique. C’est ainsi que Madison, Nick, Strand et Salazar confirment par leur naturel intraitable, et souvent impitoyable, l’aisance avec laquelle ils se meuvent dans cet enfer. Ofelia et Alicia, elles, conjuguent avec leur temps. D’ailleurs, une des révélations de cette saison reste sans aucun doute Alicia, dont la ténacité et la sagesse font un personnage exemplaire (malgré quelques inconduites passagères qu’on lui pardonnera).

Forte en action, on dit au revoir à deux personnages principaux cette saison et on en accueille d’autres. Troy, Jeremiah et Jake du côté du ranch, Qaletaqa (Michael Greyeyes) et Crazy Dog (Justin Rain) du côté de la réserve indienne, Lola (Lisandra Tena) et Efrain du côté du barrage d’eau puis Proctor John (Ray McKinnon) du côté du bazar. Des personnages secondaires de premier choix qui épauleront ou donneront du fil à retordre à la bande de Madison.

Une saison 4 d’enfer en prévision ?

Alors que la fin de saison achevée aux États-Unis le 15 octobre 2017 nous tenait en haleine sur le destin d’Alicia, Strand, Nick et Salazar, la saison 4 faisait, elle, déjà couler beaucoup d’encre. En cause, le cross-over prévu avec la série mère The Walking Dead. Axé sur le personnage de Morgan (Lennie James) qui rejoint donc le casting de FTWD, la saison 4 est attendue par beaucoup de fans. Quelle ligne directrice sera prise suite à cette arrivée de poids ? Surtout avec le départ du producteur et scénariste Dave Erickson (qui est l’auteur du beau travail orchestré sur cette saison 3) et l’arrivée en tant que producteur exécutif de Scott Gimple à compter de ce quatrième volet. De fait, après une saison 3 réussie, il est ainsi aisé de dire que la saison 4 marquera un nouvel horizon pour le spin-off de The Walking Dead.

Bande Annonce – Fear the Walking Dead (Saison 3)

Extrait vidéo :

Par les producteurs de The Walking Dead
Avec Kim Dickens, Lorenzo James Henrie, Cliff Curtis, Elisabeth Rodriguez, Frank Dillane, Ruben Blades, Alyvia Debnam-Carey, Mercedes Mason.

Sortis le 05/12/2017

DVD_FEAR-THE-WALKING-DEAD_SAISON-3                             COFFRET-FEAR-THE-WALKING-DEAD_SAISON 1-3

 

Caractéristiques techniques des DVD et Blu-ray :

Image : 16:9  /  1.78:1
Audio DVD : Anglais, Français Dolby Digital 5.1
Audio BR : Anglais, Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Bonus : Webisodes, Retours sur chaque épisode
Un aperçu de la saison 3
5 DVD / 4 BR – 16 épisodes de 45 minutes
Coffrets 11 DVD / 10 BR – 37 épisodes de 45 minutes
Editeur : Universal Pictures Vidéo

Seule la terre de Francis Lee : Chroniques paysannes d’un nouveau genre

Seule la terre, le premier long métrage de l’homme de théâtre et de cinéma britannique, Francis Lee, est la très bonne surprise de cette fin d’année : un film du réel, un récit initiatique dans une belle histoire d’amour homosexuelle, une réflexion sociétale, mais surtout un hommage à la terre et à ses habitants.

Synopsis : Johnny travaille du matin au soir dans la ferme de ses parents, perdue dans le brouillard du Yorkshire. Il essaie d’oublier la frustration de son quotidien en se saoulant toutes les nuits au pub du village et en s’adonnant à des aventures sexuelles sans lendemain. Quand un saisonnier vient travailler pour quelques semaines dans la ferme familiale, Johnny est traversé par des émotions qu’il n’avait jamais ressenties. Une relation intense naît entre les deux hommes, qui pourrait changer la vie de Johnny à jamais.

My own private Yorkshire

God’s own Country est un sobriquet largement utilisé par les Britanniques pour designer le county du Yorkshire. C’est le titre original qu’a choisi l’homme de cinéma Francis Lee (acteur, scénariste, réalisateur) pour son premier long métrage, assez subtilement traduit en Seule la terre dans sa version française. Un choix qui donne une orientation claire de la direction suivie par son film, ou plus exactement de celle qui ne l’est pas : à savoir, un « gay movie », même si les protagonistes de l’histoire sont deux jeunes fermiers homosexuels.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-agnelageSeule la terre, en effet : c’est surtout de la terre dont il est question dans le film. Une représentation méticuleuse de la vie des fermiers du West Yorkshire, avec de très beaux gros plans sur les détails de la ferme, les animaux qu’on y élèvent et ceux qui y vivent librement, les pieds boueux et les ongles noirs des travailleurs de la terre, la rougeur des visages et celle des nez ; a contrario, on profite également de magnifiques vues en très grand angle sur les vallons du comté, sur de larges étendues d’une terre désolée et riche en même temps. Filmée au printemps, cette terre est hospitalière, contrairement à celle des Hauts de Hurlevent, le film de sa compatriote Andrea Arnold, également dans le Yorkshire, également belle, mais cette fois-là embrumée et inquiétante.

C’est dans ce cadre que se déroule la vraie romance entre Johnny (Josh O’Connor), le fils unique de la famille Saxby, abruti par les lourdes tâches qui sont les siennes à la ferme, n’ayant d’autre échappatoire qu’une murge quotidienne à la tombée de la nuit, suivie d’un vomi règlementaire à chaque lever. Le vomi est tacitement reconnu par sa grand-mère Deirdre (Gemma Jones), une femme dont l’apparence sèche et inamicale ne fait que mieux ressortir toute l’affection qu’elle semble avoir pour son petit-fils. La cuite quant à elle, est validée par Martin (Ian Hart), son père diminué par un AVC (not too much tonight, lad, Eh ! -Ne bois pas trop ce soir, fiston-). Car ainsi va la vie chez les Saxby : tant que le travail de la ferme est fait, le reste n’a pas trop d’importance. Ces sorties vespérales sont saluées comme salutaires dans ce monde rude, mais ni hostile, ni misérable. Même l’homosexualité de Johnny n’est pas un sujet, ce n’est presque pas le sujet dans un monde rural anglais que d’emblée, on aurait pourtant tendance à cataloguer d’homophobe.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-josh-o-connorLa beauté du film de Francis Lee réside justement dans cette absence d’emphase : les choses sont brutes, le film est naturaliste. Les rencontres sexuelles de Johnny sont pires qu’hygiéniques ; la tendresse, il ne connaît pas. Seules les vaches reçoivent des caresses à la ferme. Puis un jour, le beau et ténébreux Gheorghe (Alec Secareanu) arrive en renfort, un Roumain qui par ailleurs axe le film dans une dimension supplémentaire, celle de la politique, celle du Brexit, même si Francis Lee a déclaré avoir écrit ce film avant que l’idée du référendum n’ait vu le jour. Le cinéaste réussit cette gageure de faire émerger sans heurt et sans sur-dramatisation ces problématiques sociétales (les travailleurs des pays de l’Est, la xénophobie, mais aussi le rapport des gens de la terre avec ceux qui sont partis à la ville), sociales (le devenir des fermes très traditionnelles comme celles des Saxby), personnelles (la lente et magnifique transformation de Johnny au contact de Gheorghe, vers lequel il est très rapidement attiré, et qui est également très rapidement attiré par Johnny). Aidé sans doute en cela par un caractère plus ou moins autobiographique du récit (Francis Lee vient de Halifax, est gay et est d’origine paysanne), Seule la terre est une sorte de cinéma-vérité qui bouleverse par sa justesse.

Alec Secareanu remplit à merveille le rôle de Gheorghe, une sorte de mentor bourru, taciturne et pourtant attentionné qui va déciller Johnny sur bien des aspects de sa vie. Josh O’Connor est idéal pour le rôle de Johnny, ses grandes oreilles lui prêtant l’allure de ce jeune homme mal dégrossi, qui ne sait où poser ses mains lors de sa première expérience sexuelle avec Gheorghe. Sa pâleur permet de suivre le rouge qui lui monte aux joues dans la magnifique lumière dorée d’une simple lampe torche, lorsqu’il découvre un maëlstrom d’émotions nouvelles provoquées par la tendresse, l’affection, le sentiment d’appartenir à un couple, la disparition de la solitude en présence de Gheorghe. Le film est tout aussi touchant, lorsqu’au chevet de son père terrassé par un deuxième AVC, le nouveau Johnny, l’ancienne chrysalide, amorce une caresse sur le dos de la main de son père, une caresse impensable à peine quelques jours auparavant, et encore mal assumée comme une maladie honteuse, car vite camouflée quand sa « Mémé » revient dans la chambre d’hôpital.

seule-la-terre-francis-lee-film-critique-alec-secareanuSeule la Terre est malgré une apparence brutale et âpre, de la même âpreté qu’on ressent dans la trilogie de Bill Douglas (1), un film d’une grande douceur et d’une grande bienveillance. La première scène sexuelle entre les deux protagonistes est bestiale, plus proche du combat de boue qu’autre chose, et pourtant, on y lit de la beauté, dans la soif de l’autre et le début d’abandon de soi en qui concerne le jeune Johnny. Aucun accès de misérabilisme n’est à déplorer dans le film. L’Angleterre rurale est pauvre et aride, mais on y est digne et on y mange à sa faim, et les gens s’aiment tels qu’ils sont. L’homophobie y est inexistante, le racisme y est montré dans sa réalité, ni plus, ni moins (on traite l’autre de paki ou de gyppo –gitan-, mais il est respecté d’égal à égal pour le travail qu’il fournit). Peut-être un regard idyllique, qui colle aux souvenirs particuliers du cinéaste, mais une vision filmée avec talent et souci d’esthétique, ce qui fait de Seule la Terre un des plus beaux films de l’année.

 (1) : My Childhood, My Ain Folk, My Way Home

Seule la terre – Bande Annonce

Seule la terre – Fiche technique

Titre original : God’s own country
Réalisateur : Francis Lee
Scénario : Francis Lee
Interprétation : Josh O’Connor (Johnny Saxby), Gemma Jones (Deidre Saxby), Harry Lister Smith(Stagiaire), Ian Hart (Martin Saxby), Alec Secareanu (Gheorghe Ionescu)
Musique : Dustin O’Halloran, Adam Wiltzie (A Winged Victory For The Sullen)
Photographie : Joshua James Richards
Montage : Chris Wyatt
Producteurs : Manon Ardisson, Jack Tarling
Maisons de production : BFI, Creative England, Met film Production
Distribution (France) : Pyramide Distribution
Récompenses : nombreuses, dont le Prix de la mise en scène à Sundance
Durée : 104 min.
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 06 Décembre 2017
Royaume-Uni – 2017

PIFFF 2017 : L’ouverture sous le signe de la fantaisie et de la fraternité

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Retour sur cette première journée du PIFFF 2017 avec une sélection de films éclectiques qui nous font voyager à travers les affres de l’esprit.

Après avoir démarré en grande pompe avec le Ghost Story de David Lowery pour sa séance d’ouverture, suivi de The Blade of the Immortal de Takashi Miike, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF 2017) s’est lancé dans sa première journée de compétition avec une sélection de films venus de tous horizons. Très orientés sur la manipulation de l’esprit et l’imagination, ceux-ci se sont surtout imposés par leurs qualités très variables.

Dave-Made-a-Maze-PIFFF-critiqueLe tout commence avec Dave Made a Maze de Bill Watterson, une comédie loufoque empreinte d’imaginaire et de rêveries. On sent une influence évidente avec le cinéma très artisanal de Michel Gondry, cet amour du « fait maison » qui en soit donne tout son charme à un film relativement bancal. Il y a de bonnes idées visuelles dans ce Dave Made a Maze, entre les décors en cartons, la variété des situations et la composition des plans parfois inventive et astucieuse qui rend l’ensemble riche et attachant. Néanmoins, ce savoir-faire et cette générosité sont noyés dans un scénario peu subtil et attendu qui aligne ses traits d’humour avec lourdeur. On ne se prend pas de sympathie pour les personnages peu développés et surtout assez mal joués tandis que le récit se déroule devant nous sans jamais nous accrocher. Du potentiel certes, mais assez mal exploité au final.

Le-maître-des-illusions-PIFFF-critiqueOn enchaîne ensuite avec une séance culte, qui nous permet de redécouvrir Le maître des illusions de Clive Barker dans une version restaurée mais aussi en director’s cut. Cependant, avec ses 20 minutes de plus, et donc une vision plus proche de celle voulue par son auteur, le long métrage n’en est pas pour autant meilleur. Clive Barker s’est fait une renommée pour ses univers horrifiques marquants mais son histoire avec le cinéma reste chaotique et très peu couronnée de succès en dehors de son Hellraiser. Et Le maître des illusions n’est rien de plus qu’une série Z flirtant avec le nanar même dans sa version définitive. Visuellement, le film a vieilli et même pour l’époque il dispose de certains effets visuels franchement ratés, mais c’est surtout dans son scénario indigent et ses acteurs peu concernés que le tout souffre le plus. Entre un personnage principal qui ne trouve pas sa place dans le récit et qui semble greffé de force à l’histoire, les seconds rôles stéréotypés et les dialogues risibles, rien ne va dans un film qui peine singulièrement à poser une ambiance et qui enchaîne sans imagination les jumpscares qui s’avèrent en plus inefficaces.

The-Endless-PIFFF-critiqueC’est finalement The Endless de Justin Benson et Aaron Moorhead  qui crée la première surprise de ce festival. Même s’il se montre assez classique dans sa forme et son déroulé, surtout avec sa manière de flirter avec le fantastique, le film aurait vraiment pu aller plus loin pour nous surprendre, il reste pour autant une franche réussite. Personnages nuancés et vraie réflexion autour des rapports de force et de la ténacité des idées, parfois dangereuses et virales, le récit s’impose par son intelligence à défaut d’éblouir pour son originalité. L’œuvre ne tombe jamais dans le manichéisme de rigueur quand il s’agit d’histoire de secte et va chercher à creuser plus loin pour véritablement toucher au fondement de l’esprit humain. Souvent prenant et assez accessible, The Endless s’impose comme un divertissement solide, bien joué et surtout qui tire profit de sa mise en scène minimaliste. L’ensemble ne paraît jamais cheap même si au final on ne voit que très peu de choses notamment pour les éléments fantastiques et, une fois dévoilés, il n’a pas à rougir de la manière. Donc sans être mémorable, The Endless s’impose comme un bon film.

Et cette première journée du PIFFF s’est clôturée sur Ajin: Demi-human, une adaptation de manga comme il en sort souvent, très over the top et caractérisée par le surjeu et la tendance à en faire trop, typiquement japonaise, qui saura trouver son public, tandis que les autres n’y verront qu’un spectacle souvent indigent. En soi Ajin n’est ni le meilleur ni le pire de son genre.

La Nouvelle Aurore brille en DVD et Blu-Ray

Avec la sortie en DVD et Blu-Ray, le 28 novembre, du film La Nouvelle Aurore, ESC nous propose un très bon film jouant à la fois sur le tableau du film de guerre, du drame et du film social.

Synopsis : 1943. Le Sergent Larry Nevins est chargé de rétablir les communications dans une zone dangereuse d’Afrique du Nord lorsqu’il est blessé à la tête par des tireurs d’élite allemands. Rapatrié aux États-Unis, il découvre que son nerf optique est touché : il est désormais aveugle.

Si La Nouvelle Aurore n’est pas son film le plus célèbre, Mark Robson est tout de même un nom incontournable du cinéma américain des années 1940 et 50. Il fut l’assistant de Robert Wise sur le montage de Citizen Kane, puis fut chargé du montage de La Splendeur des Amberson. Devenu réalisateur, Robson signera quelques très bons films de genre : du fantastique (L’île des morts, Bedlam), des films de boxe (Le Champion, avec Kirk Douglas, ou Plus dure sera la chute, le dernier film de Humphrey Bogart). Il connaîtra même le succès avec des films comme L’Auberge du sixième bonheur, L’express du Colonel von Ryan (avec Frank Sinatra) ou le fameux Tremblement de terre (un des films catastrophe événement des années 70).

Cette Nouvelle Aurore commence comme un film de guerre. On y voit trois soldats américains en pleine campagne d’Afrique du Nord (d’ailleurs, parmi ces soldats, on découvre un jeune acteur alors inconnu, Rock Hudson). Après une scène de forte tension dramatique très solidement réalisée, le film change de registre et se tourne vers le drame.

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La Nouvelle Aurore peut, sommairement, se diviser en deux parties. La première moitié du film se concentre sur le drame vécu par ce jeune sergent qui se retrouve confronté à son tout nouveau handicap. « Il est naturel de ressentir de l’amertume », lui dira-t-on. En fait, c’est toute sa vie qu’il doit réarranger dorénavant. Tout d’abord, il faut accepter le handicap. « Être aveugle, c’est pire que la mort », dit-il et, mettant son propos en pratique, il tente de se suicider. Commence alors toute une partie où le personnage doit apprendre à se réapproprier le monde avec ses autres sens.

Mark Robson sait se faire réaliste et minutieux dans le déroulement de son film. Petit à petit, on assiste au renouveau moral de Larry.

C’est alors que débute la seconde partie du film. Le scénario joue alors intelligemment sur la notion d’aveuglement. Élevé dans le Sud des États-Unis, Larry reste enfermé dans les vieilles convictions ségrégationnistes. Le film va alors montrer le personnage pris entre deux pôles : le Sud où se trouvent sa famille et sa fiancée, ainsi que son enfance et ses anciennes convictions, et le Nord de sa nouvelle vie (symbolisée par une nouvelle fiancée potentielle). Le drame personnel devient film social.

Le film sort donc le 28 novembre en DVD et Blu Ray, avec un nouveau master restauré. L’image est très belle et rend hommage à ce film qui mériterait d’être plus connu. Certes, La Nouvelle Aurore possède bien quelques défauts, mais l’ensemble forme un bon film, émouvant, solidement réalisé et très bien écrit. Arthur Kennedy s’avère être l’acteur idéal pour ce rôle : son physique d’Américain moyen favorise la sympathie. De plus, le film se permet d’être novateur dans sa présentation de la guerre vue du côté des blessés, de ceux qui rentrent au pays avec des handicaps.

Le bonus est un entretien de 25 minutes avec Mathieu Macheret, critique au quotidien Le Monde, qui présente et analyse le film.

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LA NOUVELLE AURORE « Bright Victory »
Un film de Mark Robson
Nouveau master restauré
Avec : Arthur Kennedy (Lawrence d’Arabie, La grande évasion, Trial Golden globe meilleur acteur), L’homme de la plaine), Peggy Dow (Harvey, You Never Can Ten, I Want You), Julie Adams (The Last Movie, Carnage, L’étrange créature du lac, Hospital central…
Scénario : Robert Buckner d’après « Lights Out » de Baynard Kendrick
Musique : Frank Skinner
Directeur de la photo : William H. Daniel

Prix du meilleur scénario Pour Robert Buckner au Golden Globes de 1952
Film présenté au Festival de Cannes en 1951
Nomination à l’Oscar du meilleur second rôle : Arthur Kennedy

Réalisateur Mark Robson (1913 – 1978) filmographie sélective : Peyton Place (1957), L’Express du colonel Von Rayn (1965), La vallée des poupée (1967), Tremblement de terre (1974)…

Année de production : 1951 – noir et blanc – Langue : Anglais Sous-titres : Français  – Format image : 1.37 16/9 compatible 4/3 –  Format audio : VOST dolby digital mono 2.0 –  Durée du film : 97 mn.

Bonus inédits :

« Cécité et aveuglement », analyse du film par Mathieu Macheret (Critique cinéma du Monde)
Dans la même collection…

Makala d’Emmanuel Gras : un documentaire sur l’endurance de l’effort

Documentaire, film sur l’héroïsme, film d’aventure, Makala est une œuvre forte qui agrippe le spectateur. Suivant les pas d’un vendeur de charbon, dans une République démocratique du Congo, qui devient l’allégorie d’un capitalisme effréné, l’œuvre de Emmanuel Gras nous questionne sur la place de la caméra.

Un film est un film. Un documentaire est un documentaire. Il y a donc bien une différence entre la réalité et la fiction, même si parfois, la frontière reste très étroite. Cependant, dans des œuvres comme celle qui nous est présentée, la limite est fine : surtout qu’Emmanuel Gras fait tout pour se détacher d’un naturalisme documentariste, pour s’affranchir de ces codes et apporter une âme fictionnelle à une œuvre qui reste un documentaire. Au bord d’une nature débordante, de villages presque miteux, Emmanuel Gras prend la caméra et devient le miroir mémoriel de Kabwita Kasongo. Père de famille et vendeur de charbon, il fait des kilomètres à pieds, vélo à la main et sacs de charbons sur le dos, pour nourrir sa famille et pourquoi pas, lui donner un avenir meilleur. L’objectif du long métrage n’est pas de filmer un quotidien à proprement parlé, mais de capter l’essence même d’un effort humain, de quantifier la valeur et la dévotion d’un travail.

Au départ du film, le quotidien est filmé de manière contemplative : la forêt foisonnante, d’une beauté fascinante, est un terrain de jeu pour Kabwita, un lieu prospère à la recherche de sa matière première malgré la misère qui l’accompagne comme le démontre les repas de famille qui ne sont que des rats cuits au charbon. Il coupe un immense arbre : c’est le symbole de tout un film qui traite de l’énergie. Celle de l’Homme mais aussi celle autour de l’Homme. Kabwita, avec ce geste se construit un avenir en déconstruisant l’environnement qui l’entoure. Les premières questions interviennent alors : comment se fait-il qu’une Terre aussi vaste, qui insuffle un sentiment de liberté aussi grand soit synonyme d’un labeur telle, d’une séparation aussi omniprésente avec le monde ? Pour gagner sa croûte et subvenir au besoin de sa famille, Kabwita doit parcourir de nombreux kilomètres pour vendre sa denrée aux villages et aux villes environnantes. De ce postulat, Makala interroge autant qu’il happe par son dispositif.

Dans ce documentaire, qui prend des airs de road movie apocalyptique, la caméra ne lâche jamais du regard Kabwita : sa souffrance dans le sable, ses déceptions, ses désillusions, ses négociations, son périple. Nous sommes les témoins du périple d’un homme, dans le reflet d’une humanité qui paie de sa vie pour survivre. Les images sont belles mais fortes : on souffre avec lui, on respire avec lui, on transpire avec lui. Les plans sont longs, la dureté de ce travail nous prend aux tripes mais le ressenti n’est qu’un ressenti. On a beau vouloir comprendre, la limite du métrage est là : l’information ne vaut pas la douleur. La réalité du monde que l’on observe ne nous échappe pas mais elle n’est pas palpable. Politiquement, on absorbe le désarroi d’un pays à travers Kabwita. La caméra est présente, on la sent, on la voit, mais malgré sa proximité presque omnisciente avec son protagoniste, elle met une distance entre ce dernier et le documentariste : la parole est inexistante, l’intention est purement visuelle.

Emmanuel Gras réussit son pari en montrant l’effort et la résonance que cet effort a sur la société qu’il veut dévisager : l’effort est un moyen, douloureux et rustre mais est une fin en soi pour démontrer les conséquences qui suivent sur un tissu social défavorisé. La caméra filme tout, sans scrupule, dérange parfois par son manque de solidarité à l’effort que subit le héros qu’est Kabwita, à la limite de la complaisance et du voyeurisme social, notamment durant ces moments où l’homme semble au bout de l’effort. L’empathie du spectateur pour son héros est au maximum, mais à quel prix, avec quelle finalité sur nous-mêmes ? L’écho du réel se fait difficile. La caméra n’est pas là pour aider physiquement, ni pour changer le cours d’une réalité de tous les jours, ni pour prendre la place du sauveur : elle est là pour cristalliser l’instant T d’une vérité humaine. Dernièrement, dans le documentaire 12 jours de Raymond Depardon, se posait la question de la valeur du consentement de certaines personnes à être filmées alors que dans le même temps, on les faisait rentrer en hôpital psychiatrique sans leur consentement. Mais dans le film de Depardon, la parole est donnée à tous alors que chez Emmanuel Gras, ce sont les images, l’effort occasionné qui fait foi.

C’est peut-être ce qui rend Makala parfois miraculeux : ces plans nocturnes éclairés à la lumière naturelle où la dangerosité est féconde, cette souffrance qui se lit sur un visage lequel ne se résigne jamais, ces moments de bravoures qui poussent à l’admiration: cet héroïsme de l’Homme sans pouvoir. La délivrance, quant à elle, est difficile à appréhender : au bout de cet effort, le plus dur commence avec ces négociations incessantes sur le prix des sacs de charbon. Le plus dur commence. Le nouveau héros apocalyptique n’est pas Mad Max, mais Kabwita Kasongo.

Synopsis : Au Congo, un jeune villageois espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.

Makala – Bande Annonce

Makala – Fiche Technique

Réalisation : Emmanuel Gras
Scénario : Emmanuel Gras
Interprétation : Kabwita Kasongo et Lydie Kasongo
Montage: Karen Benainous
Société de production : Bathysphère
Distributeur : Les films du losange
Durée : 96 minutes
Genre : documentaire
Date de sortie : 06 décembre 2017

 

Rencontre exclusive avec Gabriel Yared : Portrait d’un artiste passionné

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Le compositeur Gabriel Yared nous accueille chez lui, quelques jours avant son concert évènement avec le London Philarmonique Orchestra à la Philamornie de Paris le samedi 9 décembre.

Gabriel Yared met ses études de droit de côté, après seulement deux ans, pour étudier la musique. Seul artiste de sa famille, qui ne comprend pas sa décision, Gabriel décide de se lancer dans l’aventure de la musique qui est, pour lui, bien plus qu’une passion, mais véritablement sa raison d’exister (Notre interview exclusive en vidéo en bas de l’article).

« Mes parents ne comprenaient pas que je sois autant enflammé pour la musique alors que ce n’était pas du tout dans ma famille. Je crois vraiment que je suis né pour la musique. Depuis tout petit, il n’y a que ça qui m’intéressait. »

Après des cours à l’école de musique auprès d’Henri Dutilleux, il part au Brésil et continue d’abreuver sa soif de connaissance.

« J’ai tout de suite commencé à faire du solfège mon alphabet… Je savais que je n’allais pas devenir un virtuose, ce qui m’intéressait c’était de dévorer la musique »

Il collectionne ainsi les partitions de musique classique des grands maîtres et se met à les déchiffrer pour apprendre l’art de la composition. Il dévore aussi les albums des Beatles, Marvin Gaye… Tout ce qui à trait à la musique, qu’elle soit classique, contemporaine ou même tribale nourrit la soif du compositeur. Ses compositions sont riches de ces influences diverses et variées (en témoigne la valse en trois temps de Tatie Danielle).

« …j’écoutais John Coltrane, j’écoutais Marvin Gaye, les Beatles…et pour les comprendre mieux, je prenais mon cahier de musique et je les relevais. Je notais absolument tout…J’essayais de comprendre la musique par le dedans. Il fallait que je pose par écrit pour comprendre comment une musique est architecturée. »

Plus tard, grâce aux contacts qu’il s’est faits en travaillant comme compositeur et arrangeur pour des vedettes de variétés (telles que Johnny, Aznavour, Hardy…), il rencontre Jean-Luc Godard qui lui demande de s’inspirer de l’histoire et non des images.

« Cette approche de la musique par le narratif et non par l’image, qui est le résultat du narratif, m’a beaucoup marqué et a provoqué chez moi, non pas une méthode, mais une approche différente de la musique de film »

Dès lors le mélange d’influences absorbées par le compositeur va se mettre au service des images tout en créant une musique qui peut s’écouter seule. Pour lui, pas question d’accoucher d’une oeuvre qui perdrait sa valeur sans les images qu’elle est censée illustrer.

« Ceux dont la culture s’arrête uniquement à la musique de films ou à la musique de chansons ne peuvent pas vraiment s’ouvrir à toutes les beautés de la musique. »

Sa façon de travailler : être là bien avant le premier tour de manivelle. Quel que soit le projet de film pour lequel on vient le solliciter, il faut qu’il soit en accord avec le cinéaste, qu’un lien se créé. Pour l’Amant de Jean-Jacques Annaud, c’est le pitch très court du cinéaste et son idée d’un thème simple (« Comme un arpège » lui demandera Annaud) qui va inspirer Gabriel Yared. Au retour d’un repérage au Vietnam, Annaud écoutera la démo de Yared et décidera d’en faire le thème principal du film. Il n’aura fallu qu’un thème, un lieu évoqué (le Vietnam où le film se déroule) et un embryon d’idée pour faire naître sous les doigts du compositeur un thème applaudi et récompensé par un César.

Quels que soient le genre cinématographique abordé, le support (télévision, cinéma) ou le lieu (en France et aux États-Unis), la sensibilité de Yared va exploser. Remarqué du grand public déjà à la sortie de 37,2 le matin, puis pour son César avec L’Amant, c’est Le patient Anglais qui lui vaut l’Oscar de la meilleure musique de film. Succès qui sera l’occasion pour Yared de signer un grand nombre de musiques aux États-Unis et d’entamer une collaboration avec Anthony Minghella.

Interview du compositeur Gabriel Yared

Aujourd’hui encore la musique de Gabriel Yared transporte les cinéastes. Xavier Dolan compte déjà trois collaborations avec le maître et dans les projets tournés, qui sortiront l’année prochaine, une collaboration avec l’acteur / réalisateur Rupert Everett pour un biopic sur Oscar Wilde.

Avant cela, les fans du maestro ont rendez-vous dans la grande salle de La Philarmonie de Paris samedi 9 décembre pour un concert en images inédit où les plus belles mélodies de Gabriel Yared se joueront avec le London Philarmonique Orchestra sous la direction de Dirk Brossé et de Gabriel Yared. Au chant viendront se joindre Catherine Ringer et Yaël Naïm et des musiciens comme Juan José Mosalini au Bandoléon ou Lewis Morison au saxophone.

A noter d’ici fin 2017 – début 2018 dans l’actualité de Gabriel Yared, 5 films dont il a composé la musique :

  • La promesse / Terry Georges / USA / SP/ sortie française le 29 novembre 2017
  • Si tu voyais son cœur / Premier long métrage de Joan Chemla récompensé au Festival du film de Varsovie (prix du meilleur Réalisateur) : sortie française le 10 janvier 2018
  • The Happy Prince de et avec Rupert Everett / Premier long métrage de l’acteur en tant que réalisateur
  • The death and life of John F. Donovan de Xavier Dolan (3ème collaboration pour le compositeur et le réalisateur Quebecois)
  • Dilili à Paris / Michel Ocelot / sortie française le 10 octobre 2018

Yared /40 ans de musique de films
 –  et  pour un complément d’ infos sur Gabriel, sa carrière, sa bio, son actu  :  www.gabrielyared.com

Un grand merci à Gabriel Yared et à Danielle Escher pour leur gentillesse et leur disponibilité.

Propos recueillis par Olivier Pastorino et Rudee Larue. Vidéo et montage de Rudee Larue (RCG Team).

Notre Chère Brigitte rencontre James Stewart en DVD et Blu-Ray

La plus connue des actrices françaises dans un film inédit en France ? Voilà de quoi exciter la curiosité des cinéphiles pour ce Chère Brigitte, qui sort en DVD et Blu Ray chez ESC le 28 novembre.

Synopsis : Henry Leaf est un poète et universitaire américain. Il est farouchement opposé aux sciences et s’indigne de leur place grandissante dans le campus. Il vit sur un bateau avec sa femme et ses deux enfants. La surprise viendra du petit dernier, Erasme, qui est totalement dépourvu du moindre talent artistique mais qui se révèle être capable d’effectuer rapidement des calculs très complexes.

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Le film Chère Brigitte démarre comme une agréable comédie familiale. Ses premières minutes donnent le ton : un personnage qui se fait appeler « Le Capitaine » parle directement aux spectateurs, face caméra, pour présenter une petite communauté de doux rêveurs qui vivent sur l’eau dans la baie de San Francisco. La présence de James Stewart renforce encore cet aspect : nous sommes bel et bien devant un petit film de famille, sans forcément de grandes prétentions artistiques (Henry Koster fut un bon artisan, mais n’a jamais réalisé de chefs d’œuvre).

Le film présente donc une famille à laquelle le père impose un mode de vie marginale. Cela donne l’occasion à James Stewart de faire quasiment un one-man-show où il n’hésite pas à cabotiner, ce qui, finalement, correspond bien à son personnage à la fois fort en gueule et incroyablement distrait. A ceux qui apprécient les personnages lunaires façon Pierre Richard, voici un film qui devrait plaire : Henry Leaf en vient même à oublier qu’il est venu au travail en voiture et rentre régulièrement en taxi, laissant son véhicule à l’université.

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Autour du génial acteur, le film va déployer toute la panoplie des personnages typiques des comédies familiales américaines : l’épouse au foyer (qui a beaucoup plus les pieds sur terre que son cher mari), l’adolescente qui fugue en barque pour rencontrer son amoureux, et le petit garçon qui va se révéler être exactement ce que le père ne voulait pas : doué pour les sciences ! Cela donne aux spectateurs l’occasion de voir des scènes impensables de nos jours : un duel de vitesse de calcul entre un enfant et un ordinateur ! Rappelons-nous que nous sommes dans les années 60, à l’époque où un ordinateur tenait une pièce complète et prenait plusieurs minutes pour effectuer un calcul…

Bien entendu, l’enjeu du film sera double : faire en sorte que le père accepte le talent de son fils, et éviter tous les pièges tendus devant leur route par des personnes mal intentionnées.

Et Brigitte Bardot, dans cette affaire, alors ? Elle est le grand amour secret d’Erasme, le petit génie des maths qui écrit chaque soir une lettre à la célèbre actrice. Il rêve de la rencontrer. Parviendra-t-il à réaliser ce rêve qui frôle l’obsession ?

Le film constitue une agréable petite comédie, qui se laisse voir avec plaisir. Les personnages sont sympathiques, le rythme est soutenu et l’ensemble dégage un petit air nostalgique des années 60.

Le DVD propose une très belle copie haute définition, et le film est accompagné de deux suppléments, le premier sur « Le Phénomène BB » et le second sur la fabrication du film (on y apprend, entre autre, le rôle important de Daryl F. Zanuck).

CHERE BRIGITTE (Dear Brigitte)
Un film de Henry Koster
Film inédit en France !
Nouveau master haute définition

Avec : James Stewart Brigitte Bardot dans son propre rôle.
Scénario : John Haase, Hal Kanter
Musique : George Duning
Directeur de la photo : Lucien Ballard
Réalisateur : Henry Koster
(1905-1988) : Monsieur Hobbs prend des vacances (ECS distribution), Harvey, Tunique, Honni soit qui mal y pense, Vive monsieur le maire, Le voyage fantastique…

Année de production : 1965 – Langue : Anglais Sous-titres : Français – Format image : 1.85 : 1 / 16/9 compatible 4/3 – Format audio : dolby digital mono 2.0 – durée du film 100 mn

Bonus inédits :

• « Le phénomène BB », par Stéphane Mulys
• Entretien avec Antoine Sire (auteur)

Dans la même collection…

La Villa : le petit théâtre tchékhovien de Robert Guédiguian

Le 20e film de Robert Guédiguian est un petit bijou de nostalgie et de naïveté douce, mais parfois plus déchirante qu’un pur cynisme frontal. La Villa est aussi une sorte de théâtre familial où chaque personnage est à lui seul tout un art. On est presque chez Tchekhov, mais à Marseille, terre de prédilection du réalisateur.

Trois frères et sœurs

ariane-ascaride-jean-pierre-daroussin-la-villa-critiqueIls sont trois, deux frères, une sœur. Leur père vient d’être victime d’une attaque qui ne lui a pas pris la vie, mais la mobilité. Ils doivent donc se retrouver tous dans la maison familiale. Pour l’une d’entre eux, c’est un retour douloureux, presque impossible, car c’est une petite fille qui est morte, noyée. Leur villa est une sorte de petit bijou en plein soleil du sud, accent très Guédiguian en prime. Elle trône telle une reine au-dessus d’une calanque presque abandonnée de ses touristes, de ses habitants. Les personnages sont au centre d’un petit théâtre des mœurs donc où chacun tente de sortir la tête de l’eau. On se croirait presque dans la pièce Les Trois sœurs écrite par Anton Tchekhov et récemment mise en scène et modernisée au théâtre. La parole fuse de partout, chacun ayant son mot à dire sur ce monde qui lui échappe ou dont il veut à tout prix faire partie. Et il y a bien sûr, au centre, l’authenticité. Tous sont comme happés par cette villa alors même que le passage filmé d’un train qui fuit le village semble vouloir signifier une échappée. Les souffrances sont tues avant d’être dites. Les personnages sont des sortes d’archétypes qui récitent du Claudel, attrapent des poulpes avec les jambes, fauchent les herbes folles sur les sentiers. Il y a donc aussi pour cette famille la volonté de défricher le passé, de s’en affranchir.

Une petite vie tranquille

anais-demoustier-la-villa-critiquePourtant, le passé est aussi le souffle qui permet de se recentrer, de se retrouver, de se découvrir aussi peut-être. Il y a alors une lenteur presque pesante dans La Villa, une forme de naïveté assumée aussi, comme lorsque la famille découvre dans les broussailles des enfants migrants qui semblent comme des perles miraculées, sans accrocs. C’est qu’ici la mort n’est que suggérée, repoussée, presque sublimée. Il y a aussi une douceur infinie, comme la relation qui lie un médecin (encore Tchekhov !) à ses parents amoureux et bien décidés à rester ensemble à tout prix. Il y a aussi de la farce ou plutôt des facéties à travers notamment le personnage d’amoureux transi et souriant joué par le toujours aussi juste Robinson Stévenin. Finalement, Guédiguian filme la vie, quelque chose qui jaillit d’images rafraîchissantes d’un de ses premiers films, qui dit que rien n’a changé et que pourtant tout bouge dans les variations sur la vie, l’amour, la mort et la famille que propose Guédiguian dans son cinéma qui s’est parfois osé différent comme avec Une histoire de fou en 2014. Il y a ici des habitués qui côtoient des « faux » petits nouveaux, la volonté de dire avec douceur, et en prenant son temps, ce que la vie fait aux rêves, aux désirs, aux liens qui unissent les hommes. Face à leur destin, car ils ne choisissent pas de se résigner même quand ils sont un peu âgés, les personnages de Guédiguian s’affirment. Et leurs voix deviennent alors les échos du présent, vécu pleinement ici, du passé et surtout du futur qui s’ouvre à eux.

La Villa : Bande-annonce

La Villa : Fiche technique

Réalisateur : Robert Guédiguian
Scénario : Robert Guédiguian, Serge Valletti
Interprètes : Ariane Ascaride,  Jean-Pierre Daroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet, Anaïs Demoustier,  Robinson Stévenin, Yann Tregouet
Photographie : Pierre Milon
Montage : Bernard Sasia
Sociétés de production : Agat Films & Cie, France 3 Cinema
Distributeur : Diaphana Distribution
Durée : 107 minutes
Genre : drame
Date de sortie : 29 novembre 2017

France – 2017

Interview : François Descraques, conteur d’histoires 2.0

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Papa de la web-série française culte Le Visiteur du Futur, François Descraques incarne la nouvelle génération de réalisateurs français prêts à s’adapter à tous les formats pour inventer des mondes et des personnages. Créateur du triptyque musical Rock Macabre, du huis-clos Dead Floor et du thriller fantastique Dead Landes, Descraques revient en force sur Twitter avec un feuilleton horrifique : 3ème droite.

François Descraques raconte encore des histoires. Si le héros de sa web-série Le Visiteur du futur pouvait remonter dans le temps pour le prévenir, il lui dirait qu’en commençant sa web-série en 2009 il deviendrait quelques années plus tard le visage de la création audio-visuelle moderne en France. A l’image du long-métrage Les Dissociés réalisé par le collectif Suricate (dont fait partie son frère Raphaël Descraques), François Descraques fait partie d’une génération de créateurs où le manque de moyens n’est pas une limite à la création. « Je ne suis pas attiré par le manque de moyen en soi mais par le contrôle et la flexibilité d’un projet. Si de grands moyens me permettent de mieux réaliser un projet, je préfère de grands moyens. Mais la liberté de contrôle a un prix. Littéralement. » précise François Descraques. Ainsi tout est bon pour raconter une histoire. Sa web-série Dead Floor a été diffusée à raison d’un épisode par jour entre le 28 novembre et le 2 décembre 2016. Un spin-off Dead Landes a pris le relais dès le lendemain mais cette fois diffusée sur France 4. Né sur Dailymotion, Le Visiteur du futur a ensuite fait une partie de son chemin à la télévision. Son héros est même parti taquiner les pages de bandes-dessinées et de romans. Naît de l’imagination du créateur : 3ème droite. Tout commence avec un thread sur le réseau social Twitter le 4 septembre 2017 « Comment j’ai trouvé un super plan pour un appart et que je vais peut-être mourir du coup ». L’histoire conte le quotidien d’un adulescent dans un nouvel appartement qui lui réserve bien des surprises, à commencer par un propriétaire mystérieux et très envahissant.

« Mon boulot c’est d’inventer. »

Si le premier thread peut laisser penser au récit de vie d’un simple internaute, il s’agit en faite d’un feuilleton Twitter. Chaque semaine, François Descraques publie un nouveau chapitre de l’histoire sur un compte dédié, qui possède déjà 53 000 abonnés.  « J’ai décidé de lancer 3ème Droite sur Twitter car je voulais me lancer dans un feuilleton sans passer par l’étape de validation. C’était et cela reste une expérience créative pour moi. » explique le réalisateur. Aux 140 caractères (désormais 280), s’ajoutent des images et des vidéos qui viennent compléter le récit pour l’ancrer dans le réel : « La limite de caractère me correspond bien. J’aime écrire de manière concise. Pour les images et les vidéos, je voulais que ça soit de belles surprises mais qui ne prennent pas le pas sur la forme « littéraire » du récit. » Pour l’instant au chapitre 10, le feuilleton horrifique polarise l’attention d’une communauté sur Twitter qui attend patiemment chaque lundi pour découvrir la suite de l’histoire. « J’ai une fin que j’aime changer. J’ai un nombre de thread prévu que j’aime aussi changer. Mais on est plus proche de la fin que du début. » confie Descraques. Si 3ème droite a désormais embrassé son aspect terrifique et fantastique, l’intrigue est à la base fondée sur « une expérience réelle ». Il ajoute : « Cela a dérivé en thriller horrifique ponctué d’anecdotes de la vie de tous les jours qui peuvent m’être arrivés ou qui sont arrivés à des gens autour de moi. Mais au final, mon boulot c’est d’inventer. Donc on peut dire que ça [ ndlr : son inspiration ] vient de nulle part et de partout en même temps. » Rassurons-nous, pas de vrai Munch ou Monsieur K à l’horizon. Quant à une éventuelle adaptation audio-visuelle ?  François Descraques répond : « En terme d’adaptation, tout est possible en soi mais je préfère me concentrer sur la fin de l’histoire pour l’instant. ».

Episode 1 – Dead Floor

https://www.youtube.com/watch?v=j-4Cbv71nuw

 

The Unseen, un film…indistinct : Critique

A l’occasion de sa sortie en VOD et Blu-Ray le 30 novembre dernier et en partenariat avec ACE entertainment, critique du film The Unseen de Geoff Redknap, ou Invisible en version française. 

Synopsis  : Bob Longmore (joué par Aden Young) a abandonné sa famille et s’est isolé dans une petite ville du Nord du Canada il y a huit ans de cela. Quand son ex-femme, Darlene (Camille Sullivan), reprend soudainement contact avec lui, il décide d’aller les rejoindre, elle et sa fille Eva (Julia Sarah Stone), afin de reprendre contact avec cette dernière. Quand Eva disparaît, Bob fait tout ce qui est en son pouvoir pour la retrouver, au risque de dévoiler sa mystérieuse maladie : son corps devient petit à petit invisible. 

Diffusé pour la première fois lors du Fantasia International Film Festival de Montréal le 17 juillet 2016, The Unseen a fait plusieurs festivals de films d’Horreur et Fantastique sans toutefois remuer plus que ça l’engouement des foules. Il remporta cependant trois prix, dont le Bloodie du meilleur film au Blood in the Snow Canadian Film Festival. Rangé dans les cases Horreur et Thriller, ce film a été vendu comme une réécriture du mythe cinématographique de l’homme invisible : L’Homme Invisible de James Whale né en 1933 avec le classique des Universal Monsters. The Unseen est le premier long-métrage de Geoff Redknap car, si celui-ci s’était essayé à la réalisation de court-métrages auparavant, la grande partie de sa carrière au cinéma se fait en tant que make-up artist. Et si les noms des responsables des maquillages de nos films préférés sont parfois assez obscurs pour le grand public, sachez que vous avez pu voir certaines de ses prothèses dans des petits films sans prétention comme Deadpool (2016) ou La Cabane dans les Bois (2012). Geoff Redknap a aussi travaillé sur les effets spéciaux de Warcraft : le commencement (2016), Sucker Punch (2011) ou même Watchmen (2009) ! Avec un pedigree comme le sien, on pourrait s’attendre à ce que le maquillage et les effets spéciaux soient omniprésents dans son film. Pourtant, Geoff Redknap nous présente avec The Unseen un film tout en sobriété. Les effets spéciaux et le maquillage sont réussis – notamment dans les scènes où l’invisibilité du personnage principal n’est que partielle – mais ne vous marqueront pas plus que ça. Et pour cause, mis à part un segment où le personnage de Bob Longmore intervient torse nu exposant ainsi les trous béants laissés par sa condition, il passera la majorité du film emmitouflé sous quatre couches de vêtements. La condition du personnage principal passe ainsi au plan secondaire de l’intrigue. Pourtant, le développement du film insiste à de nombreuses reprises sur la douleur et les faiblesses que la maladie provoque chez Bob Longmore, le pressant alors dans sa quête de retrouvailles avec Eva. Ainsi, le syndrome de l’Homme Invisible qui l’affecte n’est que secondaire, laissant le drame familial être la trame principale du film.

En ce sens, Redknap a fait le choix de la caméra à l’épaule, ce qui est une excellente solution pour donner de la sincérité à son histoire et à son propos. Le travail de photographie témoigne d’ailleurs d’un œil affûté qui sert à merveille le jeu tout à fait correct des acteurs principaux. Et notamment de l’acting de Julia Sarah Stone qui, à 20 ans, commence à faire parler d’elle. Certains considèrent d’ailleurs The Unseen comme le film qui marquera le début de sa reconnaissance à l’international. En revanche, le montage est  très (trop?) saccadé, et laisse passer quelques scènes des plus inutiles, qui plongeront le spectateur dans la confusion face à l’atonie du résultat final. On ne comprendra la plupart du temps pas où le film cherche à nous mener avec toutes ces intrigues secondaires et ces personnages anecdotiques aux lignes de dialogue des plus vaines. Pour ces raisons, le propos principal du film passe inaperçu parmi un capharnaüm de scènes et d’informations stériles. L’exemple le plus évident est les interventions du personnage de Crisby, incarné par Ben Cotton. Au cours du scénario, Bob Longmore va devoir solliciter Crisby, petit dealer local, qui lui demandera d’effectuer un échange de marchandise pour son propre compte. Bob profite d’aller retrouver sa famille pour effectuer la commission (ou est-ce le contraire ?) mais traîne à lui remettre la livraison. Ce qui énerve Crisby, qui cherche à se venger à la fin du film, meurt, et…c’est à peu près tout. Son simple intérêt a été d’être une menace pendant les quelques dernière minutes de la fin du film où il apparaît. Le gros soucis de The Unseen est qu’il ne sait pas concrètement se placer entre le drame familiale ou le récit fantastique. L’intrigue alterne entre des scènes relevant du Fantastique et la situation du père de famille malade cherchant à se faire pardonner de sa fille avant de disparaître (belle métaphore de son invisibilité, qui sera malheureusement réduite à néant à la toute fin du film). Mais son développement peine à faire le lien entre ces deux situations, résultant d’un développement irrégulier, incohérent, brouillon.

The Unseen est un long-métrage qui pèche de ne jamais poser concrètement son propos et qui noie son intrigue dans un montage brouillon. Toutefois, force est de constater que, si l’ensemble manque de vitalité, la réalisation de Geoff Redknap sur ce premier projet est tout à fait prometteuse, et témoigne de choix artistiques réfléchis. Nous espérons donc que The Unseen marque le début d’une nouvelle orientation de carrière pour son réalisateur, et que celui-ci continue ses réflexions de réécriture de mythes horrifiques en ayant pris conscience de ses erreurs.


The Unseen (Invisible) : bande-annonce

Invisible – fiche technique :

Titre original : The Unseen
Réalisateur :  Geoff Redknap
Casting : Aden Young, Camille Sullivan, Julia Sarah Stone, Ben Cotton
Durée : 97 min
Goonworks Films
Sortie VOD & Blu-ray : 30 novembre 2017
Diffusion : ACE entertainment
Durée : 97 min

Canada – 2016 

Auteur : Jeap Horckman

Plonger, le bain d’amour passionnant de Mélanie Laurent

Après le documentaire Demain, Mélanie Laurent revient à la fiction avec une œuvre d’une grande beauté esthétique qui crie à la liberté et à la passion. Plonger charme autant que le duo d’acteurs séduit.

Plonger commence de manière assez vive et la réalisatrice amène immédiatement le spectateur dans l’intimité du couple avec une scène d’amour dans la voiture. Filmée et sublimée avec sensualité, Mélanie Laurent nous épargne les clichés des premiers rendez-vous en proposant un récit accéléré de leur amour. À l’inverse des comédies romantiques qui prennent tout leur temps pour ensuite créer un happy-end, le film livre des instants de vies bruts et brefs en accélérant les premiers regards, baisers pour directement plonger le public dans un quotidien qu’il n’a pas le temps de saisir. Comme souvent d’ailleurs, le scénario ne s’attarde jamais trop sur les moments doux et joyeux souvent transformés en simples flashs et pourtant, le talent de mise en scène fait ressentir toute la passion qu’il y a entre ces deux personnages. Couple sublime joué par Maria Valverde, actrice mystérieuse dont l’accent espagnol séduit, et Gilles Lellouche, vraiment convaincant dans le rôle d’un homme amoureux et sérieux. Pour une fois, la sincérité lui va bien : il a quitté ses rôles d’hommes à femmes, le gamin a disparu au profit d’un homme passionné qui lui va encore mieux. Chacun a son moment de gloire dans le film : au début, elle crève l’écran avec son manque d’inspiration, ses craintes et son charme fou, à la recherche de l’étincelle qui la refera vibrer. Ce besoin de liberté est touchant. Dans la deuxième partie du film, quand Paz disparaît c’est lui qui est au centre de l’image et qui nous bouleverse par sa détresse et son désespoir.plonger-maria-valverde

Bien que l’histoire ne soit qu’effleurée, elle n’en reste pas moins bouleversante parce que Mélanie Laurent montre toujours que l’on peut dire et raconter quelque chose autrement. Comme elle l’avait fait dans Les Adoptés et avec lequel on voit clairement les ressemblances, une femme disparaît laissant l’homme fou d’elle, seul et désemparé. La réalisatrice sait comment tourner une passion dévorante en mélodrame tout en émouvant son public. Sans jouer de scènes vraiment tragiques, elle fait passer les émotions à travers un plan, une phrase, un regard et c’est ce qui est fascinant sur cette réalisation. Le cinéma et la photographie de la cinéaste ne cessent de passionner, Plonger brille par ses images et sa musique, céleste. Toujours en collaboration avec Arnaud Potier pour les images, dont on reconnaît le style fabuleux, l’actrice et réalisatrice très engagée dans l’écologie, voit en ce film l’occasion de glisser quelques clins d’œils à son action. Avec l’océan en toile de fond de ce bain d’amour totalement séduisant, la liberté l’emporte souvent sur la mélancolie grâce à des plans gigantesques sur des paysages magnifiques. Il faut d’autant plus voir ce film que l’on retrouve Marie Denardaud, qui avait déjà joué pour Mélanie Laurent dans son premier film, Les Adoptés, dans lequel elle était incroyable.

Synopsis : C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication.

Plonger : Bande-Annonce

Plonger : Fiche Technique

Réalisation : Mélanie Laurent
Scénario : Mélanie Laurent, Julien Lambroschini, Christophe Deslandes, d’après l’oeuvre de Christophe Ono-dit-Biot
Interprétation : Gilles Lellouche, Marìa Valverde, Ibrahim Ahmed dit Pino, Marie Denardaud, Noémie Merlant
Image: Arnaud Potier
Décors : Stanislas Reydellet
Montage: Guerric Catala
Producteur(s): Bruno Levy, Julien Deris, Etienne Mallet, David Gauquié
Société de production : Move Movie, CinéFrance, Mars Films
Distributeur : Mars Films
Durée : 102 minutes
Genre : drame
Date de sortie : 29 novembre 2017

France – 2017

Canal + révolutionne les programmes courts avec la série Calls de Timothée Hochet

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Calls, la nouvelle série proposée par Canal + à la mi-décembre, va faire beaucoup parler d’elle. Calls ne proposera en effet aucune image. Ce programme atypique est principalement focalisé sur une expérience sonore.

Canal + va proposer dès le vendredi 15 décembre 2017 une nouvelle création originale intitulée Calls. Cette série propose un concept assez rarement exploité à la télévision. La série ne contiendra en effet aucune image avec des acteurs jouant la comédie. L’écran noir de votre téléviseur sera accompagné simplement par des sous-titres. L’attention du téléspectateur se concentre donc entièrement sur le contenu audio du programme.

Dix épisodes ont été conçus pour la série Calls. Ils correspondent, en réalité dans l’intrigue, à une variété d’enregistrements retrouvés après des événements tragiques. Chaque épisode sera d’une durée de dix minutes. La série s’intéresse à l’étrange, l’angoisse, l’amour et à l’inexplicable. Les thèmes abordés dans ces dix histoires sont variés. Les enregistrements en question proviennent de diverses sources : la boite noire d’un avion, un répondeur téléphonique, des talkies-walkies, les cassettes d’un magnétophone ou des appels à Police Secours.

Le concepteur et « réalisateur » de Calls, Timothée Hochet, âgé seulement de 23 ans, s’est confié à la rédaction du Huffington Post sur ce programme ambitieux. Ce jeune cinéaste a déjà réalisé de nombreux courts-métrages sur YouTube.

[Le] projet constitue une expérience où le spectateur se retrouve plongé dans le noir, frissonne et imagine. Selon moi, l’image est extrêmement présente dans notre société actuelle, le son un peu moins. A travers cette entreprise, je souhaitais absolument mettre l’accent sur l’aspect auditif et l’imagination. J’apprécie énormément le petit côté « histoire au coin du feu » et je voulais le retranscrire dans cette fiction. Tous les épisodes ne sont pas angoissants, c’est très varié. On peut trouver une pointe d’humour à plusieurs reprises par exemple.

Même si la série ne permettra pas de bénéficier de la présence et de l’aura des acteurs à l’image et à l’écran, le casting vocal de Calls est néanmoins de haute volée avec notamment Gaspard Ulliel, Charlotte Le Bon, Mathieu Kassovitz, Baptiste Lecaplain ou bien encore Kyan Khojandi.

Timothée Hochet a connu un véritable succès en créant une toute première vidéo sur la toile, intitulée Calls (expérience auditive). Publiée sur Youtube, sa vidéo, sans image, a rapidement dépassé la barre des 450 000 vues. Lorenzo Benedetti, le PDG de Studio Bagel (appartenant à Canal +), a été séduit par le concept. C’est à partir de ce moment-là qu’est né le projet de cette série. Les scénarios de Calls ont été écrits par Timothée Hochet.

Le message qui accompagne la bande-annonce du programme promet une bonne dose d’angoisse et de sensations fortes. Ces indications sont assez similaires aux recommandations déjà vues dans cinéma de genre avec le procédé du found footage, comme Le Projet Blair Witch.

Ces enregistrements témoignent de ce qu’il s’est passé. Ces cassettes peuvent être choquantes et dérangeantes. Gardez en tête que tous ces enregistrements sont authentiques, aucune de ces cassettes n’a été manipulée ou truquée.

Pour que le concept de Timothée Hochet puisse trouver sa place à la télévision, de légères modifications ont donc été apportées.

Je souhaitais avoir un écran tout noir. Pour Canal, c’était plus compliqué car ils craignaient que les téléspectateurs pensent à un bug en tombant sur le programme. On a donc décidé d’inclure des images abstraites avec Olivier Degrave [le directeur artistique visuel].

Des stimuli visuels devraient ainsi réveiller et surprendre le spectateur. Timothée Hochet serait prêt à travailler sur une deuxième saison. La création originale Calls sera donc diffusée tous les vendredis soir à partir du 15 décembre sur Canal + Décalé.

Bande-annonce de Calls, une série de Timothée Hochet, diffusée en exclusivité sur Canal + Décalé :

Calls, expérience auditive de Timothée Hochet :