Plonger, le bain d’amour passionnant de Mélanie Laurent

Après le documentaire Demain, Mélanie Laurent revient à la fiction avec une œuvre d’une grande beauté esthétique qui crie à la liberté et à la passion. Plonger charme autant que le duo d’acteurs séduit.

Plonger commence de manière assez vive et la réalisatrice amène immédiatement le spectateur dans l’intimité du couple avec une scène d’amour dans la voiture. Filmée et sublimée avec sensualité, Mélanie Laurent nous épargne les clichés des premiers rendez-vous en proposant un récit accéléré de leur amour. À l’inverse des comédies romantiques qui prennent tout leur temps pour ensuite créer un happy-end, le film livre des instants de vies bruts et brefs en accélérant les premiers regards, baisers pour directement plonger le public dans un quotidien qu’il n’a pas le temps de saisir. Comme souvent d’ailleurs, le scénario ne s’attarde jamais trop sur les moments doux et joyeux souvent transformés en simples flashs et pourtant, le talent de mise en scène fait ressentir toute la passion qu’il y a entre ces deux personnages. Couple sublime joué par Maria Valverde, actrice mystérieuse dont l’accent espagnol séduit, et Gilles Lellouche, vraiment convaincant dans le rôle d’un homme amoureux et sérieux. Pour une fois, la sincérité lui va bien : il a quitté ses rôles d’hommes à femmes, le gamin a disparu au profit d’un homme passionné qui lui va encore mieux. Chacun a son moment de gloire dans le film : au début, elle crève l’écran avec son manque d’inspiration, ses craintes et son charme fou, à la recherche de l’étincelle qui la refera vibrer. Ce besoin de liberté est touchant. Dans la deuxième partie du film, quand Paz disparaît c’est lui qui est au centre de l’image et qui nous bouleverse par sa détresse et son désespoir.plonger-maria-valverde

Bien que l’histoire ne soit qu’effleurée, elle n’en reste pas moins bouleversante parce que Mélanie Laurent montre toujours que l’on peut dire et raconter quelque chose autrement. Comme elle l’avait fait dans Les Adoptés et avec lequel on voit clairement les ressemblances, une femme disparaît laissant l’homme fou d’elle, seul et désemparé. La réalisatrice sait comment tourner une passion dévorante en mélodrame tout en émouvant son public. Sans jouer de scènes vraiment tragiques, elle fait passer les émotions à travers un plan, une phrase, un regard et c’est ce qui est fascinant sur cette réalisation. Le cinéma et la photographie de la cinéaste ne cessent de passionner, Plonger brille par ses images et sa musique, céleste. Toujours en collaboration avec Arnaud Potier pour les images, dont on reconnaît le style fabuleux, l’actrice et réalisatrice très engagée dans l’écologie, voit en ce film l’occasion de glisser quelques clins d’œils à son action. Avec l’océan en toile de fond de ce bain d’amour totalement séduisant, la liberté l’emporte souvent sur la mélancolie grâce à des plans gigantesques sur des paysages magnifiques. Il faut d’autant plus voir ce film que l’on retrouve Marie Denardaud, qui avait déjà joué pour Mélanie Laurent dans son premier film, Les Adoptés, dans lequel elle était incroyable.

Synopsis : C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication.

Plonger : Bande-Annonce

Plonger : Fiche Technique

Réalisation : Mélanie Laurent
Scénario : Mélanie Laurent, Julien Lambroschini, Christophe Deslandes, d’après l’oeuvre de Christophe Ono-dit-Biot
Interprétation : Gilles Lellouche, Marìa Valverde, Ibrahim Ahmed dit Pino, Marie Denardaud, Noémie Merlant
Image: Arnaud Potier
Décors : Stanislas Reydellet
Montage: Guerric Catala
Producteur(s): Bruno Levy, Julien Deris, Etienne Mallet, David Gauquié
Société de production : Move Movie, CinéFrance, Mars Films
Distributeur : Mars Films
Durée : 102 minutes
Genre : drame
Date de sortie : 29 novembre 2017

France – 2017

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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