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12 jours, de Raymond Depardon : quand la bureaucratie rencontre l’intime

Le grand photographe et cinéaste Raymond Depardon a travaillé plusieurs fois sur l’institution judiciaire mais aussi sur les hôpitaux psychiatriques. Dans 12 Jours, il réunit les deux mondes et met en scène avec beaucoup de respect pour les uns et pour les autres leur quasi-dialogue de sourds.

Synopsis : Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

A la folie

Peu de temps après l’immense Frederick Wiseman et son Ex-Libris, et le très grand Wang Bing et son nouveau film Argent Amer, notre Raymond Depardon national vient à son tour contribuer à l’univers de ces documentaires fascinants, édifiants, beaux parce que terriblement humanistes. Pourtant, rien n’est aussi âpre et sec que le sujet du nouveau film du cinéaste, 12 Jours. Depuis très peu (2013), tellement si peu qu’on se demande avec effroi quelles étaient les pratiques d’avant, la loi oblige un juge à vérifier la régularité d’une procédure d’internement d’office, avant le 12ème jour de cet internement. Le contrôle consiste en deux choses essentiellement : vérifier la forme et le fond des certificats médicaux justifiant la poursuite ou non de cet internement, mais également recueillir le souhait du patient au regard de leur séjour en hôpital psychiatrique. Ce contrôle est également réalisé tous les 6 mois si le séjour était amené à se prolonger.

Sur le modèle de ces films comme Délits flagrants ou 10ème chambre, instants d’audience, 12 jours s’attaque donc de nouveau au monde judiciaire, appliqué cette fois-ci à la réalité si particulière de la folie. Raymond Depardon entame son métrage par un très long et très lent travelling le long des couloirs vides et silencieux de l’HP, comme pour véritablement inviter le spectateur à se débarrasser très progressivement du monde extérieur afin d’entrer dans cet univers qui, sans être stérile, est empreint de la douloureuse solitude des malades face à tous les possibles qui ne lui sont pas accessibles, telles ces portes closes tout au long de ce grand couloir…

La caméra se focalisera ensuite majoritairement sur la salle d’audience. Un juge y est présent, le patient et son conseil, un curateur ou un tuteur quand c’est le cas. Et une discrète infirmière vient rappeler que nous sommes bien à l’hôpital. Le dispositif filmique consiste en une succession de champs/contrechamps sur le visage de la personne qui est en train de parler, parfois sur le visage de l’autre qui écoute, à l’aide de deux caméras braquées respectivement sur eux. Sur les quelques 70 audiences qu’il a filmées à l’hôpital Vinatier de Lyon, le cinéaste en a gardé 10 des plus diverses. Des hommes, des femmes, des schizophrènes criminels, d’autres suicidaires, des personnes internées de force par leurs employeurs, d’autres par les forces de l’ordre ou encore par leur propre famille. Tous ont en commun d’avoir dans les yeux une plus ou moins grande intranquillité.

A un moment lors de l’audience, la procédure veut que le juge demande au « malade » ce qu’il pense de cet internement, s’il veut le continuer ou pas. La réponse est presque invariablement une demande de sortie, quelle que soit la gravité de la pathologie. Un vague sentiment de malaise s’empare alors du spectateur qui voit dans ces questions à la fois certes un respect de l’être humain derrière le patient souhaité par le législateur, en même temps qu’une vaste hypocrisie puisqu’à aucun moment, et avec raison, le juge n’envisage l’éventualité d’une telle sortie. La lueur de souffrance et de déception dans les yeux de ces femmes et de ces hommes à l’issue de chaque décision du ou de la juge est très justement captée par le cinéaste.

Le travail de Raymond Depardon a beau être factuel, on ne peut s’empêcher de voir que le cinéaste lui-même trouve un côté kafkaïen à cette procédure qui fait comme si le patient avait toutes ses facultés pour répondre à ces questions. Et même si la controverse pourrait également s’appliquer à l’équipe du film qui s’appuie sur le « consentement » de personnes aussi peu éclairées pour tourner à visage découvert, certes avec leurs noms qui sont modifiés, il est indéniable que la démarche du réalisateur est salutaire et honnête, en voulant mettre en lumière ces personnes brisées par l’injustice de leur pathologie.

Tourné en hiver, 12 Jours est ponctué de quelques scènes filmées à l’extérieur du bâtiment, qui marquent une désolation du paysage à l’image des protagonistes du film. La musique d’Alexandre Desplat est à l’avenant, profondément mélancolique, et on sort de cette histoire envahi de tristesse, mais également de compassion pour les patients et un petit peu pour les juges, emprisonnés dans un rôle difficile où l’empathie qu’on devine parfois sur leur visage est contrecarrée par les décisions difficiles qu’ils sont obligés de prendre. Malgré ou grâce à son extrême simplicité et dépouillement, 12 Jours est un film très réussi sur la rencontre de la pure bureaucratie et du profondément intime ; un film qui ne se laissera pas oublier facilement.

12 Jours – Bande-annonce

12 Jours – Fiche technique

Réalisateur : Raymond Depardon
Interprétation : Inconnus
Musique : Alexandre Desplat
Photographie : Raymond Depardon
Montage : Simon Jacquet
Producteurs : Claudine Nougaret
Maisons de production : Wild Bunch, Palmeraie et Désert, France 2 Cinéma, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma, Etoile 14
Distribution (France) : Wild Bunch Distribution
Durée : 87 min.
Genre : Documentaire
Date de sortie : 29 Novembre 2017

France – 2017

Enfance & Cinéma en 2017 : une innocence disparue

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Lorsqu’on fait le bilan d’une année cinématographique, certains thèmes reviennent avec plus ou moins d’insistance. Soit parce que ce thème-là est influencé par une mode stylistique, soit parce que le cinéma veut rendre visible un sentiment qui grandit dans notre société. Et cette année 2017 a été marquée par un sujet qui nous touche au plus profond de nous, petits ou grands : l’enfance et l’adolescence.

L’enfance a toujours été un enjeu pour les cinéastes et dans n’importe quel cinéma de genre : l’innocence, le passage à l’âge adulte, le début des responsabilités, l’apparition des premiers émois, l’ouverture à un nouveau monde, la violence qui émerge, la différenciation entre le bien et le mal, le regard distancié sur l’horreur. L’enfance est une mine d’or pour un réalisateur ou une réalisatrice dans son rôle en tant que personnage mais aussi en tant spectateur. On peut soulever cette tendance dans notre époque connectée, à un mode de consommation de l’art en général qui ressemble plus à de la boulimie cinéphage qu’à de l’appropriation d’une certaine forme de culture. Ceci additionné au fait que les plus jeunes d’entre nous ont un accès quasi illimité aux médias, aux réseaux sociaux et au streaming ; notre jeune population étant un acteur important de la construction même de la culture actuelle. D’ailleurs, les films ou séries sortis cette année notamment avec Stranger Things, It ou Thor n’ont cessé de faire sonner l’odeur de la nostalgie et de chercher l’enfant qui se cache sous les souvenirs des spectateurs des années 1980.

Ce questionnement sur la place et l’importance de la nouvelle génération dans notre époque a été l’un des points récurrents de cette année 2017. Sauf qu’au lieu d’idéaliser la chose, de réaliser une iconisation enfantine, les cinéastes n’ont cessé de les mettre dos au mur pour voir le jusqu’au-boutisme de leur limite, appréhender leurs émotions dans un monde qui leur demande trop ou qui ne les considère peut-être pas assez. Le mot considération est un terme qui sied parfaitement au thème : comment est perçue l’enfance par le cinéma, comment l’enfant est-il imagé par rapport aux personnages adultes ? L’enfance est un monde aventureux, solitaire ou en groupe, qui nous renvoie à notre mémoire, qui s’intéresse à découvrir ce que ces personnages peuvent devenir ou ne pas devenir. Dans cette interrogation, il y a cette constante volonté de connaitre son passé pour mieux comprendre son futur et cela se voit notamment à travers le genre qu’est le conte : rouage d’écriture que l’on retrouve dans Le Musée des merveilles de Todd Haynes ou dans Quelques minutes après minuit, où le jeune Conor va devoir laisser partir sa mère pour faire disparaître sa culpabilité et son mal être. Mais ces contes qui font surgir autant les larmes que l’empathie sont bien isolés dans leur manière de filmer cette innocence calfeutrée. L’approche multigénérationnelle parmi les autres sorties de l’année est moins évidente à percevoir.

Du coup, la notion d’espoir est souvent remplacée par la folie de notre époque et la noirceur qui s’en dégage. Ce qui scotche d’entrée, en 2017, c’est l’absence quasi-totale de délimitation entre la caractérisation des personnages enfants ou adolescents et ceux qui sont adultes : le traitement est quasiment similaire car les sujets qui les touchent sont les mêmes et les conséquences directes ont autant d’importance. Ce ne sont plus des êtres qui s’apprêtent prochainement à affronter un monde adulte dangereux ; non, ils affrontent déjà ce monde et sont les premières victimes collatérales d’une société empêtrée dans son aliénation comme en témoigne la défunte Hannah de 13 Reasons Why ou la jeune et dévastée Nina dans A Beautiful Day de Lynne Ramsay.

Pour cette dernière, l’innocence disparaîtra aussi rapidement que la venue d’une vengeance sanguinaire. A ce moment-là, la question du devenir se substitue à la quête de soi : il n’est plus question de passé ou de futur mais tout simplement de présent, d’une connexion ou d’une déconnexion à l’instantanée comme en atteste le fabuleux Faute d’Amour de Andrey Zvyagintsev. L’enfance est la fissure du monde pour des parents qui ne veulent pas devenir des parents. La famille semble être une chose presque antinomique avec les ambitions sociétales de nos jours. Le jeune Aliocha est un fantôme, un être invisible qui symbolise l’implosion de la notion de famille et qui montre à quel point l’enfance est autant un sujet tabou qu’oublié dans notre époque contemporaine : à partir de quand l’humain doit-il apprendre à se construire seul face au monde qui l’entoure ? A partir de quand doit-il porter le fardeau de toute une civilisation comme les jeunes cobayes de The Last Girl ou même les kids de The Stranger Things alors qu’ils combattent le mal par le mal, c’est-à-dire : eux-mêmes.

Le cinéma, cette année, a cette façon de rendre la notion d’enfance presque « absconse », comme si elle n’existait pas, ce qui a comme conséquence de diminuer les barrières de hiérarchisation et de vision du monde entre l’enfant et l’adulte : à l’image de Logan de James Mangold où X-23 (Laura) est le vrai enjeu du film. Malgré le thème de la paternité qui s’agence comme fil rouge, cette absence de flash-backs, de background antérieur montre à quel point il n’est plus question de « gosses », qu’elle n’est pas qu’une simple « gamine » qui apprend mais déjà une entité riche de sens, une machine à tuer qui dessoude toute ce qu’elle veut sur son passage et qui se bâtit sans qu’on lui donne le recul nécessaire pour apprivoiser ses erreurs. Violence, peur, gore, folie font partie du décorum qui entoure l’enfance au cinéma. L’une des premières décisions que nos jeunes personnages prennent s’apparente même à un cinéma de genre : c’est l’évasion par le road movie.

On a parlé de Logan mais l’une des pierres angulaires de l’année 2017 est American Honey d’Andrea Arnold. Un peu comme chez Harmony Korine ou Gregg Araki, le monde adulte est complètement absent, se détache de ses responsabilités, la famille est une chose qui se redéfinit socialement : ces jeunes sillonnent les routes d’une Amérique infortunée et non prospère pour se faire de la caillasse et écoutent leurs instincts en faisant leurs propres choix. Comme si ce genre de films voulait nous montrer que la construction ne passe plus par l’apprentissage ni la transmission mais par une acceptation de soi immédiate, tout comme dans Stupid Things d’Amman Abbasi. Les mains qu’on leur tend sont plus des gifles qu’ils prennent en pleine tronche qu’autres choses.

Car la jeunesse, au cinéma, ce n’est pas seulement les problèmes scolaires, les mauvaises notes, avoir des amis ou savoir si l’on va pouvoir faire le mur avec son coup d’un soir ou son premier amour, se faire une place dans la société et s’affirmer en tant qu’individu. Les thèmes sont plus précis, plus intimes face à l’éveil d’un soi ou même la disparation d’un soupir. La société a changé, fait évoluer ses mœurs et le teen movie est une chose qui n’existe presque plus tellement l’adolescence s’inscrit dans une réalité de plus en plus mature et violente. L’acceptation passe par le regard des autres mais aussi par celui de soi où il est difficile de se rendre compte du pourquoi du comment à l’image de Moonlight de Barry Jenkins, Thelma de Joachim Trier ou Grave de Julie Ducournau et leur toile de fond sur l’appropriation du corps et des émois sexuels. Que cela soit par le prisme du film d’horreur ou du film fantastique, de la trivialité ou du drame pur et dur, la jeunesse est une population qui doit naître de soi-même, subir ses galères et se sortir de la merde seul. L’adolescence est littéralement connectée à son environnement mais elle est déconnectée des autres personnes.

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Ce fut déjà le cas bien auparavant, comme on l’a vu avec le remake de It, mais cette année 2017 n’a pas hésité à donner des rôles forts, aussi ambigus que doux : comme celui de Billy dans Un jour dans la vie de Billy Lynn. Ang Lee ne réalise pas un film anti guerre mais prend un chemin de traverse intéressant, parfois proche du faux et de la parodie, et décide de visualiser avec une ironie douce cette Amérique qui, pour le bien d’une démocratie auto proclamée, envoie les enfants de la patrie sur les champs de bataille alors qu’ils pourraient s’amuser comme les autres sur un terrain de foot. Au final, l’enfance est oubliée sur le devant de la scène mais reste belle et bien présente dans les coulisses de la société dépeinte dans certaines œuvres : le monde des adultes reste celui qui décide et qui utilise ses enfants comme il le souhaite à des fins personnelles. Que penser de l’hyper sexualisation dans les médias qui touche bon nombre d’acteurs de Stranger Things ?

Les acteurs, tout comme leurs personnages, sont prisés par cette tendance qui efface l’espace mental et physique qui sépare les générations, de là à noyer une innocence déjà bien attaquée. Yorgos Lanthimos, de par son film La Mise à mort du cerf sacré, redistribue parfaitement les cartes et conclut cette mouvance avec une enfance aussi souveraine voire divine que victime d’une société. Nos jeunes personnages sont la retranscription d’un univers en mutation, un chaos qui s’achemine et l’imagerie qui les accompagne témoigne du fait d’une innocence disparue.

 

Arabesque de Stanley Donen brouille les pistes en Blu-ray

Ce mardi 28 novembre, Arabesque, du méconnu et génial Stanley Donen, nous revient en Blu-ray chez les éditions ESC. De retour dans un master haute définition, la comédie d’aventure/espionnage du cinéaste de Charade et de Funny Face est un jeu de piste qui ne cesse d’être brouillé par les formidables trucs et astuces de mise en scène du réalisateur. Une expérience vertigineuse à (re)découvrir.

Synopsis : Le professeur David Pollock est un expert des hiéroglyphes arabes. Il est alors contacté par le Premier ministre d’un pays du Moyen-Orient qui lui demande de déjouer un complot visant à le renverser. La nature de cette machination pourrait être trouvée dans des codes écrits en hiéroglyphes.

Vertige(s)

Il faut d’abord le dire : l’intrigue ne cesse de connaître des retournements de situation parfois introduits en une réplique nous laissant pantois. Mais ce qui pourrait être considéré comme une facilité si l’on ne prenait en compte que le fil narratif plutôt fragile de l’œuvre sert en fait la mise en place d’un vertige. Vertige d’abord mis en place par ce récit enjoué qui emmène David Pollock (Gregory Peck), professeur d’Harvard spécialisé en hiéroglyphes, et nous-mêmes dans une aventure mystérieuse. Il faut le dire, nous sommes aussi perdus que ce pauvre américain, aussi trimballés et torturés que le héros. Qui sont les protagonistes ? Travaillent-ils pour la « bonne cause » ? Qui sont ces nouveaux individus qui entrent dans la danse, des ‘bad guys’, des gens avec leur propre intérêt ? Pourquoi tout le monde désire mettre la main sur ce code ? Qu’en est-il du professeur assassiné au début du film ? Pourquoi avait-il un message codé caché dans ses lunettes ? Quels intérêts servait-il ? Quant à la belle Jazmine (interprétée par la sublime Sophia Loren) qui ne cesse mentir et d’inventer une nouvelle vérité toutes les vingt minutes, qui est-elle vraiment ? Le film de Donen ne cesse de retourner les pistes que le spectateur et Pollock tentent d’instaurer aussitôt qu’un semblant d’explication – plus ou moins logique – pointe son nez. Face à tous ces nombreux faux-semblants et l’impossibilité de s’accrocher à l’un des discours « véridiques » de Jazmine, un vertige s’instaure. Quid de la perception au premier degré ?

Si croire aux propos de Loren est un exercice difficile, percevoir l’intrigue au premier degré l’est tout autant. Donen ne cesse de tordre la diégèse et ses vérités via son intrigue, mais aussi et surtout par l’image. Lentilles faisant marcher au plafond le duo Peck/Loren pour ensuite les brouiller puis les tordre, et enfin les représenter de manière fantomatiques. Ainsi, le réalisateur pousse le vertige de la perte de repères : le spectateur n’a alors que très peu d’éléments auxquels se raccrocher. En effet, la question s’impose naturellement : qu’est-ce qui est réel ? Jazmine est peut-être une traîtresse ? Ou alors, Sophia Loren serait un modèle féminin imaginée par Pollock, un professeur d’Harvard voulant s’abstraire de son quotidien et de son ennui par une aventure enjouée et tordue ?

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Sophia Loren prend sa douche aux côtés de Gregory Peck, caché loin des yeux de l’ennemi supposé.

En ne cessant de jouer avec notre perception, l’ingénieux cinéaste remet aussi en question notre adhésion au récit. Ainsi, ce jeu de regard est également une invitation à la distance. Prenons de la distance avec le récit. En effet, que regardons-nous lorsque nous sommes face à un film d’espionnage ou d’aventure ? Devons-nous tout considérer avec sérieux ? La réponse de Donen est claire : son film pastiche des James Bond et de certains films d’Hitchcock (notamment La Mort aux Trousses et Vertigo) nous amène à nous distraire tout en ayant conscience de le faire.

Arabesque est donc une expérience spectaculaire à bien des égards. Si le dernier acte tout en action tend à nous faire reprendre au sérieux son intrigue, le film est davantage une distraction intelligente et consciente de son statut d’entertainment, travaillant avec un savoir-faire formidable son jeu de pistes sans cesse brouillé et remis en question. Rappelons-le, le vertige est double. Mené par le doué et méconnu Stanley Donen, le long métrage se transforme en expérience spectatorielle : notre perception des images liée à l’appréhension au premier degré du récit par le spectateur, est bousculée et remise en question. Arabesque se présente ainsi au spectateur comme un réapprentissage spectatoriel – le film bouscule puis élargit les perceptions de la fiction et plus ouvertement des images cinématographiques. Ainsi, le regard du spectateur n’est plus figé dans l’appréhension du récit au premier degré – tout en proposant un ride hilarant, sublime, et perturbant à en être presque usant sur la fin. Un film à (re)découvrir.

Blu-ray aventurier

Édité par les éditions ESC, Arabesque bénéficie d’un nouveau master haute définition parfois resplendissant. Les couleurs sont vives sans êtres poussives, les visages sont bien de chair ; et les ingénieux et formidables effets visuels surprennent toujours. Si le grain est préservé, on regrettera sa surprésence sur plusieurs plans ainsi qu’un manque général de détails sur l’ensemble. On remarquera enfin une instabilité sur certains plans. Du côté du son, rien à redire hormis la VF d’origine. Si sa présence est louable, on peut regretter qu’un mixage n’ait pas été opéré pour rehausser les effets sonores (non musicaux) occultés par la piste de doublage français. Quant aux bonus, la galette contient deux intéressants retours sur Donen et sur le film par Thierry Lebon, journaliste (passionné) à radio TSF et Mathieu Macheret, critique de cinéma au monde. Concernant ce dernier, on notera vers la fin du bonus concerné un retrait de la reflexion analytique pour le débit de quelques jugements. Un clip promotionnel de la collection « Hollywood Classics » est aussi présent. Ainsi, Arabesque se présente avec une belle édition Blu-ray, mais pas l’ultime, peut-on espérer.

Bande-Annonce – Arabesque

https://www.youtube.com/watch?v=X2ukkcSaXpU

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Langues : Français, Anglais – Sous-titres : Français – Format image : 1.85, 1/16ème compatible 4/3 – Format audio : VF + VOST mono 2.0 – Durée du film : 107 min.

Bonus inédits :
– Stanley Donen par Thierry Lebon (journaliste à radio TSF)
– « Elégie du pastiche », entretien avec Mathieu Macheret (critique cinéma du Monde)
– Dans la même collection….

Prix indicatif public : 19,99 euros le Blu-ray ; 16,99 le DVD

Trahisons, un classique tableau d’histoire

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La Seconde Guerre Mondiale est-elle un sujet inépuisable ? C’est ce que nous laisse penser la large filmographie autour de cette  période de l’histoire. Et pourtant, le réalisateur de Trahisons, David Leveaux, a réussi avec ce premier long-métrage un challenge risqué : celui de traiter, sous un nouvel angle, cette question récurrente de la guerre mondiale.

La modestie à l’ordre du jour

Peu connu du grand public, le britannique David Leveaux s’est immiscé derrière la caméra, avec un style empreint de naturel et de sincérité. Sortie en VOD ce jeudi 30 novembre, Trahisons se révèle être un drame, certes classique, mais d’une grande qualité. L’histoire nous plonge en 1940, lorsque le capitaine nazi Stefan Brandt est mandaté pour assurer la protection de l’ancien monarque de l’Allemagne, Kaiser Guillaume II. Envoyé à Utrecht, aux Pays-Bas, il y rencontre une jeune juive au nom de Mieke de Jong. Débute alors, une idylle secrète entre les deux amants maudits. Mais lorsque Stefan Brandt est informé qu’un espion britannique souhaite éliminer Kaiser et ainsi, déstabiliser le régime d’Hitler, le capitaine se retrouve confronté à un choix des plus cornéliens : l’amour ou le devoir ?

Si conter la sombre histoire d’amour entre deux individus en temps de guerre, est loin d’être un scénario des plus originaux, la façon d’aborder le sujet est quant à lui, bien plus singulier. Pour mettre en lumière son drame, le cinéaste a choisi de centrer son propos sur le point de vue des personnages. En délaissant l’histoire au profit de l’aspect philosophique et sentimental, David Leveaux met en évidence une galerie d’âmes brisées par différents événements de leur vie et qui tentent inlassablement de trouver des réponses à leurs chagrins. Alors que la plupart des films de guerre dresse un portrait caricatural de ses personnages (bons vs mauvais), le Britannique laisse quant à lui, entrevoir un certaine positivité dans sa représentation des hommes. Si la plupart d’entre-eux ont commis des atrocités durant la guerre, ils sont pourtant tous décrits comme étant des êtres humains imprégnés par les regrets et les doutes. Et là réside toute la particularité de cette œuvre. 

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Et pour donner vie à ce long-métrage, David Leveaux s’est réservé le luxe d’un casting cinq étoiles. Nous retrouvons à l’affiche Jay Courtney (Suicide Squad), qui se glisse dans le personnage principal du capitaine Stefan Brandt, Lily James (Baby Driver) dans le rôle complexe et intense de la servante et enfin l’incroyable Christopher Plummer (La mélodie du bonheur) qui se distingue avec son interprétation hallucinante du Kaiser. Touchant de sincérité, Trahisons est une agréable découverte qui peut être vécue comme une véritable expérience humaine. Parce que les films de guerre ne sont pas simplement de fidèles reconstructions historiques, mais également des œuvres pleines de moralité.

Trahisons est à découvrir actuellement en VOD, pour un pur moment de simplicité et d’émotions. 

Trahisons : Bande Annonce

Fiche Technique : Trahisons

Titre original : The Exception
Réalisateur : David Leveaux
Scénario : Simon Burke
Compositeur : Ilan Eshkeri
Photographie : Roman Osin
Monteur : Nicolas Gaster
Distribution (France) : TF1 Studio
Durée : 1h47min
Genre : Thriller, Espionnage
Date de sortie : 30 Novembre 2017

Le Bonhomme de neige de Tomas Alfredson : un polar enneigé dans sa médiocrité

Avec sa trame digne d’un roman de gare et sa production bâclée, Le Bonhomme de neige de Tomas Alfredson est un naufrage complet. A travers ce polar bien pâle, aux enjeux minimes dans l’univers enneigé d’une Norvège inerte, le réalisateur de Morse ne connait malheureusement pas la réussite de ses débuts.

Un certain nombre de scènes n’auraient pas été tournées, soit par choix de la production, soit par manque de temps durant un tournage qui s’est avéré très court. Ceci explique peut-être cela mais il n’empêche, que malgré les déboires de ce projet cinématographique, le résultat est d’une calamité sans nom. Tomas Alfredson, Michael Fassbender, J. K. Simmons, Val Kilmer et même Charlotte Gainsbourg, tout ce beau monde pour un film de genre qui manque clairement de liant et de personnalité afin de pouvoir attiser la moindre parcelle de curiosité. Sous cette couche épaisse de médiocrité, Le Bonhomme de Neige est un film hybride, à la rythmique qui n’est pas celle de Tomas Alfredson, et qui fait bizarrement penser à Suicide Squad. Le point de vue artistique est écrasé d’un côté par l’aspérité artistique d’un cinéaste et de l’autre, par la rationalisation faussement rentable d’une production qui veut avoir la main mise sur son projet.

Cette histoire de sérial killer de jeunes femmes est tiré d’un roman, celui de Jo Nesbø. Dès la première séquence, qui est un flash-back sur l’enfance du tueur, on comprend vite la galère dans laquelle on est tombé : montage ubuesque et désarticulé dans son découpage spatio-temporel, enjeu mal amené et thématique égorgée de force. Tout sonne faux. Et c’est bien le problème d’un film qui peinera à trouver sa respiration. Pourtant, la recette est classique : un flic alcoolique aux traumas existentialistes divorcé d’une femme qui ne demande qu’à être cajolée, une équipe de jeunes loups autour de lui, un tueur sournois, un environnement froid et brumeux, une enquête policière qui mêle vie personnelle et rebondissements scénaristiques. Mais l’enchevêtrement entre toutes ces données n’est pas assez solidifié, faute à un récit qui n’impose pas assez d’ampleur à son champ d’action : rien n’est travaillé et on se croirait face au téléfilm du vendredi soir sur France 2.

Le flic, joué par Michael Fassbender, ancienne légende de la police, est en pleine dépression. Pourquoi ? Difficile de l’expliquer. Son alcoolisme ? Inexpliqué. Le principal souci provient du fait que Tomas Alfredson semble éloigné de son film : où est passé le réalisateur de Morse, qui réinventait le film de vampire ? Là où Dennis Villeneuve se servait du polar dans Prisoners pour amener son récit dans les soubresauts des thèmes vénéneux de la vengeance personnelle, Tomas Alfredson ne fait rien de tout cela et délaisse toute thématique à son œuvre. Là où David Fincher dans Millenium, filmait la Suède comme une antre froide à la dialectique inquiétante et mystérieuse, Le Bonhomme de neige n’utilise à aucun moment son décor pour mélanger son cadre à son histoire. Là où Bong Joon-ho dans Memories of Murders se servait du film de genre pour recentrer son récit vers une dénonciation sociale sur la société campagnarde de la Corée du Sud, le cinéaste n’arrive pas à rendre palpable les possibilités sociétales de son matériel, à propos des sorts des femmes à notre époque ou à propos de la représentation du visage de la famille contemporaine.

Le film de genre, peut paraître aussi souple que rachitique : et quand bien même le récit serait restreint ou cloîtré sur ses positions de Série B, le réalisateur semble perdu, aux abonnés absents, tout comme le reste de son casting. Le Bonhomme de neige n’est ni un film tendu qui base tout sur les qualités de mise en scène et le graphisme de ses mises à mort, ni un film policier lent et mutique voulant accentuer son montage sur les modalités de l’enquête, ni un polar suintant la peur et le suspense, voire ni un portrait de personnages nihilistes comme pouvait l’être True Detective. Deux choses symbolisent le fiasco du projet : les intentions du tueur, qui est le seul à ne pas comprendre l’incohérence de ses actes et surtout les rares mais drolatiques (à son insu) apparitions d’un Val Kilmer cabotinant comme un gros porc. Et dire que ce film est composé du meilleur acteur de sa génération et de l’un des réalisateurs les plus talentueux du XXIème siècle.

Synopsis: Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une brillante recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, et ce, avant la tombée des prochaines neiges.

Bande annonce : Le Bonhomme de neige

https://www.youtube.com/watch?v=T0qtGMUObBs

Fiche technique : le Bonhomme de neige

Réalisateur : Tomas Alfredson
Scénario : Soren Sveistrup
Interprètes : Michael Fassbender, Charlotte Gainsbourg, Val Kilmer
Montage : Claire Simpson
Sociétés de production : Working Title Films
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 119 minutes
Genre : Polar
Date de sortie : 29 novembre 2017

Festival Séquence Court Métrage : bilan de la 26ème édition

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Comme chaque année à Toulouse, l’association Séquence Court-Métrage organise un festival afin de diffuser le plus largement possible l’art du format court. Durant ces quelques jours, le public a l’occasion de découvrir des court-métrages venus du monde entier,  certains, déjà reconnus et primés, d’autres ne font que débuter mais sont pleins de promesses. À travers sa sélection de 130 films sur les 1300 reçus par les organisateurs, l’équipe de Séquence propose des thèmes aussi riches que variés et des techniques aussi originales que surprenantes pour divertir son public.

De l’animation à la fiction, le format court se renouvelle et ne fait que marquer de plus en plus les esprits avec une originalité et une technique assez incroyable. La programmation a su saisir ses qualités pour faire du Festival Séquence Court Métrage quelque chose de singulier. Ajoutant aux cinq compétitions, des séances spéciales telles que comédies musicales, humour et même une nuit entière consacrée aux courts avec pour thème l’amour, le festival propose une variété de découvertes qui ne peut que séduire le public et en sortir quelques uns de leur zone de confort. Captivés ou non par les projections, les spectateurs en sortent forcément enrichis de cette expérience qui intrigue ou passionne. Au total, 32 pays étaient représentés, ce qui donne un aperçu de la diversité des programmes ; aussi bien sur le fond que sur la forme.

une-robe-d-ete-françois-ozonEn plein mois de novembre et alors que l’hiver commence à se faire sentir, l’équipe de Séquence choisit de placer sa soirée d’ouverture sous le thème de la plage. Avec des projections qui font honneur au sujet, le public découvre ou redécouvre un court métrage de François Ozon par exemple : Une robe d’été qui montrait déjà toute l’étendue du talent du réalisateur pour saisir les images et parler de sexualité dans les années 1990. De films d’animation étonnants aux fictions dont les images sont captivantes, les court-métrages font parler. Épatants de technique mais aussi de qualité, certains animés convainquent par la réussite de leur dessins pendant que d’autres laissent perplexes sur leur sens, que l’on trouverait sans doute après plusieurs visionnages. Le message n’est pas toujours clair et c’est en cela toute la difficulté des court-métrages qui ont un temps réduit pour dire ce qu’un long peut prendre le temps de développer. Cette exigence, elle est aussi dans les choix esthétiques des metteurs en scène qui doivent se montrer bien plus rigoureux sur ce type de création pour toucher le spectateur. Beaucoup sont d’ailleurs bien plus dans la contemplation que dans le dialogue et, lorsqu’à ce moment là, cela reste efficace, on saisit alors l’ampleur du talent d’un cinéaste. La soirée d’ouverture exploite alors le court sous toutes ses formes et propose plusieurs styles qui ont chacun leur propos à tenir. Des premiers pas d’Oulaya Amamra (Divines) dans Belle Gueule,  à La révolution des crabes qui finit la soirée en beauté, la programmation séduit par ses images et son humour pour cette première soirée.

Du côté de la compétition…en-cordee-matthieu-vigneau

Tout au long de l’année, l’association a proposé des soirées de présélection où étaient présentés 21 films. Il ne restait alors plus qu’au jury d’élire le grand vainqueur parmi les six finalistes. Et c’est la réalisation de Matthieu Vigneau qui a été primée : court métrage noir et blanc qui interpelle et attise la curiosité du spectateur. L’oeuvre a semblé conquérir le coeur du jury composé de professionnels du cinéma. Parfois insaisissable, parfois comique par son décalage, En Cordée a autant de qualités scénaristiques que de mystères dans sa réalisation.  Le public a, quant à lui, choisit un film aux abords plus politiques avec Kapitalistis, dénonçant le capitalisme de Noël de manière décalée et humoristique. L’accent belge est à son meilleur jour dans ce court-métrage qui divertit gentiment en plaçant tout de mêmes quelques doux messages provocateurs. Côté compétition internationale, c’est Timecode qui l’emporte. Palme d’or du Festival de Cannes en 2016, revoir ce court métrage ne fait que confirmer la poésie qui s’en émane malgré un cadre qui n’apparaît pourtant pas comme facilitateur. Le court-métrage espagnol de Juanjo Gimenez Pena convainc par ses pas de danse divins, ses suggestions habiles et la tendresse qu’il parvient à faire passer à travers simplement des post-it et des caméras de surveillance.

L’animation a également brillé pendant ce festival et offrait beaucoup de magie au jeune public comme aux plus grands, qui se laissaient facilement emportés par des histoires loufoques parfois, mais souvent très jolies. En parlant des plus jeunes, Séquence Court Métrage organisait également une compétition Collèges/Lycées pour laquelle des classes ont réalisés des films à l’aide de professionnels. Les deux vainqueurs pour cette catégorie montrent la grande surprise quant à la qualité des œuvres présentées. Un film d’animation totalement envoûtant pour le collège et un court-métrage à la qualité cinématographique quasiment irréprochable sur le thème de l’homophobie pour le lycée. À l’image du Festival en entier, ces deux réalisations étaient étonnantes mais surtout ravissantes.

Le palmarès : timecode-Juanjo Gimenez-Pena

Compétition Française Prix du Jury : En Cordée, réalisé par Matthieu Vigneau

Compétition Française, Prix du Public :  Kapitalistis, réalisé par Pablo Muñoz Gomez

Compétitions Internationales : Timecode, réalisé par Juanjo Giménez Peña

Compétition Animation 1ers films : Des résidus analytiques, réalisé par Jon Boutin

Prix des Collèges/Lycées : Le Secret (collège) / Under Pressure (lycée)

Les sept samourais : Kurosawa passe sur le billard numérique

On ne voyait pas trop quoi ajouter au chapitre de la vie des Sept Samouraïs en haute définition depuis que Wild Side et La Rabbia avaient clôturé les débats avec leur superbe coffret de 2014. La Rabbia non plus, visiblement, qui ressort sans Wild Side mais avec M6 vidéo le chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa dans une édition qui reprend peu ou prou le contenu de la précédente.

Un temps annoncé avec de nouveaux bonus (dont un entretien avec Jean Douchet aux abonnés absents), le millésime DVD 2017 de Les Sept Samouraïs colle à la lettre à son prédécesseur en termes d’interactivité. Sans surprise, vous pourrez donc retrouver l’excellent documentaire « Kurosawa, la voie » de Catherine Cadou. La traductrice d’Akira Kurosawa depuis Kagemusha est partie à la rencontre de cinéastes aux quatre coins de la Terre pour parler de l’influence qu’a pu exercer le maître japonais sur leurs vies de spectateurs, ainsi que leurs pratiques de cinéastes. Un module indispensable pour appréhender l’extraordinaire aura qui continue d’envelopper un réalisateur comptant parmi la poignée d’artistes (aux côtés de Hitchcock, Ford, Lean, Leone et Kubrick) qui ont largement contribué à façonner le langage cinématographique moderne. Vous retrouverez également un making-of d’époque ainsi qu’une rencontre avec certains membres de l’équipe de tournage.

Du pas neuf avec du vieux

les7samourais-sortie-dvd-bluray-m6-larabbiafilms-akira-kurosawaAutant de bonus réjouissants mais déjà présents dans la précédente édition. De quoi s’interroger franchement sur l’utilité du coffret, d’autant que La Rabbia et SND ne se donnent pas vraiment la peine d’habiller la légèreté de la démarche. Même les menus d’entrées reprennent à quelques détails près l’interface de la précédente ! Au final, la seule nouveauté que compte cette édition par rapport à la précédente…est l’absence d’un supplément justement, à savoir le livret écrit par Catherine Cadou qui était intégré au coffret de 2014.

Botox Haute définition pour les sept magnifiques 

Difficile de trouver une raison d’être à cette ressortie, si ce n’est la remasterisation qui semble avoir été opérée sur le master précédent, qui était déjà le produit d’un complément de restauration que la Rabbia avait effectué à l’occasion de la ressortie en salles du film en 2013. Reprenant la répartition du film sur deux disques opérée par le coffret Wild Side/ La Rabbia, le résultat est un véritable lifting numérique qui gomme tous les marqueurs d’époque que le blu ray de 2014 avait conservés. Le grain en premier lieu, porté disparu ici et première victime d’un abus de réducteur de bruit qui fait certes disparaître les traces de rayures ou de défauts de la pellicule qui subsistaient, mais accuse également une fâcheuse tendance à plastifier les visages sur certains plans. Donner l’impression que le film a été tourné hier d’accord, à condition de ne pas oublier son âge durant le processus ! On y déplore également un effet de saccade dès que le cadre s’anime et que l’action s’emballe, au point que l’image semble parfois passer en mode accéléré. De fait, bien qu’il soit présenté dans sa version intégrale et doté d’un chapitrage identique à l’édition précédente, le film ne comptabilise au total que 198 minutes, contre 205 en 2014 !

Version « livre de poche » de l’édition sortie il y a trois ans ou tentative grossière de grappiller quelques sous des portefeuilles des cinéphiles à l’approche des fêtes de Noël, difficile de juger en l’état. Mais une chose est sûre : si vous possédez déjà le coffret Wild Side, rien ne vous oblige à repasser à la caisse, à moins d’être un collectionneur compulsif d’Akira Kurosawa…

Thirteen : retour d’une disparue parmi les siens

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France 2 a récemment misé sur Thirteen, une brillante mini-série britannique en cinq épisodes traitant d’un sujet délicat : le retour d’une victime de kidnapping chez elle.

Synopsis : Ivy Moxam, 26 ans, parvient à s’échapper de la cave où elle était retenue prisonnière depuis treize ans. La jeune femme va devoir aider les enquêteurs à retrouver son ravisseur, qui en a profité pour enlever une autre petite fille. Elle va aussi apprendre à avoir une vie normale entourée des siens…

thirteen-serie-bbc-jodie-comer-aneurin-barnard-critiqueUne semaine après avoir diffusé le tout dernier épisode de la magnifique série Broadchurch, qui a certainement bouleversé le paysage télévisuel (les séries, de tous pays confondus, qui se sont inspirées de cette dernière, sont désormais nombreuses !), France 2 a misé de nouveau sur un autre excellent objet télévisuel britannique. Produite par la BBC, Thirteen est une bouleversante mini-série composée de cinq épisodes uniquement (et il n’y aura pas de saison 2 comme l’a affirmé la créatrice Marnie Dickens). Elle rappelle évidemment la terrible histoire très médiatisée de Natascha Kampusch. Ainsi, Ivy Moxam est une jeune femme de 26 ans qui est restée en captivité dans une cave, suite à un enlèvement, pendant 13 ans. Elle parvient un jour à s’en échapper. La série part alors sur deux axes qui finissent par se rejoindre : d’un côté, un axe autour de la psychologie des personnages (tentant de se reconstruire après un tel traumatisme), de l’autre, l’enquête autour du ravisseur Mark White, toujours en liberté et ayant kidnappé par la suite une petite fille (et cela doit aussi permettre de résoudre les zones d’ombre autour de l’enlèvement d’Ivy).

13 : le signe d’un malheur éternel ?

Le chiffre 13 peut être un élément clé intéressant pour appréhender la série. Ivy avait 13 ans quand elle a été enlevée et y est restée 13 ans. Physiquement, le spectateur aura toujours l’impression d’observer une jeune fille de 13 ans et non celle d’une vingtaine d’années désormais. 13 est aussi un chiffre symbolique, souvent associé à du malheur ou au bonheur : cette ambivalence est donc proposée, même si la série penche vers la fin sur l’une des deux possibilités. En sortant de sa cave, en retrouvant les siens, on ne peut que souhaiter à Ivy d’aller de l’avant même si sa vie sera brisée pour toujours. Mais justement, à cause de l’inimaginable, les choses ne seront plus comme avant, que ce soit pour elle ou ses proches, eux-mêmes bouleversés par cette nouvelle littéralement inattendue. La série propose donc un sujet puissant : contrairement à de nombreuses séries (comme dans Broadchurch – décidément, on y revient toujours !), l’enfant disparu est vivant et revient parmi les siens. A priori, il s’agit d’une « bonne » nouvelle, le signe d’un espoir possible. Cela dit, contrairement à Unbreakable Kimmy Schmidt (qui reprend un sujet similaire mais sur un ton bien plus optimiste), on se demande si cette « liberté » concrète, notamment en retrouvant le foyer initial et sa famille, peut vraiment exister ou si elle ne devient pas rapidement illusoire. Comment se réintégrer dans sa propre famille éclatée ? Au cœur de son petit groupe d’anciens amis ? Dans la société qui a considérablement évolué ?

Une série à regarder aussi pour la formidable Jodie Comer

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Thirteen est une série sombre aux tons grisâtres exposant des personnages aux visages fatigués, confrontés aux fantômes du passé, tentant de survivre au présent. Et le futur ? Est-il envisageable ? C’est certainement aussi pour cette raison qu’une saison 2 ne semble pas être envisagée par la créatrice : comment peut-on imaginer un quelconque avenir ? La mini-série a beau être poignante, extrêmement difficile par moments (même si on n’assiste pas à des actes de violence), elle ne se veut pas tire-larmes à tout prix. Les réactions des personnages, tous complexes et fragilisés par tant d’épreuves, sont crédibles. Ils sont incarnés par des comédiens fantastiques, notamment par Jodie Comer dans le rôle principal, vue notamment dans les séries Doctor Foster et Journal d’une ado hors norme (My Mad Fat Diary). Retenez le nom de cette jeune actrice talentueuse qui ne devrait pas rester totalement méconnue dans les années à venir. 

Thirteen : bande-annonce

Thirteen : fiche technique

Créée par Marnie Dickens
Casting : Jodie Comer, Richard Rankin, Valene Kane, Natasha Little, Stuart Graham, Aneurin Barnard…
Genre : Drame
Format : 60 mn
Premier épisode  : 28 février 2016
Chaîne d’origine : BBC Three

Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina : Que viva Pixar !

Il est parfois bien difficile de devoir écrire une critique. Comment partager avec un lecteur/spectateur l’expérience d’un film Pixar quand on a usé tous les superlatifs possibles et imaginables sur les précédentes œuvres du studio ? Comment retranscrire l’expérience profonde et intime vécue sans en briser la magie ? Et surtout, que dire de neuf sur des créateurs qui depuis des années incarnent la quintessence de ce que le 7ème art est capable de proposer ? La réponse est finalement très simple, cette critique n’en est pas une, c’est un éloge. Celui dressé à la gloire de Coco, authentique (et énième) chef d’œuvre du studio à la lampe.

Ainsi, serions-nous tentés de dire, cette critique ne servira à rien. Elle ne sera qu’un papier de plus dans le mérité océan de louanges que vous aurez déjà lues ou entendues à l’heure où ces lignes défileront sous votre regard. Et comme souvent dans ce cas, on vous enjoindra à franchir directement les portes de votre cinéma plutôt que lire jusqu’à l’écœurement ce que d’autres en pensent. Il n’y a aucun intérêt à se remplir le crâne de mon avis quand vous pouvez vous faire le vôtre dès maintenant. Et Pixar a suffisamment fait ses preuves pour ne pas hésiter une seconde à courir voir son dernier rejeton séance tenante.

D’autant plus quand votre serviteur répétera les mêmes choses que la sphère médiatique : Oui, Coco est d’une beauté visuelle effarante, autant dans sa fabuleuse direction artistique que dans sa mise en scène virtuose. Oui il est encore la preuve que l’exigence de fabrication est la clé de voûte du cinéma. Oui, son discours est passionnant et offre de vertigineux niveaux de lecture. Oui, les personnages sont attachants. Oui, c’est blindé jusqu’à la gueule d’idées. Oui, c’est drôle. Oui, c’est bouleversant. Oui, oui, cent fois oui.

Mais tout ça vous le savez déjà depuis Toy Story !

Alors plutôt que répéter jusqu’à plus soif pourquoi Pixar est la perle la plus précieuse du monde culturel, il semble plus intéressant d’aborder la singularité profonde de ce Coco, une singularité qui, comme toujours, s’exerce dans le même champ que les précédentes œuvres du studio.

C’est en premier lieu le contexte, organiquement connecté à ce que le film construit dramaturgiquement. Nous sommes au Mexique (qui fera de Coco, à n’en pas douter, un trésor national), un pays où la notion de famille est généalogique et concomitante (pour le pire et le meilleur) de la vie de ses membres. Le respect dû aux ancêtres, vivants comme morts, est une valeur constitutive de cette culture et le Jour des Morts une date pivot dans cet état de fait. Le noeud dramatique en jeu, ainsi que la place de chaque protagoniste, résulte donc avant tout de l’univers dans lequel le film prend place et prépare en cela la fluidité absolue du récit, à l’image de ce que Ratatouille opérait avec la France. Les 20 premières minutes, déjà une pépite au sein du joyau, délivrent en cela authentiquement et avec une maîtrise absolue toutes les informations nécessaires à ce qui sera une totale implication spectatorielle puisque liant ici plus qu’étroitement l’histoire à la culture mise en jeu. Nul besoin, en sus, de souligner l’évidente virtuosité de cette introduction qui rappelle le récent Kubo et l’armure magique.

Explorant toujours les thématiques de filiation et de famille, le studio franchit ici un cap puisque avant que le film ne se trouve un délicieux grand méchant (dans un hommage inattendu aux telenovelas), c’est bel et bien la famille qui se constituera antagoniste de notre héros, le petit Miguel. Or, si Le Monde de Nemo l’amorçait un peu en son temps, Coco fonce dans cette voie, opposant une juvénile figure d’artiste à sa famille empesée par son héritage déterministe et ses absurdes secrets jusqu’à un point de rupture qui en formera l’enjeu principal (et double). Si, en premier lieu, le film semble adopter la voie fascinante d’un retour impossible du rêveur chez soi, il choisit finalement (et de façon organiquement Pixarienne) la nécessité d’une réconciliation qui s’exercera à différentes strates et dans une cohérence qui laisse pantois. On en garde bien entendu la surprise mais le mono-mythe Campbellien est encore une fois servi de la plus belle des manières.

Après avoir offert l’étonnant Voyage d’Arlo, une suite au Monde de Nemo et un troisième opus à Cars, Pixar revient aussi à un film d’univers en ceci qu’il donne vie à un monde inédit, dense et construit. Cette nouvelle mythologie à explorer, au-delà de son faste graphique, ouvre les vannes d’un imaginaire foisonnant, fourmillant d’idées passionnantes sans jamais perdre de vue son potentiel ludique. La facilité d’appréhension et de compréhension des règles et codes formant le Monde des Morts en remontre à 80% de la production actuelle, incapable d’atteindre cette virtuose évidence dans la construction de sa mythologie.

Autre défi du film, aborder la thématique de la mort dans ce qui reste une œuvre grand public. Forcément, Pixar offre encore un modèle d’intelligence et de pédagogie, rattachant sa vision du deuil à cette célébration enjouée qu’est la Fête des Morts et abattant, de facto, la barrière entre morts et vivants. Ce comme un appel très latin à ne pas opposer les deux mais bel et bien à les lier. Ce qui permet au film de viser droit au cœur quant à la question du souvenir, et de ce qui reste après un deuil, dans une croyance et une adéquation si absolue avec la philosophie de l’auteur de ses lignes qu’il peine encore à s’en remettre. Vice-Versa reste encore le mètre étalon de l’émotion traumatique chez Pixar mais Coco, dans son genre, se défend plus que bien et s’avère d’utilité publique.

Enfin, et c’est loin d’être un détail, Coco boucle une très grande année pour le film musical, genre qui nous aura livré pas moins de trois sublimes itérations en 2017 avec La La Land et Baby Driver. Au-delà d’user de la musique avec maestria, aussi bien dans le score d’un Michael Giacchino investi que dans les chansons des Lopez (La Reine des Neiges, Avenue Q, The Book of Mormons,…), Coco franchit une étape supplémentaire dans la jonction des styles Disney et Pixar au point d’inverser une tendance jusqu’ici plus profitable à Mickey qu’à Luxo. Pour son premier film musical, Pixar fait donc une prodigieuse entrée en matière.

Il y aurait encore tant à dire sur Coco. Mais plutôt que prolonger cet (inutile, rappelons-le) papier, allez-y immédiatement. Seul, à deux, en famille, en groupe, allez-y ! Il y a tant à voir, à entendre, à aimer, à vivre, à ressentir ici qu’on se demande si Pixar a encore quelque chose à voir avec le cinéma ou a définitivement muté en l’expression sur grand écran du meilleur de nous-mêmes. La réponse se trouve peut-être dans la question.

Coco : Bande-annonce

Coco : Fiche technique

Réalisation : Lee Unkrich et Adrian Molina
Scénario : Adrian Molina et Matthew Aldrich
Interprétation : Anthony Gonzalez (Miguel), Gael Garcia Bernal (Hector), Benjamin Bratt (Ernesto De La Cruz),…
Photographie : Matt Aspury et Danielle Feinberg
Montage : Steve Bloom et Lee Unkrich
Musique : Michael Giacchino
Producteurs : Darla K.Anderson
Sociétés de Production : Walt Disney Pictures et Pixar Animation Studios
Distributeur : Walt Diseny Pictures
Budget : 175 000 000 USD
Genre : Animation, Fantastique, Comédie, Musical
Durée : 110 minutes
Date de sortie : 29 novembre 2017

Etats-Unis – 2017

Auteur : Adrien Beltoise

Le Flingueur vous assassine en Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side

Ce mercredi 15 novembre est ressorti en vidéo Le Flingueur (The Mechanic). Édité dans un coffret Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side, le film de Michael Winner suit Charles Bronson en tueur à gage vieillissant mais loin d’être dépassé. Un thriller implacable pour un assassin redoutable.

Synopsis : Arthur Bishop est un tueur à gages pour le compte de la mafia. Sa rapidité, son professionnalisme et son perfectionnisme lui ont valu d’être surnommé « le flingueur ». Mais Bishop vieillit, et ne semble plus être en mesure d’assurer seul ses contrats. Il décide de prendre sous son aile Steve McKenna, un jeune chien fou arrogant et sûr de lui, et de lui apprendre ce qu’il sait du métier…

Bishop, un tueur taiseux et solitaire

Le réalisateur anglais Michael Winner ne filme pas le tueur Arthur Bishop comme une brute sanguinaire. Le personnage n’en est pas une. Dans la brillante introduction du film, il cadre méticuleusement tous les détails du travail de l’homme. Ainsi sont exposés les actes précis – presque mécaniques dans le sens de routiniers – de cet assassin silencieux, oeuvrant à la tâche comme un artisan travaille son métier. Une forme de quotidien est visible dans cette introduction. Bronson n’incarne pas un commando explosif ou un action hero débitant une punchline après chacun de ses exploits spectaculairement mortels, à l’image de Jason Statham dans le remake homonyme et sa suite Mechanic : Ressurection. C’est justement tout le contraire ici : le personnage est un taiseux invisible au service d’une organisation tout aussi occulte.

Le réalisateur du Justicier dans la Ville I, II & III ainsi que des Collines de la terreur, tous avec Charles Bronson, travaille la persona de l’acteur vieillissant. Winner aime filmer son visage ridé qui permet de suggérer simplement et efficacement au public des personnages marqués par la vie. La star n’a pas la gueule séduisante d’un Yul Brynner quinquagénaire. Mais il a ses tactiques de charmes : sa petite moustache, son regard perçant et son silence qu’il ne cessera d’exercer. Dans Le Flingueur, Bronson interprète un personnage âgé de quarante-quatre ans, alors qu’il a en réalité atteint la cinquantaine. Si son personnage est plus vieux de deux ans que l’acteur Steve McQueen en 1972, Winner exploite le visage marqué de Bronson vieillissant pour suggérer une longue et pénible vie pour Arthur Bishop. Le personnage a une splendide demeure, mais il s’est usé dans une vie solitaire avec un emploi fort particulier.

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Charles Bronson est Arthur Bishop, un tueur à gages implacable surnommé « le flingueur »

Winner va plus loin : Bronson joue un tueur qui se sent vieillir. Bishop est conscient d’atteindre un certain âge. Il ne rejette pas le malaise qu’il subit. Au contraire, il accepte le fait qu’il perdra de plus en plus d’énergie et de capacité au fur et à mesure qu’il prendra de l’âge. Justement, Bishop intéresse Steve McKenna, un jeune homme dont il vient d’assassiner le père. L’intérêt est double : d’abord crypto-gay ; puis, de façon plus explicite, dans le potentiel d’action que peut lui apporter cette voie. Le jeune homme a soif d’aventure et n’a pas peur de la mort qui semble au contraire le fasciner. S’ensuit un récit de transmission qui avancera au fur et à mesure des contrats, et qui devra faire face au retournement de l’organisation contre Bishop et son jeune étudiant. Mais une autre question sera posée au cours de ce débordement de violence : enseigner à son apprenti l’art de l’assassinat ne nécessite-t-il pas d’accepter l’ultime épreuve du meurtre du maître par l’élève ? Suspense ! Le reste de l’intrigue ne sera dévoilé, nul doute que vous la dévorerez avec un immense et jouissif plaisir.

Tuerie de Blu-ray

L’édition proposée par Wild Side est comme d’habitude soignée. Comme souvent, on aurait apprécié obtenir davantage de compléments audiovisuels, et comme à l’accoutumée, le livret vient compléter le manque de bonus video. Quant au film, malgré quelques plans nocturnes où le grain est fortement présent, l’image est soignée et même resplendissante (il n’est pas nécessaire de revoir le carnage video du DVD proposé par MGM il y a déjà plus de dix ans pour s’en rendre compte) à l’image du son. Ainsi Le Flingueur (The Mechanic) s’en sort avec une très belle ressortie video.

EXTRAIT – Le Flingueur

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CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 –

Format son : Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0, Français Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio – Sous-titres : Français – Durée : 1h38

COMPLÉMENTS

– American Samourai (30’) : entretien avec Dwayne Epstein, historien du cinéma et biographe de Charles Bronson

– Hired Hand : l’homme de main (10’), ou comment le cinéaste Monte Hellman a failli réaliser Le Flingueur

+ un livret de 86 pages, avec un texte écrit par Samuel Blumenfeld, accompagné de photos d’archives

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Mazinger Z Infinity de Junji Shimizu : fête de méchas endiablés

Avec ses combats titanesques et ses interrogations existentielles, Mazinger Z Infinity plaira aux inconditionnels du genre et pourrait permettre à certains profanes du genre de découvrir un monde animé à la grandiloquence épanouie.

Au regard de Mazinger Z Infinity, dont le personnage de Mazinger Z fête les 45 ans de création, les spectateurs que nous sommes se croiraient sur le canapé de la maison familiale en train de regarder un épisode de Goldorak durant le club Dorothée. Tout cela ne nous rajeunit pas mais le plaisir reste intact. Certes, avec ses personnages déjà caractérisés, son univers ample, ses enjeux mondiaux et son dialecte technologique qui lui sont propres, le film de Junji Shimizu pourrait parler à un public de connaisseurs, notamment ceux de Goldorak et de Mazinger Z. Sauf que derrière cette mécanique, déjà plus ou moins bien huilée, Mazinger Z Infinity ne révolutionne pas le genre et s’inscrit dans cette veine héroïque des films d’animations mettant en scène des combats entre méchants.

Loin d’avoir l’atmosphère crépusculaire et dépressive d’un Neon Genesis Evangelion, Mazinger a un parfum des années 1980 tant dans ses dessins et le découpage de ses scènes d’actions aériennes et explosives que durant ses plages d’expositions où les personnages dérivent sur eux-mêmes. Même si parfois, le contexte peut parfois paraître inconnu pour les néophytes, voire brouillon avec ses multiples strates de récit (les multiples dimensions etc…), le film traite de nombreux sujets et brasse un éventail assez large de combats pour que l’intrigue devienne rapidement limpide : le duel entre ceux qui veulent protéger la Terre et ceux qui veulent la détruire ou s’en emparer, le questionnement sur l’être humain et sa place face à la science, l’héroïsme de tout à chacun et le plaisir d’une vie, les traumatismes japonais .

Dès lors Junji Shimizu arrive à rendre lisible mais complexe un récit qui aurait pu être très vite incompréhensible pour un film qui prend les allures de conclusion d’une saga. Les rouages du film sont à la portée de tous mais les antécédents entre les personnages et le background de chacun nous sont plus ou moins méconnus : à ce moment-là, la barrière du langage cinématographique devient forte et l’empathie se rapproche du zéro. De ce postulat, on peut se demander à qui s’adresse la distribution d’un tel film ? Notamment avec cette exploitation en salle de manière totalement isolée.

La réponse n’est pas évidente : et à l’image du film, qui, si on n’est pas fin connaisseur de la saga, voit l’intérêt du spectateur  décroître au fur et à mesure des minutes. Mazinger Z ne démérite pas et offre un spectacle qui pourrait ravir au plus grand nombre, aux petits comme aux grands, avec ces batailles épiques et ses « robots géants » à l’iconisation guerrière terrassante. Malgré ses personnages un peu transparents et ses sous-couches de récit, Junji Shimizu arrive à joindre les deux bouts avec une œuvre généreuse.

Synopsis : Dix ans sont passés depuis que Kôji Kabuto (Alcor), aux commandes du super robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, Kôji Kabuto n’est plus pilote, il a pris le chemin de son père et grand-père en devenant scientifique. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Il détecte de mystérieux signes de vie. Il s’en suit de nouvelles rencontres, de nouvelles menaces et bientôt, un nouveau destin pour l’humanité. Kôji Kabuto doit prendre une décision pour l’avenir : Dieu ou Démon, il lui faut choisir. Une nouvelle fois, c’est à MAZINGER Z que revient la lourde charge de sauver le monde.

Bande Annonce : Mazinger Z Infinity

Fiche Technique : Mazinger Z Infinity

Titre original : Mazinger Z Infinity
Réalisateur : Junji Schimizu
Scénario : Takahiro Ozawa
Musique : Toshiyuki Watanabe
Distribution (France) : Eurozoom
Durée : 90 min.
Genre : film animation
Date de sortie : 22 Novembre 2017

PIFFF 2017 : Le cinéma de genre s’invite au Max Linder du 05 au 10 décembre

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La septième édition du Paris International Fantastic Film Festival va se dérouler du mardi 05 au dimanche 10 décembre 2017. Toutes les séances seront programmées dans l’écrin du Max Linder Panorama. Cette nouvelle édition regorge de longs-métrages attendus de pied ferme par les passionnés de cinéma de genre.

Si la séance de Jigsaw n’a pas été suffisante pour étancher votre soif de films d’horreur pour Halloween et que vous attendez désespérément la réunion des légendes du genre dans les années 1980 et 1990 avec Death House, le cinéma Max Linder Panorama et les organisateurs du PIFFF ont pensé à vous !

Les cinéphiles, qui ont une passion inavouable pour le cinéma de genre, vont en effet pouvoir profiter de séances exceptionnelles dans la magnifique salle des Grands Boulevards durant la folle semaine du mardi 05 jusqu’au dimanche 10 décembre 2017. Le PIFFF propose, depuis sa création en 2011, une sélection de courts et de longs-métrages fantastiques inédits. Une rétrospective est dédiée chaque année aux classiques et aux raretés. Le PIFFF milite donc courageusement pour la reconnaissance et l’exposition du cinéma de genre. Le festival offre l’opportunité au public de découvrir le meilleur de la production fantastique dans un cadre et dans des conditions exceptionnelles. Les équipes des films et de nombreux invités sont présents pour la plupart des projections.

L’édition 2017 de ce festival est attendue avec beaucoup d’impatience par tous les lecteurs de Mad Movies. La programmation de cette septième cuvée du PIFFF est en effet particulièrement alléchante. Entre le tout dernier Godzilla, une nouvelle adaptation barrée de manga signée Takshi Miike, le survival du réalisateur japonais Ryûhei Kitamura (Versus, Godzilla Final Wars), ou les origines de ce bon vieux Leatherface (Massacre à la tronçonneuse), proposées par les frenchies  Alexandre Bustillo et Julien Maury, les spectateurs auront l’embarras du choix pour célébrer le cinéma de genre et expérimenter des séances cultes. Des courts-métrages français et internationaux seront également projetés dans le cadre du festival.

Comme chaque année un système de pass est proposé afin d’assister à toutes les séances. Les places à l’unité sont accessibles depuis le site de l’événement ou sur la billetterie du Max Linder Panorama. Le lundi 11 et le mardi 12 décembre, des projections supplémentaires de films en compétition sont orchestrées. Le PIFFF est notamment organisé en association avec le magazine Mad Movies et en partenariat avec Ciné + Frisson et Sens Critique.

Cérémonie d’ouverture :

Ghost Story, A de David Lowery

En Compétition :

68 Kill de Trent Haaga

Ajin : Demi-humain de Katsuyuki Motohiro

Dave Made a Maze de Bill Watterson

Endlesss, The de Justin Benson et Aaron Moorhead

Golem, le tueur de Londres de Juan Carlos Medina

Matar A Dios de Caye Casas et Albert Pintó

Revenge de Coralie Fargeat

Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Tigers are not Afraid de Issa López

Tragedy Girls de Tyler MacIntyre

Hors-Compétition :

Blade of the Immortal de Takashi Miike

Bodied de Joseph Kahn

Jojo’s Bizarre Adventures : Diamond Is Unbreakbale Chapter 1 de Takashi Miike

Leatherface d’Alexandre Bustillo et Julien Maury

Mayhem de Joe Lynch

Mutafukaz de Shōjirō Nishimi et Guillaume Renard

Survival Family de Shinobu Yaguchi

La séance interdite (séance de minuit) :

Downrange de Ryûhei Kitamura

La séance culte :

36 15 Code Père Noël de René Manzor

Aventures de Jack Burton, Les de John Carpenter

Maître des illusions, Le de Clive Barker

Cérémonie de clôture :

Shin Godzilla de Hideaki Anno et Shinji Higuchi

Lien pour découvrir la programmation complète et le planning des séances :

http://www.pifff.fr/2017/planning-fr

Bande-annonce du PIFFF 2017 :

Affiche PIFFF 2017

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