Cannes 2016 : Palme d’Or pour Moi Daniel Blake, Xavier Dolan également distingué

Cannes 2016 : Palme d’Or pour Moi Daniel Blake, Dolan et Assayas distingués au palmarès

Après un joli hommage de Laurent Laffite au Septième Art, le Jury présidé par George Miller et composé de Arnaud Desplechin, Kirsten Dunst, Valéria Golino, Mads Mikkelsen, Lazlo Nemes, Vanessa Paradis, Katayoun Shahabi et Donald Sutherland, n’a pas tardé à livrer le palmarès du 69ème Festival de Cannes. Mais avant, la Caméra d’Or a été remise par la présidente du Jury Catherine Corsini à Divines de Houda Benyamina, pour son propos politique et engagé. Cette dernière a livré un discours fort et militant qui revendique la place des femmes dans le cinéma, remerciant tout ceux qui l’ont accompagné dans la douleur du projet. La cérémonie s’est enchaîne sur un formidable hommage du Festival et d’Arnaud Desplechin à Jean-Pierre Léaud, honoré d’une Palme d’or d’honneur. Aparté musical avec Ibrahim Maalouf, en hommage aux films titulaires d’une Palme d’Or. Et puis vint le moment tant-attendu de la remise des prix.

Au terme d’une compétition qui aura accumulé les réceptions extrêmes, de l’enthousiasme de Toni Erdmann aux huées unanimes pour The Last Face de Sean Penn, le Jury a attribué la Palme d’Or à Moi Daniel Blake de Ken Loach (obtenant une seconde Palme après Le Vent se Lève) et récompensé l’audace insolente de Xavier Dolan, le film bourré de révoltes d’Andrea Arnold (troisième Prix du Jury qu’elle obtient), la performance des acteurs (et pays) peu reconnus avec la philippine Jaclyn Jose dans Ma’ Rosa et l’iranien Shahab Hosseini dans Le Client, la mise en scène d’Olivier Assayas et Cristian Mungiu et le scénario d’Asghar Farhadi. Un palmarès exclusivement lourd et dramatique qui n’a laissé aucune chance à The Neon Demon, Elle, Mademoiselle ou le déjà incontournable Toni Erdmann.

Le Palmarès du Festival de Cannes 2016 :

Palme d’Or : Moi Daniel Blake de Ken Loach

Grand Prix du Jury : Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Prix du Jury : American Honey de Andrea Arnold

Prix de la Mise en Scène : Bacalaureat de Cristian Mungiu et Personnal Shopper d’Olivier Assayas

Prix du Scénario : Le Client de Asghar Farhadi

Prix d’Interprétation Féminine : Jaclyn Jose pour Ma’ Rosa de Brillante Mendoza

Prix d’Interprétation Masculine : Shahab Hosseini pour Le Client d’Asghar Farhadi

Palme d’or d’honneur : Jean-Pierre Léaud, pour l’ensemble de sa carrière.

Caméra d’Or : Divines de Houda Benyamina

Palme d’Or du Court Métrage : Timecode de Juanjo Gimenez

Mention Spéciale du Court Métrage : La Fille qui dansait avec le diable de João Paulo Miranda Maria

Les autres palmarès : Un Certain Regard, La Semaine de la Critique et la Quinzaine des Réalisateurs

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.

Détective Conan : L’Ange déchu de l’asphalte – un bolide qui cale au démarrage

Le plus grand petit détective du Japon file à moto aux côtés de Chihaya Hagiwara, la « Déesse du vent », pour traquer un bolide fantôme sur les routes de Yokohama. Un thriller survolté porté par son héroïne et un final à tombeau ouvert, mais dont l'enquête cousue de fil blanc peine à passer la seconde.

Raisons et Sentiments (2026) : le romantisme sous cloche

Georgia Oakley adapte le roman de Jane Austen avec Daisy Edgar-Jones et Esmé Creed-Miles en sœurs Dashwood. Tourné en 35 mm dans le Devon, le film soigne son naturalisme et sa sororité, mais peine à retrouver la satire sociale et la profondeur émotionnelle qui faisaient la force du texte original.
Kévin List
Kévin Listhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile assidu accro au café. Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame. Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.

Cannes 2016 : Interview de Paul Lê pour La Vie Rêvée de David L (Marché du Film)

CineSeriesMag a rencontré Paul Lê, co-réalisateur, coscénariste et coproducteur de La Vie Rêvée de David L, un film inspiré de la jeunesse et des éléments de l’œuvre cinématographique et picturale de David Lynch.

Cannes 2016 : Interview de Paul Schrader (Dog Eat Dog, Taxi Driver)

Palme d'Or en 1976, Paul Schrader a présenté Dog Eat Dog en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Le lendemain de la projection, le cinéaste s'est prêté au jeu des questions-réponses pour CineSeriesMag.

Cannes 2016 : Elle, de Paul Verhoeven (Compétition Officielle)

Review de l'un des derniers films présentés à la Séléction Officielle à Cannes, Elle de Paul Verhoeven est un film qui dérange et surprend, de par son humour mais surtout par la position de voyeur dans laquelle il place le spectateur. Un grand film du maître, l'hollandais violent, Paul Verhoeven.