Interview : François Descraques, conteur d’histoires 2.0

Papa de la web-série française culte Le Visiteur du Futur, François Descraques incarne la nouvelle génération de réalisateurs français prêts à s’adapter à tous les formats pour inventer des mondes et des personnages. Créateur du triptyque musical Rock Macabre, du huis-clos Dead Floor et du thriller fantastique Dead Landes, Descraques revient en force sur Twitter avec un feuilleton horrifique : 3ème droite.

François Descraques raconte encore des histoires. Si le héros de sa web-série Le Visiteur du futur pouvait remonter dans le temps pour le prévenir, il lui dirait qu’en commençant sa web-série en 2009 il deviendrait quelques années plus tard le visage de la création audio-visuelle moderne en France. A l’image du long-métrage Les Dissociés réalisé par le collectif Suricate (dont fait partie son frère Raphaël Descraques), François Descraques fait partie d’une génération de créateurs où le manque de moyens n’est pas une limite à la création. « Je ne suis pas attiré par le manque de moyen en soi mais par le contrôle et la flexibilité d’un projet. Si de grands moyens me permettent de mieux réaliser un projet, je préfère de grands moyens. Mais la liberté de contrôle a un prix. Littéralement. » précise François Descraques. Ainsi tout est bon pour raconter une histoire. Sa web-série Dead Floor a été diffusée à raison d’un épisode par jour entre le 28 novembre et le 2 décembre 2016. Un spin-off Dead Landes a pris le relais dès le lendemain mais cette fois diffusée sur France 4. Né sur Dailymotion, Le Visiteur du futur a ensuite fait une partie de son chemin à la télévision. Son héros est même parti taquiner les pages de bandes-dessinées et de romans. Naît de l’imagination du créateur : 3ème droite. Tout commence avec un thread sur le réseau social Twitter le 4 septembre 2017 « Comment j’ai trouvé un super plan pour un appart et que je vais peut-être mourir du coup ». L’histoire conte le quotidien d’un adulescent dans un nouvel appartement qui lui réserve bien des surprises, à commencer par un propriétaire mystérieux et très envahissant.

« Mon boulot c’est d’inventer. »

Si le premier thread peut laisser penser au récit de vie d’un simple internaute, il s’agit en faite d’un feuilleton Twitter. Chaque semaine, François Descraques publie un nouveau chapitre de l’histoire sur un compte dédié, qui possède déjà 53 000 abonnés.  « J’ai décidé de lancer 3ème Droite sur Twitter car je voulais me lancer dans un feuilleton sans passer par l’étape de validation. C’était et cela reste une expérience créative pour moi. » explique le réalisateur. Aux 140 caractères (désormais 280), s’ajoutent des images et des vidéos qui viennent compléter le récit pour l’ancrer dans le réel : « La limite de caractère me correspond bien. J’aime écrire de manière concise. Pour les images et les vidéos, je voulais que ça soit de belles surprises mais qui ne prennent pas le pas sur la forme « littéraire » du récit. » Pour l’instant au chapitre 10, le feuilleton horrifique polarise l’attention d’une communauté sur Twitter qui attend patiemment chaque lundi pour découvrir la suite de l’histoire. « J’ai une fin que j’aime changer. J’ai un nombre de thread prévu que j’aime aussi changer. Mais on est plus proche de la fin que du début. » confie Descraques. Si 3ème droite a désormais embrassé son aspect terrifique et fantastique, l’intrigue est à la base fondée sur « une expérience réelle ». Il ajoute : « Cela a dérivé en thriller horrifique ponctué d’anecdotes de la vie de tous les jours qui peuvent m’être arrivés ou qui sont arrivés à des gens autour de moi. Mais au final, mon boulot c’est d’inventer. Donc on peut dire que ça [ ndlr : son inspiration ] vient de nulle part et de partout en même temps. » Rassurons-nous, pas de vrai Munch ou Monsieur K à l’horizon. Quant à une éventuelle adaptation audio-visuelle ?  François Descraques répond : « En terme d’adaptation, tout est possible en soi mais je préfère me concentrer sur la fin de l’histoire pour l’instant. ».

Episode 1 – Dead Floor

https://www.youtube.com/watch?v=j-4Cbv71nuw

 

Festival

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Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

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