Cinéma

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Miraculous – Le film, cocktail insipide

Succès planétaire depuis son arrivée dans les foyers en 2015, la série animée Miraculous : Les Aventures de Ladybug et Chat Noir s’inscrit désormais dans l’imaginaire collectif d’enfants, d’adolescents et de parents. Le film adapté par Jeremy Zag ne manque donc pas de créer de l’engouement, avant que tout espoir de divertissement s’effondre dans ce qui semble être un gloubi-boulga musical, romantique et super-héroïque. Chacun de ces arguments échoue malheureusement sur le grand écran, dont le désastre est proportionnel à son budget pharaonique.

Trous de mémoire : les pas et les mots des amants désunis

Trous de mémoire (1985), de Paul Vecchiali, ressort en version restaurée. On y retrouve le réalisateur, dans un badinage post-amoureux avec une femme anciennement aimée.

Master Gardener : entre horticulture et nazisme

Le troisième volet de la trilogie de Paul Schrader, évoquant à chaque fois la rédemption à travers le destin d'un homme, mêle encore une fois différents sujets. Cette fois il associe les deux thèmes antinomiques au possible que sont l'horticulture pour la forme et le contexte et le nazisme contemporain pour le fond. C'est superbement réalisé, impeccablement interprété et totalement hypnotique en plus de fulgurances visuelles qui en font le meilleur des trois.

A man : un Japon en mal d’identité

A  l'occasion des saisons Hanabi 2023, nous avons découvert en avant-première A man de Kei Ishikawa. Présenté à la Mostra de Venise 2022, le film a rencontré un franc succès au Japon et devient la première oeuvre du réalisateur à s'exporter à l'international. Miroir d'une société confrontée à son identité et à ses valeurs, A man explore, sous la forme d'un thriller d'investigation, l'acceptation de nos origines et la transmission entre générations. Grâce à son intrigue solide, son contexte social et sa mise en scène mélangeant habilement jeux d'ombre et de reflets, A man nous plonge dans une enquête palpitante tout en nous interrogeant, comme si le film devenait notre propre miroir, sur notre identité.

Passages (à vide)

Si Passages bénéficie d'un très beau trio d'acteurs, cela n'empêche pas le film de s'embourber dans des va-et-vient lassants et répétitifs.

Le Livre des solutions ou le film des excuses

Pour nous parler de cinéma, Michel Gondry fait de Marc (Pierre Niney) son double en train de tenter de finir un film en tant que réalisateur. Une comédie réussie, fraiche et réjouissante

Abdelinho : samba contre intégrisme ou les bons rêves contre les mauvais rêves

Dans son quatrième long-métrage, Abdelinho, le réalisateur franco-marocain Hicham Ayouch organise une fable autour de son héros éponyme. Le fanatisme religieux s’y voit traité en folie collective emplie de négativité, faisant face à un doux rêve individuel. Le plus puissant des deux ne sera pas nécessairement celui que l’on pourrait craindre…

Vol au dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman

En 1975, le réalisateur  Miloš Forman décide d'adapter le roman de Ken Kesey (1962) Vol au dessus d'un nid de coucou. Cette œuvre, qui sera récompensée par de nombreux prix, invite le spectateur à pénétrer dans un hôpital psychiatrique et le confronte à cet univers qui attire autant qu'il effraie : le monde de la folie.

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