Cinéma

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

When Evil Lurks : les enfants du diable

Le mal est à l’œuvre dans "When Evil Lurks" et ce n’est pas pour notre déplaisir. Dans un jeu de possession viscéral et une ambiance anxiogène dans la cambrousse argentine qui rappelle la brutalité observée dans "The Strangers", le film qui a mis la critique et le public sur un pied d’égalité au dernier festival de Gérardmer nous montre enfin ses crocs, toujours aussi aiguisés.

Roqya : les femmes du XXIe siècle

Si votre quotidien est stressant, déprimant et anxiogène, attendez-vous à revivre des situations d'abandon similaires dans "Roqya". Ce thriller a l'audace de confronter les absurdités et les contradictions sur la diffusion d'informations sur les réseaux sociaux, tout en édifiant les droits des femmes au cœur d’une misogynie ambiante. Le personnage de Golshifteh Farahani y est piégée entre une chasse aux sorcières moderne et le besoin de renouer avec son fils, son seul phare dans un monde où la violence peut éclater à tout instant.

La Planète des Singes : le Nouveau Royaume – le choc des savoirs

Qu’est-ce que le singe peut apprendre de l’Homme et que peut apprendre l’Homme du singe ? Il s’agit d’une boucle de réflexion sans fin pour une franchise qui ne semble pas avoir dit son dernier mot. La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume est le premier volet d’une nouvelle histoire sous la tutelle de Disney. Une initiative qui divertit à peine, à force de rallonger son exposition et à freiner ses envolées dramatiques. Un début de trilogie qui inquiète, mais qui colmate les brèches avec un savoir-faire esthétique, durement acquis et revendiqué sans réserve.

La vie selon Ann, de Joanna Arnow

Dans ce film, la réalisatrice Joanna Arnow nous transporte dans une autofiction où humour et situations réelles de la vie s’entremêlent pour donner naissance à un film satirique suivant une trentenaire d’aujourd’hui qui se cherche au travail, à la maison, au lit ou encore avec sa famille et ses amis. "La vie selon Ann est" un voyage immersif où les spectateurs sont invités à voir grandir l'héroïne dans tous les aspects de sa vie.

« Challengers » : un trio nommé désir

Sorti en salle le 24 avril 2024, le nouveau film (très attendu) de Luca Guadagnino fait déjà beaucoup parler de lui. Entre érotisme, sentiments et beauté de l'image, on reconnaît directement le travail du réalisateur italien. Acclamé par la critique pour Call me by your name, puis lynché après le raté de Bones and All, il nous sert avec Challengers, un nouvel opus brillant.

Comme un lundi, misoffervescent parmi tant d’autres

« Vous avez dormi ici ? C’est beau la jeunesse. »

Une affaire de principe d’Antoine Raimbault : contre-enquête

"Une affaire de principe" est le deuxième long métrage d'Antoine Raimbault après Une intime conviction (2017). Attaché une nouvelle fois au principe de vérité et de droit, le film suit José Bové (incarné par Bouli Lanners) et deux de ses collaborateurs dans une contre-enquête au cœur des institutions européennes. Le film doit beaucoup à ses interprètes, notamment Céleste Brunnquell en novice maligne qui nous guide dans les arcanes du contre-pouvoir.

Vingt ans après : Les Choristes, de Christophe Barratier

Des personnages touchants joués par des acteurs au sommet de leurs carrière, des musiques d'une beauté à couper le souffle, un récit d'une grande justesse : telles sont les recettes de ce film culte.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.