Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
"The Substance", un film d'horreur radical et intelligent, captivant dès les premières images. Découvrez ce chef-d'œuvre cinématographique, une œuvre viscérale et extrême qui divise, choque et vous hante longtemps. Un incontournable de l'année !
Plus qu’un boxeur, Mohamed Ali a longtemps incarné le visage de la liberté et du courage, que ce soit aux États-Unis ou en Afrique. Il fut un précieux symbole d’opposition à la guerre du Vietnam, un allié indispensable dans la défense des droits civiques des afro-américains et un parrain qui n’hésitait pas à encourager et éduquer ses enfants spirituels à l’antenne. Très pop et captivant, "When We Were Kings" immortalise tout le prestige d’un homme qui n’a jamais cessé de se battre pour ses convictions, tout en prenant le pouls d’une époque pleine d’humanité à travers la musique et la boxe.
Il est là, alors que personne ne le demandait. Remarquez, quelqu’un réclamait "Madame Web" ou "Morbius" ? Non. Pourtant, à l’instar de Peter Parker, le spectateur semble avoir bien du mal à se débarrasser du symbiote qui rode dans nos salles depuis 2018. Et... bon, vous savez quoi ? Puisque ce film se contrefiche du spectateur et ne respecte ni les fans, ni le cinéma, ni... rien, en fait, je ne vais pas chercher à trouver de jolies phrases joliment tournées et professionnelles pour dire ce que j'en ai pensé. "Venom : The Last Dance" est une daube abyssale, qui pose fièrement la trilogie au rang de pire trilogie de l'histoire du cinéma.
Malgré le défaut de vouloir trop et tout mettre dans son premier film, Hugues Hariche parvient à capter la spontanéité de l'adolescence à travers les corps meurtris de deux jeunes patineuses. L’une comme l’autre rêve de succès. "Rivière" dépeint leur croisade au carrefour de la résilience, de l’amitié et du courage dans un milieu social très masculin.
À la question de savoir si "Anora" est un bon film, la réponse est oui. Si on s'en pose une autre sur le mérite de la dernière Palme d'or, elle s'avère alors négative, sachant la qualité du reste de la compétition cannoise. Illuminé par des personnages attachants, ce conte de fées moderne qui vire à la désillusion, s'avère tour à tour drôle, cru et réaliste tout en étant plutôt prenant. Il se pare toutefois d'une fin sibylline, voire ambiguë, et il demeure bien trop léger et superficiel pour marquer durablement les esprits.
Guiraudie, avec "Miséricorde", poursuit son exploration du désir et de ses puissances de rêve, au sein des décors les plus quotidiens, à partir des corps les moins sexualisables a priori. Ici, une dimension religieuse, pratiquement inédite, bien que profondément ancrée chez le cinéaste, vient encore densifier son propos, en proposant aux impasses reconnues du désir (potentiellement violent, non-réciproque) une forme de sublimation et, donc, de préservation de celui-ci, contre les puissances de mort qui le menacent, aussi bien de l’extérieur (la norme sociale) que de l’intérieur.
"Sauvages" est le nouveau long métrage d'animation de Claude Barras, huit ans après le succès de "Ma vie de courgette". Le film se présente comme un conte écologique au cœur de la forêt tropicale avec, une nouvelle fois, l'enfance comme regard sur le monde. Un film engagé qui n'est jamais excessif ou manichéen, mais qui se révèle d'une grande beauté.
Se farcir un film comme "Carla et moi" et l’apprécier est certes possible, mais il faut vraiment être un inconditionnel du cinéma indépendant américain dans tout ce qu’il a de plus cliché. Ici, c’est un condensé de ce qui le caractérisait dans les années 90 et le début des années 2000. C’est donc clairement dépassé, en plus d’être complètement hermétique pour qui n’y goûte pas ou plus. Et si on pouvait apprécier dans certains cas ce cinéma intello et quelque peu nombriliste, ici c’est encore moins le cas, car il semblerait que le film ait été fait pour le public juif uniquement tant les autres se sentiront moins concernés et inclus.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »