Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Avec "Transmitzvah", Daniel Burman signe une comédie musicale touchante et décalée sur l'identité, les traditions juives et les liens familiaux. Mumy Singer, chanteuse trans de retour en Argentine, décide enfin de célébrer sa Bar Mitzvah, portée par une fratrie soudée et une communauté haute en couleur.
Un Cronenberg dernier cru, dont on croit ressortir déçu et dont on finit par se retrouver hanté. Ainsi se souvient-on combien sa mise en scène est subtile et originale, et les effets qu'elle produit si puissant, et combien ses épigones, croyant devoir multiplier les images subjuguantes, sont encore très loin de l'égaler. Car c'est toujours à pas de loup que Cronenberg sait nous intégrer dans ses fantasmes de cauchemar.
Tout se passe comme si Sorrentino nous resservait les mêmes thèmes, la même esthétique, que La Grande Bellezza dans l'écrin de La main de dieu, sa ville de cœur, Naples. Bref, pour un film qui se clôt sur l'importance intellectuelle et artistique de voir les chose, il nous sert du vu et revu. Quoiqu'il soit un très grand metteur-en-scène éduqué à l'école des maestri du cinéma italien, on peut se demander si ce glorieux héritage n'est pas plutôt un testament tant il s'évertue à filmer quelque chose d'inerte qui semble étouffer sous l'odeur de la mort.
"Tu ne mentiras point" : décidément le cinéma irlandais est en forme. Après Le tout récent et ténébreux "Clan des bêtes" de Christopher Andrews , ce nouveau film irlando-belge de Tim Mielants est une nouvelle preuve de la beauté d’un cinéma qui s’appuie sur une certaine authenticité.
Maël Piriou signe avec son premier long-métrage une comédie romantique poignante qui dépasse les conventions du genre pour explorer les liens profonds entre amour et amitié. Inspiré librement de "Hasta la Vista", le film embarque Mélanie et Benjamin dans un road-movie intense, où les paysages espagnols deviennent le théâtre de révélations bouleversantes. Porté par des interprétations justes et vibrantes de Julia Piaton, Quentin Dolmaire et Gregory Gadebois, ce voyage initiatique célèbre la force des sentiments et l’urgence de vivre pleinement, sans faux-semblants. Une véritable leçon de vie, où l’émotion et la tendresse prennent le dessus sur les obstacles.
"Thunderbolts*" marque un tournant inattendu dans le MCU avec une équipe d’anti-héros attachante, une tonalité plus émotive et un méchant enfin réussi, loin des dérives du Multiverse.
Un raz-de-marée venu de Chine : "Ne Zha 2" impressionne.
À peine débarqué, "Ne Zha 2" fait trembler le box-office mondial et arrive enfin chez nous, exclusivement en version originale sous-titrée. Une suite qui replace habilement le contexte pour les nouveaux spectateurs tout en démontrant une maîtrise narrative et visuelle impressionnante. Malgré quelques longueurs, le film enchaîne humour redoutable, émotions sincères et scènes spectaculaires.
L'animation, d'une beauté inédite, tutoie parfois le photoréalisme sans jamais renier son identité graphique. Entre plans époustouflants et séquences d'action millimétrées, "Ne Zha 2" s'impose comme une claque esthétique et émotionnelle, confirmant son statut de phénomène incontournable.
Elsa Benett et Hippolyte Dard livrent un film audacieux sur l'alcoolisme féminin, un sujet aussi tabou que poignant. Inspirée de témoignages réels, l'histoire suit Suzanne et ses compagnes dans un centre de désintoxication, où se mêlent drames humains, solidarité fragile et instants cathartiques. Porté par un casting nuancé et des récits bouleversants, le film met en lumière des trajectoires de reconstruction, tout en abordant avec subtilité la complexité de l'addiction et de la résilience.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »