Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Les Braises de Thomas Kruithof, avec Virginie Efira, s’impose comme un film social français sur les gilets jaunes. Très sage et évitant la caricature, il laisse pourtant un goût d’ennui poli malgré une mise en scène sobre.
Dans une comédie satirique librement inspirée de l’affaire Banier-Bettencourt, Thierry Klifa orchestre un huis clos familial explosif entre une milliardaire fantasque, sa fille jalouse et un artiste excentrique. Porté par le duo flamboyant Isabelle Huppert et Laurent Laffite, le film mêle humour grinçant, secrets de famille et guerre d’héritage sur fond de collaboration et de rivalités intimes. Présenté hors compétition à Cannes 2025, ce thriller comique séduit par sa mise en scène cossue, ses dialogues ciselés et son regard acide sur les failles humaines derrière les fortunes.
Deux Procureurs : Sergei Loznitsa ausculte la mécanique du pouvoir dans un film aussi glacé qu’hypnotique. Le pouvoir, l’abus de pouvoir, l’absence de contre-pouvoir sont les thèmes brûlants évoqués sous couvert d’un retour sur la terreur stalinienne.
A travers l'histoire méconnue de la Grande Arche de la Défense, Stéphane Demoustier signe le portrait d'un artiste intransigeant qui soulève de passionnantes question sur la création et ses compromis. Derrière l’ambition de son projet, le film peine toutefois à trouver son souffle, oscillant entre caricatures et références appuyées, malgré quelques belles réussites de mise en scène.
Dan Trachtenberg revient avec "Predator : Badlands", plaçant le Predator au centre d’un vaste univers alien. Spectaculaire et visuellement ambitieux, le film explore la survie, la chasse et la quête de reconnaissance d’un héros légendaire, mêlant hommage à la saga, créatures inédites et dimension mythologique.
François Ozon relève le pari risqué d’adapter L’Étranger de Camus en préservant l’énigme de Meursault tout en actualisant le récit. Entre lumière écrasante, sensualité brute et dénonciation subtile du colonialisme, le film conjugue fidélité et réinvention. Servi par l’interprétation habitée de Benjamin Voisin, il s’impose comme l’une des œuvres les plus abouties du cinéaste.
Bref, tous jouent également sur leur fond caricatural et codifié, pour mieux le renverser, mécanique générale du film donc. Mais s'ils le peuvent si bien c'est qu'ils sont avant tout une bande de lycéens. Kevin Williamson a fait du slasher un teenage movie et il faut oser dire qu'il s'agit là d'une idée profondément séminale et féconde dont on a peut-être pas encore mesuré l'impact.
Vue à hauteur de chien, la peur change d’odeur. Avec "Good Boy", Ben Leonberg signe un film de possession intime et organique, où la maladie, la solitude et l’attachement s’enlacent dans une maison vivante. Porté par le regard bouleversant d’un chien, ce huis clos entre horreur et tendresse explore la fidélité jusqu’à la mort.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »