Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Dans "Brief History of a Family", Jianjie Lin dissèque les tensions d’un foyer chinois avec une précision clinique et une esthétique soignée. Derrière l’intrusion d’un adolescent mystérieux, le film explore les frustrations parentales et les failles d’un modèle familial en quête de sens.
Inspiré par la figure emblématique de Narges Mohammadi, militante iranienne et Prix Nobel de la paix 2023, "Sept jours" raconte le dilemme déchirant de Myriam, femme engagée et mère séparée de ses enfants. Libérée temporairement de prison pour raisons de santé, elle dispose de sept jours pour choisir : fuir et retrouver sa famille en exil, ou rester en Iran et poursuivre son combat politique. Entre les montagnes enneigées du nord de l’Iran et les retrouvailles fragiles dans un village frontalier, le film explore avec intensité les tensions entre amour maternel, engagement sacrificiel et quête de liberté. Porté par la performance bouleversante de Vishka Asayesh, Sept jours est un manifeste cinématographique sur le courage des femmes face à l’oppression.
Avec "Les Orphelins", le cinéma d’action français s’affirme entre tension dramatique et pur spectacle. Porté par un duo de flics que tout oppose, le film mêle castagne stylisée, émotions contenues et héritage du cinéma bis. Olivier Schneider signe un thriller rythmé, imparfait mais généreux, dans la lignée de "Balle Perdue" et des grands buddy movies des années 80.
Nouveau film de Joachim Trier, "Valeur sentimentale" explore avec une grâce mélancolique la valeur affective des vies, des liens et des temporalités perdues. Porté par les présences magnétiques de Renate Reinsve et Stellan Skarsgård, le film convoque un Bergman apaisé, en père réconcilié veillant sur cette fresque intimiste.
Dans une Grèce au bord de l'effondrement, Costas, jeune agent de sécurité dans un hôpital saturé, se retrouve pris entre dettes, chagrin et dilemmes moraux. "Sous tension" de Penny Panayotopoulou est un drame poignant sur le deuil, la corruption et la solidarité, où l’espoir surgit malgré la noirceur ambiante. Un regard sensible sur la résilience humaine face à la décomposition sociale.
Premier long-métrage de Michael Shanks, "Together" mêle horreur organique et drame conjugal dans une fable grotesque sur la fusion amoureuse. Porté par Dave Franco et Alison Brie, ce huis clos explore la dépendance affective, la perte d’identité et les tensions du couple avec une audace formelle aussi troublante que touchante.
"Karate Kid : Legends" tente de réunir les générations avec Jackie Chan et Ralph Macchio, mais se perd dans une formule sans surprise. L’absence de Dre, des personnages peu développés et une mise en scène maladroite sabotent toute émotion. Ce nouvel opus, calibré pour la nostalgie, peine à retrouver l’âme et la puissance inspirante des premiers films de la saga.
Entre récit d’apprentissage, réflexion sur la violence dans une société embryonnaire, et triangle amoureux à bas bruit, L’homme des vallées perdues (Shane) ne répond guère aux canons du western traditionnel. Face à la chaîne Teton, dans le Wyoming, l’âpre conflit entre éleveurs et colons gâte la magnificence des paysages. Dans ce monde ouvert et qui se cherche encore, à l’instar du jeune Joey qui est irrésistiblement attiré par la brutalité des hommes, surgit un cavalier solitaire dont on ne sait rien. Vestige d’un passé violent en voie de disparition, il se mue paradoxalement en berger qui protègera les brebis de la future civilisation.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.