Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Dans son second film, Le Corbeau, Henri-Georges Clouzot laisse éclater sa vision sombre de l'humanité dans un film pessimiste réalisé avec maestria et interprété par quelques uns des plus grands noms du cinéma français de l'époque, de Pierre Fresnay à Ginette Leclerc.
Certains écrits de Stephen King ne devraient pas être portés à l’écran. L’adaptation de sa nouvelle La Presseuse par Tobe Hooper en est l’exemple le plus criant.
Avec Les Langoliers, Tom Holland a su respecter la trame du livre mais créatures et personnages ont mal vieilli et ce titre génial de Stephen King mériterait sans doute un remake ! Malgré tout, cette adaptation fait encore son petit effet. A vous de voir !
Pour son tout premier film, Frank Darabont s'attaque à une nouvelle méconnue du romancier de l'horreur : Rita Hayworth and The Shawshank Redemption (Les Evadés en VF). L'occasion pour lui de convoquer Morgan Freeman et Tim Robbins (au sommet) dans un drame carcéral rempli d'espoir et d'abnégation.
Le format du téléfilm oblige le réalisateur à garder un certain cahier des charges, avec une durée déterminée (2 fois 90 minutes) et un budget limité. Cela donne des effets spéciaux ridicules, mais un film plutôt potable finalement.
Alors que les romans et nouvelles de Stephen King font l'objet de trop nombreuses adaptations superficielles et bâclées, La Part des ténèbres se démarque par la fidélité envers le roman, jusque dans ses thèmes les plus complexes.
En réalisant Rocco et ses frères, Luchino Visconti filme l'Italie de ce début d'année 60, avec ses fractures, ses contrastes, son désir de modernité et l'abandon de ses traditions, et s'inspire des tragédies antiques pour décrire la destruction inéluctable d'une famille.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.