Blacksad stories : Weekly ou les origines d’un personnage

Un sticker sur la couverture l’indique : cet album doit être considéré comme un épisode à l’origine de la série Blacksad. Un préquel ? Pas vraiment, puisque si on retrouve une ambiance qui rappelle fortement la série, on n’y retrouve pas les personnages. Quoique… Ceci dit, l’album tourne autour d’une enquête avec des personnages animaliers. Enfin, si le scénario est signé Juan Diaz Canales, le dessin est de Giovanni Rigano et non de Juanjo Guarnido comme pour la série.

Le personnage central, Dustin Kalisnowszczyzna, est un renardeau lycéen. L’album commence par un cauchemar de sa grand-mère illettrée, Mme Chana (une planche), qu’elle considère comme prémonitoire : sa dernière heure serait proche. Dustin cherche à la contredire, ce qui nous met dans une ambiance de lutte des générations et de provocation qui n’empêche pas quelques traits d’humour. Comme il se débrouille comme photographe, Dustin réalise les clichés d’identité judiciaire au commissariat. Enfin, il tente de s’y faire sa place, puisqu’il en est à sa première semaine et que le commissaire Lampedusa l’ignore royalement. Rosemary la standardiste lui conseille de mieux se laver car il sent beaucoup trop fort, remarque qui servira de gag de répétition. Et comme il se vante auprès de la standardiste de ce qu’il a entendu Lampedusa raconter, Dustin provoque un éclat et la fureur du commissaire qui le flanque à la porte avec perte et fracas. Voilà qui n’arrange pas le fouineur curieux qu’est Dustin, qui se débrouille pour côtoyer ceux qui ont des informations, comme le journaliste Citizen. Encore un auprès de qui Dustin fait le malin en prétendant connaître tous les détails d’une opération de police prévue pour le lendemain. En fait, Dustin a trafiqué un poste de radio sur lequel il est branché sur la fréquence utilisée par la police.

Une intrigue aux multiples ramifications

Le fond de l’intrigue voit donc Dustin surveillé tant bien que mal par sa grand-mère qui l’incite fortement à exercer une activité rémunérée respectable, pendant qu’elle raconte des histoires familiales. Dustin se voit contraint d’accepter un emploi chez un entrepreneur de pompes funèbres. Dans le même temps, le débat fait rage entre partisans et adversaires des BD policières et d’horreur dont Dustin se montre particulièrement friand (Il rêve même de faire éditer les siennes). Dans une émission radio animée par un joyeux singe, Victor Venables (tête d’oiseau repu), patron de Proper Comics, leader de l’édition de ces BD affronte Mme Lubansky (tête de mouton), pasteure et leader du mouvement Croisade morale qui voudrait faire interdire ces publications. M. Lubansky est un loup, ancien militaire qui apprécie par-dessus tout le calme qu’il trouve dans son atelier de cercueils.

Aspect technique

L’album ménage bien des surprises, aussi bien par les actions des personnages que par certaines situations et retournements de situations. Bien entendu, nous avons droit à une belle galerie de personnages animaliers qui permettent au dessinateur de laisser libre cours à sa fantaisie. Il n’y donc pas de quoi s’ennuyer tout au long des 62 planches d’un album au scénario plutôt bien ficelé. Le dessin de Rigano, plus lisse ou léché, est sans doute un peu moins personnel que celui de Guarnido, ce qui ne l’empêche pas de faire son effet. Les ambiances sont bien travaillées, avec de belles couleurs et un beau sens du détail. Le format général légèrement plus grand que pour une BD franco-belge classique permet de bien profiter de l’ensemble. L’organisation des planches est globalement irréprochable, avec tailles et formes variées pour les vignettes selon les situations. On peut juste regretter un petit manque de fantaisie. Par contre, tout ce qui concerne les attitudes et mouvements des personnages est une réussite.

Weekly

Reste donc le personnage de Dustin Kalisnowszczyzna qui comprend bien que son nom imprononçable ne pourra jamais lui ouvrir aucune des portes qui l’inspirent. Il deviendra donc journaliste, sous le pseudonyme de Weekly, d’où le titre de l’album.

Weekly – Juan Diaz Canales (scénario) et Giovanni Rigano (dessin)
Dargaud : sorti le 31 octobre 2025

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Festival

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